‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 107 sur 221 · Rue Notre-Dame, n · texte numérisé non relu

Rue Notre-Dame, n

437 PARIS SOUS L'EMPIRE [b décembre 1804]

présentera l'audience de Sa Sainteté avec tout le clergé de la cathédrale et des différentes paroisses de celte ville. On ne peut rien ajouter à la bonté et à la satisfaction avec laquelle le Saint-Père a reçu les hommages de ce nombreux clergé. Il serait surtout difficile d'exprimer combien elle a parue touchée du discours que notre vénérable archevêque de Paris lui a adressé, en se félicitant de pouvoir dire en quelque sorte, comme le patriarche Siméon, qu'il verrait désormais terminer avec joie sa longue carrière, puisque le Seigneur l'avait assez prolongée pour voir encore l'Église de France rétablie, et le digne chef de toutes les Églises, venir, par sa présence et ses bénédictions, nous témoigner lui-même les consolations dont son âme jouissait en retrouvant et la même foi que nous avions reçue de ses sainls prédécesseurs, et le même respect pour cet auguste siège que le Dieu des chrétiens a désigné lui-même comme le fondement de son Église. Pendant que le clergé était admis à rendre son hommage à Sa Sainteté, on a pu remarquer, avec la même satisfaction, une foule nombreuse du peuple témoignant par ses cris le vif empressement de voir Sa Sainteté et de recevoir sa bénédiction. Le Saint-Père s'est prêté diverses fois à ses désirs. Hier, entre autres, il a paru à la fenêtre avec S. M. l'Empereur, et à l'instant l'air retentit des cris redoublés : Vive le Pape ! Vive l'Empereur ■ » — « Samedi dernier ont été présentés à S. M. l'Impératrice, par M"!» de la Rochefoucauld, leurs Altesses Sérénissimes le prince Louis de Baden et le prince Lœwenstein, Le prince Lœwenstein était du nombre des princes qui, le matin, avaient été présentés à S. M. l'Empereur.» — « Le jardin des Tuileries a été rempli hier, toute la journée, d'une foule de spectateurs, dont les regards se fixaient particulièrement sur le pavillon de Flore, occupé par le souverain pontife. Ces spectateurs paraissaient chercher avec beaucoup d'empressement l'occasion de voir Sa Sainteté. » — « Hier après-midi, cinq ballons entêté lancés de la place de la Concorde. Leur départ a été précédé d'un petit ballon d'air qui s'est élevé avec une grande rapidité et a paru dans les airs comme un point brillant, colorié de tous les rayons du soleil. Le plus grand des cinq ballons, d'un diamètre très majestueux, portait un aigle, les ailes déployées et tenant dans ses serres deux grands drapeaux, sur lesquels était inscrit le nom de Napoléon, empereur. Les cinq ballons se sont élevés à une grande hauteur, et, là, se sont enflammés d'une manière très brillante; l'aigle est redescendu soutenu sur ses ailes et les drapeaux qu'il portait. La place de la Concorde était couverte d'une foule immense de spectateurs. » — « Los joyaux qui ont servi au couronnement de l'Impératrice sont une couronne, un diadème et une ceinture ; la couronnée huit branches dont les extrémités vont se réunir sous la base d'un globe d'or, fixé au milieu de la couronne, et surmonté d'une croix; les branches sont garnies de diamants; quatre représentent d'un côté les feuilles d'un palmier ; les quatre autres, celles d'un myrte ; l'endroit ovi les branches forment une courbe pour s'abaisser sous le globe présente un cordon circulaire, incrusté de huit émeraudes ; l'espèce de bandeau sur lequel la couronne est appuyée et qui pose sur le front est brillant de perles et d'améthystes ; le diadème se compose de quatre rangées de pierreries, toutes delà plus grande blancheur, entrelacées de feuillages de diamants d'un assortiment parfait et montés avec un art aussi admirable que la richesse de la matière ; on remarque sur le front plusieurs gros brillants, dont un pèse 19 grains : la ceinture est un ruban d'or enrichi de trente-neuf pierres. » — « La seconde journée des fêtes du couronnement ncjiouvait avoir

