Traiteur-restaurateur, rue Neuve-des- Petits-Champs
[22 MARS 1805] PAllIS SOLS L'EMIMIIE 672
détacher de la France, que ce monarque insiste pour iju'un de ses parents soit placé à la tète du gouvernement hollandais, et qu'il est disposé à se réunir à l'empereur de Russie, à l'effet de demander un congrès pour régler et maintenir les droits et les prétentions de chacune des puissances de l'Europe, ou pour une nouvelle coalition. — Les funérailles de l'amiral Bruix ont attiré, hier, un grand concours de monde à l'église de l'Assomption et dans les environs. L'ordre et la décence ont été observés.
Journaux. — Les nouvelles, répandues aujourd'hui en très petit nombre dans les journaux, n'ajoutent rien à ce qu'ont fait connaître celbs des jours précédents. La majeure partie des feuilles continue à se composer de tous articles du Moniteur de la veille.
Bourse. — Les négociations ont été, en général, encore plus nombreuses qu'hier, et le cours des rentes est resté dans des di'jpositious très favorables, que l'on attribue principalement à la nouvelle de la hausse des fonds de Hollande. Les actions de la Banque ont éprouvé un peu d'amélioration. — o 0/0, jouissance de germinal an XIII, 58 fr. 40, 50, 45, 50. Actions de la Banque de France, 1.272 fr, 50,
i 270 francs, 1.272 fr. 50.
Dubois.
{.\rch. luit., F', ;{S:i3 )
Journaux.
Moniteur du 2 germinal : « Paris, le /"" germinal. S. M. rEmpercur se rendra dimanclic à onze heures du matin aux Tuileries, ])our y entendre la messe. Il y aura grande parade. Après la messe. Sa Majesté recevra le Sénat, et le nouvel ambassadeur d'Espagne lui présentera ses lettres de créance. Sa Majesté retournera à Saint-Cloud après la parade. » — « Le conservateur de la galerie du Sénat i)révient que le public pourra voir le portrait de Sa Sainteté peint par M. David, premier peintre de Sa Majesté, à commencer du dimanche 3 germinal, depuis dix heures jusqu'à quatre, pendant huit jours de suite. » — « Gazette de France du 2 germinal. Paris, le 22 mars. Le tirage de la conscription est totalement terminé dans le département de la Seine. Les jeunes gens ont montré beaucoup de gaité. Après le tirage ceux qui sonl tombés au sort se sont livrés, comme les autres, aux plaisirs pendant plusieurs jours. On dit qu'il n'y a presque pas eu d'absents cette année. » — « Les réparations du Louvre se continuent sans relâche, et on sait (pic c'est dans le cours de l'an Xlll i\nv l'on doit commencer à y transporlLT la bibliothèque impériale. L'Institut cl les artistes qui habitent le vieux Louvre ayant reçu l'ordre de quitter aujourd'hui leurs logements, on présume que l'on va disposer le local destiné à les recevoir. L'Institut tiendra, dit-on, ses séances au collège des Quatre-Nations. » — « Un créancier tenait, depuis dix mois, son débiteur à Sainte-Pélagie. luslruit qu'un autre créancier avait recoiiunaïuh' le détenu, et consigné des aliments pour le mois de
673 PARIS SOUS L'EMPIRE [22 mars 1805]
nivôse dernier, il négligea d'en consigner lui-même ; mais, peu de jours après, le créancier recommandataire ayant retiré la somme qu'il avait fournie, le détenu s'est trouvé sept jours sans aliments et a demandé sa mise en liberté. Il s'est engagé la question de savoir si un créancier, ayant une fois consigné des aliments, était libre de les retirer. La Cour d'appel a décidé que c'était, dans tous les cas, au créancier réservant à faire l'avance des aliments, sauf son recours contre les recommandataires. En conséquence elle a ordonné l'élargissement du détenu. » — « Le souverain pontife a tenu aujourd'hui un consistoire, dans lequel il a proposé pour le siège de Meaux, M. de Faudoas ; pour celui de Quimper, M. de Crouzeilles ; pour celui de Rennes, M. Henoch; pour celui de Chambéry, M. Dessole, ancien évêque de Digne ; pour celui du Mans, M. de Mons. Les cardinaux étant sortis du consistoire, les nouveaux élus aux églises de Chambéry, de Meaux, de Quimper, de Rennes et de Mende ont été introduits auprès du souverain pontife, qui a imposé le rochet aux quatre derniers, et a admis au baisement des pieds M. Dessole, déjà sacré évêque. » — Journal des Débats du 2 germinal : « Paris, /«' germinal. S. E. Mgr le cardinal Caprara, légat a latere en France, et