‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 63 sur 124 · RAIN · texte numérisé non relu

RAIN

Ar. 2. — La maison de Thiers, située place Georges, sera rasée.

Arr. 3. — Les citoyens Fontaine, délégué aux domaines, et J. Andrieu, délégué aux services publics, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution IMMÉDIATE du présent arrêté.

Paris, 21 floréal an 79.

Les membres du Comité de salut public.

Se venger d’un homme sur des pierres ! — Quelle rage aveugle et impuissante !

Une fois déjà, la maison de M. Thiers avait été désignée par la foule pour être envahie et pillée. (était à la suite de cette séance restée fameuse, où M. Émile Olivier déclara qu'il acceptait d’un cœur léger la vesponsabilité de la guerre que l’Empire allait entreprendre — guerre que M. Thiers avait toujours combattue ; — des individus se portèrent vers la maison de la rue Saint-Georges, mais ils n’osèrent pas accomphr leur projet et se contentèrent de crier : À bas Thiers! et de le traiter de prussien!

Le proverbe : « Autres temps, autres mœurs, » a toujours raison; aujourd'hui, ils ont osé!

Appel aux hommes de cœur. Toutes les fois que des appels semblables sont faits, on peut compter que la vengeance en est le fond, quelle que soit la forme de l'appel.

I s’agit de la formation du corps des souaves de lu

République, et voici comment et avec quel programme on les recrute :

Aux hommes de cœur.

Citoyens,

Au moment où les gardes nationaux défenseurs de la République et de la Commune tombent sous lé plomb des assassins de Versailles, malgré leur titre inviolable de prisonniers de guerre, nos cœurs ont bondi d’indignation, et nous Jetons au milieu de vous, citoyens, notre cri patrio-: üque : Vengeance !.. Aidez-nous à l’assurer complète.

Puis viennent les cavaliers Bergeret, faisant suite aux éclaireurs du même nom.

La Commune en séance. — Le citoyen Billoray est nommé membre du Comité de salut public, en remplacement de Deleseluze, qui n’a pas voulu cumuler.

Lefrançais veut que la Commune ait seule le droit de nommer et de révoquer les délégations plutôt que le Comité de salut publie; mais le citoven Régère lui réplique qu’il faut un pouvoir absolu à celui qui prend une responsabilite absolue.

L'assemblée passe à l’ordre du jour et laisse, par conséquent, tous pouvoirs au Comité de salut public pour agir comme il lui conviendra. Cette décision est le signal d’une scission telle parmi les membres de la Commune, que la manifestation ne s’en fera pas attendre.

Lo ESS

Dégagements gratuits. — En exécution d’un décret communal, les quatre premières séries des articles à

délivrer gratuitement par le Mont-de-Piété ont été

tirées au sort dans la salle Saint-Jean, en séance publique, présidée par Lefrançais.

Ce premier tirage a donné les résultats suivants :

Objets à délivrer à partir du 12 mai 1871 :

4er lot. — Objets engagés du {er au 15 novembre 1870 in-

clus.

2e lot. — Objets engagés du 16 au 31 mars 1870 inclus. 9€ lut, — Objets engagés antérieurement au 15 juin 1869

inclus.

4 lot. — Objets engagés du 14 au 15 mars 1870 inclus.

Journée du 42 mai.

Au peuple de Paris. — Cest ainsi que commence la proclamation du Comité de salut publie, qui ne veut pas être en reste avec le délégué à la guerre :

Au peuple de Paris.

Citoyens,

La Commune et la République viennent d'échapper à un péril mortel. ; |

La trahison s'était glissée dans nos rangs. Désespérant de vaincre Paris par les armes, la réaction avait tenté de désorganiser ses forces par la corruption. Son or, jeté à pleines mains, avait trouvé jusque parmi nous des consclences à acheter.

d* AM n | + , NE, # « Av ue v .

L'abandon du fort d’Issy, annoncé dans une affiche impie par le misérable qui l’a livré, n’était que le premier acte du drame : une insurreclion monarchique à l'intérieur, coïncidant avec la livraison d’une de nos portes, devait le suivre et nous plonger au fond de l’abime.

Mais, cette fois encore, la victoire reste au droit.

Tous les fils de la trame ténébreuse dans laquelle la révolution devait se trouver prise sont, à l'heure présente, entre nos mains.