\o caractère de celle, à jamais mémorable, qui l'avait précédée ; mais elle a eu celui qui lui était propre, celui dune réjouissance publique. Le mouvement d'un peuple qui courait de plaisirs en plaisirs avait succédé à la pompe des solennités, Ihabit de ville à l'éclat des costumes, les jeux populaires aux cérémonies, et, à la place de brillants cortèges de la veille, on avait le spectacle d'une immense population répandue sur les cjuais, les places publiques, les boulevards et les promenades de la ville, où toutes sortes de divertissements avaient été disposés. Le temps le |)lus serein, le ciel le plus pur et le beau soleil éclairaient cette réunion, (jui s'étendait sur les principaux points de cette grande cité, depuis le palais impérial jus(|u"à l'extrémité du boulevard Saint-Antoine ; laltluence était partout ; il n'y avait de foule nulle part. La multitude était attirée dans le même moment sur des points divers, et l'immense étendue des boulevards n'offrait, quel que fût le nombre des spectateurs, d'autre coup d'œil que celui d'une longue promenade, animée, riante et variée. Dans la matinée des hérauts d'armes avaient parcouru les places principales de la ville, et avaient distribué, sur leur passage, une quantité énorme de médailles. D'un côté on voit la figure de l'Empereur, portant la couronne des Césars, avec cette légende : Napoléon, empereur; sur le revers on lit: le Sénat et le Peuple. Ces mots expliquent le sens du dessin allégorique gravé sur ce revers, où l'on voit une figure revêtue des ornements de la magistrature et celle d'un guerrier élevant sur bouclier un héros revêtu des attributs impériaux. L'emi)rcs8enient à rechercher ces médailles était extrême. Sur la place de la Concorde s'élevaient quatre salles, formant des carrés longs d'architecture antique, destinées à la danse et aux valses; de cette place jusqu'à l'extrémité du boulevard régnait un long et brillant cordon d'illuminations en guirlandes, en feux de couleurs; les portes Saint-Denis et Saint-Martin, derrière lesquelles des illuminations brillantes terminaient le point de vue, offraient un très beau coup d'œil ; la place de la Concorde, l'Hôtel de la marine et les bâtiments parallèles, le palais du Corps législatif et delà Légion d'honneur étincelaient de feux. Pendant toute la journée, des jeux de toute espèce, distribués sur toute la longueur du boulevard, avaient singulièrement amusé les spectateurs. Ici l'on rencontrait un nombreux corps de musiciens exécutant des fanfares et des marches militaires; là des groupes de chanteurs se faisaient entendre; ailleurs des réunions grotesques attiraient autour d'elles une foule nombreuse; plus loin des mâts de cocagne exerçaient déjeunes hommes, souples et vigoureux; plus loin encore des théâtres, placés de distance en distance, fixaient un moment les regards par des pantomimes, cl des lazzis bouffons. Ainsi l'attention et la joie étaient partout excitées à la fois. Le soir, le concours s'est insensiblement replié sur la place, aux Champs-Elysées, aux Tuileries, sur tous les ponts et les quais, d'où on a vu aisément et sans confusion un beau feu d'artifice sur le pont de la Concorde. Aucun accident n'a troublé cette agréable journée; l'ordre et la plus parfaite tranquillité ont régné partout où le joyeux concours s'est porté, et partout il a montré celte gaîté franche et paisible, cette innocente liberté qui caractérisent un peuple heureux. »

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ce

lo FRIMAIRE AN XIII (6 DÉCEMBRE 1804), Rapport de la préfecture de police du 16 frimaire.

Ambassadeurs. — On assure que M. de Cobenzl et les autres ambassadeurs témoignent beaucoup de mécontentement d'avoir été invités à la Cour à une troisième table ; qu'ils disent qu'ils ont refui=é de s'y trouver, et qu'ils le refuseront toujours. On a vu pendant les fêtes M. le marquis de Lucchesini^ en petite redingote, dans les groupes du peuple, et y écouter avec une attention marquée tout ce qu'on y disait.

Réunions. — On rapporte que des députés qui ont entendu par hasard quelques mauvais calembours, tels que les Bourbonistes en fabriquent de temps en temps dans les couloirs et le foyer du Vaudeville, en ont montré beaucoup d'indignation. Le sieur Viej, officier du 3^ régiment de carabiniers, qui a eu l'occasion de rencontrer quelques hommes de parti, leur a signifié énergiquement qu'ils devaient se tenir tranquilles et que toute l'armée était plus quejamais dévouée à l'Empereur.

