‹ Paris sous la commune--Chapitre 34 sur 65 · L. Boursier, Colonel commandant la /^e légion · texte numérisé non relu

L. Boursier, Colonel commandant la /^e légion

Est-ce une mystificalion ? — Voici une lettre qui a couru tous les journaux comme ayant été adressée à la Commune. Mais il a couru tant de lettres fabriquées, que rien ne nous dit que celle-ci ne soit une plaisanterie :

Citoyen président,

Le patriote Gaillard père ayant demandé dans la soirée d'hier de transporter les rédacteurs, les actionnaires et les abonnés des journaux réactionnaires, je viens à mon tour

d^raander qpe le$^ rpyalisles et les bourgeois qui refuseront de s'abonner au Veve Duchène, au Cri dy> peuple et .au Vengeur soient immédiatement traduits devant la cour martiale, fusillés dans les vingt-quatre heures, et leurs biens confisqués au profit de la Commune. Salut fraternel.

90, rue Montmartre.

Adeline Prourouska,

Libre Paris, le o4e jour de notre rénovation démocratique et sociale. ^luivî^.-

Et si c'était une plaisantefii^ ?

/ncéînaz^.— Le château d'Issv ,est incendié. Les VersaillaisJ' évacuent. .aw^h ^ii^po^i^u >

-Vv fijhfi^uf; ojiffiri £i i^i^ni çèloolov 9nnod f^ ^n^moluo^ fth.^

Journée du 5 mai.

' ÂhôlMoïV''(Mi^-serr^ La Commune décrète

l'abolition du serment ^pdlitique et du germent professionnelV^^^'^^^'"''-^ ai^Mi-.b ub Jdr^^^^

Mesure excellente, rnais peut-^êfrë 'SÏÏfw les

gens qui tiennent leur serment politique sont rares aujourdlmi, quoiqu'il y ait d'honorables exceptions.

Encore ièuGo f niée ^central, -^Exi^^y ne s© sentant pas assez soutenu par la Commune et voulant se faire un ami du Comité central dont il devine l'antipathie pour sa personne, cherche à se faire de ce Comité un appui en lui demandant son concours, non seulement

pour l^administration, mais encore pourj^la plus grande partie des services d organisation militaire. ; \j En prévenant les généraux, colonels et chefs de service sous sa dépendance de cet accord, il aie soin de les avertir que cela pourra amener un changement dans le personnel; et il donne pour motif à cette disposition nouvelle les raisons suivantes, dont,lajlepR)i^^ est certainement de la plus grande habileté?; iinrio-x!^!)

L'impossibilité de recruter en temps utile le personnel administratif nécessaire au service ;

La convenance de séparer absolument radministration du commandement ;

La nécessité d'employer de la manière la plus efficace, non seulement la bonne volonté, mais la haute autorité révolutionnaire du Comité central de la fédération.

Puippel Cl r ordre. ,t-^ Le colonel commandant à Issy, le citoyen Wetzel, semble faire bien peu de cas da l'autorité du délégué à la guerre. Il demande des renforts à rHôtel-de-Ville, au commandant des marins, sans Fintermédiaire de ses chefs; aussi le citoyen lios^el, qui ne plaisante pas, lui retire-t-il son commandement.

Ce pauvronfortd'Issy, en voit-il une suite de commandants! tiniiîf^i

Wetzel est tué trois jours après au même fort.

Les fimis (le V orài^e:-^ On a tort d'appeler les hom-

mes anti-réYolutionnaîres les amis de Tordre. Parbleu ! ceux de la Commune le sont aussi ; la note suivante de la commission de la guerre le prouve :

Afin d'accélérer les distribuiions d'effets d'habillement, d'équipement et d'armement nécessaires tant aux officiers qu'aux gardes, et afin d'introduire Vordre et le contrôle dans ce service, il est établi une commission de quarante membres.

Décidément la Commune, sous quelque aspect qu'on la considère, ne présente que l'image du désordre, de la confusion et de la méfiance.

Embargo sur les chevaux. — Aucun cheval ne peut sortir de Paris, ni passer aux avant-postes, à l'exception cependant des chevaux d'officiers généraux et de porteurs d'estaifettes munies d'ordres réguliers, ou traînant des convois de vivres, de munitions ou de matériaux.

Tout cheval de selle ou de trait qui cherchera à sortir de Paris entraînera pour son propriétaire une amende triple de la valeur du cheval.

Le cheval partage la captivité du Parisien.

Une brebis galeuse, — Le citoyen Blanchet, membre de la Commune, ne s'appelle pas- Blanchet. Ce nom est un pseudonyme sous lequel se cache un certain Pourille, ex-capucin, ex-agent de police, ex-interprète

-- tu au palais do justice à Lyon, ex-banquerouLier frauduleux dans la même ville. Il est reconnu par les délégués du conseil municipal de Lyon, lorsqu'ils sont reçus à l'Hôtel-de-Ville. Invité par ses collègues à s'expliquer, il avoue tout (1), et après cette confession il est écroué à Mazas, où il est resté oublié. Après cette exécution, les membres de la Commune ont dû se regarder... sans rire.

Les frères incorporés dans la garde nationale, — Un délégué de la Commune, accompagné des inévitables gardes nationaux, vient occuper la maison des frères, rue de Fleurus. On incorpore les frères dans les bataillons de la garde nationale pour les envoyer aux remparts, et leurs écoles sont livrées aux hommes de la Commune.

Journée du 6 mai.

Nouvelle organisation militaire. — Le Comité de salut public arrête :

Art. lei\ — La délégation à la guerre comprend deux divisions :

Direction militaire, Administration.

(1) Voir à la note L l'intéressant procès-verbal de la séanee do la romnnune.

Art. 2.— Lie colonel Rossel est chargé i^je^'ipitie^tlive et de la direction des opérations militaires. 'iLir

Art. 3. — Le Comité central de la garde nationale est, chargé des différents services de l'administration de la guerre, sous le contrôle direct de la commission militaire communale. *''^'^--

et invite le colonel Rossel à ré^p^rti^^i lej?^j[:l}J]f|Jrents çQiïiiTiandements militaires. » ■,, ..«^ -,

Le directeur des opérations militaires, obéissant à cette invitation, publie Tordre suivant :

Le général Dombrowski se tiendra de sa personne à Neuilly, et dirigera directement les opérations sur Jla rive droite. ^ . .,•

Le général La Cécilia dirigera les opérations entre la Seine et la rive gauche de la Bièvre. Il prendra le titre de général commandant le centre.

Le général Wrobleski conservera le commandement de l'aile gauche. ^j , j .>r

Le général Bergeret commandqi['^.i»]a première brigade de réserve. 5 :,

Le général Eudes commandera la deuxième brigade active de réserve.

Chacun des généraux ci-dessus désignés conservera un quartier à l'intérieur de la ville, ainsi qu'il suit :

1° Le général Dombrowski, à la place Vendôme;

2^ Le général La Cécilia, à l'École militaire;

3» Le général Wrobleski, à l'Elysée;

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