‹ Paris sous la commune--Chapitre 36 sur 65 · ROSSEL · texte numérisé non relu

ROSSEL

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Malgré les bunetinsda,Yictoire, malgré le feu éleiiil des Versaillais, malgré toutes les pertes subies par leurs ennemis, il est donc bien constaté encore cette fois que les fédérés sont battus.

En même temps qu'il faisait afficher cette nouvelle, Rossel envoyait sa démission à la Commune en demandant une cellule àMazas (1). , , i\

Craignait-il qu'à son tour on l'accusât de trahison, après ce nouvel échec des fédérés ? ou Rossel se démettait-il de ses fonctions par suite des difficultés qu'il éprouvait à les remplir, difficultés suscitées par les trois pouvoirs en compétition et cherchant chacun à commander de son côté ?

Rossel est-il réellement traître à la Commune, comme on l'a dit ?

La fuite de Rossel (voir au 10 mai) n'indique peutêtre pas une conscience bien tranquille.

Mais ce n'est pas de si tôt que nous saurons la vérité, n faut attendre avant de juger.

(1) Voir à la note M la leUre de démission de Rossel, qui jette quelque jour sur tous les événements auxquels il a été mêlé.

llcqaisUion de chevaux. — La Commune trouvant qu'il n'est pas possible de former de la cavalerie sans chevaux, et trouvant également qu'il est fort coûteux d'acheter des chevaux, emploie le moyen plus économique de la réquisition.

Le pain, — La Commune de Paris arrête que le prix du kilogramme de pain sera maintenu à 50 centimes.

Loi soiiiptuaire. — La commission de la guerre arrête :

Les officiers ne recevront plus désormais que l'habillement des gardes, plus un képi et les galons de leur grade.

Le galon d'argent est uniquement attribué aux officiers de la garde nationale et de légion.

Le galon d'or esi exclusivement réservé à l'état-major des généraux et du ministère de la guerre.

Les membres de la commission de la guerre^

Arnold, Avrial, Delescluze, Trioon, Varlin.

Mysténeiise affaire. — M^ Grillet, avocat, était depuis le 18 mars employé au ministère de l'intérieur, par la protection du citoyen Cournet. Il était intimement lié avec M. Félix Belly, ancien rédacteur de la Presse, qui pendant le siège de Paris s'était fait une sorte de célébrité amusante en voulant former le corps des amazones de la Seine. Or, M. Belly aurait eu la t'aciUté de connaître des pièces compromettantes pour

les hoiiiiues du gouvernement du 4 septembre, et aurait commis l'imprudence d'en emporter quelquesunes pour les montrer à diverses pers,oi;mes, entre autres à M^ Grillet.

Or, M® Grillet est appelé, il y a quelques jours, au dehors par une lettre urgente ; il sort, et au bout de quelques instants une dame vient prévenir sa fille qu'il est indisposé. On va dans un bôtel, rue Montmartre, et là on trouve M^ Grillet mort, et à côté de lui un étranger. Celui-ci est arrêté, et l'affaire en reste là. Il faut constater aussi que' M. Itelly, l'ami de M® Grillet, a disparu depuis la mort de l'avocat.

C'est ce qu'a raconté le journal îa Justice, et personne ne l'a démenti. ; ,

Proclamation de i¥. Thiers. — La proclamation de M. Thiers faisant appel aux hommes d'ordre pour lui livrer Paris, afin d'éviter la prolongation de la guerre civile, produit fort peu d'effet : on est trop abattu, et les fuvards sont nombreux. La Commune seule en profite pour surenchérir sur les injures qu'elle pubhe journellement contre le clief du pouvoir exécutif, ses ministres et ses soldats.

La Commune en séance. — Après le discours du citoyen Delescluzo, dont nous donnons ici quelques curieux fragments, les membres demandent le comité secret;

Le citoyen Delescluze. — Vous discutez quand on vient d'affichrr que le drapeau tricolore flotte sur le fort d'Issy. Citoyens, il faut aviser sans retard.

Je suis allé aujourd'hui à la guerre; j'ai vu le désespoir de Rossel.

Déposez aujourd'hui toutes vos haines.

Il faut que nous sauvions le pays. Le Comité de salut public n'a pas répondu à ce que l'on attendait de lui. Il a été un obstacle au lieu d'être un stimulant. Je dis qu'il doit disparaître. Il faut prendre des mesures immédiates, décisives.

La France nous tend les bras ; nous avons des subsistances : faisons encore huit jours d'efforts pour chasser ces bandits de Versailles. La France s'agite ; elle nous apporte un concours moral qui se traduira par un concours actif.

L'administration pure et simple de la guerre a été confiée au Comité central. Qu'en a-t-il fait? Je n'en sais rien. Mais, enfin, si le Comité central, acceptant la situation qu'on lui a faite, veut aider le travail qui doit se faire maintenant pour réunir les éléments épars de la défense de Paris, que le Comité central soit le bienvenu. Votre Comité de salut public est annihilé, écrasé sous le poids des souvenirs dont on le charge, et il ne fait même pas ce que pourrait faire une simple commission executive.

\oici encore un membre du pouvoir qui constate le manque d'unité qui règne au soin du gouvernement communal, et qui se leurre en comptant sur le concours actif de la province.

