Commune d'Ancourt (Seine-Inférieure
r2:j i.K.rEMBRK 1804] l'AUlS SOIS l/EMPIliK 4Sb
M""» (Je La Tour du fin, qui l'avait lu devant diiïéreiiles personnes, et qui le lui avait rendu, en en faisant le plus grand éloge. On continue les recherches, et on ne désespère point danieiit'r la dame Dancomt à dfs aveux positifs.
/iéuuions. — Les réunions du [Peuple et des ouvriers ont été très nombreuses et se sont prolongées fort avant dans la soirée. On s'y est livré franchement au plaisir, et il n'y a eu ni trouble ni désordre.
Subsistances. — Les boulangers ont augmenté hier le pain d'unliard par livre. Cette légère augmentation n'a produit aucune sensation, même parmi le peuple.
Culte. — Sa Sainteté s'est rendue ce matin dans l'église de Saint- Thomas d'Aquin, et la foule s'y est portée comme de coutume. L'ordre a été maintenu. Le Pape doit faire vendredi la bénédiction de la chapelle de la Sainte Vierge, à Suint-Kustache, près les grandes halles. Les marguilliers ont décidé que Ton n'entrerait dans l'église qu'en payant 30 sols, ce qui fait murmurer la classe nombreuse du peuple, qui habite ce quartier.
Journaux. — Les feuilles continuent à s'alimenter des seules nouvelles étrangères publiées par le Journal Officiel ; elles n'offrent aujourd'hui rien qu'on puisse considérer comme nouveau. On ne peut regarder que comme une conjecture très vague les bruits répandus en Allemagne de l'intention où serait le roi de Suède d'aller passer l'hiver à Pétersbourg, Les gazettes du Nord, qui donnent celte espèce de nouvelle, sont loin de la garantir. Il ne se trouve, du reste, dans les journaux aucun fait, ni aucun événement qui soit susceptible d'exciter particulièrement l'attention.
Bourse. — H s'est fait beaucoup d'affaires, et tous les cours ont été très fermes. On attribue la hausse des rentes principalement à des achats considérables faits par M. Delatte, agent, à l'ouverture du parquet, mais quelques spéculateurs pensent que la rentrée du Corps législatif peut y contribuer aussi. Les transactions commerciales ne s'animent point; les articles rares sont les seuls qui aillent, et surtout les denrées coloniales, à cause de leur cherté sur les ports, — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an Xlll, 57 IV. 80, 58 francs. 57 fr. 90, 38 fr. 10. Actions de la Banque de France, 1.150 francs, 1.15:2 francs.
Dubois.
(Arch. nat., F', 3833.)
Journaux.
Moniteur <lu 5) nivôse: « Variktés. Plusieurs journaux ont déjà ;uinonci'' la Tète que les maires et adjoints de Paris ont donnée, samedi 24 IVimairc, dans
489 PARIS SOUS L'EMPIRE [26 dkcembre 1804]
la salle de la Société Olympique, rue de la Victoire, à MM. les maires des départements, appelés à Paris pour le couronnement de Leurs Majestés Impériales. Nous croyons intéresser nos lecteurs en leur donnant (|uelques détails sur ce qui •s'est passé dans cette réunion municipale, ordonnée avec le goût et les grâces qui appartiennent à l'urbanité française. Une table ovale était ornée d'un plateau en forme de parterre, entouré de figures qui représentaient chacune les villes dont les maires étaient invités. Au centre s'élevait le buste de l'Empereur sur un piédestal carré, avec cette inscription sur chacune des faces : Quelle que soit la distance qui vous sépare de moi, vous êtes tous également présents à mon cœur. ^Discours de Sa Majesté aux présidents des cantons et aux maires des 36 villes de France, appelés au couronnement.) M. le maréchal gouverneur de Paris avait bien voulu honorer cette fête de sa présence. Il a été placé à la droite de M. le doyen des maires de Paris, qui avait à sa gauche .M. le préfet de la Seine. M. le préfet de police était en face, adroite de M. l'ordonnateur de la fête. Chacun des maires et adjoints de Paris était assis entre deux maires invités. Le fond de la salie représentait un jardin élevé en amphithéâtre, sur lequel était placé un orchestre composé des meilleurs musiciens des -théâtres et de la garde impériale. Us ont exécuté pendant le dîner