‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 139 sur 221 · Voir plus haûl, p. i"f · texte numérisé non relu

Voir plus haûl, p. i"f

:{. En marge, d'une antre main: ■■ Faire (loiincraii iDinniiss.iire central I nilrcsse fie .M. Uirde, en lui iloniianl (jneliiues nolion.s relatives à l'individu. ..

543 PARIS SOUS L'EMPIRE [18 janvier 1805]

par la première on lui marque qu'on espère que le Pape obtiendra la radiation et que probablement il sera nommé ensuite consul à Cadix ; par la deuxième lettre, on lui dit que Sa Sainteté n'a point encore eu l'occasion de parler de sa radiation à l'Empereur, ainsi que de celles de beaucoup d'autres, qui sont étonnés de ce silence. Toutes ses lettres lui sont adressées sous le couvert de M. Birde.

Journaux. — Les feuilles donnent aujourd'hui quelques nouvelles de la Turquie. A Vienne, disent-elles, le jbruit s'est répandu que le Grand-Seigneur, qui ignorait complètement le passage des Russes dans la Méiliterranée, a été si courroucé de cet événement qu'il a fait trancher la tête au grand-vizir, changé une partie de son ministère et donné pleine satisfaction au général Brune. A Conslanlinople, disentelles encore, il est arrivé un nouveau ministre de la République des Sept-Iles pour représenter à la Porte l'impossibilité d'acquitter un tribut annuel de 70.000 piastres, arriéré depuis trois ans, et le Grand-Seigneur a réduit la somme à 40.000 piastres. Le général Brune, ajoutent-elles enfin, ayant demandé à la Porte une escorte pour l'accompagner dans sa route à travers la Turquie européenne, il a été donné les ordres nécessaires. Cependant, ce ministre a résolu de différer encore son départ jusqu'à l'arrivée d'un courrier, qu'il attend de Paris, et il a fait part à la Porte de celle résolution . Le reste des nouvelles a paru de moindre importance et n'avoir que des apparences de simples conjectures. . .

Bourse. — Le cours des 5 0/0 a été porté, ce matin, à 58 fr. 40, et l'on attribuait cette réaction au projet de loi concernant la vente des biens nationaux. Cette faveur a été, à peu près, totalement détruite en Bourse, et l'on n'a indiqué d'autre motif de ce refroidissement que la lutte ordinaire dans laquelle les joueurs à la baisse ont eu l'avantage. Les actions de la Banque ont éprouvé le sort de la rente ; elles ont été d'abord assez demandées, mais ensuite elles ont incliné sensiblement vers la baisse. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, 58 fr. 10, 20, 15, 10, 5 ; 58 francs, 58 fr. 10 ; 58 francs, 58 fr. 15, 20, 10. Idem, jouissance de germinal an XIII, 55 fr. 50. Actions de la Banque de France 1.190 francs, 1.185 francs, 82 fr. 50; 1.185 francs, 1.177 fr.50, 1.175,1.177 fr. 50 ; 1.180, 1.175, 1.172 fr. 50.

Dubois.

(Arch. nat., F' 3833.)

rjo JANVIER isoiij l'AUis sors i;f:mi'I1{F.

CGXLIV

Rapport di-: la phéi-ecture de police du 30 nivôse.

Réunions. — On rapporte que le comte de Bellegarde, Autrichien, logé hôtel de Brelaj;ne, rue de la Loi, se permet les propos les plus indécents sur la marclie des troupes françaises en Italie, sur les changements que l'un annonce devoir être très prochains dans ce pays, et sur les nouveaux arrangements qui, dit-il, se projettent pour la Hollande et pour la Suisse. Les personnes qui se mêlent de politique regardent ce comte comme un des principaux espions de la cour de Vienne. — On rapporte que Je sénateur Lanjuinais a dit à M. Guérin, directeur de la Caisse des Artisans, rueSainte-Croix-de-la-Bretonnerie, que, sous un mois, on allait nommer encore de nouveaux dignitaires, qu'il ne restait plus aux sénateurs qu'à s'envelopper dans leurs manteaux et à gémir sur les sacrifices qu'ils avaient faits pour la Révolution.

Bal de l' Académie impériale de musique. — Le bal masqué, qui a eu lieu cette nuit, n'a point été nombreux; la recette ne s'est élevée qu'à 2.400 livres. L'ordre a été maintenu au dedans et au dehors.

Les marchands de charbon ont donné l'ordre de vendre demain, le

sac de ce combustible 7 francs au lieu de 6 fr. 23, en déclarant qu'ils

ne |)0uvaient attendre plus longtemps la décision du gouvernement.

J'ai donné les ordres pour qu'il n'y ait aucune augmentation et pour

maintenir la vente à 6 fr. 25

Dubois.

(Arch. nat, V, 3833.)

Journaux.

Journal des Débats du 30 nivôse : « Paris, 29 nivôse. Le Saint-Père a éprouvé une légère indisposition, à la suite du froid qu'il a ressenti en parcourant les grandes salles, et surtout en traversant les vestibules de la bibliothèque par un jour jduvieux et froid. Cette indisposition l'a empêché de voir hier la manufacture des glaces, etrcmpèchera aussi d'aller aujourd'hui à l'imprimerie impériale. On espère cependant (pi'il sera en état de visiter demain l'église de Sainte-Marguerite, faubourg Saint-Antoine, et l'hôpital des Enfants-Trouvés...» — dazi'lle de France du 30 nivôse : « Paris, 29 nioôse. ...Chose miraculeuse Il existe à Paris un doigt, qui, sans aucun instrument, aucun spécifique, |)ar le simple attouchement enlève, dans la minnle, le mal de dents le plus aigu, t n patient, giièri di- cctt*' manière, en donne anjouril'liui avis au public dans

