Voir plus liaut, p. iJOl
531 PARIS SOUS L'EMPIRE [14 janvier 1805]
opposé à ce qui se fait maintenant en Hollande. C'est même par mécontentement qu'il a quitté ce pays pour venir s'établir en France.
L'abbé de Villefort. — Dans une première note sur l'abbé de Villefort, le préfet de police, chargé de l'interroger sur ses rapports avec Wickham avait dit que, suivant sa déclaration, l'abbé de Villefort avait vu Wickham en l'an II en Italie, ensuite à Lyon et une dernière fois en quittant Marseille, époque de leur rupture. On a observé qu'il y avait erreur dans la rédaction, ou inexactitude dans la déclaration, Wickham n'étant venu ni à Lyon ni à Marseille. Le préfet de police a été chargé d'interroger de nouveau l'abbé de Villefort à ce sujet. Il a transmis au ministre ce nouvel interrogatoire, par lequel on voit que M. de Villefort dit n'avoir vu Wickham que trois ou quatre fois (sans désigner en quels lieux), et qu'à sa dernière entrevue, il avait eu avec lui une querelle vive parce qu'il avait voulu l'envoyer à Londres. Le préfet ajoute que sa conduite est exempte de reproches et que tout porte à croire qu'il a réellement renoncé à toute espèce dintrigue.
Loge Napoléon. — On rap[)orte, que le 18 de ce mois, on a célébré l'inauguration de la « Loge Napoléon » par un banquet auquel celle de « l'Age d'Or » a été invitée. On y a chanté des couplets en l'honneur de l'Empereur. On assure, dans ce rapport, qu'il ne se passe rien de contraire au gouvernement dans ces réunions. (Arch. nat., AF iv, 1492.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
Le nommé Berthois, natif de Vitré, étudiant en droit, partisan outré de Moreau, arrêté le 17 prairial dernier, comme prévenu d'avoir formé le projet d'attenter aux jours de S. M. l'Empereur, et qui, dans son interrogatoire, avait avoué son crime, avait ajouté en même temps qu'il n'avait pour seul confident et complice que le nommé Jasmes, natif de Morlaix, et soldat dans l'armée de Hollande. D'après les ordres de Son Excellence le maréchal d'Empire, ministre de la guerre, Jasmes a été recherché à l'armée du Hanovre et conduit à Paris, où il est arrivé avant-hier. Il a nié d'abord, dans son interrogatoire, les faits qui lui étaient imputés ; mais, confronté avec Berthois, et celui-ci ayant persisté dans ses premières déclarations, Jasmes est alors convenu de tout ; ces deux misérables sont des fanatiques, et Berthois surtout [tarait plus déterminé encore qu'au moment de son arrestation.
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Héunion'^. — M. «le Liisignan', ex-cnn?liliianl, ex-colonel au réf^inient de Klandre, lié avec M. de Narbonne, dit qu'il croit à la guerre coutinenlale : que nombre d'émigrés rentrés, comme ceux qui ne le sont point, comptent sur ses résultats pour prouver aux Bourbons qu'ils n'ont point abandonné leur cause. — M. Delbée, exnoble, demeurant rue Honoré-Chevalier, dit que plusieiu's personnes croient qu'on cbercho à organiser une conspii-ation pour y faire liguri'r des gens (jue l'on vi'ut perdre; qu'on désigne entr'autres, l'ex- commissaire des guerres Alexandre, et un nommé Paris, son ami.
Théâtres. — Une comédie nouvelle, en Irois actes mêlés de couplets, a été représentée, iiier, au théâtre du Yaudevdie. sous le titre de Sophie Arnould^. Cet ouvrage n'a point obtenu de succès : plusieurs bons mots de cette acirice célèbre rappeler dans le dialogue des scènes, n'ont pu tenir lieu d'une action, et la pièce ainsi ne présentait aucune espèce d'intérêt. On n'y a au surplus remarqué ni ai»pIicalions à des personnes existantes, ni allusions politiques : le calme a duré pendant toute la représentation.
Journaux. — Un seul article a paru remarquable dans les feuilles de ce jour; il est donné par lu Gazette de F?-anc(?, etestdaté de Venise, le 3 janvier. Il s'agit du serment de fidélité prêté à la Russie par les Monténégrins entre les mains du général Ivrtdicb; on y fait sentir que l'autorité sur ces peuples semblait moins a|)pai'lenir à la Russie qu'à l'Autriche, qui a succédé aux droits de la souveraineté vénitienne; que, cepemlant, à raison de leur naturel demi barbare, les Monténégrins préféraient obéir à la Russie. A ces réflexions en sont jointes d'autres qui tendent à faire ressortir les conséquences d'un pareil accroissement de la puissance des Russes, qui sont ainsi les maîtres d'augmenter encore leur marine sur le golfe adriatique et sur la Méditerranée. . ,
Bourse. — Le cours des cincj pour cent, qui s'était ouvert dans les dispositions les plus favorables, a éprouvé ensuite une faiblesse assez sensibli!, que l'on a attribuée uniquement à des ventes considérables faites par M. Ledhuy, agent. Les actions de la Bampie ont été également un pt'u moins fermes que les jours précédents. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, 58 fr. 5, 10; 58 francs, /^ew, jouissance de
1. Le vrai nom de re peisoniiage, l'esl llii^'ues-Tliibiuill- Heiu-i- Jaciiiies, in.ircpiis (le Liisijjneiii. ilepulé de la noblesse de l'iiris-ville aux Ktals-généraux. <^f. A. Brelle, Iai Cunvoi'nlinn des Etais fjënérau.r. t. II, ji. ■22(;.
2. Le Courrier (les S/ieilticles du 2(; nivùse au III donne une longue analyse de celte pièi'c, et parle des i auteurs », mais sans les uouuner.