Journaux. — Aucun article dans les feuilles de ce jour ne porte un caractère de nouveauté. Tout ce qu'elles renferment, à l'exception de quelques parties transcrites du Moniteur, ne peut être considéré que comme des redites...

Bourse. — Les premières négociations de rentes avaient fait croire que la baisse était enfin arrêtée, mais une faible amélioration a multiplié les offres, et le cours s'est fermé dans des dispositions très défavorables. Les transactions commerciales n'ont point encore éprouvé de mouvement sensible, mais elles paraissent disposées à s'animer prochainement. Quelques articles, tels que les cotons, les huiles et les savons, ont pris un peu de faveur. On a annoncé en Bourse la faillite de M. Lattad, faisant un assez gros commerce d'épicerie, rue du Gros-Chenet. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 57fr.50, oo, 50, 40, 3o, 40, 30, 30, 25; 57 fr. 20. Actions de la Banque de

France, 1.142 fr. 50.

Dubois.

(Arch. nat., F', 3833.) 1. Ministre de Prusse à Paris.

[6 DÉCEMBRE 1804] PARIS sous L'EMPIRE 440

JOLRNALX.

Moniteur du (6 frimaire ; « Paris, le l.ï frimaire. Aujourdiiui. à onze heures, les présidents des collèges électoraux de départements ont été introduits par le grand maître des cérémonies dans la salle du trône, où étaient présents les princes, les grands dignitaires, les ministres, les grands officiers de l'Empire, les sénateurs et les conseillers d'Étal, et présentés à Sa Majesté par S. A. I. le princeJosoph, grand Electeur. S. M. l'Eiiipereur, après s'être entretenu pondant quelques instants avec chacun d'eux, a terminé celte audience en disant qu'il voyait avec plaisir autour de lui les présidents des collèges électoraux de départements et qu'il espérait que ces corps, qui doivent être complétés dans le cours de cette année, seraient un des principaux appuis du trône, et donneraient dans toutes les circonstances des témoignages de leur attachement à sa personne et à la patrie. A midi, les présidents des collèges électoraux d'arrondissement ayant été introduits de la même manière, S. M. l'Empereur s'est entretenu avec la plupart d'entre eux, et, en terminant l'audience qu'il leur avait accordée, a aussi témoigné la satisfaction avec laquelle il les voyait autour de lui, et leur a dit qu'il espérait que ces corps, qui doiventêtre successivement complétés, seraient constamment animés d'un bon esprit, et se réuniraient à lui dans toutes les circonstances pour tout ce qui pourrait Qtre utile au trône et à la patrie. A une heure, lespréfels, ayant été introduits par le grand-maître des cérémonies, ont été présentés par l'archi-chancelier de l'Empire. Sa Majesté, après les avoir presque tous entretenus pendant quelques instants, leur a fait connaître qu'il a vu avec plaisir les préfets des cent-huit départements de l'Empire, qu'il est satisfait du zèle qu'ils ont apporté dans l'exercice de leurs fonctions, et avec lequel ils l'ont aidé, pondant les quatres années qui viennent de s'écouler, à soutenir le fardeau du gouvernement, il leur a recommandé spécialement l'exécution de la loi sur la conscription, dont on a rendu successivement les dispositions plus faciles et moins onéreuses. « Sans la conscription, a-t-il dit, il ne peut y avoir ni puissance ni « indépendance nationales, .. Toute l'Europe estassujetie à la conscription.., << Nos succès et la force de notre position, tiennent à ce que nous avons une « armée nationale. » Il faut s'attacher avec soin à conserver cet avantage.., L'Empereur a ensuite ajouté qu'il espérait que les préfets continueront à |)orlcr le même zèle dans l'administration qui leur est confiée, et qu'ils auront toujours le même attachement pour sa personne et pour la patrie. .K doux heures les présidents des cours d'appel et les procureurs généraux dos cours d'appel et criminelles ayant aussi été introduits par le grand-maître des cérémonies et présentés par Son Altesse Sérénissime l'archi-chancelier do l'Empire, S. M. l'Empereur leur a donné une audience qu'il a terminée en exprimant la satisfaction avec laquelle il voyait ces magistrats et la confiance qu'il mettait on leur attachement à sa personne et à la patrie. « J'ospère,a-til ajouté, que les <( cours continueront k rendre bonne, sévère et impartiale justice; car c'est l'une « des princi|)alos obligations que j'ai contractées avec le peuple français. » Sa Majesté a daigné les entretenir ensuite des discussions qui ont en ce moment lieu au Conseil d'État au sujet de l'organisation de la procédure criminelle...» — Gazette de France du 17 frimaire: « Paris, 16 frimaire. ...Plusieurs reliques viennent d'être rendues à l'église métropolitaine de Paris, Ces reliques,