,'5iinr/V'"'^< '^^.' M'îll JiJj'fllIi ç'Mtnî!i^'•■

Journée du 10 mai.

Arrestation et évasion deRossel, — C'était inévitable : Rossel est déclaré traître à la République et renvoyé devant la cour martiale, que la Coin mun/} rétablit; A mîdi^'Kosseî est arrêté pçir les ordres du Comité de salut public et enfermé à la questure, où il est confié à la garde du citoyen Gérardin, du 17^ arrondissement, membre de la Commune et, du Comité de salut pubnc. A cmq heures et demie, m prisonnier et son gardien ont disparu, et toutes les recherches pour les retrouver sont vaines, makré le zélé que déploie le citoyen Bergreret.

La Commune n'a jamais fait le procès de Rossel; elle a déclaré à satiété qu'il était un traître, vendu aux Yersaillais ; ses journaux l'ont répété sur tous les tons, mais dîe preuves et de jugement^ point. -^^'^^inta'

Il parut quelques jours après un document : Projet d'acte d'accusation Rossel, signé Protot et Vermorel, que toutes les feuilles parisiennes et versaillaiscs reproduisirent, et dans lequel on démontrait que Rossel avait reçu de l'argent de Versailles pour livrer les forts et qu'il voulait en même temps faire un 48 brumaire. Le Cridupetiple déclare ce document apocryphe, en disant que ces détails paraissaient émaner d'un aofent de Versailles, qui. dans son zèle de nou-

velliste, aurait trahi lui-même le secret de ses maîtres avant que la Commune V ait découvert !

Si la Commune ne connaissait pas les projets de Rossel, pourquoi le faisait-elle arrêter?

"^^^ Autre arrestation. — Le citoyen Jules Allix, r^5cargot le ]plus symfatliiq\ie de la Commune ^ est arl'été sans qu'on sache le motif. Relâché deux jours après, il brise les scellés apposés dans sa mairie, néemprisohné, il demande des juges; mais on lui envoie un médecin aliéniste, ce dont il a, paraît-il, le plus grand besom.

Décisions de la Commune, — Le résultat du comii est

mité secret de la Commune dans la séance d'hier soir

1» De réclamer la démission des membres actuels du Comité de salut public et de pourvoir immédiatement à leur remplacement ;

2o De nommer un délégué civil à la guerre qui sera assisté de la commission militaire actuelle, laquelle se mettra immédiatement en permanence ;

3^ De nommer une commission de trois membres, chargée de rédiger immédiatement une proclamation;

4o De ne plus se réunir que trois fois par semaine en assemblée délibérante, sauf les réunions qui auront lieu dans le cas d'urgence, sur la proposition de cinq membres ou sur celle du Comité de salut public ;

5» De se mettre en permanence dans les mairies de ses

arrondissements respéclifs, pour pourvoir s<3uvx-rainement aux besoins de la situation; . Jnrili

6* D^ créer une cour martiale dont le$ membres seront nommés immédiatement par la commission militaire;

7^ De mettre ie Comité de salut public en permanence àrHôlel-de-Viîîe,

U Opéra de Paris. -—M. Cournet touche à TOpéra, et c'est pour supprimer son directeur titulaire.

Art. l^ï*. — Le citoyen Emile Perrin est révoqué.

Arï. 2. — Le citoven Eui^^ène Garnier est nommé directeur du théâtre national de l'Opéra^ en remplacement du citoyen Perrin, et à titre provisoire.

Art. 3. — Une commission est instituée pour veiller aux intérêts de l'art musical et des artistes; elle se compose des citoyens Gournet, A. Regnard, Lefebvre-Roncier, Raoul Pugno, Edmond Levraud et Selmer.

Le délègue à la sûreté générale et à Vintérieiu\

Cournet.

On a d'abord cru cpe M. Garnier était Farchitecte de rOpéra; mais le protégé du citoyen Cournet n'est qu'un homme de bien moins d'importance : ténor de province, entrepreneur de tournées en province quand il trouve l'occasion d'exploiter quelques artistes de Paris. M"^^ ÏJgalde aurait été sa pensionnaire.

Loterie du Monl-de-Piété. — L'opération du dégagement gratuit des objets engagés au Mont-de-Piété

étanl presque inexécutable, on (unne quaranle-sept lots représentant chacun les objets engagés pendant une période de quinze jours. Ge§ lots seront tirés au sort à rHôtel-de-Ville (salle Saint-Jean), et les séries " sortant seront annoncées par voie d'affiches.

Les dégagements se font rue des Blancs-Manteaux, ex-rue Bonaparte, actuellement rue du 31 octobre, et rue Servan.

Fédération artistique. — \J Officiel pubhe un long rapport de la commission fédérale des artistes (peintres, sculpteurs et graveurs en médailles, architectes, Lrraveurs et lithographes, artistes industriels) au citoyen Vaillant, délégué à Finstruction publique, sur les réformes à appoxtei; dans .i;admiui#rj^tfPA..4^s beaux-arts. --?-^'' '■< h;??:;^^ i h,..,-,.f/ï .........vr r.

Courbet triomphe!...

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