Voir plus haut, p. 539 et D
millions de creusades'. Les nouvelles d'Allemagne parlent toujours du prochain départ de M. le maréchal Brime pour la France. Son Excellence, ajoutent-elles, a adressé an Grand-Seigneur une nouvelle lettre, dans laipielle il se plaint de la conduite que les ministres de la Porte ont tenue envers lui. Il y fait auRsi mention des troupes russes destinées pour Corfou, et dit que, dans tous les cas, la Porte aura à se repentir d'avoir accordé ce passage et d'avoir montré une condescendance absolue sur ce point comme sur d'autres. Des lettres d'Italie, disent encore les journaux à l'article d'Allemagne, annoncent que tous les gouvernements de celte contrée paraissent disposés à fermer leurs ports aux Anglais et à faire cause commune avec l'Espagne et la France. Le ministre français à Naples et le général Saint-Cyr sont en parfaite harmonie avec le gouvernement du pays. On mande de La Haye, lit-on dans le Journal du Soir, que le ministre résident de l'électeur de Wurtemberg près la République balave s'est brûlé la cervelle. Les nouvelles de l'intérieur n'ofl'renl rien de remarquable, si ce n'est que M. le préfet du département de la Vendée avait annoncé le règlement définitif par S. M. l'Empereur de tout ce qui était relatif à la construction de la ville Napoléon-. . .
Bourse. — Il ne s'est pas moins fait d'affaires qu'hier, et elles ont eu un peu d'amélioration pour le cours des rentes et une hausse très sensible pour celui des actions de la Banque. A l'égard de celles-ci, on persiste à dire que la Compagnie qui les joue s'en est rendue maîtresse au point de pouvoir les porter sans obstacle au taux qui lui conviendrait. Selon le rapport des courtiers de commerce, les transactions se calment, et la baisse des eaux-de-vie et des cobms n"a d'autre motif, ainsi qu'on l'avait préjugé, que les arrivages considérables. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, 58 fr. 16, 20, 25, 20. Jouissance de germinal an XIII, 55 fr. 50. Actions de la Ban(|ue de France, 1.110 francs, 1.112 francs, 1.117 fr. 50.
Dubois.
(Arch. nat., F% 3833.)
Journaux.
(iazeile di' France du 4 pluviôse : « Paris, 3 pluviôse. La trag<''die de Xicomiulc, remise depuis peu au Tliéàlrp-Fran(;ais, conlitmc d'y jouir du pins grand succès cl d'attirer la foule. On dil (juc S. M. rKinpt'reur a été tidlemenl satisfait do la manière dont M. Talnia remplit le prin<ipal rôle de cette pièce,
i. D'apris VAlmdniich impérial pourlari XIII, le crusiuln portugais valait 2 fr. 93. 2. Gi-devanl La Roche-sur-Yon.
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qu'il a daigné le lui faire témoigner, par une lettre très flatteuse, que M. le préfet du palais Rérausat a été chargé de lui écrire, en lui envoyant une gratification de la part de Sa Majesté. »
Ministère de la police générale. — Bulletin du o pluviôse.