des morceaux choisis et une cantate dont les paroles sont de M. de Perrière, et la musique de M. Blangigny, et qui a été traduite en italien par le maire de Nice et en allemand par le maire de Cologne. Des santés portées à Leurs Majestés ont été accueillies par les cris répétés de : Vive l'Empereur I Vive rimpératrice ! Tous les convives se sont réunis dans un salon où ils ont passé la soirée en se donnant des témoignages réciproques d'amitié et d'estime, se félicitant de l'heureux accord qui règne entre la capitale et les départements, qui n'ont plus à se disputer que d'amour pour le prince et d'efforts pour la prospérité de la nation. » — Journal des Débats du 5 nivôse : « Paris, 4 nivôse. . . . L'Empereur vient de créer au Collège de France une nouvelle chaire de langue grecque en faveur de M. Dansse de Villoison, le plus célèbre helléniste de l'Europe. . . » — Gazette de France du 5 nivôse : « Paris, i nivôse. S. M. l'Empereur est parti hier matin, à neuf heures, pour la chasse. Le rendez- vous était à la Meute, près Saint-Germain. Il est rentré aux Tuileries à cinq heures du soir. » — » A l'occasion de la fête du couronnement de S. M. rEm|)ereur, il a été donné à Strasbourg au nouveau pont qui doit être construit sur le Rhin le nom de Pont Impérial ; à l'orangerie de la liuprechtsau qui y a été transportée de Buschswiller, celui d'Orangerie Joséphine; au nouveau théâtre (|u'on construit, celui de Théâlre-Xapolêon, et à une promonade qui doit être établie, le nom de Boulevard Joseph. »
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R..\PPORT DE LA l'UÉFFXTL'RE DE POLICE DU 6 NMVOSE.
Réunions. — On continue de parler des cédilles hypothécaires, et l'on dit que ce projet a été rejeté par le Sénat. On dit encore qu'il est
'2fi nKCFMmiK IK04] PARIS SMIS l.•I^MP^HE WO
furU'riicnt (picsiion il'iino aiigmenlalion considérable sur le droit il'i'iiregislrt'nienl e( sur le timbre. Enfin, le bruit circule fiénéralement ijuc tous les iui|i(*)ts vont (*lro ;iiii.Miienlt''«, ni l'on en montre de l'inquiétude.
Spectacles. — On a donné, hier, au théâtre de Louvois, une comédie nouvelle en un acte, intitulée : Le Susceptible. Cette pièce n'a obtenu qu'un faible succès. Le public a paru reconnaître quelques imperfections dans la manière peu prononcée dont était tracé ce caractère. L'auteur, cependant, a été demandé ; on a nommé M. Picard. 11 u été amené ?ur la scène, et a été assez généralement applaudi. Le calme a été parfait pendant toute la représentation.
Journaux. — Des feuilles de ce jour, la Gazette de France est la seule qui donne quelques nouvelles de l'étranger ; elles portent, les unes à la date de New-York, 8 novembre, que les deux frégates françaises, surveillées dans la baie par une escadre anglaise, sont sorties sans avoir été aperçues de l'ennemi et ont fait voile par un bon vent ; les autres, en date de Londres, du 14 décembre, que les journaux ministériels traitent simplement d'essai la dernière expédition de brûlots tentée sur Boulogne ; que des troupes, réunies à Porlsmouth, doivent s'embarquer incessamment, sous les ordres du général iMoore, pour une expédition que l'on suppose devoir être dirigée contre l'île de Madère ; enfin, qu'il circule à Londres et qu'on a vendu dans cette seule ville, au nombre de dix mille exemplaires, un écrit qu'on attribue à M. Fox, et qui est intitulé ; Appel à V honneur et à la conscience de la nation britannique, sur la nécessité de restituer sans délai les vaisseaux et les galions espagnols.
Bourse. — La Bourse n'a pas été à beaucoup près aussi peuplée que les jours précédents, et des négociations moins nombreuses ont eu pour résultat un peu de faiblesse pour le cours des cinq pour cent. On a annoncé la faillite du sieur Coytier, faisant un peu de banque et demeurant rue des Petites-Écuries. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 58 fr. 10, 58 francs, 58 fr. 10, 20. Actions de la
Banque de France, 1.155 francs.
Dubois.
(Airh. nat., F', :J833.)
.lofRNArX.