La plupart des coupables sont arrêtés. À

Si leur crime est effroyable, leur châtiment sera exemplaire. La cour marliale siége en permanence, Justice sera faite.

Citoyens,

La révolution ne peut pas être vaincue; elle ne le sera pas.

Mais s’il faut montrer au monarchisme que la Commune est prête à tout plutôt que de voir le drapeau rouge brisé entre ses mains, il faut que le peuple sache bien aussi que de Jui, de lui seul, de sa vigilance, de son énergie, de son union, dépend le succès définitif.

Ce que la réaction n'a pu faire hier, demain elle va le tenter encore.

Que tous les yeux soient ouverts sur ses agissements,

Que tous les bras soient prêts à frapper impitoyablement les traîtres. Que toutes les forces vives de la révolution se groupent pour l'effort suprême, et alors, alors seulement,

le triomphe est assuré.

À l’Hôtel-de-Ville, le 12 mai 1871.

Le Comité de salut public.

Cette proclamation annonce bien que la Commune

et la République viennent d'échapper à un complot, et que les coupables sont arrêtés; mais quel est ce complot, et quels sont les coupables? La Commune ne l’explique pas.

Puisqu’elle le dit, cela doit être vrai, et toute curiosité est punissable.

Suppression de journaux. — Six journaux-sewlement sont frappés par la main inflexible du journaliste | Cournet. Ces journaux sont : le Moniteur universel, L'Observateur, V'Univers, le Spectateur, VÉtoile et l'Anonyme.

Laberté des cultes. — Nous ne sommes plus à fan'e remarquer pour la première fois l’intolérance religieuse qui à régné sur tous les actes des délégations communales; aussi, en lisant l’Officel, n°v a-t-1l rien d'étonnant d'y rencontrer des notes dans le genre de celle-ci :

Bientôt l’enseignement religieux aura disparu des écoles de Paris.

Cependant, dans beaucoup d'écoles reste, sous forme de crucifix, madones et autres symboles, le souvenir de cet enseignement.

Les instituteurs et les institutrices devront faire disparaitre ces objets, dont la présence offense la liberté de conscience.

Les objets de cet ordre qui seront en métal précieux seront inventoriés et envoyés à la Monnaïe.

A, Avis. — On lit sur les murs du 4€ arrondissement :

Tout officier ou sous-officier ivre, ou dont la troupe se repliera par sa faute, sera cassé de son grade et déféré, s’il y à lieu, au conseil de guerre.

Paris, le 11 mai 1871.

Le chef de la légion du 4e arrondissement, ESGONNIÈRE.

Ceci se passe de commentaires.

Démission de Ch. Beslay. — Le doyen de la Commune, délégué à la Banque, le citoyen Beslay, n’approuvant ni l’envahissement de la Banque ni la démolition de la maison de M. Thiers, envoie sa démission à la Commune (1).

Cet envahissement de la Banque a été ordonné par le Comité de salut public, qui cherchait dans cet établissement des pièces relatives au complot monarchique. C'est le 208 bataillon qui à été chargé de cette besogne, et voici l'éloge burlesque qu’en fait le Cri du Peuple :

Le 208 a bien l'aspect le plus crâne, le plus décidé, le plus martial que nous ayons pu admirer. Tous les citoyens qui le composent ont l’âge viril, l’âge de la détermination ; pas de trop jeunes, pas de trop vieux. Le commandant et les officiers ont l’air d’avoir été trempés dans le Styx ; ils doivent être de la pâte dont on fait les héros.

(4) Voir à la note N la lettre motivant la démission de M. Beslay.

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Tentative avortée. — Les journaux communeux ont fait courir le bruit d’une tentative d’assassinat sur Dombrowski : six coups de révolver lui auraient été tirés sur la place Vendôme; il serait touché légérement.

Mort d'Auber. — Un événement qui, dans les temps ordinaires, aurait produit une grande sensation dans le monde artistique, passe presque inaperçu.

Auber, le célèbre auteur de la Muette, du Philtre, du Domino noir et de tant d’autres chefs-d’œuvre, s'éteint à l’âge de quatre-vingt-neuf ans. Il était né à Caen, en 1789.

Son corps a simplement été déposé dans un caveau de l’église de la Trinité, l'enterrement du compositeur français ne devant avoir lieu qu'après la guerre civile.

