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promis dans l'affaire du 31 octobre, —— comme il se comprométtait régulièrement dans chaque agitation populaire, — il disparut de la scène politique.
A la révolution du 18 mars, on remarquait avec étonnement qu'il n’élait pas à la tête du parti actif; mais dès l'organisation militaire de la Commune, il eut un commandement. Il est mort comme il à presque toujours vécu : les armes à la main !
Ce qui se passe dans Paris a bien son importance aussi. La Commune ne reste pas inactive; ses soldats se battent : elle décrète.
La Commune de Paris,
Considérant que les hommes du gouvernement de Versailles ont ordonné et commencé la guerre civile, attaqué Paris, tué et blessé des gardes nationaux, des soldats de la ligne, des femmes et des enfants ;
Considérant que ce crime a été commis avec préméditation et guet-apens contre tout droit et sans provocation,
Décrète :
Am. 4er. — MM. Thiers, Favre, Picard, Dufaure, Simon et Pothuau sont mis en accusation.
Arr. 2. — Leurs biens seront saisis et mis sous séquestre, jusqu'à ce qu'ils aient comparu devant la justice du peuple. ,
Les délégués de la justice et de la sûreté générale sont chargés de l'exécution du présent décret.
La Commune de Paris.
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La Commune de Paris, | : Be.
Considérant que le premier des principes de la Répus blique française est la liberté ;
Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés;
Considérant que le budget des cultes est confraire au principe, puisqu'il impose les citoyens contre leur propre foi ;
Considérant, en fait, que le clergé a été le complice dés crimes de la monarchie contre la liberté,
Décrète :
ART. 4er, — L'Église est séparée de l'État.
ART. 2. — Le budget des cultes est supprimé. L
ART. 8. — Les biens dits de mainmorte appartenant aux congrégations religieuses, meubles et immeubles, sont déclarés propriétés nationales. A
ART. 4. — Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les melire à la disposition de la nation.
La Commune de Paris.
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La Commune de Paris adopte les familles, des citoyens qui ont succombé ou succomberont en repoussant l’agression criminelle des royalistes conjurés contre Paris et Ja République française,
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Le Paris-Journal, courageusement dirigé par notre excellent confrère, M. Schnerb, pendant la douloureuse convalescence de M. de Pêne, reçoit un communiqué.
ANT ‘7e
La Commune renouvelle les traditions de Empire!
<ous le régime de la liberté absolue, on... commu-
nique ! C’est à croire que lon rêve! et pourtant quelle triste réalité ! les écrivains sont poursuivis, les jourhaux sont saisis, les imprimeurs sont arrêtés. Est-ce donc là le règne bienfaisant de Paris libre?
Mais de quoi se plaindre? Aujourd’hui 4 avril, et les deux jours suivants, la foire aux jambons ne se tiendra-t-elle pas comme de coutume sur le boulevard Richard-Lenoir? Parisiens, soyez heureux, la vente du jambon est hbre — pourvu que l’on observe à ce sujet les dix-huit articles édictés par ! M. Raoul Rigault, délégué evil à l'ex-préfecture de police.
Par contre, le soleil qui luit éclaire la suppression de trois journaux : les Débals, le Constitutionnel et le Paris-Journal.
L'archevèque de Paris, M9 Darboy, est arrêté ; la maison-mère des Jésuites, rue de Sèvres, est perquisilionnée. — Un garde national, que nous questionnons à ce sujet, nous dit que l’on voudrait incorporer dans des compagnies de marche tous les élèves curés, afin de voir ce que feraient ces queules de carême devant les flingots des roussins de Versailles !
M. Deguerry, curé de la Madeleine, est emprisonné.
La maison des Lazaristes a été fouillée, ainsi que la
maison des Dominicains.
Pendant que l’on emprisonne les prêtres, d’autres prisonniers parviennent à s'échapper. M. Lullier, en: fermé au dépôt de la préfecture, profite d’un défaut de surveillance pour s'évader avec son compagnon dé cellule, M. Lebeaa, ex-rédacteur au Journal officiel.
Tout va à la débandade : les colonnes de fédérés et les décrets de la Commune. Elle décide que, vu la situation, le jour des élections, précédemment fixé au o avril, sera wllérieurement indiqué ; révoque de la commission exécutive les citoyens Bergeret, Duval et Eudes, en ajoutant pour fiche de consolation à cette mesure une lettre dont nous extrayons ce paragraphe :
Nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'en prenant cette double décision, la Commune est aussi éloignée de vous désobliger que d’affaiblir l'intérêt de votre situation comme chef de corps. Vous n’y verrez que les conséquences des nécessités du moment.
