‹ Paris sous la commune--Chapitre 3 sur 65 · EXCÈS MÊME, EST DEVENUE IMPOSSIBLE A JAMALS · texte numérisé non relu

EXCÈS MÊME, EST DEVENUE IMPOSSIBLE A JAMALS

Qu'en dites-vous?

Pour moi, je fermai le livre et me mis à rêver.

On n'était encore qu'au mois de mars, peut- J

J être aux premiers jours d'avril, et la soi-disant

Commune élue venait de naître, sous les auspices i

de MM. Tirard et compagnie, dont les écbarpes

municipales avaient voulu proclamer l'union monstrueuse du droit réfugié a Versailles et de rémeute triomphante a Paris. Ils appelaient cet accouplement conciliation et concorde. Un prêtre bénissant Tunion de Pasipbaé et du Taureau ne m'aurait pas paru plus monstrueux que ne le furent députés et maires dans ces allées et venues de leur proxénétisme effronté ou aveugle entre Paris et Versailles.

Je veux les croire de bonne foi^ puisque rien ne prouve le contraire. Louis Blanc était de la bande. Il en devait être, lui qui nous croyait voués a des destinées tranquilles^ et qui avait prophétisé le retour de la Terreur impossible. C'est ainsi que ne servirent pas même à ouvrir les yeux décidés à ne point voir l'assassinat des généraux Lecomte et Clément Thomas, et les cadavres et les blessures du 22 mars.

Ce jour-la, je l'avoue, en me sentant frappé, une consolation m'était venue a l'esprit : « Si je meurs, pensais-je, mon cadavre, promené par la ville, pourra du moins servir a lui faire prendre

les armes contre cette poignée de bandits qui Font siiprise. » Mais il paraît qu'il n'y a pas que les énieu tiers qui sachent exploiter leurs morts. Ils ont fait le 24 février avec un corps sanglant^ une charrette^ une torche et ce cri : (( On égorge nos fiëres ! » Ils ont ébranlé FEmpire avec le spectre de Baudin; car Sedan n'a fait qu'achever une démolition déjà commencée par des échauffourées de cimetière^ un plaidoyer de Gambetta et les coups de crochets de Fécrivain de la Lanlerne.

Vainement^ ainsi que me Fa raconté lui-même ce courageux citoyen ^ un ancien maire, M. Frédéric Lévy, sorti sain et sauf de la manifestation sur laquelle les prétoriens du 18 mars venaient de se montrer si vaillants sans danger ^ fit ramasser un corps plus désespéré que le mien et le mit sur le siège d'une voiture, avec un drapeau tricolore^ en criant : (( Aux armes^ les gens de bien ! » Les gens de bien restèrent chez eux pour la plupart^ ou y rentrèrent et y firent leurs paquets. Il ne manquait \)\u9,^ pour achever la .

^ause de l'ordre^ que l'expédition ridicule de 'amiral Saisset^ qui vint, ne vit rien^ et laissa ^es lorgnettes et ses gants au Grand-Hôtel^ avec me paire de canons et de mitrailleuses qu'on ivait rattrapées et qu'on rendit sans coup fërir. 3n m'a conté qu'en cette réunion du Grand- Hôtel^ qui servit un moment de quartier-général 1 la résistance, plusieurs milliers de gardes nationaux s'étaient léunis, ne demandant qu'a faire de leur mieux contre l'émeute. Mais un ivocat se leva, M. Floquet, assure-t-on (si c'est ui, je plains sa conscience), qui afïirma que le lue d'Aumale venait d'être proclamé lieutenantgénéral du royaume; — oui. Messieurs, du royaume ! 11 ne restait donc plus aux républi- :îains qu'à marcher avec la Commune. D'autres préférèrent ne pas marcher du tout; l'amiral ^aisset les y invita d'ailleurs en se repliant en iésordre sur Versailles.

Telle fut la fin, n'est-ce pas? de nos velléités 3e rébellion contre les polissons du 18 mars^ faipiins du Comité central et coquins de la com-

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