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martyrisées par leurs compagnes depuis dix ans; on peut se faire montrer la couronne de fer, le corset de fer sans bourrelels aucuns, enfin tout l'appareil digne d’une suc: cursale de l'inquisition. Les perquisitions ont amené la dé-. couverte d’ossements, de deux cents robes et costumes de toute sorte, d’un souterrain communiquant avec un établissement de religieux de l’autre côté de la rue, du Traité” de l’avortement, du père Bousquet, capucin, trouvé chez la supérieure, etc.
Eh bien ! une sœur a eu le triste courage de soutenir, avec le plus grand sang-froid, que ces instruments de torture étaient des instruments d’orthopédie; que des trois sœurs enfermées, deux n’élaient que des misérables folles, et que la troisième, sœur Sléphanie, avait été Justement punie : elle avait l'esprit d'indépendance.
Il y a dans ces maisons une faute qu’on ne pardonne jamais : c’est la désobéissance. |
Récit de l'Univers.
Après s’être évertués à chercher sans succès des souter-w rains où douze à quinze mille chassepots ont, dit-on, été déposés, les gardes nationaux ont découvert dans un de ces établissements trois pauvres filles ‘aliénées, mais inoffen=, sives, auxquelles les religieuses donnaient leurs soins: Ayant besoin d’air et de liberté, ces aliénées habitaient un petit pavillon d’assez pauvre apparence, avec cave au-dessous et grenier au-dessus.
Ce pavillon est situé à l'extrémité d’un jardin, où elles” pouvaient prendre l’air et l'exercice nécessaires à leur mal= heureux état. Afin d’empècher qu’elles pussent se nuire ou se frapper la nuit, deux des lits étaient entourés d’une grillé“ en bois sans clé. |
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L'une d'elles, au dire des citoyens, aurait témoigné le
désir de sortir du couvent; c'était, du reste, sa mono-
manie.
Après l'avoir interrogée, sans que les religieuses eussent le droit d’assister à cette séance, on ‘a cru devoir
l'emmener, et la conduire où? dans une caserne du fau-
bourg !.. |
Le lendemain, sans prévenir personne, et sans laisser aux religieuses la liberté de s’approcher des aliénées, on a réussi à en emmener une seconde ; la troisième s’est échappée deux fois, au moment où l’on allait lui faire franchir la
porte du couvent, et s’est retirée, toute tremblante, dans l’intérieur de la communauté.
Pour intéresser le peuple en faveur de ces infortunées, que l’on a soustrailes à leurs habitudes bien différentes de celles d’une caserne, après avoir défoncé la cave sur laquelle.est situé le pavillon qu’elles habitaient, on a fait accroire aux visiteurs que c’est dans cette cave qu’elles vivaient depuis dix ans et plus. Pendant trois jours, une affluence considérable a violé le seuil de cette maison de retraite et de prière, pour aller voir ces prétendus cachots. Comme toute liberté a été donnée à la foule, elle est montée dans un grenier où l’on avait déposé, depuis quinze à vingt ans, des lits orthopédiques, employés par l’ordre des parents, pour le traitement de la taille de quelques élèves ; personne parmi la foule ne connaissant l'usage de ces lits, on a conélu et débité les choses les plus absurdes et les plus outrageantes.
Mardi 2, le concours du peuple, plus nombreux encore que les deux jours précédents, a envahi non seulement les jardins, mais l'établissement tout.entier, sans que les gardes nationaux de faction pussent l'empêcher de forcer les
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portes et les fenêtres, et de se précipter par toutes ces ouvertures, avec un tumulte effroyable. Ce n'est pas sans peine que deux délégués de la Commune, arrivés au moment de l’envahissement, sont parvenus à faire évacuer.
Pour donner un nouvel intérêt à cette visite, on avait placé sur le passage du peuple deux têtes de mort, que les fouilles de la nuit précédente avaient fait découvrir dans un lieu qui a été autrefois un cimetière ; elles pouvaient être enterrées depuis deux cents ans.
Lettre adressée au National.
En réponse à votre article du dimanche 7 mai, que vous terminez ainsi: @ Il faut que la lumière se fasse sur tous les lugubres récits concernant le couvent de Picpus..… » nous croyons devoir vous envoyer une protestation qui est. déjà insérée dans le grand Moniteur universel d'hier ; et en y ajoutant quelques petits détails, nous vous prions de la reproduire dans votre honorable journal.
Les anciennes élèves du couvent de Picpus, présentes à Paris, protestent toutes contre les assertions calomnieuses émises par le Mot d’Ordre et le Cri du Peuple sur les religieuses dites « les Dames-Blanches. » Ces élèves sont prêtes à se porter témoins dans les informations de la justice.
Nous affirmons que les sœurs Victoire, Bernardine et Stéphanie étaient attaquées d’aliénation mentale depuis nombre d'années, et que c’est par suite d'accès réttérés qu'elles ont dù être séparées du reste de la communauté et placées dans un pavillon aéré, chauffé, de plus de 2 mètres 30 de hauteur sous plafond, et situé au milieu du jardin, où elles avaient un libre acces.
