‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 141 sur 221 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

Voir plus haut, p

[23 JANViKn 1808] PARIS SOtJS L'EMPIRE 550

Journaux.

^fon il e u )• dn 3 pluviôse: « Paris, le 2 pluviôse. M. Abraham-Hyacinthe An<iuetil-nu|u'iron, anciiMi membre de l'Académie des inscrii)tions et belleslettres, membre de flnstitut national, classe d'histoire et de littérature ancienne et l'un des savants les plus renommés de l'Europe, est mort vendredi dernier 28 nivôse, à l'âge de soixante-treize ans. Ses obsèques ont été célébrées le lendemain dans l'église des Blancs-Manteaux, im présence des parents du défunt, de ses amis et d'un grand nombre de membres de l'Institut. » — « Dans une de ses dernières séances particulières, la classe delà langue et de la littérature française a décerné le prix de ï Eloge de Dumarsais, qui avait été remis plusieurs fois, au discours ayant |)Our épigraphe : Scribendirecte sapere est principium et fons. I/auteur est M. Degerando, secrétaire général du ministre de l'intérieur. Ce prix set-a distribué dans la jirochaine séance publi(pie que tiendra la classe. »

MiNISTÈRK DE LA POLICE GÉNÉRALE. — BuLLETlN DU 4 PLUVIOSE.

Paris. Bruits. — Pendant plusieurs jours, des bruits de guerre ont circulé, et, suivant l'usage, l'ennemi avait les premiers avantages. Les troupes de Prusse et d'Autriche, réunies, possédaient Rome et une partie de l'Italie. Le Pape de Paris, le Pape jacobin, était déposé par un conclave, etc.. D'autres, plus amis de la patrie, disaient que l'armée française s'était emparée de toute l'Italie, même de Venise. Hier, ces bruits ont entièrement changé. On est à la paix, même avec l'Angleterre. Un commissaire à l'échange des prisonniers est envoyé par le cabinet de Saint-James, avec cette mission apparente, et changé d'instructions secrètes pour une nouvelle négociation. Tel est aussi le motif d'un changement dans le ministère britannique. On remarque que cette idée d'une conciliation prochaine et universelle en Europe est gcnéfaleinent adoptée. Mais les hommes d'affaires, par calcid, et les militaires, pour leur intérêt personnel, font la guerre à

outrance, y mêlent toutes les puissances

(Arch. nat., AI-^ iv, 1-492.)

KaPPOHT de LA PRÉKEOTUHE DE POLICE DU MÊME JOUR.

/{éunions. — On publiait, hier, dans les cafés, que les Russes faisaient en ce moment le siège de la ville de Milan. L'on a remarqué,

551 PARIS SOUS L'EMPIRE [23 janvier 1 805

hier, dans plusieurs groupes de militaires de différentes armes, le meilleur esprit et le vif désir qu'ils é[»rouvent d'aller combattre de nouveau les ennemis de la France. — L'imprimeur Guerbait ' a confié à l'agent secret qui est dans sa prison que l'on faisait dans ce moment, à Toulouse, une nouvelle édition de l'oraison funèbre de l'ex-duc d'Enghien avec des notes considérables. Il a ajouté qu'il avait remis douze exemplaires de cet écrit à M. de Cobenzl.

Journaux. — Les nouvelles répandues dans les feuilles de ce jour semblent toucher à la politique de presque toutes les cours. Elles paraissent confirmer leurs dispositions à observer une exacte neutralité avec la France. Cependant elles ne comprennent point la Suède dans ce nombre, mais elles portent à cet égard, sous la rubrique de Francfort, à la date du 16 janvier, que le plus grand mécontentement a éclaté parmi toutes les classes des habitants à cause des démarches inconsidérées du roi contre le gouvernement français, et en outre à cause des bruits répandus au sujet d'un traité de subsides, que l'on dit signé par le monarque pour fournir à l'Angleterre 10,000 hommes de troupes. Relativement à la Russie, à la Prusse et à l'Autriche, elles affirment que la cour de Tienne travaille maintenant de concert avec celle de Berlin pour rétablir la bonne harmonie entre la France et la Russie, et qu'elle a aussi fait quelques proptisitions pour le rétablissement de la paix entre les puissances maritimes. Une autre conjecture, également pour la paix entre la France et l'Angleterre, résulte, d'après le Morning Chronicle (copié par tous les journaux), d'un cartel d'échange de tous les prisonniers de guerre, arrêté entre la Grande- Bretagne et la France, et dé la commission donnée à M, Paget de se rendre à Paris en qualité de commissaire pour terminer cette négociation. Uu reste, les papiers anglais confirment ce qu'ils ont dit du nouveau degré de crédit de M. Addington et de divers changements dans le ministère britannique. En outre, ils doiment à croire que le gouvernement a résolu d'abandonner le blocus de Brest. Ils publient, au sujet de l'Espagne, l'aiticle suivant : « Dans le cours des négociations qui ont précédé le manifeste de l'Espagne, le prince de la Paix s'est permis les propos les plus violents contre le gouvernement anglais ; il s'est même emporté beaucoup plus loin avec M. Frère que Bonaparte ne s'est emporté dans le temps en pareille circonstance avec lord Whitworth. » Enfin, ils font entendre que le Portugal a assuré sa neutralité dans la guerre actuelle, en payant à la France six

Page 1