G. TRIDON
I ne manque cependant pourtant pas de journalistes dans la Commune; mais chacun d’eux ayant son journal, se soucie fort peu de prêter ses lumières à la direction de Officiel, qui va comme il peut, c’est-àdire très-mal.
Les ordres de Rossel. — Le délégué à la guerre voulant réprimer quelques licences que se permettaient les officiers fédérés avec les Versaillais, leur interdit toute communication avec l'ennemi ; et comme l’envoi® d’un parlementaire peut servir à couvrir une ruse de guerre, il défend d'interrompre le feu pour le reéevoir, quand même l'ennemi aurait interrompu le sien.
De plus, comme il ne veut pas que le public soit renseigné sur ce qui se passe aux remparts et aux forts, l'officier ou l'employé qui aura publié un document quelconque pouvant donner quelques éclaireis-
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…sements sur les événement militaires sera révoqué et
emprisonné.
Arrestations. — Piazza, chef de la 14€ légion, est arrèté. On ne dit pas pourquoi. Piazza est celui qui fit le 22 janvier et qui donna ainsi le signal du mou-
vement qui se termina à lHôtel-de-Ville.
Trois correspondants de journaux anglais, en relalions avec Cluseret, sont arrêtés.
Suppression de journaux. — Cette fois, c’est le tour de la Nation souveraine, un journal républicain qui a le malheur de critiquer la Commune.
Les boulungers en révolte. -— Trois mille boulangers de la société dite de Saint-Honoré vont demander à
. l'Hôtel-de-Ville qu’on les laisse libres de discuter leurs
intérêts.
« Et l'aristocratie du ventre! » leur répond Vermorel, lequel, comme on sait, a encore moins de ventre que d’aristocratie.
Chaire el tribune. — Ouverture, dans l'église de Saint-Michel, rue Saint-Jean, à Batignolles, du club de
[a Révolution sociale. Plusieurs membres de la Com-
. mune sont présents :
« Le bureau était disposé juste en face de la tribune : la
chaire, naturellement. »
(Journal officiel.)
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L'orgue ouvre la séance par l'air de la Marseillaise
chantée tout au long par les citoyens et les citoyennes
Une écharpe rouge est attachée à la chaire, « trans: formée désormais en une tribune populaire. »
Tribunaux.— Première audience tenue par M. Vonéken, président des référés. Pas un avoué de présent. Plusieurs affaires sont jugées tant bien que mal.
Les juges d'instruction sont installés et préparent les affaires destinées au prochain jury d'accusation.
Accusés et témoins sont entendus par eux.
La Commune en séance. — Le citoyen Paschal Grousset est dans la jubilation. Il a reçu des nouvelles de la province : dans presque toutes les villes, la liste radicale à passé, et à Lyon l'insurrection est triomphante.
Enivré par ce triomphe, M. Paschal Grousset s’écrie : « L'Europe commence à comprendre le mouvement et se prépare même à le soutenir. »
Encore un peu, et il annoncerait à ses collègues que les rois et les empereurs ont abdiqué en faveur de la Commune. Aussi, il ne serait pas*étonné « que, vu le résultat des élections, l’'Hôtel-de-Ville ne recût des communications de Versailles; mais lorsque Thiers enverra ses parlementaires pour traiter, il faudra les renvoyer d'où ils viennent. Assez de conciliateurs comme cela! »