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dont la piété de Saint-Louis avait enrichi la Sainte-Chapelle, où elles ont été l'objet constant du culte des fidèles, avaient été déposées en 1792, par ordre du roi, au trésor de Saint-Denis, et transportées ensuite en 1793 à la Commission temporaire des arts. Après la cessation des travaux de cette Commission, elles furent placées dans le Cabinet des antiques de la Bibliothèque impériale. Conformément à un ordre de Son Excellence le ministre de l'intérieur, M. Millin, conservateur de cet établissement, a remis à M. d'Astros, chanoine de Notre-Dame, un carton contenant la sainte couronne d'épines, un morceau de bois et une cheville de la vraie croix, une petite fiole qui renferme du sang sorti du sacré côté, une discipline de fer qui a servi à Saint-Louis, une tunique du même prince, et plusieurs autres reliques. »

Ministère de la police générale. — Bulletin du 17 frimaire.

Paris. Gravure. — Un officier alleoiand, attaché au prince d'Isenburg, a montré aujourd'hui une gravure, qu'il a dit avoir achetée sous une galerie du palais du Tribunal, d'un inconnu qui la vendait sous le manteau. Elle représente le Pape posant la couronne impériale sur la tête de Sa Majesté. Au bas une pistache. Le vendeur expliqua mj'stérieusement le sens allégorique : Pie se tache. Le préfet de police est chargé de faire avec soin la recherche de cette gravure et des colporteurs qui en font la vente

(Arch. nat., AF iv, 1491.)

Rapport de la préfecture de police du mé.me jour.

Réunions. — Nombre de dragons, de ceux qui sont venus ici pour la cérémonie du sacre, se plaignent de ce qu'on les a fait venir à pied et de la fatigue que ce voyage leur occasionne . On en a entendu beaucoup en murmurer dans différents cafés et cabarets. On a également entendu des officiers et des soldats se plaindre de ce qu'il était dû un arriéré de solde, qui remonte à cinq ans, et dire qu'ils avaient espéré, mais vainement, le toucher dans cette circonstance, et ils en montraient du mécontentement.

Culte. — Les dévots et ceux qui se mêlent d'affaires ecclésiastiques répandent que S. E. le ministre des cultes est occupé d'un travail qui a pour but le rétablissement de diverses fêtes ; que Sa Sainteté doit venir en grande cérémonie faire la bénédiction de la chapelle de la

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Vierge, à Saint-Euslache. Déjà les dames de la Halle se disposent à le complimenter et à lui offrir des fleurs.

Spectacles. — On a distribué, hier, à l'Académie impériale de Musique, un nombre de billets beaucoup plus considérable que celui des places ; il en est résulté un tumulte extrême avant et après même le lever du rideau. Le parterre était tellement encombré que plusieurs particuliers, n'y pouvant résister, ont escaladé deux des premières loges, qui étaient louées, et ce n'est qu'avec beaucoup de peine que l'on est parvenu à les faire sortir. Enfin le calme s'est rétabli au commencement du premier acte, et, malgré la presse que Ton éprouvait dans l'intérieur et la foule qui inondait tous les couloirs, le spectacle a été écouté tranquillement.