845 PARIS SOUS L'EMPIRE [20 .ianvier 180SJ

une longue lettre. Il invite ceux qui éprouvent la même infirmité à appeler sur leurs dents le doigt de M. Delacroix. C'est le nom du dentiste qui a fait, par devant témoins, plusieurs miracles semblables. » — Jouniai des Dames du 30 nivôse : « Paris, ce 29 nivôse. ...Nous avons déjà dit que la conversation était très gourmande, que toutes les idées se portaient vers la mangeaille : (( Tant mieux, répliquerait un faiseur de calembours .- c'est une preuve que dans (( ce siècle on ne manque pas de goût. » Dans les assemblées publiques et particulières, le goût, puisque goûtil y a, se propage. Tout finissait autrefois par des chansons: à présent, tout commence par un diner. Les scènes que l'on applaudit le plus au théâtre sont celles oîi il est question de chapons, de perdrix, enfin de gourmandise ; et les marchands de comestibles font ce que faisaient autrefois les grands seigneurs : ils envoient des cadeaux à ceux qui font l'éloge de leur magasin dans les pièces nouvelles. Ne plaignons donc pas ces auteurs, qui ont toujours fait métier de se plaindre ; il y a vingt ans, ils recevaient des boîtes d'or: aujourd'hui on leur envoie des dindes aux truft'es. » — « Nos petites maîtresses de bon ton ne savent comment faire arranger leur boudoir, depuis que les moindres boutiques de Paris sont décorées avec l'élégance et le luxe le plus recherché : on donnerait tout au monde pour trouver un architecte qui eût des dessins, même baroques, pourvu qu'ils fussent nouveaux ; car les genres grec, étrusque, romain courent les rues; pas de magasin qui ne soit décoré à l'antique, et la limonadière du coin ressemble, dans son café, à Aspasie dans son boudoir »

Rapport dd la préfecture de police du l^'' pluviôse.

Combustibles. — Tous les marchands de charbon ont voulu effectuer, ce matin, dans tous les ports de vente, l'augmentation de 7o centimes par sac. Les ouvriers porteurs de sac avaient tous l'ordre, de ma part, de ne le payer qu'au prix ordinaire de 6 fr. 25. Les marchands ont refusé de vendre, et la vente a été en conséquence suspendue sur tous les ports. J'ai mandé par devant moi les agents du commerce, et leur ai intimé Tordre de rouvrir les ventes au prix ordinaire, en leur déclarant que si, à midi, la vente n'était pas commencée sur tous les points, je les fais arrêter comme instigateurs et chefs de coalition. Cette mesure a produit l'effet que je désirais : j'ai été obéi, la vente a été rouverte partout au prix de 6 fr. 25; mais les agents du commerce supplient Sa Majesté de prendre en considération la malheureuse position des approvisionnements. Quant à moi, je vois avec beaucoup de peine le découragement de ces marchamls; il en peut résulter de graves inconvénients pour rapi)roviisionnement de Tome l. 35

[20 JANViEK 1805] PARIS SOLS L'EMPIRE 546

Paris; mais la silualion dcsrealiers, des pensionnaires de i'Kttit el des employés, qui forment plus d'un tiers île la population de Paris, ne leur permet pas d'atteindre le prix toujours croissant des combustibles; et cependant, sans des mesures pour la modération du prix des bois impériaux, destinés k l'approvisionnement de Paris, on ne |)eut calculi'r jusqu'où peut aller l'augmentation progressive des combustibles et des crises qu'elle prépare.

Réunions. — On dit chez l'amiiassaileur de Hesse-Cassel que le gouvernement britannique a fait proposer à l'Electeur une somme considérable pour fournir im subside de 6,000 hommes, mais que ce prince avait refusé, et que ce refus avait irrité le ministère anglais ; enfin, que l'on craignait beaucoup que les cours de Vienne et de Saint-Pétersbourg ne forçassent la Prusse à prendre part à la guerre contre la France. — Un sieur de Longcbamp, ex-noble de la Franche- Comté, a dit qu'une personne se proposait d'envoyer à Sa Sainteté un discours, prononcé autrefois par le sénateur François de Neufchàteau, contre le sacerdoce et le chef de l'Eglise, et d'y joindre le dernier discouis pi'ononcé par le même devant Sa Sainteté, afin d'établir le contraste. — Le nomuié Camille Lel>as, rédacteur dxiJoia nal des Arts, demeurant quai de la Monnaie, est signalé comme un ennemi du gouvernement; il prêtent! que la Prusse et la Russie vont se coaliser contre S. M. l'Empereur, que déjà les Russes sont à huit lieues de Milan, et que les démocrates ont beaucoup d'espérance dans ce moment. . .

Bourse. — Les négociations de rentes ont été très nombreuses; leurs cours n'ont fait que se soutenir, et les observateurs prétendent que ce sont des ventes considérables qui ont atténué les dispositions de hausse; ils citent principalement, au nombre des plus forts vendeurs MM. Rocher, Tattet et Fould'. Malgré ces contradictions, les partisans de la hausse croyent encore à une réaction favorable, et leur opinion se fonde sur ce qu'à l'ouverture de la liquidation, les noms tint pour abondants. — 5 0/0 jouissance de germinal an XIII, ^ 55 fr. 40,30. Actions de laRanqiie de France, 1.185 francs, 1.182 fr. 50, 1.187 fr. 50, 1.190 francs.

(Arcli. nat., V, 3833.)

Journaux.

Gazette de France du l^ pluviôse : « Paris, 30 nivôse. . . .Trois théâtres s' i'" lait; ni (,'mi)arrs di! iJun Juan, ol N; ré[)t''taiciit |ircsi|iie en inéme leiiips : les

Page 1