Rapport du préfet de police. Dénonciation de Mériel. — Au commencement du mois dernier, le nommé Mériel, grenadier à pied rie la garde de Sa Majesté, déclara à M. le maréchal gouverneur de Paris que quatre inconnus l'avaient accosté aux Champs-Elysées et lui avaient tenu des propos qui indiquaient qu'un complot se tramait contre la personne de l'Empereur. Le seul indice qu'ail donné ce grenadier à la police générale, pour expliquer sa déclaration et indiquer quelques moyens de découvrir ces individus, a été que, dans la matinée du même jour, il avait vu ces quatre individus dans le jardin du palais du Tribunal, et qu'ils avaient salué un tailleur nommé Malassigné avec lequel il s'entretenait. Le préfet de police, chargé par le ministre de faire des recherches d'après cet indice, rapporte que Malassigné existe à Paris de son état de tailleur, depuis vingt uns ; qu'il a été lié autrefois avec quelques anarchistes, déportés ou banni?, mais qu'il n'a plus de relations avec les hommes de ce parti ; qu'il ne fréquente que deux frolteurs et un grainetier, sur lesquels il n'existe aucun soupçon ; qu'enfin sa conduite est exempte de reproches. Le préfet ajoute qu'il fait continuer la recherche des
quatre individus sur lesquels a porté la déclaration du grenadier
(Arch. nat., AF iv, 1492.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
On a découvert une nouvelle secte ', dont les membres se réunissent clandestinement, rue de la Campagne, n° 15, faubourg Saint- Marceau. Ils ont été arrêtés au nombre de seize, tant hommes que femmes et jeunes gens, au moment où ils allaient commencer leurs exercices. On a trouvé chez eux un grand tableau allégorique sur le
1. En marge, d'une autre main : « M. François se rappellera que celte secte était connue. •• » Prendre copie de cet article et le joindre au.\ pièces. »
[24 JANVIER 1805] PAÎitS SOUS L'EMPIRE 554
mystère de la Trinité, deux voiles de calice, des hosties, de l'encens, deux drapeaux de moyenne grandeur, l'un Idanc et l'autre tricolore, trois fusils, un petit baril de poudre et une somme de 9.010 francs, tant en or qu'en argent. Le but de cette secte est de rétablir le judaïsme avec des modifications et d'en faire la religion de tous les peuples. Les exercices consistent en lectures, prédications, ayant toujours ce même objet. On y chante des cantiques en langue vulgaire et dans lesquels on rencontre assez fréquemment les mots les plus sales, les expressions les plus ordurières. Celui qui préside l'assemblée, tantôt brûle des parfums, étale une hostie sur une table, et, après quelques prières, la divise en autant de portions qu'il y a d'assistants, et chacun emporte la sienne chez soi. Tantôt il dit la messe en français, consacre et donne la communion suivant le rite romain. Il est bien recommandé aux sectaires de faire le plus de prosélytes possible, mais de les bien choisir. 11 paraît que la secte a des ramifications dans le département de l'Ain, et que, de temps en temps, il vient des frères de ce département visiter ceux de Paris. Le chef et le fondateur de cette secte est un ancien curé de Fareins^ dans le département de l'Ain, A la fin de 1788, il s'avisa de faire des miracles avec son vicaire. Ils crucifièrent une fille dans l'église, la laissèrent attachée avec des clous aux pieds et aux mains pendant un quart d'heure. Ils subirent procès pour ce fait à Trévoux, appelèrent à Lyon, où ils furent acquittés. Cet ex-curé, nommé Bonjour, a |)ris le nom de Daniel ; il vit en concubinage avec une femme qu'il a séduite à Lyon et amenée à Paris. Il en a eu cinq enfants. Son aîné, âgé de douze ans, se nomme Élie. Le père est parvenu à persuader aux sectaires que cet enfant, qui est d'une jolie figure et qui ne manque pas d'intelligence, est destiné à opérer bientôt de grands prodiges et à fondre toutes les religions dans une seule, qui deviendra celle de tous les peuples de la terre. Bonjour promet à ses plus fidèles adeptes le don de l'impeccabilité. 11 l'accorde avec peine, mais jamais sans argent. Quand on l'a obtenu, 07i peut tout faire saiis exception et sans offenser Dieu. Le chef et les sectaires arrêtés dans la réunion, sont extrêmement fanatisés. La confiance de ceux-ci dans leur chef est sans borne, et il n'y a pas de sacrifices qu'ils ne soient disposés à faire au moindre signe de sa volonté. La majeure partie des individus trouvés à la réunion se composait de parents du nommé Bonjour, d'un nommé Gavet, maroquinier, d'un jeune commis, marchand, nommé Guyot, du nommé Luunay, marchand de bas, d'un nommé GuUet, fabricant de taffetas ciré, et de quelques ouvriers. Ce Collet à quitté Lyon pour venir ici se joindre au chef de la secte.