Monitiiir (hi 6 nivosc : ■< Paris, o nivôse. \.c Saint-Pèro a officié hier, à Notre-DaiiK'. Sa Sainlelc est ariivéc h dix heures et demie avec \m nombpcu.x cortège et de carrosses de suite. Elle a élé reçue au grand porlail, sous le dais, par S. E. Mgr lo cardinal-archcvè(|uo, plusieurs évè(pies et le chapitre de la ealhédralf. Après avoir célébré les saints mystères, elle est montée sur son
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trône et a donné solennellement la bénédiction apostolique. L'église avait encore les magnifiques décorations du jour du sacre. Les tribunes, les galeries, la nef étaient garnies d'un peuple immense, sans néanmoins que de cette nombreuse multitude il résultât aucun désordre et rien qui ne répoiidît à la majesté du lieu, au respect dû au sanctuaire et au chef de la religion. Après la messe, le Saint-Père est passé dans les appartements de l'archevêché. On lui a présenté sur un plat de vermeil un léger déjeuner. A la suite, il a bien voulu admettre à lui baiser les pieds le concours nombreux de fidèles qui s'étaient empressés de le suivre et qui remplissaient les vastes salles du palais archiépiscopal. Un grand nombre de dames, d'hommes de toutes les conditions, une réunion pieuse de jeunes filles vêtues de blanc et précédées de leurs bannières, des enfants même, venaient tomber aux pieds de Sa Sainteté et lui offrir leur hommage religieux. INous l'avons vue accueillir ces enfants avec des caresses particulières et le sourire d'un bon père. Pendant cette touchante cérémonie, un artiste est venu faire à Sa Sainteté l'hommage de son talent, et l'a suppliée de lui permettre de l'employer à consacrer un événement aussi mémorable que le voyage de Sa Sainteté en France. Le docteur Lépreux a aussi harangué le Saint-Père et sollicité la faveur de le voir à l'Hôtel-Dieu, cet antique et respectable monument élevé par nos pères à la charité chrétienne, et où les secours sont infiniment améliorés par les soins de l'Empereur. Le docteur Lépreux a lu ensuite à Sa Sainteté des vers latins, qu'elle a écoutés avec intérêt et reçus avec bonté. »
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6 NIVOSE AN Xlli (27 DÉCEMBRE 1804).
Ministère de la police générale, — Bulletin du 7 nivôse.
Paris. Sa Sainteté à Saint-Thomas d'Aquin. — Les journaux ont parlé avec intérêt de l'office célébré par Sa Sainteté à l'église de Saint- Thomas d'Aquin, et ont cité les quatre jeunes demoiselles qui ont rendu le pain béni. Ceci donne lieu d'observer une nuance très distincte dans l'opinion des personnes d'une certaine classe, qu'on désigne sous le nom de société du faubourg Saint-Germain. C'est que la plus grande partie de cette société rend un hommage très respectueux et très sincère à la personne et au caractère du Pape, quelles que soient d'ailleurs les idées de ces mômes personnes sur la politique. Aussi, lorsque des jeunes gens de cette même société se permettent de rapporter, parmi les rébus qu'ils colportent, des traits peu respectueux pour Sa Sainteté, les gens graves, qui sont en possession de maintenir la société, leur imposent silence très sévèrement, et l'on ne soulFre à cet égard aucune équivoque. C'est une chose digne d'attenlictn que cette situation de gens respectables, qui, pressés entre des considé-
[27 i.KCEMBUF. 1804] PARIS SOIS L'EMPIRE 402
raliuns mondaines et leurs principes religieux, entre des préjugés et leur conscience, sont réduits à l'inconséquence. Ils honorent ce chef de l'Église, cl sont altacliés aux évêques qui se sont retirés de sa communion ; et ils rêvent peut-être un autre IrAne que celui que le Saint-Père e^l venu lui-même consacrer de ses propres mains. Cela prouve aussi l'excellence des moyens divers par lesquels Sa Majesté marche et arrive plu>; ou moins directement à son grand but. . . . ,\rch. nat., AFiv, 1492.)
H.APPitRT DE LA PRÉFFXTURR DE POLICE DU MÉMI-: JOUR.
Héunwns. — Le discours prononcé hier, au Corps législatif, par S. M. l'Empereur, a produit la plus vive sensation. On ne s'occupe piiiiit d'autre chose dans les réunions pailiculières et publiques, notamment dans le commerce et dans la banque. Il a fortifié les espérances des amis du gouvernement et fermé la bouche à la malveillance, et en général l'esprit public est excellent. L'impatience est grande de connaître à présent les objets qui sont soumis au Corps législatif pendant cette session, que l'on croit devoir être très importante.