Quant aux instruments supposés de torture trouvés en=
fassés dans un grenier au-dessus d’une chapelle dédiée à Sainte-Anne, nous les reconnaissons pour des lits orthopédiques, avec accessoires, sur lesquels ont été traitées nos compagnes affectées de déviation.
Pour le petit berceau trouvé dans le même grenier, ce nest autre chose qu’un jouet d’enfant (d'environ 45 centimètres de longueur).
Les ossements exhibés proviennent de la portion de la propriété située sur l'emplacement d’ün ancien cimetière. : À différentes époques déjà, après des fouilles motivées par la réédification de la chapelle et autres travaux, nous avons vu extraire des ossements.
Augustine GOURDELLIER, directrice d'institution, 22, rue Saint-Sauveur. — Marie LANGLOIS, femme LOoZIER, 24, rue Folie-Méricourt. — Justine LaNGLois, femme DROUET, même adresse. — Juliette THIBAULT, femme VASSEUR, même adresse. — Anaïs de SAINT-HILAIRE, institutrice, 78, rue du Faubourg-Saint-Honoré. — Lucy de SAINT-HILAIRE, institutrice, même adresse. — Hortense VAILLANT, institutrice, 16, boulevard des Filles-du-Calvaire. — Armandine MONNIER, modiste, 5, rue Neuve-Saint-Augustin. — Célina VIBIEN, femme CARBONNIER, 11, rue Neuve-Popincourt, etc.
IL résulte d'informations précises que le seul tort des sœurs de Picpus est d’avoir gardé dans leur couvent trois pauvres filles, au lieu de les avoir fait mettre dans des asiles d’aliénés, où c'était leur place.
La Commune n’a pas eu le temps de faire une mstruction.
Journée du 4 mai.
Le Livre d'or de la Commune. — Un gouvernement démoc-soc ne peut pas songer à distribuer dé vains hochets de gloire, comme dirait M. Prud’homme, à ceux qui se distingent à son service. Comme, d’un autre côté, la vanité humaine a besoin d’être caressée et le courage stimulé par l’amour- pipe la Commune décrète :
Un registre sera ouvert dans les mairies de chaque arrondissement.
Ce registre aura pour but l'inscription des noms de tous les citoyens qui se seront distingués en combattant pour la défense de la République et des libertés communales.
La Commune de Paris.
Ces registres n’ont jamais été ouverts, et cela n’a peut-être pas été un mal pour les citoyens inscrits, car les vaillants défenseurs de ce gouvernement sont les ennemis déclarés des autres, et de telles preuves peuvent motiver des représailles toujours rigou*
reuses. 7 à
Cependant, ce n’est pas seulement des inscriptions que la Commune a offert pour encourager ses défenseurs. Cluseret et Delescluze. ont donné des révol-
vers d'honneur, et la Commune a voté sur la pros
position de Mégy, commandant du fort d’Issy :
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« L'offre d'un sabre d'honneur au couragenx maréchal-des-logis Manuel. », ÿ
Toujours la Comnvene et les boulangers. — Les boulangers n'ayant pas tenu compte du décret de la Commission exécutive, interdisant pour eux le travail de nuit, la Commune arrête :
AnT. 1e. — Toute infraction à cette disposition comportera la saisie des pains fabriqués dans la nuit, quiseront mis à la disposition des municipalités, au profit des nécessiteux.
Le commerce. — La Commune essaie de galvaniser le commerce parisien, qui n'existe plus qu’à l’état de souvenirs et de regrets :
Voulant, autant que possible, concilier les nécessités de
la défense avec les intérêts commerciaux de la France et
de l'étranger :
ART. 4er, — La sortie des marchandises de toute nature est autorisée à partir de ce jour.
ART, 2. — Sont exceptés de cette disposition les vivres, farines, liquides ou denrées alimentaires, les équipements militaires, armes et munitions de guerre.
On à prétendu aussi, nous devons tout dire, que cet arrêté avait été imposé par les Prussiens.
Le Muséum et la Bibliothèque. — Le délégué de
la Commune à l’enseignement, le citoyen Vaullant, lance Les arrêtés suivants :
Le citoyen Ernest Moullé est délégué en qualité de commissaire administratif près le Muséum d'histoire natu-
reile.
Il s’entendra avec le directeur et les professeurs pour la
prochaine reprise des cours, veillera à la conservation du
matériel, des collections, etc., et prendra toute mesure utile destinée à garantir les intérêts du public et ceux de
l'établissement.
Dans le plus bref délai, il devra présenter un rapport indiquant les améliorations à apporter dans le service.
Le Citoyen B. Gastineau, délégué à l'inspection des bibliothèques communales, est chargé de faire rouvrir la bibliothèque de l’Institut, dite Mazarine, et de la diriger.
Déguisement. —— Plusieurs escadrons de cavalerie de la Commune sont habillés avec des umiformes de hussards bleus et de cavaliers de remonte trouvés dans les magasins de la guerre. Économie pour Paris, trompe-l’œil pour Versailles.
Transformation des huissiers. — Les avoués ayant
brillé par leur absence à l'audience des référés, le délégué à la justice autorise les huissiers à les remplacer.
Changement de domicile. — L’Officiel publie l'avis suivant :