Installation du directeur de l'Opéra. — La présentation aux arlistes et au personnel du nouveau directeur de l'Opéra, par les délégués de la Commune, les citoyens Regnard et Levraut, a lieu dans le foyer du chant de ce théâtre. Des discours ont été prononcés, mais 1lS ne méritent pas d’être conservés à l’histoire.

Exécution militaire. — Un garde national nommé Thibault est fusillé à la redoute des Hautes-Bruvéres,

en présence de différents détachements de la garde nationale et des citoyens Amouroux, Dereure et Melliet, membres de la Commune. Îl était accusé d’avoir éntretenu des intelligences avec l’armée ennemie.

“ Le procès-verbal d’exécution est signé par Léo Melliet, membre de la Commune, gouverneur de Bi- Gêtre, président de la cour martiale.

La Comrvune en séance. — Le citoyen Trinquet veut qu'on frappe d’une contribution de dix francs par jour les gardes nationaux qui, pour ne pas faire leur service, ont quitté leur établissement.

Le citoyen Franckel donne lecture d’un rapport au sujet des marchés pour l'habillement militaire, d’où il résulte que des industriels ont offert le prix de confection des vareuses et des pantalons à 3 fr. 75 et 2 fr. 50. Le citoyen Franckel trouve qu'avec ces prix, lés ouvriers qui feront le travail ne pourront pas vivre.

« La question est ainsi posée, dit-il : des exploiteurs profitent de la misère publique pour baisser les salaires, et la Commune est assez aveugle pour préter la main à de pareilles manœuvres. |

« Et le travailleur est aux remparts ; il se fait tuer pour ne plus subir cette même exploitation.

« Nous ne devons pas oublier que la révolution du 18 mars à été faite exclusivement par la classe oubière. Si nous ne faisons rien pour cette classe,

— 94 — | nous qui avons pour principe légalité sociale, je mt vois pas la raison d’être de la Commune. »

Journée du 13 mai.

Décret soul. — À la suite de la discussion d’hier, du rapport Franckel, la Commune décrète :

ART. 4er, — La commission du travail et d'échange es autorisée à réviser les marchés conclus jusqu’à ce jour pa la Commune.

ART. 2. — La commission du travail et d'échange demande que les marchés soient directement adjugés aux corporations, et que la préférence leur soit toujours accordée.

ART. 8. — Les conditions des cahiers des charges et les prix de soumission seront fixés par l’intendance, la chambre syndicale de la corporation et une délégation de la commis: sion du travail et d'échange, le délégué et la commission des finances entendus.

ART. 4. — Les cahiers des charges, pour toutes les four: nitures à faire à l'administration communale, porteront dans les soumissions desdites fournitures les prix minimum du travail à la journée ou à la façon à accorder aux ouvriers ou ouvrières chargés de ce travail.

Justice. — La Commune veut avoir l'air de songer à tout; elle se croit universelle et taillée pour coms battre comme pour légiférer. I n’y a plus ni avocats!

ii avoués! ni juges! ni huissiers! Que Int importe? Dun coup de plume, elle en crée! Exemple : :

La Commune de Paris,

Décrète :

| Anr. der. — Il sera procédé, par les soins du délégué à Ja justice, à l’organisation d’une chambre du tribunal civil de la Commune de Paris. Cette chambre statuera sur Le affaires urgentes.

Apt. 2. — La procédure dite ordinaire est abolie. Toutes les affaires seront instruites comme en matière sommaire. À défaut d’avoués, les huissiers occuperont pour les parties.

Art. 3. -— Les parties pourront se défendre ellesmêmes.

Le Comité de salut public donne la main et arrête :

Le citoyen Voncken (Adolphe), président chargé des référés, est nommé président du tribunal civil de la Commune de Paris.

Sont nommés juges audit tribunal :

4° Le citoyen Leloup (Félix), juge d'instruction pres les tribunaux criminels de la Commune de Paris ;

9v Le citoyen Coppens, ancien préfet de la République.

Le citoyen Flamet (Jules), avocat à l’ex-cour d'appel de Paris, est nommé juge suppléant au tribunal civil de la Commune de Paris.

Autre décret de la Commune de Paris :

ARTICLE UNIQUE. — En matière de séparation de corps,

vantage, souvenir.

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le président pourra allouer à la femme demandant la sé paration une pension alimentaire, qui lui sera servie jus qu'à ce qu’il en ait élé autrement décidé par le tribunal

Vésinier à l'Officiel. — Par ordre du Comité d salut public, le citoyen Vésinier est nommé délégu au Journal officiel, pour les fonctions de rédacteur er

chef, |

Avec ce rédacteur Ja feuille officielle

Va prendre, dès ce jour, une face nouvelle.

