‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 27 sur 124 · AUTRE DÉPÊCHE · texte numérisé non relu

AUTRE DÉPÊCHE

o avril, 2 heures.

Vers quatre heures du matin, les colonnes commandées par le général Duval et le colonel Flourens ont opéré leur Jonction au rond-point de Courbevoie. A peine arrivées, elles out essuyé un feu nourri ouvert par le Mont-Valériens

Les tronpes se sont alors abritées derrière les murs et les maisons. Ainsi garanties, les commandants ont pu organiser un mouvement qui a complètement réussi, et les deux colonnes ont pu franchir les lignes et se mettre en marche sur Versailles,

Le général Bergeret, en tête de ses troupes, les a en* lrainées au cri de Vive la République ! et a eu deux che vaux tués. |

Le feu de l’armée de Versailles ne nous a occasionné aucune perte appréciable.

Ces deux chevaux tués demandent une explication: Bergeret était en voiture, en calèche à deux chevaux; dans le sauve-qui-peut les deux chevaux ont été tués voilà Pexplication.

La dépêche, pour être véridique, aurait dù dire :

€ Le général Bergeret a cu deux chevaux tués de: vant Lui. »

Une triste nouvelle se propage : Flourens est tué !

Dans une maison du village de Chatou, l’énergique soldat de la République a été surpris, et dans un combat corps à corps, a eu la tête fendue d'un coup de sabre. |

Ce n’était pas le premier venu que cet agitateur perpétuel.

Gustave Flourens, né à Paris, le 4 août 1838, ce qui le rend âgé de trente-deux ans, venait d'être élu dans deux arrondissements (le 19e et le 20e) membre de la Commune de Paris.

Le fils du célèbre secrétaire général de l’Académie des sciences débuta, comme suppléant de son pére, dans la chaire du collége de France. L'année suivante, 4864, fatigué de la limite que lui imposait le programme de son cours d'histoire naturelle, il publia une brochure, oubliée aujourd’hui, qui fit sensation à son apparition. Elle est intitulée : Ce qui est possible.

Une sorte de petitroman philosophique, sous le titre de Ottfrid, fait suite à cette brochure; c’est un dialogue qui donnait déja la mesure du éaractére de Flourens et des réformes qu’il espérait introduire dans la société. Par suite de raisons diverses — politiques et de famille — Flourens passa à l'étranger; on se souvient encore du rôle qu’il joua dans limsurrection crétoise.

Blond, extatique, emporté, il offrait à la fois le brzarre assemblage d’un caractère doux et d'une éner-

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À l'enterrement de Victor Noir, et sr courage plus raisonné de Rochefort, il serait entré dans Paris à Ia tête de la colonne d’hommes sans armes qui voulaient déposer le cercueil de la victime de Pierre Bonaparte au cimetière du Père-Lachaise.

Plus tard, nous l’avons vu, dans un des troubles de Belleville, sauter sur un commissaire de police, lui arracher son épée, tirer un coup de pistolet en l'air, et proclamer — presque à lui seul — la République sur le boulevard Ménilmontant.

Lors du siége de Paris, il fut nommé commandant d'un bataillon de Belleville; mais ce n’était pas ce qu'il voulait : il voulait être maitre et chef militaire de ce quartier.

M. Thochu reçut à cet égard maintes requêtes de lui, et enfin, pour satisfaire une ambition qui n'avait en vue que la défense de Paris, il fat créé pour lui, et spécialement pour lui, le titre et les fonctions de major de rempart.

Le major Flourens exerça une sorte de commandement général sur les bataillons de Belleville. Com-

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