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meiits, ainsi que deux riches garnitures vornioil pour les livres d'épîtres et dévangiles ; le tout d'après ses dessins et exécuté dans le dernier goût et avec la plus grande [irécision. . . » — Courrier français de 17 frimaire: « Paris, 16 frimaire. ...Le portail en charpente étahli devant la principale porte de Notre-Dame est d'un stylegolhique parfaitement semblable à la vieille architecture de l'église, et non à la façade de Saint-Pierre de liome. Les quatre colonnes sur lesquelles repose ce simulacre de portique sont décorées d'inscriptions en lettres d'or, représentant les noms des trente-six principales villes de France dont les maires ont été dé[)utésau couronnement. Sur le haut des colonnes on voit Clovis et Charlemagne assis sur leur trône, le sceptre à la main. La bande qui sépare les colonnes du frontispice est traversée par un faiiîceau de lances et d'épées. Le centre du frontispice est formé d'un large caisson, où sont figurées les armes de l'Empire, qu'ombragent les drapeaux des seize cohortes de la Légion d'honneur. Aux deux côtés du frontispice s'élèvent deux tourelles quadrangulaires, surmontées l'une et l'autre d'un aigle d'or. Le dessous du portique est façonné en voûtes, semées d'étoiles; c'est là que vient aboutir la galerie couverte en ardoises, ornée des tapisseries des Gobelins, par laquelle l'Empereur et le Pape, après s'être habillés à l'archevêché, ont fait leur entrée dans la métropole »
RAPrOKT DE LA PHKFKCTLRE Dli) POLICE DU 18 FRIMAIKE.
Beaucoup de députés se disposent à partir : ils sont pénétrés de l'accueil qu'ils ont reçu de S. M. l'Empereur et enthousiasmés de tout ce qu'ils ont vu à Paris. Le peuple s'attendait que la fête de la ville aurait lieu aujourd'hui, et ce n'est que ce matin qu'il a su qu'elle était remise à jeudi prochain. — M"'^ Hullot, qui est à sa campagne d'Orsay, dit à ses amis qu'elle a reçu des nouvelles récentes de son gendre ; que la fille dont M""" Moreau est accouchée a été tenue sur les fonts de baptême par le gouverneur, qui a mis beaucoup d'éclat à celle cérémonie, et qui a fait de magnifiques présents à l'accouchée.
Spectacles. — On a donné hier au Théâtre-Français la première représentatit)n de Cyrits, tragédie en cinq actes. Celle pièce n'a point obtenu de succès ; et I on regrettait généralement que les efforts du poète n'eussent |)as répondu à la beauté du sujet. L'auteur a disposé celui-ci de ta nianière suivante. Cambyse, roi des Perses, des Mèdes et des Assyriens, a laissé en mourant Cyrus pour héritier du trône ; Astjage, père de Cambyse, s'est emparé du pouvoir, et, dans la crainte d'être dépossédé par son pelit-fils, a ordonné la mort de ce prince. Mithridate, autrefois comblé des bienfaits de Cambyse, au lieu
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d'exécuter l'ordre d'Astyage, a caché Gyrus an milieu des pâtres de la Scythie. Harpage, général des armées d'Astyage, a élevé le jeune prince et l'a formé aux exploits militaires. Bientôt Cyrus, sous le nom d'Elénore, paraît à la cour d'Astyage, dont il a sauvé les États, en repoussant les Barbares et en tuant de sa propre main celui sous les coups duquel avait succombé Cambyse. Astyage, informé que Cyrus existe encore, charge Elénore de le rechercher et de lui ôter la vie ; les refus de ce jeune guerrier irritent le Roi. Elénore, qui avait rapporté les armes de Cambyse par lui reconquises, est accusé, sur cet indice, d'être lui-même le meurtrier du prince ; il est traduit par Astyage devant le peuple ; mais Harpage a révélé la naissance de Cyrus et ses droits au trône. Mandane, qui partage le trône avec Astyage, retrouve dans Elénore Cyrus, son fils ; les Perses reconnaissent en lui leur souverain ; Astyage se démet du pouvoir, et le jeune prince est aussitôt couronné dans le temple. Le public a fait, par des applaudissements unanimes, l'application de quelques passages de cette tragédie, à l'époque glorieuse du couronnement de S. M. l'Empereur. Mais un défaut absolu d'action dans le cours de cet ouvrage, la faiblesse de quelques rôles, l'invraisemblance des scènes où se passent coup sur coup plusieurs reconnaissances et surtout de nombreux défauts dans le style, ont excité de fréquents murmures, principalement pendant les deux derniers actes. D'aussi graves imperfections ont même nui beaucoup à l'effet du dénouement, et la pièce a été terminée sans que l'auteur * ait été demandé. Le bon ordre, au surplus, a régné constamment pendant toute la représentation.
Dubois.
(Arch. nat., F' 3833.)
Journaux.
Moniteur du 18 frimaire: <^( Monument élevé en l'honneur de la religion, dédié à S. S. Pie VFf. L'exposition de cet édifice se fera demain, lOdéceinbre 1804, dans le pavillon de Montmorency, boulevard Montmartre. On entrera ;i couvert par le passage du Panorama. Les voitures pourront entrer parle boulevard Montmartre, n°' 148 et 157, à côté du Panorama de Londres. Le prix du billet est de 4 francs. » — Publiciste du 18 frimaire : « Paris, le 17 frimaire. . . Hier la foule des étrangers s'est portée à la représentation des Bardes, où Ion savait que l'Empereur devait assister. Sa Majesté est arrivée avec des maréchaux de l'Empire et plusieurs personnes de la Cour. Les plus vives acclamations l'ont accueillie à plusieurs re|)rises lors de son entrée dans sa loge; elles se sont réitérées à sa sortie »
\. C'était Marie-Joseph Chénier.
