‹ Paris-Salon (volume 5)Chapitre 45 sur 55 · NYMPHÉA LOTUS · texte numérisé non relu

NYMPHÉA LOTUS

-iCHTER peut être ué àCarpentras ou à Bruges, "'^'-'^ à Rome ou à Brives-la-Gail larde; il peut habiter Rome ou les Batig-nolles, à son choix. Peu m'importe ! Il a, autant que qui que ce soit parmi les hommes de sa génération, le sentiment du monde oriental. Soit dans la réalité, soit dans ses rêves d'artiste, il a vu les pays où le soleil se lève; il connaît les beaux horizons de ce paysage infini; il a visité, — au moins en pensée — les régions, tour à tour grandioses et charmantes, arrosées par le Nil, le Gange ou l'Indus; le harem des pachas turcs n'a pas plus de secrets pour lui que l'intérieur opulent des rajahs de l'Inde. Il a fait la plus sérieuse et la plus complète étude des mœurs, des costumes et des physionomies de ces poétiques contrées, et il en a évoqué la vision devant nous avec cette puissance de restitution qui donne une vie nouvelle — la vie

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idéale de l'Art — aux choses que l'on croyait à jamais évanouies.

Ainsi a-t-il fait dans le tableau que nous reproduisons aujourd'hui: Nymphéa Lolus.

Que son titre n'induise point le lecteur dans une interprétation fausse, et dont nous serions les seuls coupables. Ce n'est point une fleur, c'est une femme qui est l'héroïne de l'œuvre de

M. RlCHTER.

Pâle comme un soir d'automne ; superbe dans son ajustement de princesse orientale; sa large paupière abaissée sur ses yeux brûlants; calme dans son attitude hiératique, elle regarde la plante sacrée, en silence, et rêveuse. Nous rêvons comme elle — et d'elle.

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