Aujourd’hui, journaux de la Commune et officiers supérieurs de la garde nationale changent de langage. Tous ces jours-ci ils disaient : A Versailles ! À l'aclon ! En route!
Maintenant ils font les bons apôtres et déclarent qu'on les attaque, eux, la tranquillité et la paix en personne; témoin cette note insidieuse de l'Officiel :
La réaction monarchique est sans p lié. Hier, elle attaquait Neuilly ; aujourd'hui, Vanves et Châtillon.
Heureusement qu’averties à temps, nos forces ont pris une vigoureuse offensive et repoussé l'ennemi sur toute la lyne.
L’ennemi a été rejeté sur les hauteurs de Meudon, et une reconnaissance hardie a été poussée jusqu'à Bougival.
La Commission exécutive.
Puis, pour prouver que désormais tout va aller pour le mieux dans la meilleure des Communes, le directeur des postes qui a remplacé M. Rampon informe le public que :
A partir de ce jour mardi, 4 avril, les dépêches de Paris à destination des départements et de l'étranger seront régulièrement expédiées.
La dernière heure des levées de boites de quartiers est fixée à sept heures du soir.
Toutes les correspondances laissées en souffrance dans les boîtes de Paris depuis le départ de l'administration pour Versailles ont été expédiées dès ce matin.
Pure escroquerie pour empocher les frais d’aflranchissement, car les lettres ne sont jamais parties.
Tout tableau a son ombre ; une lettre de Garibaldi, publiée par les journaux, annonce que le général italien refuse catégoriquement l'honneur que lui fait la Commune de le mettre à la tête de la garde natio- nale de Paris. Garibaldi préfère Gaprera, tout comme Victor Hugo, qui est rentré dans son ile, préfère
ET DS Guernesey. Les deux vieillards se font pendants sur leurs rochers!
Décidément, pas de jour ne se passe qu'il ne couvre d'un crêpe nouveau la liberté de la presse, et aussi toutes les autres libertés.
La Liberté, saisie au moment où son tirage venait de commencer, est forcée de suspendre sa publication, par suite de Violin qui lui à été faite au nom de la Commune, et par un mandat émanant du citoyen
aoul Rigault, délégué à l'ex-préfecture de police.
Le Peuple français, sentant ses jours comptés, 1nformé de poursuites prochaines, se suspend lui-même.
Aujourd’hui les troupes rentrent dans Paris. Les fédérés ont complètement renoncé à leur mouvement sur Versailles. Ils se Contenteront de défendre les forts qu'ils occupent, ainsi que l'enceinte fortifice.
Pour nous, qui écrivons surtout lhistoire de la Commune, nous négligerons les détails guerriers , pensant qu'une fois la lutte terminée, ces détails presque tout leur intérêt.
Quoi d’ailleurs d’intéressant pour le lecteur, de savoir que le canon à tonné de dix heures à minuit, tandis que la veille il tonnait de huit heures à dix heures,’ surtout lorsqu'on a combattu des deux côtés avec acharnement pendant un mois, sans résultat appréciable ?
Tous les jours il y a eu des engagements autour de Neuilly; tous les jours les Versaillais ont canonné les forts de Vanves, d’Issy et de Montrouge, qui ont tépondu. Ces redites fastidieuses n’ont aucun intérêt, ét nous les supprimons. Mais nous donnerons les dépêches de la Commune annonçant chaque jour des victoires, et le lecteur pourra mettre en parralèle les dépèches du gouvernement de Versailles, dans lesquelles la France apprenait chaque Jour que les f6dérés étaient battus.
Interné dans Paris, nous écrivons l’histoire de Paris ; et quant aux événements mibhtaires, nous déclarons que seuls les résultats nous touchent. Nous pensons que la lutte de l'intérieur est bien plus curieuse que la lutte banale de l'extérieur. Au moins 1e1 1l y a de la variété, de l'imprévu; cest la vie sociale, dont nous compterons les pulsations ; tandis que là-bas — d’Asnières à Choisy-le-Roy — nous ne pourrions compter que des cadavres et des blessés.
