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DEUXIÈME ARRONDISSEMENT. — MAIRIE DE LA BOURSE

Les monarchistes qui veulent anéantir Paris se croient sûrs de la victoire ; ils ne font que creuser leur tombe,

Aux barricades, frères, aux barricades !

Que chaque coin de rue devienne une forteresse, que les enfants roulent des pavés, que les femmes cousent des sacs à terre ! Aux armes, bataillons fédérés ! La province, éclai= rée, enthousiasmée, marche à notre aide. Aujourd’hui la lutte acharnée, demain la victoire définitive.

Debout ! Vous tenez en vos mains le sort de la Révolution.

Vive la Commune !

Vive la République !

La délégation communale :

Eugène POTTIER, Auguste SERRAILLIER, Jacques DURAND, Jules JOHANNARD.

Paris, 22 mai 1871.

Les autres maires n’ont pas fait de proclamations«

en

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Liberté, — Égalité, — Fraternité.

COMMUNE DE PARIS

Comité de salut public.

Le Comité de salut public autorise les*chefs des barri= cades à requérir les ouvertures des portes des maisons là où ils le jugeront nécessaire. |

À réquisitionner pour leurs hommes tous les vivres et : objets utiles à la défense, dont ils feront récépissé, et dont la Commune fera état à qui de droit.

Paris, le 22 mai 1871. Le membre du Comité de salut public, G. RANVIER,

I y a des barricades : rue de Rivoli, rue Duphot, rue de Luxembourg, rue Neuve-Saint-Augustin, rue de Monpensier, au coin du Théâtre-Français, à l’entrée de la rue du 4 septembre; faubourg du Temple, boulevard Voltaire, place du Château-d’Eau, sous la porte Saint-Martin, place du Nouvel-Opéra, presque toutes les rues adjacentes des deux côtés du boulevard, rue Richelieu, rue Vivienne, place de la Bourse, place Clichy, au milieu de la rue de Châteaudun (ex-Cardinal-Fesch), rue Saint-Marc.

Ce n’est encore rien.

Demain il y en aura davantage. Jamais l'expression : se hérisser de barricades, n'aura été plus juste pour Paris. Ce sont surtout des enfants qui les construisent, mais elles n’en servent pas moins aux combattants, parmi lesquels se distinguent les femmes.

Le général La Cécilia commande à Montmartre ; le colonel Brunel, de la 10e légion, relàché de sa prison, commande à la place Vendôme.

Un journal affirme que d’une fenêtre d’une maison située au coin du boulevard Rochechouart, on a tiré sur des gardes nationaux.

NO OE va Une perquisition, faite immédiatement dans cette maison, ayant amené la découverte d'individus armés,

plusieurs auraient été, sur le champ, passés par les,

armes. 3 La susceptibilité de l’homme est encore excitée par sa défaite ; aussi, ce fait n’a-t-il rien d’invraisemblable.

Dans l'après-midi, on à pu se procurer quelques .

journaux : l’Avant-garde, le Salut publie et le Journal populaire.

A la nuit close, la situation n’a pas sensiblement changé depuis le matin.

Les Versaillais occupent la plus grande partie de la rive gauche, les quais, les Champs-Élysées, le faubourg Saint-Honoré et une partie.des boulevards Malesherbes et Haussmann. Ils ont des mitrailleuses à Saint-Augustin,

et des canons défendent la caserne de la Pépinière. "

Au ministère des finances, on est parvenu à se rendre maitre de l’incendie.

Le drapeau tricolore était arboré sur l’École militaire, où l’on a trouvé les archives de la société l’{nternationale.

Le Comité de salut public fait afficher pour demain

matin une nouvelle proclamation aux soldats de l’armée de Versailles. Toute la nuit on a construit des «

barricades, pendant que le canon tonnait et que la mitrailleuse grinçait (1).

(1) Voir à la note Q le programme des spectacles de Paris pour

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