‹ Paris-salonChapitre 25 sur 27 · JULES GIRARDET · texte numérisé non relu

JULES GIRARDET

Le Soir d'une bataille

(QTJIBEBOIî, 21 JUILLET 1795)

n^ELLÂ. Malribus delestata! guerres, mauditeB par ''^'i^Iea mèree! s'écrie le penseur attristé devant la page grandiose, sinistre et lamentable, exposée par M.Gisardet souB ce titre : le Soir d'une Bataille.

Quibéron 1 tons ceux qni ont enivi, sur l'échiquier san-

glant des batailles, les marches et contre-marches des belligérants de cette Chouannerie que Napoléon, qui s'y connaissait, appelait toujours la Guerre des Géants^ se rappellent cette date funèbre du 27 juillet 1795, et ces divisions fatales, nées de l'obstination des uns et de l'incapacité des autres, qui eurent pour résultat une capitulation violée et le massacre de sept cents émigrés, comprenant Télite des officiers de notre ancienne marine — que Bonaparte eut été trop heureux de retrouver à Trafalgar.

Ce n'est pas le massacre que nous montre M. Girardet — ce sont plutôt ses horribles suites : le Soir de la Bataille, comme dit le livret. Dans cette mise en scène d'un des plus horribles faits de guerre que nous connaissions, l'artiste a déployé une énergie et une puissance rares. L'horreur plane sur ce champ de bataille ; on sent passer l'épouvante sur ces cadavres — au milieu desquels des blessés, qui espèrent tromper la mort, se soulèvent à demi, en appelant un secours qui ne viendra pas.... C'est la mer qui vient — implacable — et qui va donner aux morts — et aux mourants — la tombe mouvante de ses vagues.

Bella Matribus detestataf pour finir comme j'ai commencé.

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