Tome I
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CGXYIl 2 NIYOSE AN XIII '^It OKCRMRHE 1804).
KaIM'ORT de la PRKrKCTLIU'; l)i: I'uLICK DL" 3 NIVOSE.
liéunions. — L'opinion est changée depuis quelques jours relalivemenl à la guerre. On paraît croire maintenant à la paix, et il y a des paris ouverts, qu'avant l'époque du 15 janvier prochain, on aura les certiluiies des négociations entamées entre les cours de France, de Berlin et de LiHidres à ce sujet. — Les Bourbonistes sont furieux de la conduite de la cour de Russie, qui, disent-ils, abandonne sans secours et sans protection le comte de Lille et la famille des Bourbons ; [ils disent] que l'ancienne] noblesse avait jusques à présent compté sur les armes de cette puissance et sur son influence en Euro[)e pour rétablir l'ancienne dynastie, mais qu'elle voit bien, à présent, qu'elle a été cruellement trompée. Us vont jusqu'à dire qu'on avait eu tort de se fier aux promesses d'un prince violemment soupçonné d'avoir trempé les mains dans le sang de son père. Un sieur de la Mardelle, demeurant rue des Petites-Écuries, très lié avec les Bourbonistes et leur confident, s'exph'que dans ce sens.
Clergé. — Les prêtres continuent, dans leurs sermons, ii tonner contre la |)hilosophie et les philosophes. L'un d'entre eux s'est fait remarquer dernièrement à Saint-(iermain-des-Prés par quelques expressions virulentes, et qui étaient loin de respirer la tolérance.
On a observé que S. M. l' Empereur sort assez souvent de bonne heure le matin, accompagné d'une seule personne, et l'on en montre de l'inquiétude.
Les feuilles tie ce jour, dans leurs articles de l'étranger, n'oflVenl rien qui ait un véritable caractère de nouvelles. On y a copié seulement sur les gazettes d'Allemagne quelques conjectures très vagues, dont la plus marquante consiste dans l'invitation île la Prusse et de la Russie, à l'Angleterre, de rendre les prises faites sur l'Espagne. Cependant on reumrque encore, dans la Gazelle de France., une correspondance de Francfort, portant qu'il y a eu enlre le Ministre d'Angleterre et celui des afl'aires étrangères, en Russie, des conférences dont l'objet est d'iuiir plus étroitement les deux puissances ; (jn ajoute que la cour de Pélersbourg n'a pris aucune détermination. (Jn lit encor(î d.iMs \c .loumnl de Paris une réponse bien intéressante du l'oi (le i'ius-e aux (le|iul(''s île Weslphalie, qui lui faisaient des
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réclamations sur la conscription militaire. Cette réponse est ainsi conçue : « Vous savez que la Prusse est un gouvernement militaire et que ses armées ne peuvent être entièrement composées d'étrangers. Procurez-moi le moyen de recruter mes troupes avec un nombre suffisant d'indigènes engagés volontairement: j'écouterai vos propositions avec plaisir; mais, jusqu'alors, je dois avoir recours à la conscription. Je suis moi-même le premier soldat de mon royaume, mais il m'est impossible de le défendre tout seul. , . »
Bourse. — La liquidation des nombreux marchés de rentes du mois dernier s'est faite avec assez de facilité pour ne point entraver les nouvelles négociations; elles ont été multipliées aujourd'hui, et, malgré que le cours n'ait point éprouvé une bonification très sensible, les apparences favorables se sont parfaitement maintenues. L'on prétend que des achats de M. Porlau, agent, ont beaucoup contribué à ces dispositions, — o 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 57 fr. 35, 45, 60, 50, 60, 65, 80. Actions de la Banque de France, 1.150 francs, 1.145 fr. 50, 1.150 francs, 1.147 fr. 50, 1.150 francs.
Dubois.
(Arch. nat., F^ 3833.)
Journaux.