A parüir du 9 avril, les abords des chemins de fer sont rigoureusement surveillés. On ne laisse plus sortir de Paris que les femmes, les vieillards et les enfants. Tout ce qui est population mâle et valide doit rester dans €e Paris libre, dont on ne peut s'éloigner qu'au moven des stratagèmes les plus ingénieux.
ie On ne se déguisait pas encore en femmes, mais le marchands de postiches ont vendu jusqu’à leur der nière moustache blanche. Du moment qu’il est défend de sortir, c’est à qui partira : les hommes comme l&% enfants s'empressent de faire ce qu'on leur interdit, Et quelques-uns de ceux qui cherchent à quittà Paris le font avec un réel sentiment de peur; c’est qu'une affiche du ministère de la guerre semble nt pas plaisanter avec le service :
Les compagnies de marche seront immédiatement réorganisées.
Les officiers, sous-officiers et gardes entreront en solde à partir du 7 avril.
Les gardes toucheront 1 fr. 50 et les vivres ; les sousofficiers, 2 fr.; les officiers, 2 fr. 50.
Ou les compagnies agiront en dehors du service, 188 officiers toucheront la solde de leur grade dans l’armée.
Font LU des bataillons de guerre tous les citoyens de dix-sept à trente-cinq ans non mariés, les gardes mobi les licenciés, les volontaires de l’armée ou civils. Les effets de campement seront complétés dans le plus bref délai.
Paris, le 4 avril 1871.
Par ordre de la Commune :
Le délégué au ministère de la guerre, CLUSERET.
On arme les canonnières, et le commandant de la fotulle, le citoven Durassier, demande des marins de
bonne volonté. Sauf quelques rares loups de mer, qui prennent du service, la plupart des marins de la Commune sont des canotiers de la Seine, qui trouvent que c’est un moyen comme un autre de revoir Bougival et la Grenouillére.
Encore une proclamation : la Commune est intarrissable.
GOMMUNE DE PARIS.
Proclamation au peuple de Paris.
Citoyens,
Les monarchistes qui siégent à Versailles ne vous font pas une guerre d'hommes civilisés; ils vous font une guerre de sauvages.
Les Vendéens de Charette, les agents de Pietri fusillent Les prisonniers, égorgent les blessés, tirent sur les ambulances !
Vingt fois les misérables qui déshonorent l'uniforme de la ligne ont levé la crosse en l'air, puis, traitreusement, ont fait feu sur nos braves et confiants concitoyens.
Ces trahisons et ces atrocités ne donneront pas la victoire aux éternels ennemis de nos droits.
Nous en avons pour garants l'énergie, le courage et le dévoûment à la République de la garde nationale.
Son héroïsme et sa constance sont admirables.
Ses artilleurs ont pointé leurs pièces avec une justesse et une précision merveilleuses.
Leur tir a plusieurs fois éteint le feu de l'ennemi, qui a dû laisser une mitrailleuse entre nos mains.
Citoyens, La Commune de Paris ne doute pas de la victoire.
Des résolutions énergiques sont prises.
Les services, momentanément désorganisés par la défeé tion et la Dee sont, dès maintenant, réorganisés.
Les heures sont Mau employées pour votre triomphe prochain.
La Commune compte sur vous, comme vous pouvez compter sur elle, |
Bientôt il ne restera plus aux royalistes de Versailles qué la honte de leurs crimes.
À vous, citoyens, il restera toujours l'éternel honnet d’avoir sauvé la France et la République.
Gardes nationaux,
La Commune de Paris vous félicite et déclare que vous
avez bien mérité de la République.
Paris, 4 avril 1871.
La commission exécutive.
On le voit, la Commission exécutive a presque remplacé la Commune, ou tout au moins a accaparé la presque totalité du pouvoir.
Primitivement, elle devait être chargée de faire exécuter les décrets de la Commune et tous les ar* rètés des autres commissions ; alors elle était com posée ainsi qu'il suit :
Du général Eudes, dont nous avons déjà parlé; — de Gustave Tridon, étudiant en médecine, représen* tant de la Côte-d'Or, démissionnaire à Bordeaux: — d'Edmond Vaillant, journaliste; — de Lefrançais, excomptable de la compagnie Richer; — de Duval, général de la Commune, qui a périle même jour que
Bois: :— de Félix Pyat, le prudent conspirateur : # du général Jules Bergeret, qui, avant d’être chef de ‘laque, a été garçon d’écurie à l'hôtel des Postes de Saint-Germain, et qui ne monte à cheval qu’en voiture. » Dès le 3 avril, trois généraux, les citoyens Eudes, Duval et Bergeret, étaient remplacés par trois journalistes, les non moins citoyens Delescluze, rédaceur en chef du Réveil ; Frédéric Cournet, son élève, son ami et son collaborateur, et Vermorel.
