‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 113 sur 221 · J PARIS SOUS L'EMPIRE [17 décembre · texte numérisé non relu

J PARIS SOUS L'EMPIRE [17 décembre

Saint-Antoine pour les distributions de la veille, et ont brûlé une partie des planches. Deux ont été arrêtés.

On répand le bruit que la fièvre jaune a pénétré à Munich, à Strasbourg et dans d'autres contrées de l'Allemagne; on dit aussi qu'elle est à l'île d'Oléron.

Journaux. — On trouve dans la Gazette de France quelques nouvelles de Londres, mais qui paraissent n'être qu'une suite des conjectures précédemment faites, par les gazetiers anglais, sur la rupture présumée entre l'Espagne et l'Angleterre; cependant, on donne comme positif que M. Frère avait déjà quitté Madrid et était attendu à Londres. Il est question, parmi les articles d'Angleterre donnés par la Clef du Cabinet, d'une expédition de brûlots d'un nouveau genre, construits à Portsmouth, et dont le gouvernement paraît vouloir tenir la destination secrète. Les autres nouvelles de l'étranger sont d'une moindre importance. On n'en remarque sur l'intérieur aucune qui ait paru essentielle.

Spectacles. — On a donné hier, avec succès, au théâtre du Vaudeville, une petite pièce en un acte, intitulée: La nouvelle Nouveauté '. La Nouveauté, personnifiée, est consultée par différents originaux, et leurs caractères donnent lieu à des couplets plus ou moins spirituels sur les ridicides ou les curiosités du jour. Ou a distingué un couplet d'éloge sur le tableau de Gros, représentant Bonaparte au moment où il visite 1 hospice des pestiférés à Jaffa. Ce couplet a été très applaudi. Du reste, la pièce ne prête à aucune allusion. Les auteurs ont été demandés; on a nommé MM. Moreau et Laforlelle. Le calme a été parfait pendant toute la représentation. . .

Bourse. — Les cinq pour cent ont été constamment offerts, et conséquemtnent en baisse. Ce n'est plus à des nouvelles ni à des ventes considérables que l'on attribue cette réaction, mais à l'opinion défavorable que l'on paraît concevoir du résultat de la grande opération de hausse. Les actions de la Banque se maintiennent parfaitement. L'on ne remarque aucun changement important dans le commerce. — .^0/0, jouissance de vendémiaire an Xlll, 58 fr. 30, 30, ^6, 30, 33, 23, 30 Actions de la Banque de France, 1.143 francs.

Dubois.

(Arcli. nal., F'' 3833.)

1. Comédie épisodique en un acte et en prose, mêlée de vaudeville, par Moreau et Laforlelle. Paris, 18Uo, in-8.

ToMK 1. 30

17 PKCEMBUF. 18041 l>.\niS SOI S L'EMPIRE 466

Journaux.

.l/<//(/7''(//' (in 27 Irimiiiro : « Puris, le 26 friviaire. .. Los gardes d'honneur de rKiiipercur se sont réunis, le 21 frimaire, pour célébrer entre eux l'é|t0(|ue mémorable du sacre et du cniironneinenl. Voici quelques-uns des toasts portés dans cette réunion i\ S. M. l'Empereur : « Puisse-l-il compter autant d'années qu'il compte de jours de gloire ! » A l'Impératrice : « l*uisse-t-elle faire longtemps le bonheur de son auguste époux, comme il fait celui de tous les Français !» A la famille impériale: « Puissc-t-elle ne s'éteindre jamais ! » Au sfuiverain pontife Pie Vil ; « Puisse l'onction sainte, imprimée par Sa Sainteté sur le front de l'Empereur, rendre le ciel toujours propice aux sublimes ilesseins du nouveau Charlemagne ! » Les gardes d'honneur ont aussi porté un toast à leur colonel. M. Heaumont, premier aide de camp du maréchal Mural, qui leur a répondu par le toast suivant : « Aux gardes d'honneur (|ue j'ai l'honneur de commander; à leur dévouement éternel pour le gouvernemenl ! » A ces mots, tous les convives se sont levés simultanément et ont renouvelé l(Mir serment de fidélité à rEm|)ereur. . . » — Jonrnol drs Déhals du 27 frimaire : " Paris, 26 frimaire. ...Nous apprenons qu'une nouvelle édition du Gihiic du Christ ianis7ne va paraître. Elle est en neuf volumes in- 18, et forme la quatrième édition, sans y comj)rendre deux éditions de luxe, une l'-dition d'Avignon et une édition abrégée, ce qui fait huit éditions de cet ouvrage, dans moins de trois années... » — Gazelle de France du 27 frimaire : « Paris, 26 frimaire . . . .Hier, à trois heures un quart. Leurs Majestés Impéiiales sont parties du Palais des Tuileries pour se rendre à l'Hôtel de Ville. C'est dans la voiture du sacre qu'elles y ont été conduites. Elles étaient précéd(''es et suivies du même cortège qui les avait accompagnées le jour du couronnement. L'ordre, la marche, la pomjie de la cérémonie étaient les mêmes. Le temps a concouru à l'éclat de cette solennité. Partout, sur leur passage. Leurs Majestés ont été accueillies par les acclamations d'une foule immense de spectateurs, qui se pressaient, comme le jour du sacre, sur tous les points où passait le cortège. Plusieurs fois leur voiture s'est arrêtée, |»our permettre aux personnes qui manif(>slaicnl le désir de présenter des placets à l'Empereur de s'ajiprocher pour les lui remettre. Il est impossible de décrire la grâce, l'air de bienveillance et d'affabilité avec lesquels ces placets ont été reçus. Ils passaient presque tous des mains des |)éfitionnaires dans celles du prince .losoph ou du prince Louis, (|ui étaient dans la même voilure que Leurs Majestés Impériales. M. le maréchal gouverneur de Paris, les deux préfets el les deux secrétaires généraux, les maires et adjoints à la tète des Conseils municipal et de préfecture, sont sortis de l'Hôtel de Ville à trois heures pour aller au-devant de Leurs Majestés; ils les ont rencontrées rue du Houle et se sont joints au cortège. Arrivé à l'Hôtel de Ville, lEmpereur a été re(;u et complimenté par M. Erochot, préfet de la Seine. Sa Majesté, dans sa réponse, a assuré le préfet de l'alTection particulière c|u'elle a toujours portée el qu'elle conserve pour sa bonne ville de Paris. Les maires et adjoints des douze municipalités ont été présenti'-s à l'Empereur. Sa M.ijesté, voulant leur donner un témoignage éclatant de satisfaction dans la personne du plus âgé d'entre eux, a nommé sénateur M. Hevière ', maire du (|ualrième arrondissement. On

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