Moniteur du 3 nivôse : « Collège de France. Mercredi, 5 nivôse, M. Legouvé, membre de l'Institut, suppléant de M. Delille à la chaire de poésie latine, ouvrira son cours, et, continuant l'explication de l'Enéide, traitera du IV^ livre et des livres suivants. » — « Athénée des Arts. L'Athénée des Arts a tenu, le 29 frimaire dernier, sa73e séance puhliquc, sous la présidence de M. le conseiller d'Etat Frochot, préfet du département de la Seine. MM. Clavareau et Fayolle, secrétaires, ont rendu compte des encouragements accordés à divers savants et artistes. Il a été fait mention honorable : 1° d'un ouvrage de M. Voisin, docteur en médecine, demeurant à Versailles, sur la vaccination des bêtes à laine ; l'auteur y rend compte de diverses expériences qu'il a faites, tendant à prouver que le virus-vaccin pris sur un sujet dont les humeurs sont atteintes de différents vices, ne transmet aucun de ces vices par la vaccination, quand il a été recueilli dans sa pleine maturité; 2" d'un ouvrage de MM. Chabert et Fromage traitant De la garantie des animaux et indiquant les différents cas où les marchés peuvent être nuls, à cause de l'état de maladie des animaux qui ont été vendus. M Desmarest, membre de l'Institut, a fait un rapport sur une machine inventée par M. Biard, de Rouen, avec laquelle on fabriqne des toiles de 3 mètres (2 aunes et demie de large), par la seule impulsion d'une roue qu'un enfant peut faire mouvoir. 11 a été donné à M. IJiard une médaille et une couronne. M. Le Blond a fait un rapport sur un moyen inventé par M. J.-F. Brullée pour faire franchir à sec, aux bateaux, la ponte et la contre-pente des écluses, en conservant atix bateaux leur position horizontale. Le président, en félicitant M. Brullée
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sur son invenlion, a fait senlir combien elle peut être utile à la navigation intérieure, et a donné à l'auteur la médaille et la couronne que l'Athénée lui avait décernées. Ou a lu une Table de M. du Trembley, intitulée le Moineau et la Tourterelle. Celte pièce a paru pleine de sentiment et de délicatesse. La Société avait exposé, dans la salle de sa séance, une statue équestre de l'Empereur, grande comme demi-nature, exécutée par M.Gois fils, membre de l'Athénée. M. Léger a lu une épitre envers, qu'il adresse à ce sujet à .M. fiois. 11 a su rendre hommage au talent de l'artislo, et exprimer son admiration l)0ur le sujet (|ue celui-ci a choisi. M. Caille a lu une notice historique sur feu F.-V. Mullot, membre de la Société, dont il a dignement honoré les talents lilléraires, el rappelé les cpialités sociales. .M. Constant IJubos a lu une idylle intitulée la Rose. 11 fait naître cette fleur d'une goutte de sang, sortie d'une piqûre que l'Amour a faite à sa mère. M. Desmarest a fait un rapport sur une machine à filer, appelée le file-fil, que les femmes de la campagne peuvent attacher à leur ceinture, de manière à filer en gardant les troupeaux. M. Emeric David, vice- président de la Société, a lu un fragment d'un ouvrage intitulé : De l'Influence des arts du dessin sur la richesse des nations. M. Taillasson a lu des observations sur Joseph Vernet, faisant suite à ses Observations sur quelques qramls peintres. Cet éloge d'un de nos plus grands artistes, a paru digne de ceux que le même écrivain a déjà composés. Luce de Lancival a lu une pièce de vers imitée de Pope, intitulée : La soirée d'automne. Cette pièce lue avec autant de grâce que de chaleur, a été plusieurs fois interrompue par les applaudissements de l'Assemblée. L'heure a fait remettre à une autre séance la lec^ture d'une notice sur feu M. Poulain^ architecte, par M. (loulet, et celle d'un fragment de M. Ponce, Sur les causes de la perfection de la sculpture chez les Grecs. La séance a