archevêque de Milan, est parti cette nuit pour se rendre dans sa ville archiépiscopale. » — « Le départ de Sa Majesté Impériale pour Milan est, dit-on, fixé au 10 germinal, et celui du Saint-Père au 14 du même mois. On assure que la cérémonie du couronnement de l'Empereur comme roi d'Italie aura lieu le jeudi 23 mai (3 prairial), jour de l'Ascension. » — « Les sœurs de la Charité, autorisées par l'arrêté des Consuls du 24 vendémiaire an XI, reprennent leur ancien costume. En rappelant les services qu'elles n'ont jamais cessé de rendre à la classe indigente, ce vêtement réveillera dans tous les cœurs les sentiments de vénération et de reconnaissance auxquels ces pieuses filles ont tant de droit. » — « La Loge écossaise de Saint-Napoléon a célébré hier une fête en l'honneur de Sainte-Joséphine. Elle était présidée par le maréchal d'Empire Kellermann. Un banquet somptueux auquel ont assisté des députés de la Loge Sainte-Joséphine et de toutes les Loges écossaises de Paris a été terminé par un concert dirigé par le célèbre Blanchi, et par un feu d'artifice élégant, dont le bouquet était un transparent lumineux, olïrant ces mots : Vive Napoléon ! Vive Joséphine ! » — « La classe d'histoire et de littérature ancienne de l'Institut, dans sa séance du i" germinal, a décerné le prix, sur cette question proposée par elle : Examen critique des sources où Georges le SynceUe a puisé, et de Vusage qu'il en a fait pour composer sa chronographie, à un mémoire de M. Le Prévost d'Iray, censeur des études au Lycée impérial. La classe a décerné ensuite à M. Maine-Biran le prix sur la question suivante : Déterminer comment on doit décomposer la faculté de penser, et quelles sont les facultés élémentaires qu'on doit y reconnaître. Divers mémoires avaient été envoyés sur cette question, déjà proposée plusieurs fois au concours : Comment l'abolition progressive de la servitude en Europe a-l-elle influé sur le développement des lumières et des richesses des nations? La classe n'a jugé digne du prix aucun de ces mémoires, et, considérant que le concours a été prorogé depuis quinze mois sans succès, elle a arrêté que ce sujet ne sera point proposé de nouveau. »
ToMB I. 43
Rapport dk la préfecture de police du 3 germinal.
Réunions. — Les réunions d'ouvriers ont été, hier, nombreuses et tranquilles. On ne s'y est entretenu que de la fête qui doit avoir lieu aujounl'hui à Saint-Gloud et des projets de s'y rendre. Aujourd'hui, dès le matin, uu grand concours de monde s'est porté à Saint-Cloud, — On dit, parmi les ci-devant nobles, que l'ex-duc de Richelieu commande en chef une grande division de l'armée russe, qui doit s'embarquer pour Gorfou, que l'Empereur d'Allemagne fait filer cinquante mille hommes sur les bords du lac de Constance.
Théâtres. — On a donné hier, au Théâtre Louvois, la première représentation d'une comédie en un acte et en vers, intitulée : Le Projet singulier. Get ouvrage, dont le fonds et les incidents ont paru très faibles, a cependant obtenu un succès complet, grâce à la pureté du style et à la facilité de la versification. Il est de M.Justin'. Le calme a été parfait pendant toute la durée du spectacle.
Journaux. — Deux objets occupent, aujourd'hui, quelques feuilles: l'un consiste en un aperçu de la nouvelle constitution de la République batave. On trouve principalement à cet égard quelques détails dans la Gazette de Francfort, et ils ne sont accompagnés d'aucune réflexion du fait du journaliste. L'autre, est la narration d'une fête donnée à Haïti, par Milady Dessalines. Cette description curieuse occupe tout le feuilleton du Fubliciste. On remarque que des Américains et des équipages anglais figuraient à cette fête et que des toasts ont été portés au gouvernement tant d'Angleterre que des États-Unis. Le reste des journaux se compose de tous articles officiels, qui étaient renfermés dans le Moniteur d'hier.
Dubois.
(Arch. nal., F^ 38:53.)
Journaux.
Courrier français du 3 germinal : « Paris, 2 germinal. Le convoi du viceamiral Bruix, grand officier de l'Empire, grand officier de la Légion d'hon-
1. Cet auteur signait aussi : le citoyen Justin G Il s'appelait Marie-Alexis- Justin Gensoul. Voir sa notice dans la France littéraire de Quérard, t. III, p. 313.
