A L'ORGUE
u'iL peigne les scènes de la vie rustique, ou qu'il emprunte ses sujets à un monde plus près de lui et de nous ; qu'il nous conduise aux champs, ou qu'il nous invite à rester à la ville, Henri Lerolle a toujours une manière à lui, bien caractéristique, et qui me permet de reconnaître ses œuvres, sans regarder sa signature, à première vue, et entre mille.
S Je sais peu de peintres, à l'heure présente, aux-
i quels il soit donné plus qu'à celui-ci d'allier un ^ sentiment pittoresque toujuuis juste et toujours I vif à plus d'élégance et de di^^tinction véritable, ^ dans l'arrangement de leurs œuvres. Il y a chez I lui je ne sais quel mélange de grandeur et de I simplicité, de vérité et de poésie, qui me laisse toujours comme sous un charme, à la fois intime, doux et pénétrant.
Je me rappelle avoir vu de lui, il y a deux ou
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trois ans, un tableau intitulé le Soir, où deux figures de jeunes filles passaient dans la campagne, sur laquelle les premières ombres tombaient déjà du ciel nocturne. On restait là devant, tout rêveur.
La belle page que nous offrons aujourd'hui aux lecteurs du Paris-Salon sous ce titre *A l'Orgue * est d'un tout autre caractère, sans doute ; mais elle ne plaira pas moins par ce quelque chose d'intime, de réel, de vécu, qui ne sent ni la pose ni l'atelier ; mais la nature même, prise et surprise chez elle, par le plus sincère des artistes ... Dites si elles ne sont pas adorables, ces trois femmes, celle qui chante, celle qui va chanter, et l'autre qui les écoute ! Je n'ai jamais vu M . LeuoLLE ; mais je déclare que c'est mon peintre.
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M'" LOUISE ABBEMA