Culte. — Sa Sainteté s'est rendue ce malin à Sainl-Eustache. Il n'y a pas eu, à beaucoup près, autant de monde qu'on s'y attendait. Le |jrix de 30 sols pour chaque entrée, et de 12 ensuite par chaise, a éloigné beaucoup de personnes etaexcité des murmures. L'ordre a été maintenu. Hier soir, plusieurs femmes de la Halle se sont rassemblées sous les fenêtres de M. le curé de Saint- pAislache et se sont plaintes, en termes un peu grivois, de ce que Ton faisait payer pour entrer dans l'église et voir Sa Sainteté.
Spectacles. — La tragédie de Serloiùus avait attiré, hier, beaucoup de monde au Théâtre-Français. On sait que les trois principaux rôles de cette pièce sont écrits dans le style le plus mor.lant. Le ton de persiflage y domine constamment et une foule de vers respirent une telle ironie, qu'ils excitent en quelque sorte un rire d'étonnemenl. Du reste, la pièce a paru faire plaisir, elle calme a duré pendant toute la représentation.
Journaux. — Les journaux ne conliennent rien aujourd'hui qui ne soit déjà connu. On peut reganler comme une simple confirmation des nouvelles antérieures sur la Russie le passage suivant de l'article Francfort, donné par la Gazette de France : « On assure que le cabinet de Pétersbourg a définitivement refusé les |)ropnsilions qui lui ont été faites par la cour de Londres, pour l'engager à conclure un traité
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d'alliance. On apprend aussi, par la même voie, que le parti anglais à PélersboLirg ne JDuit plus du même crédit. » Suivant le Courrier Français^ des escadres formidables vont être armées en toute diligence dans divers ports d'Espagne, et l'amiral Gravina aura le principal commandement. Le reste des nouvelles n't-xcite aucun intérêt majeur .
Bourse. — Les négociations ont été, en général, plus nombreuses qu'hier; mais, à l'égard des rentes, elles n'ont pas eu un résultat plus satisfaisant, malgré qu'il y eût, (dit-on, au-delà de 100.000 francs, de rentes affichées pour être rachetées à défaut de livraison. La hausse des actions de la Banque continue et paraît avoir pour motif les ventes faites à découvert. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 58 fr. lo, 10, lo, 10, 58 fr., 58 fr. 50, 58. Actions de la
Banque, 1.157 fr. 50, 1.160 francs.
Dubois,
(Arch. nat., F^ 3833.)
Journaux.
Monileur du 7 nivôse : « Institut national. La classe de la langue et de la liltérature française a tenu, le 5 de ce mois, une séance publique, consacrée à la distribution des prix proposés au concours de l'année. La séance était présidée par M. François (de Neufchàteau). M. Suard, secrétaire perpétuel, a fait un rapport sur les décisions de la classe, relatives aux prix proposés et aux ouvrages envoyés au concours. La classe avait proposé en l'an Xll trois prix: l'un de poésie, les deux autres de prose. La classe n'a pas cru devoir adjuger le prix de poésie. Elle a jugé dignes de mentions honorables deux épîtres : l'une Sur l'amour maternel, l'autre d'un Habitant de la campagne à un habitant de la ville. Elle a aussi jugé dignes d'être nommées avec éloges deux autres pièces : l'une est un poème intitulé François /°'", l'autre une épître à Fortis, jeune médecin. Le sujet du prix de prose proposé, pour la seconde fois, était VÉloge de Boileau. Ce prix a été décerné au discours enregistré sous le n» 21, ayant pour épigraphe :
Tout reconnaît ses lois, et ce guide fidèle
Aux auteurs de ce temps sert encore de modèle.
L'auteur est M. Pierre Augcr, attaché au ministère de l'intérieur. La classe a accordé une mention honorable à deux autres éloges de Boileau, n"* 6 et 10. L'examen des pièces envoyées au concours pour l'éloge de Dumarsais est renvoyé aux séances prochaines de la classe. M. Collin d'Harleville a l'ait un rapport sur les pièces de vers qui ont obtenu une mention honorable. M. le président a fait lecture de l'éloge de Boileau qui a été couronné. M. le secrétaire perpétuel a fait l'annonce des prix proposés aux concours de l'an XlII. Le prix de poésie sera adjugé à une pièce de vers qui sera composée, au choix des auteurs, sur un des trois sujets suivants : Le voyar/eur; L'indépendance d'un liomnie de Lettres ; L' In/laence du théâtre sur les mœurs