Journaux. — Les feuilles donnent aujourd'hui quelques nouvelles d'Angleterre, qui portent en substance que l'Amirauté a donné des ordres pour le passage libre dans l'Elbe des vaisseaux chargés pour Hambourg ou Tônning, que les gros temps empêcheraient d'entrer dans TEyder, afin, y est-il dit, de diminuer les pertes qui résulteraient des échanges pour les assurances du café Lloyd ; que plusieurs gros navires de guerre ont été lancés à Plymouth, et que d'autres y sont en construction ; que sirJIord est parti avec des vaisseaux et des brûlots pour une expédition secrète et doit croiser devanlGibraltar ^ ; que lord ftloyra est nommé lord-lieutenant d'Irlande, et que la tranquillité est loin d'être rétablie dans cette île ; que la fièvre jaune s'est manifestée à Malte ; que, d'après les lettres de Saint-Domingue du 41 octobre, il était arrivé à Santo-Domingo deux frégates françaises ayant à bord trois cent cinquante hommes de troupes régulières ; enfin qu'il y a eu entre lord Ilarowby et l'ambassadeur d'Espagne des conférences qui éloignent, d'après l'opinion de Morning Chronicle, toute apparence de rupture. — Les nouvelles des autres pays sont à peine remarquables. Quelques-unes, d'Italie, font croire à la diminution des ravages de la fièvre jaune à Livourne, ou bien donnent le détail des précautions prises par les États limitrophes ou voisins de la Toscane pour arrêter toute communication. Ou distingue toutefois une nouvelle datée de la Haye, le l^"" décembre, et ainsi conçue : « Si l'on en croit un bruit généralement répandu et accrédité par un de nos généraux, Monsieur Schimmelpenninck, aurait obtenu k Paris la promesse que

1. Dans lorigin.il, au Heu de sir Hord, il y a sir Lord. Mais c'est une erreur. On lit en etîet dans le Journal des Débats du 17 frimaire an III : « Angleterre, Londres, ?/ novembre ... Sïv John Hord est parti pour une expédition secrète, avec plusieurs vaisseaux. II doit toutefois rroiser devant Gibraltar jusqu'à nouvel ortlre. Des brûlots suivent son escadre. »

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dans peu notre pays serait déchargé des dépenses énormes auxquelles il a été forcé depuis tant d'années par l'état de guerre, » Les nouvelles de l'intérieur consistent presque uniquement dans l'annonce de quelques fêtes qui ont eu lieu sur différents points de la France, à l'occasion du couronnement de leurs Majestés Impériales, et toutes font connaître l'unanimité parfaite des sentiments de joie et d'affection dont les Français sont partout animés. . .

Bourse. — Il ne s'est rien passé d'extraordinaire, et les cours n'ont éprouvé aucune espèce de réaction ; on a remarqué seulement que celui des rentes paraissait un peu moins faible, et que les demandes pour la fin du mois prochain étaient assez nombreuses. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 57 fr. 30, 25,30, 35, 30, 25, 20.

Actions de la Banque de France, 1.142 fr. 50.

(Arch. nat., F ?, 3833.)

Journaux.

Moniteur du 17 frimaire: « Paris, le 16 frimaire. Aujourd'hui les présidents des conseils généraux des départements, les sous-préfets, les députés des colonies, les maires des trente-six principales villes, les présidents de cantons, les présidents de consistoires et les vice-présidents des chambres de commerce se sont réunis dans le Musée Napoléon et se sont ensuite successivement rendus au palais des Tuileries, dans la pièce appelée la galerie de Diane, où ils ont été introduits par le grand-maître des cérémonies. L'Empereur, après avoir parlé individuellement au plus grand nombre de ces fonctionnaires, a adressé à chacune de ces autorités des discours d'autant plus faits pour introduire une impression profonde, qu'ils étaient moins préparés et qu'ils partaient de l'âme; aussi ont-ils excité les plus vives acclamations et un enthousiasme universel. L'Empereur s'est assis ensuite ^ur son trône, entouré de ses ministres, de ses grands officiers, ayant à sa droite le Sénat, à sa gauche le Conseil d'État. Tous les divers fonctionnaires qui avaient été admis dans la galerie de Diane ont passé devant lui dans la salle du Trône, introduits par le grand-maître- des cérémonies et présentés successivement à Sa Majesté par S. A. I. le prince Joseph... » — Journal des Débats du 17 frimaire : <i Paris, 16 frimaire. ...M. Loque, quai Pelletier, n" 42, connu pour la fabrication des ouvrages d'église, a fourni à la cathédrale de Paris, non seulement les objets dont on a parlé dans le numéro du 15 frimaire', c'est à-dire les deux beaux encensoirs avec navette en argent, richement ciselés, les deux superbes croix en vermeil, dont l'une processionnelle de 9 pieds de haut, avec son bâton très orné; l'autre pour l'exposition, renfermant la vraie croix, avec bas-relief sur le devant du pied, portant 2G pouces de hauteur. Mais il a fourni en outre un soleil de 30 pouces de haut, vermeil, enrichi de cercle de pierre blanche, bas-relief sur le devant du pied et du vase, et autres orno-

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