Lefrançais, sur sa demande, passait dans une autre commission et se trouvait remplacé à l’exécutive par Augustin Avrial, membre de l'{nternationale, dont il faisait partie comme ouvrier mécanicien, quoiqu'il jouit d’une petite fortune le mettant à l'abri du chômage.
Plus tard son personnel changera encore, puis la Commission exécutive sera supplantée par le Comité de salut public; mais nous empiétons sur les événeihents, car nous ne sommes encore qu'au commencement d'avril.
La guerre fait des victimes. Parmi elles, les unes sont connues ét frappent davantage l'esprit public ; d'autres, re obscures, ne font pas moins couler des pleurs.
Le premier enterrement des victimes de la guerre civile a été celui d'Émile Prodhomme, frère du gé-
néral Henry. Le cortége est parti dé la fade te | dôme. La chapelle ardente avait été dressée dans le ministère de la justice.
A deux heures le cortége est mis en route, un piquet de chasseurs fédérés en tête. Derrière, mar chait le général Henry Prodhomme, puis venait une suite nombreuse d'amis, de parents et d'officiers de toutes armes de l’armée de Paris.
Les volontaires de la colonne de Juillet fermaient la marche. Parmi les bataillons qui accompagnaient le corbillard, le 64e de Montmartre se faisait remarquer par les ornements de ses guidons : une pique bleue traversant un bonnet phrygien: c’étaient les guidons de 1848 qui revoyaient le jour en 1874.
L'insuccès des troupes de Paris a complétement aigri l'esprit des membres de la Commune: les opérations militaires d’offensives devenues simplement défensives, la non probabilité de voir arriver de là province des armées de secours destinées à soutenir le mouvement communal, l'attitude de l'armée r'égulière, ont porté un rude coup aux espérances du gouvernement de l'Hôtel-de-Ville qui, voyant l'impuissance où le mettent ces événements, déclare sa faiblesse en affichant sa violence.
COMMUNE DE PARIS
Citoyens,
Chaque jour les bandits de Versailles égoryent ou fusillent nos prisonniers, et pas d'heure ne s'écoule sans nous apporter la nouvelle d'un de ces assassinats.
Lés coupables, vous les connaissez: ce sont les sendarmes et les sergents de ville de l’empire, ce sont les royalistes de Charette et de Cathelineau qui marchent contre Paris au cri de : Vive le Roi! et drapeau blanc en tête.
Le gouvernement de Versailles se met en dehors des lois de la guerre et de l'humanité; force nous sera d’user de représailles.
Si, continuant à méconnaitre les conditions habituelles de la guerre entre peuples civilisés, nos ennemis massacrent encore un seul de nos soldats, nous répondrons par l’exécution d’un nombre égal ou double de prisenniers.
Toujours généreux et juste dans sa colère, le peuple abhorre le sang comme il abhorre la guerre civile ; mais il a le devoir de se protéger contre les attentats sauvages de ses ennemis, et quoi qu’il lui en coûte, il rendra œil pour œil et dent pour dent.
Paris, le 5 avril 1871.
La Commune de Paris.
Suit le décret réglementant la loi du talion : Dent pour dent, œil pour œil. L'article 5-est surtout féroce et inqualifiable :
La Commune de Paris,
Considérant que le gouvernement de Versailles foule ouvertement aux pieds les droits de l'humanité comme ceux de la guerre ; qu'il s’est rendu coupable d'horreurs dont ne se sont même pas souillés les envahisseurs du sol français ;
Considérant que les représentants de la Commune de Paris oùt le devoir impérieux de défendre l'honneur et l@ vie des deux millions d’habitants qui ont remis entre leurs“
mains le soin de leurs destinées ; qu’il importe de prendre 1 :
sur l'heure toutes les mesures nécessitées par la situa=«
tion; | Considérant que des hommes politiques et des magis-
trats de la cité doivent concilier le salut commun avec le
respect des libertés publiques,
Décrète :
ART. Âer. — Toute personne prévenue de complicité
avec le gouvernement de Versulles sera immédiatement décrétée d'accusation et incarcérée.
ART. 2. — Un jury d'accusation sera institué dans les vingt-quatre heures pour connaître des crimes qui lui seront déférés.
ART. 3. — Le jury statuera dans les quarante-huit heures.
