‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 134 sur 221 · PAHIS SOUS L'EMPIKE ;I4.ianvier · texte numérisé non relu

PAHIS SOUS L'EMPIKE ;I4.ianvier

û:erminal an XIII, 55 fr. 50. Actions de la Banque de France, 1.197 fr. 50 c., 1.195 francs.

Dubois

(Arcb. nat., F% .3833.)

Journaux.

Moniteur du 2o nivôse : « Paris, le 2i nivôse. Hier dimanche, le président et les bureaux de finstitut ont été admis à l'audience de Sa Majesté, dans la salle du Trône. S. E. M. François (de Neufchàteau), président, a parlé en ces termes : « Sire, les bureaux réunis des quatre académies ou des quatre classes qui forment le corps de l'Institut viennent présenter en sonnom, à Sa Majesté Impériale, les trois derniers volumes du Hecueil des Mémoires de cette compagnie, un pour les sciences exactes, un pour les sciences morales, un pour les lettres et les arts. Ces volumes complètent la collection générale en quinze tomes in-4° des Mémoires donnés par l'Institut national, avant qu'il eût reçu une forme nouvelle par votre décret de l'an XI. Ces ouvrages sont imprimés ; ils appartiennent au public, et ce n'est pas à nous de prononcer sur leur mérite. Quel qu'il soit, nous devons nous féliciter, Sire, d'être admis à vous adresser cette respectueuse offrande. Dans le protecteur de nos veilles il est doux pour nous de trouver le meilleur de nos juges. C'est un devoir pour l'Institut, appelé à représenter plusieurs académies célèbres, de déposer au pied du trône impérial les preuves annuelles du zèle .qui l'anime pour conserveren France le dépôt des lumières et pour en accroître la masse, en la réunissant dans un foyer commun. Mais combien ce devoir nous devient-il plus cher encore, lorsque les fruits de nos travaux sont ofl'erts à un prince qui s'honore surtout de l'intérêt qu'il prend aux progrès de l'esprit humain ! C'est sur des hommes éclairés qu'il est beau de régner! Sire, voilà la vraie grandeur ! C'est un des caractères qui distinguera votre Empire. Conducteur d'une ère nouvelle, ayant les yeux sur l'avenir. Napoléon sera toujours l'ami le plus fidèle de la raison publique. Quel sujet d'espérance et d'émulation pour tous les beaux esprits! Quel bonheur pour notre patrie ! Autour de Votre Majesté, tout doit briller de son éclat. Tout sera libéral, comme votre pensée. Qu'un seul rayon de votre gloire se rétléchisse sur nos muses, et leur reconnaissance doublera leurs efforts pour répondre à vos vues sublimes et soutenir riionnour d'un siècle qui doit porter un si grand nom. En même temps qu'il vous présente le tribut des nouveaux volumes qu'il vient de publier, l'Institut croit devoir faire connaître aussi à son auguste protecteur ceux des académiciens qu'il a nommés depuis un an pour réparer ses pertes. Sire, à ce titre, nous avons l'honneur de présenter à Votre Majesté: 1° .M.Burkhardt, nommé dans la classe des sciences physiques et mathématiques, qui remplace l'Académie des sciences. (M. Burkhardt étant indisposé, n'a pu être présenté à celle audience); 2" MM. Quatremère, Visconli, Boissy d'Anglas et Millin, élus par la classe d'histoire et de littérature ancienne, (jui est substituée à l'Académie des belles -lettres ; 3" S. A. électorale M. de Darberg, électeur archichancelier de l'Empire germanique, nommé par cette même Académie, comme associé étranger à la place du célèbre auteur de la Messiade, M. Klopstock. Sire, c'est un beau jour pour les sciences et les

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k'ilrcs, que celui où iin souverain vient se confondre dans les rangs de ceux qui les cultivent. Ce souvenir fera époque dans l'histoire de l'Institut. Ce trait honore les savants, et, aux yeux de l'homme qui pense, il ne dégrade pas les jirinces. La classe de la langue et de la littérature françaises, destinée à remplir les fonctions de l'Académie française, a fait aussi trois choix approuvés par Votre Majesté Impériale pour remplacer MM de Saint-Lambert, de La Harpe et de Boisgelin ; mais les nouveaux élus ne peuvent être présentés à Votre Majesté avant d'avoir été reçus en séance publique, suivant l'usage de cette Académie. La classe des Beaux-Arts, remplaçant les Académies de pointure et d'architecture, a récemment |)erdu un sculpteur distingué, M. Julien. Dans sa séance d'hier, elle a nommé son successeur, dont le choix est soumis à l'approbation de Votre Majesté Impériale. Enfin, Sire, les académiciens qui ont publié séparément quelques ouvrages, ont l'honneur d'en faire l'hommage à Votre Majesté Impériale ; M. Rochon lui présente son Voyage à Madagascar, et M. Olivier son Voyag»' dans (e Levant. Ce jour. Sire, est un jour de fête peur nos Académies. Puissent les tributs de leur zèle justifier toujours l'accueil llatteur et distingué que leur fait Votre Majesté Impériale! Et puisse durer à jamais ce renouvellement de l'alliance heureuse que le bon La Fontaine dit avoir existé jadis entre l'Olympe et le Parnasse! » — a Les députés de la République de Lucques ont ensuite eu leur audience de congé... » — Gazette de France du 25 nivôse : « Paris, 24 nivôse. Le Corps législatif a célébré aujourd'hui la fêle d'inauguration du buste de S. M. l'Empereur, avec toute la magnificence dont elle était susceptible. L'Impératrice a assisté à cette cérémonie ainsi (iiie LL. AA. IL le prince Joseph et le prince Louis. On y a remarqué aussi les princes Borghèse, Bacciochi, leurs épouses, beaucoup d'autres personnes de la famille impériale et les membres des principaux ordres de l'Etat, qui s'y sont fait représenter par députalions. Huit membres du Corps législatif sont allés au-devant de S. M. l'Impératrice et l'ont introduite dans la salle des séances, où elle a occupé la place qui lui avait été préparée pour le jour de l'ouverture. Une dépulation de cinq membres est allée respectivement au-devant du prince Joseph et du prince Louis. A sept heures a commencé la cérémonie du couronnement Le buste de l'Empereur, couronné de lauriers mêlés de feuilles de chêne et d'olivier, a été placé sur un piédestal, au milieu du parquet de la salle, devant le bureau des secrétaires. Le président a prononcé un discours analogue à celte cérémonie. Des candélabres, distribués avec art autour de la salle, répandaient une clarté qui faisait briller les parures des dames placées dans les tribunes. La cérémonie terminée, S. M. l'Impératrice a été conduite à la salle des conférences, décorée avec goût. Les murs, tendus en papiers semés d'abeilles, étaient ornés par intervalles d'écussons portant des devises et des trophées militaires, semblables à ceux de la chevalerie. Au centre de la salle, en avant d'une glace de très grande dimension, s'élevait un dais de soie cramoisie, sous lequel était préparé le couvert de l'Impératrice. Cin(| autres tables étaient drossées dans la sallo de la Concorde, de la Distribution et autres circonvoisines. Toutes ces tables comptaient ensemble deux cent cinquantequatre couverts. Le restaurateur Hobert ' a éh' chargé du repas. On remarquait,