été terminée par l'exécution de divers morceaux de musique. » — Gazette de France du 3 nivôse : « Paris, 2 nivôse. Le jour de la fête donnée par l'Hôtel de Ville, S. M l'Empereur, s'entretenant avec les membres du Conseil général d'administration des hospices, leur dit, entre autres choses tlatlcuses : « Je suis « content des soins que vous donnez aux pauvres. Je sais, par le compte que je 0 me suis fait rendre, que les hôpitaux sont très bien tenus ; ma confiance est « bien placée ; vous m'aidez à m'ac(|uitter d'un de mes devoirs les plus im|)or- « tants, et de celui qui m'est le plus cher. C'est avec plaisir que je vous témoigne M ma satisfaction. » Sa Majesté s'est ensuite entretenue avec le président du Conseil, et s'est assurée (|ue les fonds étaient suffisants et faits exactement. Le président a répondu à Sa Majesté que les témoignages d'estime et de bonté dont elle daignait honorer le Conseil étaient la plus douce récompense de ses efforts pour le soulagement des pauvres et de son dévouement au service de Sa Majesté. » — « Le moulin qui s'est détaché, hier, du Pont-au-Change, et est venu s'échouer contre le Pont-Neuf, est resté vingt heures dans cet état, appuyé contre deux piles par ses deux extrémités et en travers du courant. 11 a supporté cet accident sans périr. Cependant il doit être endommagé, à en juger par la commotion qu'il éprouva au moment où il donna sur la pile contre laquelle il vint échouci-. Il rendit un bruit éclatant, accompagné d'un craquement, qui durent faire craindre qu'il ne s'engloutit peu après. Les personnes (|ui se trouvaient dans ce moulin, lors(|uc le choc des glaçons menaçait de l'arracher de sa place, furent heureusement averties à temps du danger ; à peine s'élaient-elles retirées, qu'il fut emporté. Toute la nuit on a travaillé à
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le préserver d'accidents plus graves, et aujourd'hui, à miiii, on est parvenu à le retirer, pour l'amarrer le long du (juai des Lunettes», »
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Rapport de la préfecture de police du 4 nivôse.
Culte. — Les églises ont été très fréquentées, la nuit rlernière. La foule s'est portée principalement à Saint-Roch et à Saint- Eustache. Vers minuit, il était impossible d'entrer dans cette dernière église. La décence et l'ordre n'ont été troublés nulle part, et il n'est arrivé aucune espèce d'accident. Ce matin, Sa Sainteté a célébré la messe dans la métropole ; l'afOuence a été considérable dans l'église et dans les environs. Après la messe, le Pape s'est rendu à l'archevêché, et différentes personnes ont été admises à lui baiser les pieds.
Héumons. — On rapporte que M. Offinstein, colonel du 1^ régiment de cuirassiers, dit qu'il a été très sensible à l'accueil qu'il a reçu de S. M. l'Empereur, mais que rien ne peut lui faire oublier le sort qu'éprouve l'ex-général Moreau. On ajoute que ce colonel, pendant son séjour à Paris^ a vu fréquemment la femme de Niquille, déporté du 3 nivôse ^,
Mititaires. — Hier soir, un sergent de vétérans s'est |)ris de dispute, rue et Montagne Sainte-Geneviève, avec des garçons cordonniers ; il tira le sabre et blessa grièvement à la joue un garçon vinaigrier, qui voulait s'opposer à ses violences. Voyant ahirs qu'il succomberait sous le nombre, il prit la fuite, en laissant son nmie sur la place
Dubois.
Arch. naf., F', :i833.)
Journaux.
Moniteur du 4 nivôse : « Paris, le 3 nivôse. . . .Sa Sainteté, dont la visite à l'église Saint-Sul[)ice avait été annoncée, y est arrivée hier à dix heures. Pendant qu'elle entrait à l'église, précédée du clergé, on a chanté le verset : Tu es Pelrus. Le Saint Père a dit une messe basse, assisté de ses prélats. A la fin de la messe. Sa Sainteté a donné sa bénédiction pontificale, après