PIERRE GAVARNI
Un Cours de dames (Haute-école)
^^E fat un de mes regrets de ne pouvoir point enrichir ®^ de la reprodaction de ce joli tableau le volume que
je consacrai en 91 à rillustration du Salom des Chjups-
Elysées. L'exécution m'en paraissait suffisante, et j'en
jugeais l'impreEsion heureuse.
L'artiste ne fut pas de mon ayie, et, juge souverain de
Bon œuvre, il ne la trouva point arrivée là où il voulait
PÀRIS-SALOX
la conduire. Je respectai ses scrnpales, en lui demandant pour 92 ce qu'il refusait à 91,
Le lecteur peut voir avec quelle fidélité il a tenu parole, et il l'en remerciera comme moi.
Pierre Gavarni, qui porte très dignement un nom célèbre n'a point sur les lèvres une seule goutte de Tamertume ironique de son illustre père. Il voit la vie en rose, peut-être parce qu'il la regarde du côté des femmes. C'est aujourd'hui un des maîtres du high-lifey du sport et des hautes élégances.
Le tableau que nous reproduisons ici est un des spécimens les plus exacts de sa manière que nous connaissions. C'est pourquoi nous l'avons choisi.
Quiconque a fait ses académies^ comme on disait du temps de Pluvinel, de La Guérinière, de M. d'Abzac, ou même du comte d'Aure, avec qui nous avons eu l'honneur de monter à cheval en notre petite jeunesse, sait que la haute école est la rhétorique du manège. Les élèves de M. Gavarni sont toutes dignes du brevet supérieur : très charmantes, n'est-ce pas, dans la robe d'amazone qui fait valoir leur taille bien prise, la fleur au corsage, le flot de rubans à l'épaule, le chapeau d'homme laissant toute sa valeur à la tête mignonne et fine. On voudrait faire une reprise avec elles.
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RÉALIER-DUMAS
Le Goûter sur l'herbe
^^Bux qui snivent avec quelque attention le moaTemenl ® artistique, tel qu'il se révèle à nous, dans nos Saloks, depuis une douzaine d'années, peuvent se rendre compte du goût de ploB en plas marqué de notre jeune école pour les scènes champêtres. Il y a toute une génération de peintres qni vivent en plein air, qui n'ont d'autre atelier qne la campagne du bon Dieu ; qui préfèrent la lumière diffuse et dispersée, telle que le soleil nous la donne, an jour voulu et un peu factice de nos intérieurs, et pour
qui c'est un bonheur de marier les pompes de la Nature aux recherches de l'Art.
M. RÉALiER-DuMAS, dout le joli tableau, intitulé le Goûter sur Vherhe^ m'inspire ces réflexions, pourrait revendiquer, avec des droits égaux, le titre de paysagiste et celui de peintre de figures...
C'est qu'en effet, il a fort bien enlevé l'orée du grand bois, choisie par lui comme théâtre de la petite scène à laquelle peut-être plus d'un de nos lecteurs aimerait prendre part.
Nous sommes au dessert ; c'est le moment où la gaieté brille ; les grosses provisions ont disparu de la nappe blanche, où l'on ne voitplusque les friandises et les fruits ; la cafetière fume et chante dans son coin, et ce joyeux écot d'amis, et ces jeunes belles en robe de linon, qui ont jeté leur chapeau par dessus la haie, — en attendant peut-être qu'elles le jettent par dessus les maisons - trouvent que la vie est bonne, et qu'il y a encore de beaux jours au printemps..; Pourquoi passe-t-elle si vite, cette jeunesse de l'année... et de la vie ? Goûtons-là pendant qu'elle passe.