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CÇIII
Ministère de police générale. — Bulletin du 19 frimaire.
Paris. Théâtre- Français. Première représenlalion du a Couronnement de Ct/rus ». — La pièce du Couronnement de Cyrus, donnée samedi dernier, a d'abord occasionné de violents débals à la porte du théâtre, par raffluence des curieux. La garde a été forcée un moment; une femme a failli être étouffée, mais Tordre s'est promptement rétabli. La représentation a été véritablement l'objet d'une lutte sourde, d'un débat concentré, quoiqu'il n'y ait eu pas précisément d'éclat. Chénier reparaissant dans la carrière pour un nouveau succès, quelle alarme pour tous les tracassiers d'athénées et de Coulisses! Ce succès semblait se rattacher à la situation politique de l'Etat ; quelle matière de profonds comméragesl Chénier sera sénateur, si sa pièce réussit... On a envoyé tous les billets du spectacle aux chefs des divers lycées pour remplir la salle de leurs élèves, etc., etc.. Ces propos et autres semblables étaient mis en circulation dans la salle. La pièce a été écoutée avec attention: les beaux vers étaient applaudis généralement, les allusion» saisies avec enthousiasme. Plusieurs personnes, mieux intentionnées que bien instruites, se sont refroidies, parce qu'elles n'ont pas trouvé que la personne et la situation de Cyrus eussent assez de rapport avec S. M. l'Empereur. Elles ont plutôt vu dans Cyrus un duc d'Angoulême, ou tel autre semblable, et trouvaient de l'inconvenance à ce tableau, accusaient l'auteur de gaucherie» comme si l'auteur eût promis précisément de représenter la carrière de Napoléon. Le rôle sur lequel reposait l'intérêt a été manqué. JVl"e Duchesnois n'a pas été mère. Elle a déclamé. Le roi Astyage n'est pas assez redoutable pour inspirer de l'inquiétude au spectateur à l'égard de Cyrus. On peut dire aussi que l'auteur s'est trop confié à l'éclat de sa versification. Des descriptions et des morceaux éloquents ralentissent le mouvement de l'action et contribuent, si l'intérêt est faible, à le refroi<iir encore. Plusieurs personnes se disposaient à demander Voltaire, après la pièce, prétendant qu'elle lui appartenait plutôt qu'à l'auteur. La manière dont M. Legouvé s'est comporté durant la représentation (ainsi que son épouse) a fait dire de lui que, s'il est rival de Chénier, ce n'est pas du moins un rival généreux, ni même décent. On est obligé d'en parler ici, parce que son affectation de bailler, ricaner et hausser les épaules a été remarquée.
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Exécution. Saint-Clair et Blaney. — Américains se disant négociants, coryphées d'un club où se réunissaient la plupart des Américains qui se trouvent à Paris et où il parait qu'on s'occupait d'affaires politiques. Signalés comme se permettant des sorties violentes contre le gouvernement ; ne justifiant ni de leurs moyens d'existence, ni des affaires d'intérêt qu'ils prétendent avoir à régler avec le gouvernement, n'ayant point d'ailleurs fait viser leurs passeports. — Les renvoyer aux États-Unis.
Faure. — Arrêté pour avoir, lors de la cérémonie des Aigles au Ghamp-de-Mars, crié en jetant son chapeau en l'air : Liberté ou la mort ^ ! — Renvoyé à Charenton pour y être traité comme fou jusqu'à parfaite guérison.
(Areh. uat., AF iv, 1491.)
Rapport de la Préfecture de police du même jour.
Réunions. — Les réunions ont été hier très nombreuses et tranquilles. La foule s'est portée particulièrement dans les spectacles, et il n'en est point où il soit resté de places vides. L'ordre a été maintenu partout.
Militaires. — Avant-hier soir, le nommé Boutet, chasseur de la garde impériale et deux autres particuliers qui buvaient avec lui dans un cabaret, rue Saint-Martin, n** 22, se sont pris de querelle avec des personnes qui se trouvaient là. Boutet a tiré le sabre et a coupé les deux mains du garçon de cabaret, qui voulait s'opposer à ses violences; il est parvenu ensuite à s'échapper des mains de la garde, en abandonnant son sabre et son chapeau. Les deux autres particuliers ont été arrêtés. Hier, deux mihtaires de la compagnie des 106 marins commandée par le capitaine Moreau se plaignaient hautement de n'avoir reçu que 7 sols par jour, pour venir de Boulogne à Paris, où ils ne sont payés qu'à raison de 23 sols; ils ajoutaient qu'ils avaient dépensé plus de 60 francs de leur argent, qu'ils allaient faire leurs réclamations chez le capitaine, quoiqu'ils sussent bien qu'ils n'en auraient pas davantage. — Hier soir, les nommés Delaroche et Surdois, soldats du 2^ régiment de la garde municipale ont désarmé et maltraité le factionnaire placé sous la galerie du palais du Tribunal. Ce n'est qu'avec peine qu'on les a arrêtés et conduits àl'état-major. — Les on-dit se multiplient tous les jours. On dit que le gouvernement fait filer en Espagne un corps de troupes considérable ; que le projet est de changer la constitution de cette monarchie et d'en exclure les Bourbons; que la cour de Londres a fait passer des sommes considé-