‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 112 sur 221 · I,;i iPiciiiiiTf fililiun avail puni à Lundri-'s en 18U · texte numérisé non relu

I,;i iPiciiiiiTf fililiun avail puni à Lundri-'s en 18U

461 PARIS SOUS L'EMPIRE [14 décembre 1804]

spectacle. L'architecture du palais, les dessins du jardin et du parterre, les bassins, les jets d'eau se reproduiront au milieu de la nuit en décoration de lumière et de feu. Le temps, qui pendant une partie de la journée a donné des craintes, est devenu ce soir plus rassurant et promet de ne pas contrarier les magnifiques apprêts qui s'offrent de toutes parts dans la vaste enceinte et dans les environs du palais du Luxembourg... » — Ballelin politique pà général de VEnrope du 23 frimaire : « Paris, le 22 frimaire. ...A la présentation des présidents de consistoires à l'Empereur, vendredi dernier, M. Marron, président de celui de Paris, eut l'honneur de remettre à Sa Majesté une ode latine de sa composition sur l'auguste solennité du sacre et du couronnement. » — « Le consistoire de l'Église réformée de Paris célébrera, dans le temple Saint-Thomas du Louvre, un service d'action de grâces, extraordinaire et solennel, à l'occasion du sacre et du couronnement de S. M. l'Empereur. Le jour sera ultérieurement indiqué »

23 FRIMAIRE AN XIll (14 DÉCEMBRE 1804).

Ministère de la police générale. — Bulletin du ii frimaire.

Paris. Anagramme. — On a montré inystérieusemenl, dans un salon, ranagrainine de ces mois: « Napoléon, empereur des Français» :

Ce fol empire ne durera pas son an

(Arch. nat., AF iv, U91.)

Rapport de la i'réfegture de police du même jour.

Réunions. — Les réunions n'offrent rien de remarquable. On ne s'occupe que des préparatifs de la fête qui doit avoir lieu demain. Les ouvriers continuent d'être fort occupés. La plus grande tranquillité règne partout.

Journaux. — Deux faits ont paru remarquables dans les nouvelles que les feuilles donnent de l'étranger. Un corsaire français de huit canons et soixante hommes d'équipage, entré au port de Con^tantinople, avait été arrêté pendant trente jours dans l'île de Ténédos par ordre du gouverneur de cette île. Le capitaine du corsaire réclame un dédommagement de 60.000 piastres. La Porte a envoyé prendre des renseignements à Ténédos sur les causes de l'événement. — 11 se trouve à la Légation française, à Vienne, plusieurs paquets de dépêches pour être remis au maréchal Brune à son passage en revenant de Constantinople. — On ne trouve du reste dans les journaux aucun autre fait susce[>tible d'e.\.citer particuliC'rement l'attention.

[15 nÉCKMBRE 1804] PARIS SOUS L'EMPIRE 462

Bourse. — Depuis plusieurs jours, c'était principalement au moment rie Ja clôture que le cours des rentes s'élevait rapidement. Aujourd'hui, il a éprouvé au contraire un peu de faiblesse, mais les spéculateurs, loin de s'en alarmer, prétendent qu'un petit mouvement rétrograde est nécessaire pour mieux assurer la hausse. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XTII, 58 fr. 65, 60, 65, 80, 75, 70.

Dubois.

(Arch. nat.. F' 3833.)

Journaux.

Journal des Di-hals du 24 frimaire : « Paris, 23 frimaire. . . .M. de Glermont-Tonnorrc, ancien t-vèqno de Cliàlons-sur-Marne, a eu Thonnour de présenter mardi sa famille au Saint-I*ère. On sait, et nous avons eu déjà occasion de le remarquer, que c'est une opinion commune que les Clermont de France et les Ghiaramonli d'Italie sortent de la même souche. » — « Mardi, h une heure, les portes du Musée furent fermées au ])ublic. Une centaine de billets avait été accordée à des personnes des deux sexes. Le Pape est sorti de son appartement pour passer dans le salon d'Apollon. Tous ceux qui se trouvaient alors dans le Musée se sont mis à genoux et ont reçu la bénédiction du Souverain Pontife. Dans le salon d'Apollon, quelques dames de la cour ont eu l'honneur d'être présentées au Saint-Père et d'y recevoir sa bénédiction. »

GCIX

^24 FRIMAIUE AN Xlll (15 DÉCEMBRE 1804).

JOUI'.NAUX.

Journal des Déhals du 25 frimaire : « Paris, 2i frimaire. ...Sa Sainteté est sortie hier des Tuileries à une heure, dans une voilure à huit chevaux, suivie de deux autres voitures à six chevaux. Elle s'est dirigée vers le bois de Boulogne, où elle s'est promenée. Elle est revenue par le chemin de Sainl- Cloud et est rentrée chez elle k trois heures, . . » — liullelin politique el général de l'Europe du 25 frimaire : « Paris, h- 21 frimaire. . . .La classe de littérature de l'Institut a décerné, dans sa dernière séance, le prix de l'éloge de Boileau. remis plusieurs fois au concours, à M. Augcr, attaché à la première division du ministère de l'intérieur .. . » — Jnarnnl îles Dames et des Modes du 25 frimaire : « Paris, ce 24 frimaire. ... Le matin, une élégante se contente, pour se garantir du froid, de son schall ou de sa redingote, de sa palatine ou de sa gahrielle. Le soir, au sortir du s|)ectacle, elle y ajoute un manchon, cl, (piand ce manchon est de cygne, loin de le cacher, elle en fait parade »

