‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 117 sur 221 · partie des spéculateurs parait concevoir une opinion assez favorable · texte numérisé non relu

partie des spéculateurs parait concevoir une opinion assez favorable

de la multiplicité des marchés qui se font pour la fin de ce mois. —

5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 57 fr. OO, 50, 40, 35,

45, 55, 50, 60. Idem, jouissance de germinal an XIII, 55 fr. 05.

.\clious de la Binque de France, 1.150 francs.

Dubois.

(Arch. nal., F^ 3833.)

1. En marge, de, la main de I^'ouché : « Copier cet article, faire une note pour M. le préfet de police, le prier de donner tous les renseignements qu'il peut avoir et qui peuvent faciliter le succès des recherches à faire, ou faire juger du mérite de l'.ivis qu'il a reçu: il n'est pas probable que celui qui a pu le donner ne soit pas à même d'indiquer le uora de cet ageut, les endroits où il a été employé, à quelle époque il servait dans la Vendée et dans quel endroit ; il doit de même pouvoir faire coini;ùtre dans quel endroit il a fait remettre une pétition à Sa Sainteté. Toutes ces indications donneront, les moyens d'utiliser l'avis. »

[21 I.ÉCK.MKBE 1804] PARIS SOUS L'EMPIRE 478

Journal dex Débats du l*"" nivôse : « Paris, 30 frimaire. ...S. A. I. M™* Honaparle, mère de S. M. l'Empereur, est arrivée mercredi à Paris; elle est descendue à l'hôtel du sénateur Lucien Bonaparte, son fils... » — Gazelle de France du l^' nivôse : « Paris, 30 frimaire. . . .On a parlé dans le public, sans les dé'^igner, d'une dame et d'une jeune personne qui, dimanche dernier, se jetèrent dans la voiture de l'Empereur en criant, l'une : Grâce pour mon mari! l'autre : Grâce pour mon prre! On sait actuellement que c'était la femme et la fille du notaire de Mousseaux, près Paris, qui Tut condamné aux fers, il y a dix-huit mois, pour avoir prêté son ministère à une intrigue dont le résultat avait dû être de dépouiller les héritiers d'une vieille dame qui venait de mourir d'une grande partie de sa succession. L'intérêt avec lequel l'Empereur reçut le placet que lui remit à lui-même cette femme é|»lorée, mère de dix eufants; la bonté avec laquelle le prince Louis cherchait en même temps, à calmer la profonde douleur de la jeune personne, âgée de seize ans, fille aînée du condamné, dont les larmes se joignaient à celles de sa mère, pénétrèrent les spectateurs de la plus vive émotion ; et de toutes parts les cris de : Vive l'Empereur .' Vive le prince Louis ! se firent entendre. » — « Le goût des formes antiques s'est étendu jusqu'aux meubles les plus fragiles de l'appartement d'une élégante. Son pot à l'eau, son sucrier, doivent avoir la forme d'un vase romain ; sa soupière doit être grecque, et elle renoncerait à prendre du sel à table, si la coupe qui le contient n'était étrusque ni attique. » — « L'Opéra-Comique profitera du carnaval pour jouer ses pièces nouvelles un peu folles ou extravagantes. Les acteurs de ce théâtre monteront ensuite un opéra en trois actes, de deux auteurs accoutumés à des succès L'ouvrage est intitulé Guliston. Les décorations qu'on prépare déjà seront très soignées, et offriront les paysages les plus pittoresques, et toute la richesse de l'architecture orientale. » — Courrier français du 1<" nivôse : « Paris, 30 frimaire. ...Dimanche dernier, au moment où Leurs Majestés Impériales passaient vis-à-vis de la rue des Bons-Enfants, une dame et une jeune personne éplorées s'élancèrent à la portière de la voiture en criant : Grâce pour mon mari! Grâce pour mon prre! La voiture s'arrêta L'Empereur prit avec intérêt des mains de cette dame un placet f|u'elle ne voulait remettre qu'à Sa Majesté. La bonté avec laquelle l'Empereur reçut cette épouse et mère infortunée, les paroles consolantes (|u'il daigna lui adresser, et la crainte qu'avait Sa .Majesté que cette dame ne fût blessée par les chevaux des maréchaux de l'Empire qui étaient à côté de la voiture pénétrèrent de la plus vive émotion les spectateurs, qui firent entendre avec un enthousiasme unanime les cris de Vive l'Empereur! Vive Napoléon ! En même temps (jue la dame implorait la clémence de Sa Majesté, S. A. I. le prince Louis adressait à la jeune personne des paroles consolantes, et lui disait entre autres choses : Soyez tranquille, mademoiselle, consolez votre mrre : l'Empere\ir aura rr/ard à ses prières. Ce nouvel acte de bonté de la part de la famille irri[)ériale excita de nouveaux cris de Vici'nt Lfurs Majestés! Vive Ir prince Louis! Cette dame infortunée est l'épouse du notaire de Mousseaux, condamné il y a dix-huit mois et mère de dix enfants. La jeune personne, âgée de seize ans, est sa fille aînée... » —

