CHAPERON
La Critique
(souvenir .des grasdeb masœuvres)
^Îaintenaxt que la France eab ue soldat — le soldat !?e» de Dieu ! — comme disait antrefois le vieux Shakespeare, la rie militaire est devenue la vie même de la Nation ; tout Français est aujourd'hui nn engagé volontaire, et tout cœur patriote bat sous le drapeaa.
On sait la place que tiennent en ce moment les firandes Manœuvres dans la vie du pays. Chaqne année, pendant un mois ou deux, d'nne frontière à l'autre, on n'entend qu'un roulement de tambours et un bruit d'armes.
Les Grandes Manœuvres ne sont pas ce que l'on avait cru tout d'abord, une parade et une revue. Elles nous offrent l'image vraie de la gaerre, avec ses marches et ses
contre-marches, ses pointes en avant, ses vives retraites, et ses fac-similé de batailles.
La chose ne va pas sans beaucoup de déploiement et d'appareil guerrier. La guerre a son luxe. Nos amis d'aujourd'hui, nos ennemis de demain, sont conviés aux Grandes manœuvres, afin qu'ils puissent bien se rendre compte de la façon dont nous essaierons de les battre, le jour où le besoin s'en fera sentir.
Des inspecteurs — vieux généraux blanchis sous le harnais — sont officiellement chargés de suivre les faits et gestes des belligérants, et, quand les simulacres sont finis, d'en faire la critique devant les États-Majors réunis.
Ceci même est le sujet du tableau de M. Chaperon, plein de vie, de mouvement et d'animation, où nous retrouvons cent types militaires, saisis dans la diversité et la vérité de leur nature.
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GAGNEAU
Les Laveuses
A^OM BIEUB Gaqneau ne s'est pas mis en frais de Goms'cb» position ponr nous donner le tableau d'assez belle dimension qu'il intitnie les Laveuses. Pourquoi pas les Lavandières? disait autour de nous une femme aux instincts poétiques. Laveuses ! c'est un peu vulgaire!
Lavandières ou laveuses peu importe, pourvu que le linge soit blanc et qu'il fleure la lavande et l'iris, plutôt que le chlore malsain et l'abominable eau-de-javel !
Nous sommes eu pleine campagne, dans une prairie immense, où rien n'arrête le regard, qni se perd dans le
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lointain des horizons fuyants. Une rivière aux ondes pures, qui doit débordera toutes les crues, car elle coule à pleines rives — presque à la hauteur du sol — sans être encaissée dans l'escarpement d'un lit bien marqué, offre son courant, incessamment renouvelé aux laveuses agenouillées dans l'herbe humide, qui, sur les grandes pierres plates, savonnent, épongent, battent et tordent les serviettes, les chemises et les draps.
Au premier plan du tableau une grande jeune fille, qui n'a pas sans doute les grâces de Mademoiselle Delagardc, — la reine des reines, perle du lavoir de la rue d'Oberkampf , acclamée par la foule idolâtre — mais grande, forte, robuste, bien découplée, nous réjouit par le spectacle de sa jeunesse bien venue, et nous prouve qu'il y a de la poésie dans les plus humbles sujets. Le grand point c'est de savoir la trouver... et la montrer...