PARIS SOUS L'EMPIRE [.4 décembre
êLre témoins des cérémonies qui ont eu lieu dimanche dernier; ils se sont réfugiés dans quelques guinguettes à la Courtille, à Vaugirard, etc., et ils y ont passé la journée à boiie et à regretter leur ancien temps. « C'est fini pour nous, disaient-ils, il n'y a plus de liberté. »
Journaux. — On ne remarque de nouveau, dans les feuilles de ce jour, que quelques articles de Londres, tous en date du 23 novembre ; encore ne paraissent-ils pas d'un intérêt majeur ; ils annoncent et, sans aucune réflexion, l'arrivée de l'agent Rumbold * à Londres, la prise du corsaire français monté par Blanckman, lequel était tellement redoutable aux croiseurs anglais, qu'une récompense de mille livres sterling était promise à celui qui s'en emparerait ; enfin quelques incertitudes sur la décision que devait prendre le cabinet de Madrid à l'égard de celui de Saint-James. Parmi quelques articles étrangers aux nouvelles et peu susceptibles pour la plupart de frapper l'attention, on distingue, cepemiant, sous le rapport de l'opinion, une lettre insérée dans le Courrier français, et adressée au rédacteur, au sujet de l'emploi qui a été fait de la date, suivant le calendrier grégorien seul, sur des affiches de spectacles, le H frimaire. L'auteur de la lettre blâme beaucoup les comédiens de l'empressement que, selon lui, ils ont montré à adopter ce changement; il ne croit pas qu'on puisse mettre jamais en oubli le 18 brumaire, le 25 prairial et le 11 frimaire, qui ne pourraient jamais se distinguer sans confusion
sous les dates correspondantes du calendrier grégorien
Dubois.
(Arch. nat., F', 3S33.)
J0URN.\UX.
Gazette de France du 14 frimaire : «Variktés. Si les cérémonies du couronnement n'avaient pour objet qu'un souverain ordinaire, un paisible descendant d'une longue succession de têtes couronnées, qui reçut tout son lustre du rang qu'il occupe, il suffirait de décrire la pompe de cette solennité, la splendeur du cortège, la magnificence des fêtes publiques, et l'empressement d'un peuple immense à jouir de ce superbe spectacle. Mais cette cérémonie, respectable en elle-même, devient plus intéressante que celles qui l'ont précédée, en raison du héros qui en est l'objet, en raison des sentimenls qu'il inspire, et surtout des grandes espérances qu'il inspire pour l'avenir, (/est sous ce point de vue qu'elle paraît plus auguste aux yeux du philosophe, de l'homme religieux, de l'homme d'État. Ce fut une idée profondément politique que celle d'appeler au couronnement une députation de toutes les gardes nationales, de toutes les autorités civiles et militaires de l'Empire. La posiérité cumparora cotte réunion nationale à la fédération de 1700. Ce