479 PARIS SOUS L'EMPIRE [22 décembre 1804]

Bulletin politique et général de iEurope du i^"- nivôse : « Paris, le 30 frimaire. . . .Les fêtes sont terminées depuis quatre jours, et néanmoins Ton en parle encore, chose assez étonnante à Paris, où l'événement du jour fait ordinairement oublier celui de la veille. Une remarque qui n'a échappé à personne, c'est que dans une série de fêtes semblables, c'est que dans celle donnée par la ville de Paris surtout, qui, par sa nature et principalement par les distributions de pain, de vin, de viande et de volaillo^s, mettait sur pied et attirait la grande masse de l'immense population de cette capitale, il n'est arrivé aucun de ces malheurs qui trop souvent troublent la paix publique dans ces sortes de circonstances. Deux accidents légers ont seuls eu lieu, et ils ont été la suite de l'imprudence de deux cochers qui n'étaient |)as assez maîtres de leurs chevaux. Nulle prudence, nulles précautions ne peuvent, dans aucun temps, prévenir ces sortes d'événements »

Rapport de l.\ PRÉFiiCTUKE de police du 2 mvôse.

Réunions. — L'on rapporte que M. Kervélégan, membre du Corps législatif, a dit à M. Cheffontaine, capitaine de vétérans, que les finances étaient en si mauvais état qu'il était impossible qu'elles n'amenassent point de grands mouvements, que c'était ce qui lui faisait le plus désirer de voir arriver le terme de ses fonctions, Al.Cheflbntaine convient lui-même que M. Kervélégan n'est point dans de bons principes et qu'il est bien opposé au gouvernement.

Ouvriers. — La plus grande tranquillité continue de régner parmi les ouvriers. Leurs réunions sont paisibles, et ils ne s'y occupent que d'objets relatifs à leur étal.

Culte. — Sa Sainteté s'est rendue ce matin, vers neuf heures et

demie, à Saint-Sul|»ice. Une fouie immense garnissait tous les environs

et l'intérieur de l'église. Après avoir célébré la messe, le Pape est

entré dans la chapelle de la Vierge et y a reçu les hommages du

clergé Sa Sainteté a été ensuite visiter la galerie du palais du Sénat.

L'ordre a été maintenu |)art(>ut

Dubois.

(Arch. nat., F' 3833.)

Journaux.

