CHANSON D'APRÈS-MIDI
SuEN-RETiRo déHcieux, avec ses curiosités bien choisies, ses objets d'art de grand style, et la grâce aimable et hospitalière de celle qui en fait les honneurs à ses amis comme une jeune Muse courtoise et souriante, l'atelier de M"« Louise Abbema est chaque jour, de quatre à six heures, un des petits coins les plus agréables de notre grand Paris.
C'est le moment du repos, si mérité, après le rude travail de la journée bien remplie. La jeune artiste quitte les pinceaux, dépose la palette, retourne le chevalet contre le mur, et ouvre sa porte. Et tout un monde intelligent, sympathique et bon enfant se presse dans le joli atelier devenu trop étroit. La causerie légère, alerte et vive, spirituelle et gaie, mais sans méchanceté, qui chatouille parfois, mais ne déchire jamais, effleure mille sujets sans s'attarder sur aucun. La littéra-
F-A-T^IS-SA-IjOlSr
ture et les arts, le livre et le théâtre, le tableau d'hier et la pièce de demain, la dernière aventure des salons — car, au besoin, nous sommes un peu mondaine ^- passent sous le feu des commentaires piquants de ces francs juges et de ces fins critiques, qui disent sur chaque chose le dernier mot parce que c'est le mot juste. Mais le piano est là ! On chante une mélodie de Gounod, un lied de Schubert, ou des stances de Massenet — et, pour que Llazarin ait raison une fois de plus, tout finit par des chansons! La chanson de l'après-midi! ■ — c'est le litre du tableau qui reproduit cette jolie scène d'intérieur avec une facilité gracieuse et une fidéhté spirituelb.
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