LEON BONNAT
(Portrait de M. Ernest '^enan
^^DAND la flatteuse unaaimité des suffrages de ses con- ^ frères appela L^n Bonxat à recneillir la snccession da vénérable Bailly, président de la Société des Artistes Français, 11 ne manqua point de gens pour se dire qne les soins absorbants d'une baute et brillante situation auraient pour effet certain d'enlever à la peinture le plus clair de son temps.
Nous ne partageâmes ni ces préoccnpations, ni ces craintes. Noos connaissons notre Boxxat ; nous savons qu'il «sb de la race de ces grands traraîllears de la Renaissance,
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dont lu VARbo labeur suffisaît à toutes les tâches. Le grand plafond oonsacrô à la gloire d^ApolIon, et destiné à une do« «allofi do nrôtel de Ville, fut sa première réponse à ooux (|ui doutaient de lui. Il leur en fait une seconde aujourd'hui, avec le portrait de M. Ernest Renan, un des plu» remarqués au Salon de 1892.
Uaromont l'illustre maître à qui nous devons les portraits do nos plus célèbres contemporains, s'est vu aux prises avec uno physionomie plus complexe que celle-ct. Ce ne sont pas les traits qui l'ont séduit. Psyché aurait mieux aimé l'Amour ; Diane n'aurait pas fait pour lui d'infidélités au bel Endimyon, et Vénus lui aurait préféré le jeuno Adonis. Mais Bonnat, pour qui le métier matériel n'a plus de secrets, a voulu nous prouver qu'il était aussi le peintre des âmes, et il s'est attaqué à celleci, faite de contrastes — obscum, profonde et mystérieuse, qui cache les troubles d'un scepticisme en travail, sous l'apparence béate d'un clianoine au triple menton, troquant sa soutane pour une redingote et digérant un bon dîner. — Le Monsieur est ti*ès gras 1
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