Elle ne sera plus vendue que cinq centimes.

Cour martiale. — La première cour martiale eut

une existence éphémère, de sang sur son passage; cel

mais ne laissa aucune trace le-ci ne vivra pas damais ses arrêts laisseront un plus triste

Nommée par le Comité de salut publie, elle est

ainsi composée :

Colonel E. Gois, président :

Colonel J. CoLLer, juge ;

Colonel Leprux, juge ;

Lieutenant-colonel RAZOUA, juge;

Commandant Ed. Levraup, juge ;

Commandant LEFEBVRE-RONGIER, juge suppléant ; Commandant Micnevonr, Juge suppléant ; Lieutenant I, Arnoup. Juge suppléant :

Commandant A. GOULLÉ, juge rapporteur.

Un haut fait de Dombrowski. — D'après un ordre lü jour, le délégué à la guerre annonce que le géléral Dombrowski, à la tête du 1928e bataillon, a hassé les Versaillais du parc de Sablonville. En réompense de ce fait d'armes, la Commune décrète à funanimité que le 128€ bataillon a bien mérité de la République et de la Commune, et des révolvers d’honieurs sont distribués aux plus méritants.

» Le révolver d'honneur est l'étoile des braves chez es fédérés. |

- Désordre, — Les généraux de la Commune s’adjujéaient des élats-majors à leur volonté, ainsi que des hevaux et des équipages militaires, sans en tenir tueun compte vis-à-vis du ministère de la guerre.

Ce qui force le citoyen Delescluze à publier un rdré sévère à cet égard. Néanmoins, rien ne marcha wec plus de régularité, et les généraux continuérent bne suivre que leur bon plaisir.

Revue d'artillerie. — Le délégué à la guerre s’adércoit que le nombre des arülleurs qui touchent la jolde est. énorme, tandis que le nombre de ceux qui ervent est infiniment moindre.

. Tous les artilleurs — excepté naturellement ceux jui sont au feu — sont passés en revue à quatre ieures du soir, dans la grande cour de l’École militaire.

Ad.

Deleseluze, imitant son réel Rossel, qù avait fait transporter dans cet établissement toutes lé pièces d'artillerie en non activité, y fait transporter son tour tout le matériel ‘appartenant aux compagnie de train.

Lorsque les troupes sont entrées dans la capitalé elles ont fait là une importante capture de bouché à feu.

Lettres et arts. — Le citoyen Anvys-el-Bitlar (que nom!) est chargé de travaux spéciaux à la sectiol des manuscrits (langues arabe et syriaque). |

La citoyenne Parpolet; professeur de modelage, es nommée directrice de l'école de dessin de la rue Du puytren, réouverte sous la dénomination d'École pro:

fessionnelle d'art industriel pour jeunes filles.

Trois pour un. — La première tentative avait trop bien réussi pour qu'on ne donnât pas suite à l'idée d'organiser une série de concerts populaires aux Tui: leries. C’est toujours le docteur Rousselle, inspecteut général des ambulances, qui est l'organisateur de ces fêtes ; 1l a pris ses mesures pour éviter désormis l'encombrement de la première fois.

Dans la salle des Maréchaux, un concert:

Dans l’ancienne salle des théâtres, un concert:

Dans le jardin réservé, musique militaire. .

Les artistes qui sy sont fait entendre sont

Mile Agar, de la Comédie-Française ; Mie et M. Caillot, du Théâtre-Lyrique; Mile Tesseire; M. Daubé, violoniste; M. Roussel de Méry, poète populaire (?), et Mme Bordas.

Le bouquet de la soirée a été cette proclamation du docteur Rousselle, affichée dans tous les salons où corculant le public :

€ PEUPLE, . € L'or qui ruisselle sur ces murs, c’est lu sueur! Assez longtemps tu as alimenté de ton travail, abreuvé de ton sang ce monstre insatiable : {4 monarchie.

« Aujourd’hui que la révolution La fait libre, tu rentres en possession de ton bien; ici, tu es chez toi. Mis reste digne, parce que tu es fort, et fais bonne garde, pour que les tyrans ne rentrent jamais.

