‹ Paris sous la commune--Chapitre 9 sur 65 · DÉCLARATION DE LA PRESSE · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE LA PRESSE

Attendu que la convocation des électeurs est un acte de souveraineté nationale ;

Que l'exercice de cette souveraineté n'appartient qu'aux pouvoirs émanés du suffrage universel ;

Que, par suite, le Comité qui s'est installé à l'Hôtel-de- Ville n'a ni droit ni qualité pour faire cette convocation,

Les représentants des journaux soussignés considèrent la convocation affichée pour le 22 courant comme nulle et non avenue,

Et engagent les électeurs à n'en pas tenir compte.

Journal des Débats^ — Constitutionnel, — Siècle, — Electeur libre, — Paris- Journal, — Vérité, — Figaro, ~ Gaulois, — Petite Presse, — Patrie, — Uîiion, — Petit National, — France nouvelle, — Presse, — Liberté, — Pays, ~ National, — France, — Univers, — Opinion nationale, — Cloche, — Petit Moniteur, — Français, — Journal des Villes et Campagnes, — Moniteur universel, — Monde,

Le Rappel ne s'était pas fait représenter; mais quant i\ V Avenir national, sa défection dans la personne de M. Desonnaz est bien caractéristique pour la politique de ce journal, habile à ménager la chèvre sans endommager le chou.

Quand on demanda h M. Desonnaz s'il adhérait, il

déclara courageusement qu'il n'avait pas d'instructions suffisantes. On en rit tout bas; évidemment, l'intention de M. Peyrat était de faire acte de présence à la réunion, mais de ne pas faire adhérer son journal.

J'aimais mieux l'attitude de M. Veuillot, auquel les mots souveraineté nationale ont fait faire la grimace, mais qui a adhéré quand même, comprenant bien que, devant une affirmation de principes, on ne devait pas chicaner sur une question de mots.

Nouvelle affiche des représentants, maires et adjoints de Paris, disant :

Les maires et adjoints de Paris et les représentants de la Seine font savoir à leurs concitoyens que l'Assemblée nationale a, dans la séance d'hier, voté l'urgence d'un projet de loi relatif aux élections du conseil municipal de la ville de Paris.

La garde nationale, ne prenant conseil que de son patriotisme, tiendra à honneur d'écarter toutes causes d'un conflit, en attendant les décisions qui seront prises par l'Assemblée nationale.

Vive la France ! Vive la République !

Paris, le 21 mars 1871.

(Suivent les signatures;}

Pendant tout ce teinps-là, ce que devient l'amiral Saisset et son commandement, nul ne le sait. Personne ne sait ce quMl fait; mais il n'en est pas de même

(les actes du Comité central, qui a ['Of/lcui pour publier ses décisions.

Le Comité central de la garde nationale est décidé à respecter les conditions de la paix.

Seulement, il lui paraît de toute justice que les auteurs

de la guerre maudite dont nous souffrons subissent la plus

grande partie de l'indemnité imposée par nos impitoyables

vainqueurs.

Grélier,

Délégué à Vintérieur,

Prorogation d'un mois des échéances des effets de commerce.

Jusqu'à nouvel ordre, et dans le seul but de maintenir la tranquillité, les propriétaires et les maîtres d'hôtel ne pourront congédier leurs locataires.

L'arrêté relatif à la vente des objets engagés au Montde-Piété est rapporté.

A Versailles on dit que des repris de justice sont dans les rangs des fédérés; ceux-ci retournent l'accusation, et on peut lire cette proclamation du Comité central disant que :

De nombreux repris de justice, rentrés à Paris, ont été envoyés pour commettre quelques attentats à la propriété, afin que nos ennemis puissent nous accuser encore.

Nous engageons la garde nationale à la plus grande vigilance dans ses patrouilles.

Chaque caporal devra veiller à ce qu'aucun étranger ne se glisse, caché sous l'uniforme, dans les rangs de son escouade.

C'est l'honneur du peuple qui est en jeu ; c'est au peuple à le garder.

Ceci n'est qu'amusant; voici qui devient grotesque. Un nonuné Lucien Combatz, ancien enq3loyc a la lùlégrapliie et qui n'y est pas resté pour des raisons assez... sérieuses^ parait-il, s'est improvisé directeur général de la télégraphie. II crie contre Versailles I qui a désorganisé les services pour la province et l'étranger, et savez-vous par (juoi le Comité répond à ses doléances?

I^ar la suppression de la télégrajdiie privée dans IVuns.

Le directeur général des télégraphes est autorisé à supprimer jusqu'à nouvel ordre la télégraphie privée dans Paris.

Paris, le !20 mars 1871.

Four le Comité central :

Page 1