francs
Dubois.
(Arch. nat., F' 3833 )
Journaux.
Moniteur du 2») nivôse : « Samedi, Sa Sainteté, après avoir visité l'Hôlel-Dieu, se rendit à la manufacture de vernis sur motaux, rue Martel, n''i5. Elle y examina avec le plus grand intérêt, le jeu des balanciers, la forge, la fonderie, l'alelier de ciselure, les vernisseurs, les peintres, les marbriers. Sa Sainteté a paru étonnée de la quantité des ouvrages fabriqués et de la perfection d'imitation des marbres de toute espèce. Les administrateurs de cet établissement ont eu riionneur de lui oflVir son portrait gravé en or sur un vase imitant le porpliyre... » — Gazelle de Frftnce du 26 nivôse : « Paris, 25 nivôse. ...Les comédiens français, voulant repousser le reproche de paresse qu'on leur fait depuis si longtemps, outre les anciennes comédies qu'ils remontent, répctent on ce moment trois pièces nouvelles : Le Tijran de Faviillc, Madame dr Sévif/ni! et Les Riches, grand ouvrage qu'on attribue à un auteur très connu Outre Nicomrde vl Serlorius, tragédies remises au répertoire du même théâtre, on s'occupe d'y monter une tragédie nouvelle inûlnlée : Boi'monl . C'est une tragédie dans le genre de Tancrède ou de Bayard, extraite de l'histoire cl dont les héros sont des chevaliers français. » — o Un léger accident va priver l'Opéra du talent de iJuport, pour une quinzaine de jours. Après la dernière représLMilation de Saûl, il a fait, en montant à sa loge, un faux pas (pii lui a occasionné une foulure au pied. » — « Chaque jour l'ameu-
537 PAllIS SOUS L'EMPIKE [I6.i.\nvier 1805]
blement devient plus riche et plus élégant, mais aussi plus coûteux. Dans ce moment, une petite maîtresse ne se contente pas d'avoir glace dans son boudoir, deux ou trois dans sa chambre à coucher et quatre au moins dans son salon, il faut encore que son escalier soit orné de glace à hauteur d'homme, et qu'à chaque étage qu'elle parcourt, elle puisse s'admirer de la tête aux pieds. » — « Ce ne sont pas seulement les curieux, les connaisseurs qui vont au salon de peinture ou au Musée Napoléon, étudier les belles formes antiques, les formes les plus nobles, le beau idéal. On y voit aussi affluer le tailleur pour femmes, les marchands de modes et surtout les perruquiers. De là les coiffures étrusques, romaines, de nos dames, les Caracalla, les Titus de nos jeunes gens. En ce moment, d'après l'étude profonde et les essais nouveaux du plus fameux artiste en tonsure, hommes et femmes, pour être à la mode, doivent avoir les cheveux coupés à VAnlinoûs »
GCXLI
26 NIVOSE AN XIII (16 JâNVlER 1805).
Ministère de la police générale. — Bulletin du 27 nivôse.
Exécution. . . Lhaunard. — Ex-Chouan, antérieurement déserteur des troupes françaises, connu pour être d'un caractère extrêmement fougueux, détenu depuis l'an IX, demande sa mise en liberté etoflie de s'enrôler. Un membre du Corps législatif appuie sa demande et s'engage à pourvoira ses besoins pendant qu'il restera à Paris. Il n'est d'ailleurs prévenu d'aucun délit positif, et sa longue détention a dû le rendre plus circonspect. — En liberté à condition qu'il s'enrôlera, comme il le propose, et qu'il partira de suite pour son corps
FouciiÉ.
(Arch. nat., AF iv, 1492.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
Réunions. — Une dame de Villarceau, veuve d'un officier supérieur des gardes du corps, dit que tous les ci-devant nobles regardent cumme certaine l'alliance entre la cour de Russie et celle de Vienne ; ils disent que des trou[)es russes sont en route, et que, réunies à celles d'Autriche, elles formeront une armée formidable, et que le départ tie M. de Cobenzl est très prochain. — On répand qu'il y a eu une révolution à Rome, au milieu du sacré-collège; que le cardinal Maury a forcé les portes des archives secrètes ; qu'il s'est emparé de papiers de la [jliis haide importance, et que, secondé par les factions dévouées
[le. jx.NviRR IS05] PARIS sors L'EMPIHE 538
à la Russie et à r.\iilriche, il s'élail fait proclamer j)ape ; on ajoute iHi'il a fait afficher dans Rome un désaveu formel de la lettre insérée dans les journaux français sous son nom.
Êlrongers. — Les Italiens qui sont à Paris vcjient en général de mauvais d'il les projets dont ou parle, relativement à leur pays. Ou dit qii'ime dépiilation, à la tête de laquelle se trouve le neveu de M. le cardinal Caprara, doil l'aire, à cet égard, des représentations à Sa Majesté.
On assure que S. M. l'Empereur a été vue, avant-hier matin, à pied et en habit bourgeois, se rendant à ses écuries, et, hier, après-midi, vers les trois heures, dans les Champs-Elysées, la place de la Concorde, la rue de Rivoli, etc. . .
Bourse. — Les négociations ont été généralement languissantes ;
les rentes ont eu deux cours seulement, et le premier n'a été
publié qu'à deux heiwes et demie : cette stagnation donne
lieu de croire que les joueurs à la hausse et ceux à la baisse
seulement se tiennent sur la défensive et attendent l'efTet que
produira la liquidation. L'on ne s'est nuUementoccupé des actions de
la Banque. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, 57 fr. 75, 70. Idem,
jouissance de germinal an XIII, 55 fr. 30.
Dubois.
(Arch. nat., F\ 3833.)
Journaux.
Moniteur du 27 uivose : « Paris, le 26 nivôse. La garde impériale s'est réunie ce matin sous les amies aux Tuileries. Sa Majesté a distribué les décorations à ceux des militaires delà garde, membres de la Légion d'honneur, qui étaient à l'armée lorsque la distribution des Aigles d'honneur a eu lieu au Teni|)l(' des Invalides. .. — « La statue de l'Empereur votée par le Corps législatif, a produit toute la sensation que l'on devait attendre de cette belle production de l'art. Elle est aussi bien pensée que bien composée : l'artiste, M. Cliaudet, tpio l'Institut national vient d'honorer, en l'admettant parmi ses membres, s'est élevé à la hauteur de son sujet par la noblesse, la simplicité de la pose et la dignité des formes de celte statue. Sans aucune exagération dans son mouvement, elle est le résultat de la plus heureuse inspiration. Grave dans son caractère, comme la loi, dont elle rappelle l'idée, c'est la sûreté, c'est la confiance qu'elle semble inspirer. On a généralement rendu justice à l'habileté avec laquelle l'artiste a su réunir la décence à la nudité; aucun habit ne pouvait vêtir aussi noblement l'Empereur «jue le simple manteau dont une partie de celle stalue est couverte ; et quoique ce morceau précieux n'ait pu être placé d'une manière avantageuse au moment de son inauguration, l'assentimeiit général qu'a obtenu M. Cbaudet a justifié la confiance distinguée que