MoniUiur du 2 nivôse : « MixisTiiHR de i.'intkrieuh. La Société centrale de vaccine, établie près S. E.\c. M. le ministre de l'intérieur, pour l'extinction

[22 I)K.:k.mhue 1804] PAIHS SOUS I/EMPIIUÎ 480

(le la petite vérole en France, a tenu, le 24 frimaire, une séance générale, à la(|uelle ont été invités MM. les préfets, archevêques et évèques qui se trouvaient à Paris. Son Excellence n'ayant pu présider l'assemblée, M. fiuillotin, président du Comité, a ouvert la séance |)ar un discours dans le(|uel il a rappelé rapidement l'introduction de la vaccine en France, et la protection spéciale accordée par lo gouvernement k cette nouvelle méthode. M. liusson, médecin de l'hôpital de vaccination et secrétaire delà Société, a fait un ra|)port détaillé sur les états de vaccination envoyés au ministre par MM. les préfets, il résulte de ce rapport, sur lequel nous nous proposons de revenir, que déjà G7 préfets ont répondu à l'arrêté du ministre ; que MM. les archevêques et évêques ont donné des preuves du zèle le plus actif ; qu'en six mois 67.676 individus ont été vaccinés avec succès, et que partout où la nouvelle inoculation a été praliciuée, les épidémies varioleuses ont été fort peu meurtrières, souvent même qu'elles ont respecté des villages entiers, et particulièrement les maisons dont tous les habitants avaient été vaccinés. » — o On vient de nettoyer, par les ordres du préfet du département de la Seine, les belles sculptures de la fontaine de la rue de (irencUe. .MM. Quatremère de Quincy, Molinas et Le Grand, chargés de cette Oj)ération y ont employé le i)rncétlé décrit par V'itruve et |)ar Pline pour passer les sculptures antiques à l'encauslique. Ce moyen, qui consiste à boucher lous les pores du iiiarl)n' par une mixtion d'huile d'œillet et de cirevierge, appliquée à chaud sui- le marbre échauffé lui-même, le préserve dans la suite de ces taches noires que l'humidité y produit, cl qui ne sont autre chose qu'une végétation de //c//e«,donl les racines s'im|)lanlent dans les pores du marbre, les écartent à la longue et en corrodent la surface. I.c succès de cette première expérience sur des figures d'une grande proportion a parfaitement répondu à l'attente du préfet. Les figures n'ont éprouvé aucune altération par le chautfage du marbie au moyen des réchauds à main faits exprès et commodes pour communiquer la chaleur à toutes les parties d'une figure ou d'un groupe, avant de l'enduire de la mixtion d'huile et de cire, pour répéter ensuite ce chaufTage et faire fondre la couche de cire qui reste figée sur le marbre lorsqu'il est refroidi. Une telle opération, faite avec précaution, remplit parfaitement les pores du marbre et les bouche à une certaine profondeur. Ou cire ensuite à froid la superficie, et on la frotte avec un linge fin, ce <pii achève de former une espèce de vernis sur lecpiel l'eau glisse sans s'arrêter et ne permet plus au Ucheii de placer ses racines. Il n'y a pas de doute que les figures antiques les plus précieusement exécutées telles que VAndnoûs, et V Apollon et d'autres, n'aient été ainsi polies à la cire; et on doit savoir gré au magistrat et au savant antiquaire et aux artisles zélés qui ont concouru, par cette utile expérience, à faire parmi nous l'application d'un procédé inutile jus(|u"alors, et auquel on devra, s'il est généralement adopté, la conservation de nos plus belles sculptures. — Journal des Di'bals du 2 nivôse : « Piiris, /'^'' nivôse. ...La France vient de perdre un de ses plus célèbres statuaires, dans la personne de M. Julien, membre de la classe des Beaux-Arts, de l'Inslilul. Ouoique d'un âge avancé, il travaillait encore avec succès. On voit au Saluu de cette année son dernier ouvrage. C'est la statue en marbre de l'oussiii : elle n'est terminée que depuis (juelques mois. On citera toujours, comme autant de chefs-d'œuvres de Julien, sa Baiijneuse en marbre blanc, et la statue de La Fonlaine qui orne la salle de rinstitut... » — Gazelli' <le France du i nivôse : « Paria, />^r nioôse. S. M. l'Empereur