ART. 4. — Tous accusés retenus par le verdict du jury
d'accusation seront les otages du peuple de Paris.
ART. 9. — Toute exécution d’un prisonnier de guerre ou d’un partisan du gouvernement régulier de la Commune de Paris sera, sur-le-champ, suivie de l'exécution d’un nombre triple des otages retenus en vertu de l’article 4, et qui seront désignés par le sort,
ART. 6. — Tout prisonnier de guerre sera traduit devant le jury d'accusation, qui décidera s’il sera immédiatement remis en liberté ou retenu comme otage.
Voilà où nous en sommes réduits au quatrième jour de combat ! Quelle sera la limite de l’article 1er? Où
Bride,
— At —
commence la complicité avec le gouvernement de Ve. |
sailles, ét quel tribunal régulier connaitra de ce crime?
- — Qu'importe! Retournant l’axiome : « On est la force
quand on est le droit, » la Commune déclare « qu'elle est Le droit étant la force. »
Devant cette conduite, MM. Ulysse Parent, Arthur Rance et Ernest Lefebvre donnent leur démission, et
le Cri du peuple — dont nous reparlerons plus tard
== les flétrit du nom de déserteurs!
Évidemment M. Ranc n’a pas déserté la cause qu’il sert depuis si longtemps; mais il s’est séparé des gens qui compromettaient le principe républicain. Quant au motif qui a déterminé la retraite du neveu
. Ce M. Vacquerie, le citoyen-avocat Lefebvre, je lignore :
la crainte de se trop compromettre peut-être. M. Paschal Grousset, membre de la Commune, délécué aux relations extérieures, — ex-rédacteur du
Figaro comme Jules Vallés, et ex-employé de PHôtel-
de-Ville comme Rochefort, — quoique sachant parfaitement le monde diplomatique éloigné de Paris, adresse la note suivante aux représentants des puis-
sances étrangères :
Le soussigné, membre de la Commune de Paris, délérué
* aux relations extérieures, a l'honneur de vous notifier offi-
ciellement la constitution du gouvernement communal de
Paris.
‘Il vous prie d’en porter la connaissance à votre gouvernement, et saisit cette occasion de vous exprimer le désir
de la Commune de resserrer les liens fraternels qui unis-"
sent le peuple de Paris au peuple **.
Agréez, etc.
Paschal GROUSSET.
Au bout de trois semaines, en réponse à cette note, un individu, se disant ministre de la république de l'Équateur, vint trouver M. Paschal Grousset — auquel ses fonctions laissaient beaucoup de loisirs —— pour
reconnaitre la Commune de Paris. Aussitôt Joie de.
M. Paschal Grousset, qui annonce le fait wrbi et orbi. Mais cette joie fut de peu de durée. M. de Brustamante, vice-consul de l'Équateur, déclara, dans une lettre rendue publique, qu'aucun ministre de son pays n'était présent à Paris et n'avait pu reconnaitre la Commune. | |
M. Paschal Grousset ne le pardonncra jamais à l'Équateur.
L'opinion publique s'était émue de lintrusion du Comité central de la garde nationale dans les affaires de la Commune. L’Officiel du 6 avril contenait à ce sujet une note qui confirma l'assurance qu'on avait à Paris que le Comité central était un État dans l’État, et une puissance avec laquelle le gouvernement de Paris devait compter.
Depuis quelque temps, certains journaux mal renseiunés ou de mauvaise foi ont parlé d’un prétendu antagonisme qui
existerait entre la Commune et le Comité central de la fédération de la garde nationale. Si le Journul officiel n’a pas cru devoir démentir ces bruits malveillants, c'est qu'il y avait lieu de penser qu'ils cesseraient bientôt d'euxmêmes. |
Leur persistance voulue nous oblige, avant de publier les avis émanant du Comité, de déclarer que le Comité central, considéré par la Commune et se reconnaissant luimême comme le grand conseil de famille de la garde nationale, a été admis par la délégation de la Commune à la guerre, avec l'approbation de la commission exécutive, à lui apporter son concours pour la réorganisation de la garde nationale.
D'ailleurs le Comité restera au pouvoir jusqu'au bout.
Un arrêté de la Commune défendait sous des peines sévères, à tout autre qu'à elle, d'imprimer sur papier blanc les affiches destinées à la publicité des murs parisiens. |
Le Comité central passa outre; et des représentations lui ayant été faites, il daigna ajouter à ses affiches une bande de papier rouge sur laquelle était imprimé :