\. llottiTl ét.iit li'ailcur restaurateur au Palais du Tril.unat. galerie de. Pierre, 11" 17U.

535 PARIS SOUS L'EMPIRE [15 janvier 1805]

sur la table dressée dans la salle de la Concorde, un coteau émaillé de verdure, couronné d'arbres fleuris et bordé au bas par des tiges de lys. Après le dîner, l'assemblée s'est répandue dans les salles de Lucrèce et de la Réunion, où un bal brillant a commencé. Les murs de ces salons étaient garnis de divers sortes d'arbustes en caisses, et de fleurs aussi encaissées, telles que lauriers, roses, lilas, jonquilles, tulipes, en sorte que les danses semblaient s'animer sous des bosquets fleuris *. »

GCXL

25 NIVOSE AN XUl (15 JANVIER 1805).

Ministère de la police générale. — Bulletin du 26 nivôse.

Paris. Anagramme. — Des songe-creux du xix« siècle ont trouvé dans ces mots : « Napoléon, empereur des Français », ceux-ci : « Le pape sacre un fin démon. » Il est vrai qu'il y a six lettres de plus dans la première phrase, qui ne sont nullement employées dans la

seconde ; mais le génie doit s'affranchir des règles

fArch. nat., AFiv, 1492.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

Réunions. — Les Bourbonistes et notamment un sieur Delangle, ex-noble breton et ancien officier de dragons, se plaisent à réuandre que le gouvernement ne sait plus comment se tirer de l'embarras où il se trouve pour les finances ; qu'on regarde comme la seule et dernière ressource le rétablissement de l'ancienne ferme, qui va avoir lieu incessamment ; que le nombre des fermiers-généraux sera porté à 75 ; que le cautionnement sera considérable et ne rapportera aucun intérêt la première année. Ils finissent par dire, avec un ton d'assurance, qu'il est impossible que les choses durent encore longtemps dansl'élatactuel. — Lesbruitsde guerresemblents'affaiblirdepuis hier, malgré le départ des troupes. On croit généralement qu'elles sont destinées à la garde de S. M. l'Empereur, que l'on dit savoir se rendre sous six semaines à Milan. Des lettres particulières annoncent que, le 23 (le ce mois, il est entré un parlementaire anglais dans le port de Boulogne, qu'on le croit chargé d'objets de la plus haute importance et que sur-le-champ il a été expédié un courrier pour le gouvernement.

1. On trouvera un autre compte rendu de cette fête, dans le Moniteur du 86 nivôse an XIII.

[I!, lA.vviKH 18U5) l'AlllS .S(»IS I.'EMI'IHK 5HC

Journaux. — La Gnzclie de France apprend de Francfurl, à la date du iO janvier, que « c'est définitivement le général Mack qui a été nommé au commandement de toutes les troupes autrichiennes qui forment le C(»rdon dans l'Istrie, la Dalmatie, le duché de Venise et le Tvrol ; que l'empereur d^Allemagne a décidément lixé son voyage en Italie et au Tyrol, au mois d'avril prochain ; enfin que des objets de la plus haute importance se négocient actuellement entre les cours de Vienne et do Pétersbourg, et que les arrivées et départs de courriers sont extrêmements fréquents... »

Bourse. — Les apparences de baisse, qui s'étaient manifestées assez

fortement, à la lin de la dernière Bourse, n'ont pas eu la suite que

l'on pouvait craindre; le cours, qui était tombé jusqu'à 57 fr. 75, s'est

un peu rétabli aujourd'hui; et, malgré l'inquiétude que pouvait

causer, selon quelques alarmistes, le départ d'une partie de la garde

impériale, et le bruit du départ prochain du ministre de la guerre, il

s'est fait considérablement d'affaires à termes. L'opinion est plus

généralement à la hausse qu'à la baisse. Les actions de la Banque

ont été constamment ofierles. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire,

57 fr. 70, 65, 80, 75, 80. Idem, jouissance de germinal an XIII,

55 francs. 55 fr. 20, WO francs. Actions de la Banque de France,

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