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Bonjour est correcteur d'imprimerie chez Marchand, imprimeur, îl gagne cinquante sols ou trois francs par jour, et prétend que la somme trouvée chez lui provient, en grande partie, de ses économies et le surplus de quelques dépôts qui lui ont été confiés. On s'occupe de prendre des renseignements sur les autres membres de cette secte, que l'on croit jusqu'à présent s'élever à une centaine dans Paris.
Réunions. — On disait, hier, dans les cafés, que Sa Majesté avait donné l'ordre au dernier ambassadeur de France près la cour de Londres ' de se rendre à Boulogne, et que, de là, il pourrait bientôt passer à Londres en qualité de négociateur particulier.
Journaux. — On lit dans la Gazette de France, à l'article Londres, que le nom de Napoléon I'^'" se trouve, cette année, dans la liste des têtes couronnées que la Gazette de la Com* publie tous les ans. — On lit encore, au même article Londres, « que le 27 décembre, la flotte française de Brest était prête à appareiller et à faire voile ; que les croiseurs anglais l'aperçurent distinctement ; mais, comme elle n'a pas profité du vent, qui a été favorable à sa sortie, pendant vingt jours, on pourrait présumer qu'elle ne sortira pas encore de sitôt. » Les mêmes nouvelles anglaises annoncent encore la prise faite par le vaisseau anglais le Neptune, d'un bâtiment espagnol évalué à 500.000 livres sterling. — Un Portugais, né au Brésil, a fait insérer dans la Gazette de France, une note portant que le Brésil, fortifié par la nature et l'art, n'avait à redouter aucune invasion de la part de l'Angleterre et qu'il y a dans ce pays des troupes, des munitions de guerre de toute espèce et des garnisons suffisantes pour repousser toute attaque. Enfin, la même Gazette de France dit, d'après une correspondance de Pétersbourg, que l'objet de la mission de M. le comte de Novosiltzow, à Londres, est de signifier au cabinet britannique, l'ouverture des négociations entre la France et la Russie, sous la médiation de la Prusse. — Suivant des nouvelles de Savannah, données par le Journal de Paris, il y aurait eu à Parisbourg, près Savannah, un soulèvement de nègres, et on craignait qu'il ne devînt général. Trente-six nègres auraient été pendus. Le projet des révoltés aurait été de marcher sur Charlestown. — Un article, daté du 13 janvier, à Dresde, et commun au Journal de Paris et a.u.Publiciste, porte que M. de La Rochefoucauld venait de recevoir, par un courrier extraordinaire, la nouvelle de sa nomination à l'ambassade de Vienne
1. Il s'agit peut-être de Chauvelin, qui était aiubassadeur à Londres au momeiil de la rupture, erl 1193.
et qu'il était sur le point de prendre congé de l'Électeur, pour se rendre incessamment à sa destination.
Evénement . — Le corps du sieur Cliappe, l'un des administrateurs du télégraphe, a été trouvé dans le puits de sa maison. Avant de s'y jeter, il s'était donné plusieurs coups de canif. On a trouvé ses habits dans le jardin avec deux papiers, l'un portant : Je me donne la mort pour éviter Vennui de la vie qui m'accable. Je n'ai point de reproches à me faire. Et, sur l'autre : Je ne regrette point la vie . . .
Bourse. — La rareté des rentes ne peut être plus évidemment démontrée que par le cours du moment actuel, qui est à 58 fr. 35 au comptant, et à 58 fr. 20 pour la fin du mois. Rien n'est plus extraordinaire, sans doute, que cette difTérence n'est due qu'à l'acharnement des joueurs à la baisse, qui multiplient les offres à termes et font des sacrifices pour parvenir à leurs fins. Les actions de la Banque se soutiennent parfaitement. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, 58 fr. 40, 45, 30, 40, 35 centimes. Actions de la Banque de France,