463 PARIS SOUS L'EMPIRE [15 df.cembre 18Q4]

25 FRIMAIRE AN XIII (16 DÉCEMBRE 1804). Rapport dk la préfecture de police du 26 frimaire.

Jamais fête n'a attiré un plus grand concours de monde que celle qui a eu lieu hier', la gaîté était franche et générale, et les plaisirs se sont prolongés très avant dans la nuit. Les distributions qui ont été faites dans les douze arrondissements ont été très agréables au peuple, qui n'a cessé de faire entendre partout les cris de Vive l' Empereur ! Vive rimpéi^atrice! L'ordre et la tranquillité ont été maintenus, et il n'y a eu que de très légers accidents, suites inévitables de grands rassemblements et de fêtes de nuit, où l'on distribue du vin et des comestibles.

Journaux. — Les feuilles de ce jour ne contiennent de remarquable que l'article de Cadix, publié hier par le Journal Officiel.

Bourse. — Il s'est fait passablement d'affaires; mais, à l'égard des rentes, elles n'ont point eu un résultat satisfaisant; car le cours, qui s'était maintenu pendant la durée de la Bourse, a éprouvé, au moment de la clôture, une baisse assez sensible. Quelques observateurs prétendent que les ventes faites par M. Lagrénée, agent, ont beaucoup contribué à ce changement. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 58 fr. 50, 60, 50, 60, 50. Actions de la Banque de France, 1.145 francs.

Académie impériale de musique. — Le bal masqué, qui a eu lieu la nuit dernière à l'Académie impériale de musique, a attiré fort peu de monde. La recette ne s'est élevée qu'à 1.212 francs. La société était médiocrement composée, et le bal s'est terminé à cinq heures et demie. Il n'y a jamais eu plus de cent cinquante personnes à la fois dans la salle, malgré le grand nombre de billets donnés.

Dubois.

(Arch. nat., F', 3833.)

Journaux.

Moniteur du 26 frimaire : « Paris, le 23 frimaire. .. .La fête donnée aujonrd"iiui à Leurs .Majestés Impériales par la Ville de Paris a eu, dans toutes ses parties, l'éclal et la magnificence digues de son objet. Nous nous disposons

1. C'était la fôtc olferte à l'Empereur par la Ville de Paris.

[17 OKCR-MURE 1804] l'AItlS SOCS I/EMIMIIK 404

à en mettre très inressamment sous les yciix de nos loclenrs une notice exacte et détaillée'... » — Gazelle de France du 2fi frimaire: « Paris, 2o fritnnire. .. .L'Empereur a visité hier, |»oiir la seconde fois, Texposilion des tableaux et sculptures de celle année. Il a examiné avec détail tous les dill'érents genres d'art qui composent cette exposition. Il a rcmanpié avec plaisir l'émulation dont étaient animés les artistes, et, après avoir pesé avec autant de sagacité (|ue de précision le mérite de chacun d'eux, Sa Majesté a donné des sujets à différents peintres et statuaires. Elle a autorisé l'acquisition des productions d'autres artistes et a accordé des médailles à ceux dont il n'emploie cette année les talents, mais dont il veut récompenser les efforts et les succès >'

26 FRIMAIRE AN XIII (17 DÉCIiMHRK 1804).

MiNISTÈRK UE LA POUCE GÉNÉHALE. — BULLEÏI.N DU 27 IRIMAIHE.

Paris. Esprit pnhlic. — Le résultat des rapports sur la (ête du 1o est que jamais l'esprit public n'a paru aussi universellement bon que dans cette journée. Dans l'intérieur de l'Ilùlf^l de Ville, on a paru extrêmement affecté des égards de S. M. TEmpereur pour tous les convives. Des observateurs prudents ont élé surpris de l'ordre qui a régné dans une assemblée aussi nombreuse. Au dehors, il n'y a eu que des signes de joie, et gaîté franche. On a rapporté que l'h^mpereur, par sa réponse au discours du préfet, avait tlonné à entendre que la postérité saurait mieux apprécier ses bienfaits et la sagesse de son

règne que la population actuelle de la capitale

(Arcli. nat., AFiv, 1491.)

Rai'I'oht de la puéeectl'he de police du même jour.

npiinio^is. — Toutes les conversations n'ont encore pour objet que la fête dernière. Ce qui a intéressé davantage, ce qu'on se plaît à répéter partout, c'est l'affabilité avec laquelle Leurs Majestés ont accueilli le public et reçu les pétitions qui leur ont été présentées. Les (Hivriers se sont livrés hier au plaisir toute la journée, et les guinguettes et les cabarets ne se sont vidés que fort laid. Dans la soirée, quelques hommes ivre- ont rruversé rampliilhéàtre drossé à la Porte

1. <in troiivcni ic cnniiiii' rcmlii, luil Ion;,', liaiis le iimiuTo du 2S fi-jinaire. Nous donnims plus Inin, .i l.i (I.lIi' du js Iriiu.iii'o, le roiiiptr ivuilii de la liazelle de France.

Page 1