« Dr ROUSSELLE. »

Arrrestations. — Le... peuple fait tellement bonne garde, qu'un hleutenant de la garde nationale, le citoyen Barrois, arrête aux Tuileries M. Schælcher. La Commune ne la gardé dans ses prisons qu’un jour, sur les instances de la Ligue d'union républi- Caine.

Le même jour, étaient arrêtés M. Glais-Bizoin, relâché aussi le lendemain, sous la condition de ne point quitter Paris et de se présenter de temps en lemps à l'Hôtel-de-Ville; M. Andréoli, rédacteur en chef de

2. 49071 RS SRE l'Observateur; deux bonnes de M. Paul Foucher au lieu de ce dernier, qu'on n’a pas trouvé; M. Chevriaux, proviseur du lycée de Vanves, ex-censeur au lycée Bonaparte, et gouverneur de l’Hôtel-dé-Ville au 31 octobre 1870; enfin, M. Beaussire, professeur de philosophie au lycée de Charlemagne, coupable d’un écrit historique dans la Revue des Deux-Mondes.

Un complot. — La Commune a découvert un nouveau complot ; c’est du moins ce qu'annoncent le Vengeur, le Rappel, le Mot d'Ordre et Officiel :

Quarante-six gendarmes, déguisés en gardes nationaux, sont découverts et arrêtés à la caserne des Minimes; des brassards tricolores devant servir de signe de ralliement sont saisis dans plusieurs magasins, et trois individus sont arrêtés dans le 8e arrondissement, comme soupçonnés d’être les fauteurs d’un mouvement contre la Commune. Ces gendarmes, on l’a su depuis, étaient seulement au nombre de huit à dix, qui venaient porter à leurs femmes quelques vivres et de l’argent.

Visites domiciliaires. — Une perquisition est faite dans les bureaux de la Société générale, rue de Provence, 54. Les scellés sont apposés sur les caisses, et un poste est établi en permanence dans l’établissement. |

Dans le 9% arrondissement, des perquisitions sont

La hE faites pour rechercher les réfractaires. Tout l’arroudissement est cerné. On ne passe pas sans montrer aux sévères factionnaires qui gardent les issues que l’on est bon patriote, c’est-à-dire serviteur de la Commune.

Pendant que rien ne sort, on fouille dans les . maisons, et tous ceux que l’on trouve ne paraissant pas avoir moins de dix-neuf ans ou plus de quarante sont internés dans l’église Notre-Dame-de-Lorelte, transformée pour la circonstance en prison militaire.

Contradiction. — Une dépêche de la Commune s'exprime ainsi, en parlant du village d’Issy :

Le combat continue.

Nos pertes ne sont pas bien grandes.

Nous conservons nos positions.

Tandis que le colonel Brunel adresse aux membres de l'Hôtel-de-Ville la lettre suivante :

Citoyens,

Les troupes cantonnées au village d’Issy ont quitté hier leurs positions pendant que je me trouvais à Paris, appelé par le ministre de la guerre. Ces troupes sont rentrées à Paris,

Comme ce fait se rallie à une succession de causes qui se tiennent et sur lesquelles il est bon que le public soit

édifié, je demande à être mis en état d’arrestation et qu’une enquête soit commencée.

Recevez, citoyens, mes sentiments dévoués.

BRUNEL, 13:mai 1871.

De même que Rossel, Brunel se retire en demandant une cellule.

Bulletin militaire. — Les fédérés perdent le couvent des Oiseaux, à Issy, et évacuent le lycée de Vanves, ce que la Commune, dans ses dépêches, traduit

par un succés pour elle et un échec pour les Versaillais.

Club de la Révolution. — Ce club, situé dans l’église Saint-Bernard, rue Affre (18e arrondissement), dans sa dernière séance vote les résolutions suivantes :

1° Suppression de la magistrature qui a précédé, et

anéantissement des codes ; 2° Suppression des cultes, arrestation immédiate des

brêtres, comme complices des monarchiens cause de Ja Ï , P ; |

guerre actuelle ; la vente deleurs biens, meubles et immeubles, ainsi que ceux des fuyards et des traîtres qui ont soutenu les misérables de Versailles, le tout au profit des défenseurs du droit :

30 Retrait du décret sur le Mont-de-Piété, son rempla- .

cement ainsi qu'il suit : les objets déposés au Mont-de-

Piété seront rendus gratuitement ; y auront seuls droit les »

défensenrs de la cité, ainsi que les citoyennes, mères, filles,

à ST ©

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