Voir plus haut, p. 486, et plus loin, p
2. D'après YAlmanuch du commerce de l'an XIII, rimprimerie de Guerbart était située rue de Richelieu, n" 423.
3. En marge d'une autre main : « Mettre ceci en peu de mots, vu qu'il est possible que Sa Majesté en soit déjà informée secrètement. »
[18 JANVIER 1805] PAHIS sous L'EMPIHE r.40
victimes. Le reste des nouvelles répandues dans les feuilles ne peuvent (5tc) être considérées que comme des répétitions peu importantes...
Bojose. — Il s'est fait plus d'affaires qu'hier, mais les variations ont été peu nombreuses. Les actions de la Banque ont été plus offertes que demandées, sans éprouver néanmoins une baisse sensible. L'on ne pai'le d'aucun changement important dans le commerce, mais l'on s'attend à une baisse prochaine sur les eaux-de-vie, et la raison qu'on en d(mne, c'est qu'elles n'ont monté que par leur rareté, que l'on dftit faire cesser par l'ouverture des canaux. — o 0/0, jouissance de vendémiaire 57 fr. 80, 75, 80. Idem, jouissance de germinal an Xlll, 55 fr. 30. Actions de la Banque de France, 1.177 fr. .50, 1.175, 1.177 fr. ,50.
Dubois.
l.\rch. nat., F^ 3833.^.
Courrier Irançais du 28 nivôse : « Paris. 21 nivôse. ...Dans la réponse que l'Empereur fil dimanche dernier au président de l'Institut national, on a remarqué particidièrement une phrase dont il est regrettable de ne pouvoir rendre plus lidèlemenl les paroles, mais dont voici le sens. Après des témoignages honorables de son estime pour les travaux de l'Instilul et de nouvelles assurances de sa protection, Sa Majesté ajoute : « Quand ces sentiments ne me << seraient pas inspirés par mon zèle pour le progrès des lumières, par mon i< goût pour les sciences et les lettres, et par l'intérêt de la gloire nationale, « je pourrais y être porté par quelque intérêt personnel. 11 importe aux souve- '( rains de favoriser les hommes qui distribuent la gloire, et qui transmettent « à la postérité les actions de ceux qui ont dévoué leur vie à mériter son « estime. » Après cette réponse, l'Empereur a adressé à la députation plusieurs questions sur l'élatacluel de la lilléralure,et sur quelques ouvrages nouveaux. Sa Majesté a développé, à cette occasion, sur différents objets de littérature et de philosophie, des idées qui ont fi.xé d'une manière particulière l'attention de ceux qui étaient à portée de les recueillir »
iiS iMVOSE AN .Mil (18 JA.NVIKli 1805).
.MlMSTKHK I»K I.A l'oLICK r.ÉNKHALK. — Ul LLKTIN DU -9 MVOSIi.
Paris. Oraisou funclire du duc d Lnij/iieii. — Depuis Inngtemps, la police générale a eu avis de l'existence d'un pamphlet intitulé :
541 PARIS SOUS LEMPIRE [18 janvier 180o]
Oraison funèbre du duc d^Enrjhien ^. Les conseillers d'État des I" et IV^ arrondissements ont été chargés d'en rechercher et faire arrêter les auteurs et distributeurs. Le ti frimaire dernier, le ministre observa au préfet de police que ce pamphlet avait été vu dans les mains de plusieurs députés des gardes nationales, et que le papier, ainsi que les caractères de l'impression, indiquaient que cet ouvrage, attribué à l'abbé de Bouvens, aumônier du comte d'Artois, très borné, ne sortait pas des presses de l'Angleterre, qu'il avait été plus vraisemblablement imprimé à Paris. Par un rapport du 28, le préfet de police annonce que ce pamphlet a été effectivement imprimé par Guerbart, rue de Sorbonne ; qu'en l'arrêtant, on en a trouvé chez lui plusieurs exemplaires et deux autres ouvrages contre le Concordat ; qu'il a déclaré que ces trois ouvrages, tirés chacun à mille exemplaires, étaient du même auteur, prêtre réfractaire, que, jusqu'à présent, il a refusé de nommer. Par une autre lettre de ce jour, le préfet de police annonce que, dans un dernier interrogatoire, cet imprimeur a dit : « Je ne me rappelle pas précisément le nombre des exemplaires. L'auteur m'avait permis d'en tirer ce que je voudrais pour moi, et je ne sais pas si j'en ai fourni cinq cents à six cents à Ratel. » A l'instant, ajoute le préfet, Guerbart s'est repris en ces termes : « Je me suis trompé de mot, j'ai voulu dire l'auteur. » « Des renseignements secrets, dit encore le préfet, me signalaient Ratel, avoué ^, comme l'éditeur de cet ouvrage. Le mot échappé à Guerbart le conlirme. » On sait que l'abbé Ratel est constamment, à Londres, l'un des agents les plus actifs de l'ennemi ; son frère a souvent été recherché par la police générale pour ses correspondances avec lui. Les trois ouvrages viennent de Londres : Réciamations canoniques ; Lettre de Céoêque de Saint- Pol ; Oraison funèbre du duc d'Enghien. Il est probable que c'est l'abbé Ratel qui les a envoyés à son frère pour les faire réimprimer à Paris et distribuer. Il est égaleinent vraisemblable que la correspondance se continue par les mêmes points : Biville, Le Tréport, toute cette côte.
Bruits. — On a dit ce matin, parmi les agents de change, que la flotte lie Toulon est sortie. On disait aussi que des maisons étrangères, surtout de la Hollande, ont retiré depuis trois jours, à toutes les maisons qui ne sont pas de premier ordre, les crédits qu'elles leur avaient donnés précédemment. — Au café rie la Régence, on faisait entrer ce malin les Russes en Ilalie. — Le bruit se soutient t(jujours que S. M. l'Empereur se rendra en Ualie. — On assure, dans quelques