i8l PARIS SOUS L'EMPIRE [22 décembre 1804]

a paru, hiur, un moment, au spectacle de l'Opéra-Comique, pour entendre le beau quatuor de Lucile. Il est sorti immédiatement après pour se rendre à l'Opéra. » — « On croit que le sénateur Lucien Bonaparte sera incessamment de retour à Paris, si même il n'y est pas déjà arrivé. » — « Hier matin, la Seine charriait beaucoup de glaçons; la plus grande partie descendait de la Marne : il y en avait de si forts que l'un d'eux a coupé un câble de six pouces de diamètre, qui tenait un bateau près le pont Notre-Dame, et qu'un autre a coupé un autre câble de dix pouces, qui, près du même pont, amarre l'usine de la Monnaie qui y est établie. Au pont de la Râpée, un bateau chargé de vin a coulé à fond : on est parvenu à sauver la plus grande partie de sa cargaison. La corde d'un autre bateau, chargé de charbon, parti du pont de la Tournelle, a cassé ; cette corde a sept pouces de tour. Le bateau est allé frapper la corde du moulin du pont Notre-Dame, qui a sept pouces de diamètre ; elle a été également cassée ; on est parvenu à le sauver sans avarie. » — a Le Requiem de Mozart a été exécuté hier matin, à Saint-Germain-l'Auxerrois, en présence d'une assemblée nombreuse. M. Chérubin ' conduisait l'orchestre, composé de plus de deux cents musiciens. Cet ouvrage est digne de sa grande réputation. Les impressions funèbres que laisse après elle la destruction, la douleur de ceux qui survivent, les lointaines espérances d'une vie éternelle, les impressions sombres et mélancoliques qui accompagnent l'époque terrible de la mort sont peintes de la manière la plus énergique par cette sublime composition. » — « Après la tragédie des Templiers, le Théâtre-Français donnera celle de Pizzare, dont le sujet a, déjà été manqué au théâtre de l'Opéra en 1783... » — Courrier français du 2 nivôse : « Variétés. L'Empereur a nommé David son premier peintre. Quel homme eût été plus digne d'être honoré de cette qualité que celui dont le nom, ajuste titre, est célèbre dans toute l'Europe ; que celui à qui l'on doit la renaissance du genre sublime, et qui a fait disparaître, par l'ascendant de son génie, ce qui restait encore de mauvais goût; que celui dont les nombreux chefs-d'œuvre ont fait l'admiration du siècle régénéré, et qui a fait prendre aux beaux-arts une direction, un élan tel qu'il était, pour ainsi dire, impossible de l'espérer sans les vastes talents qu'il a, dès longtemps, développés, sans la fameuse école qu'il a formée, et dont on a vu successivement sortir les Drouet, les Gérard, les Girodet, les Gros, les Richard, les Isabey, etc., tous distingués par des pro-. ductions qui ont fait, depuis plusieurs années, le plus bel ornement du Salon ? On aime à voir les grands hommes dans tous les genres se rapprocher. L'artiste, en retraçant les hauts faits des héros ses contemporains, en associant sa gloire à la leur, marche avec eux à l'immortalité. La lime du temps a-t-elle pu faire disparaître le nom d'un Apelle à côté de celui dun Alexandre, les noms d'un Raphaël, d'un Léonard de Vinci, d'à côté de celui d'un François 1er, d'un Lebrun, d'à côté de celui de Louis XIV, etc. ? Que ne doit-on pas attendre (le David dans la force de l'âge, chargé sans doute par le rang qu'il vient d'obtenir de diriger tout ce qui tient aux arts, les écoles de peinture et sculpture, les manufactures, etc., et de distribuer avec discernement, selon le genre de chaque artiste, les travaux qui doivent compléter la gloire et rembellissement de la France ? »

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