67b PARIS SOUS L'EMPIRE [24 mars J 805]
neur, inspecteur général des côtes de l'Océan, conseiller d'État, commandant la flottille de Boulogne, a eu lieu hier matin. Le ministre de la marine et des colonies a ordonné la pompe funèbre, et en a fait les honneurs. Six mille hommes d'infanterie et de cavalerie ont pris les armes et formé le cortège du convoi, auquel ont assisté plusieurs ministres et grands officiers de l'Empire, un grand nombre d'officiers généraux, de sénateurs, de conseillers d'État. La cérémonie funèbre a eu lieu dans l'église de l'Assomption, d'où le corps a été transféré au cimetière nouveau, faubourg Saint-Antoine. A la tête du deuil, marchaient les trois jeunes fils de l'amiral, l'aîné âgé de dix ans et le plus jeune de six. L'amiral Bruix meurt sans fortune ; mais on assure que TEmpereur, par un acte à la fois de justice, de bienfaisance et de générosité, assure à l'épouse du brave amiral une pension de 6.000 francs, une de 1.000 à chacun de ses enfants, et a ordonné qu'ils fussent élevés au Prytanée aux frais de l'État. »
Ministère de la police générale. — Bulletin du 4 germinal.
Paris. Francs- Maçons. — La séance du Grand-Orient a été si nombreuse, que la salle n'a pu contenir toutes les personnes qui se sont présentées. Le représentant du Grand-Maître de la Loge écossaise a été introduit avec les honneurs dus à son rang. Ou a été surpris de le voir entrer le chapeau sur la tête. On a crié : A bas le chapeau! Il s'est justifié et a prouvé que tel était iusage de son grade. M. Ghallan a lu un long discours sur la réunion des deux rites. Il a été approuvé en toutes ses parties à l'exception d'un passage par lequel il a rappelé ce qui s'était passé en Angleterre, sous Charles I»"", par la médiation du Rite écossais, et a paru insinuer que ce rite pouvait inspirer en France la crainte d'un événement pareil. Ce rapprochement a généralement déplu. Un membre du Grand-Orient a entrepris d'en accuser un, du Rite écossais, d'avoir fait diverses dénonciations civiles, dans le cours de la Révolution. Il a été interrompu et on lui a observé qu'en Loge on devait s'interdire toutes discussions sur les affaires civiles et politiques. Un autre s'est élevé contre la nomination du représentant du Grand-Maître du Rite écossais. On a calmé la querelle que cette agression faisait naître. Mais les observateurs en ont conclu que la réconciliation n'était pas sincère, et ne serait pas de longue durée...
Exécution... Marchand Vauval. — Ancien bénéficier, renvoyé de Paris, en l'an I.\, pour propos contre le gouvernement, revenu depuis et autorisé à résider sous caution, signalé de nouveau comme tenant
beaucoup de propos contre l'Emperour, fabriquant et répandant les plus fâcheuses nouvelles, joueur, d'un conduite scandaleuse sous tous les rapports, n'ayant d'autres moyens d'existence que sa pension ecclésiastique. Le renvoyer en surveillance à Rouen, lieu de sa
naissance
(Arch. nat.. AFiv, 1493.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
Fête de Saint-Cloud. — Une foule immense s'est portée hier à Saint-Gloud. Les jeux et les divertisseinenls publics, disséminés dans le parc, ont beaucoup amusé toutes les classes de citoyens ; la gaieté brillait partout, et, malgré le froid qui s'est fait sentir le soir, on ne s'est encore retiré que fort tard. Cette fête, en général, a fait le plus grand plaisir. L'esprit était excellent, et les noms de Leurs Majestés Impériales étaient dans toutes les bouches. L'ordre et la plus parfaite tranquillité ont constamment régné dans le parc, dans la commune et sur la route. Les officiers de police ont arrêté vingt-deux voleurs connus, et dont plusieurs ont été pris au moment même où ils commettaient des vols.
Réunions. — On publie, parmi les Bourbonistes que la coalition n'est plus un mystère, et que le traité entre la Russie, l'Angleterre et la Suède est conclu et signé.
Journaux. — On ne trouve rien dans les feuilles de ce jour qui présente un caractère de nouveauté.
Bourse. — Les apparences de hausse qui s'étaient manifestées à la
fin de la dernière Bourse se sont maintenues ; les affaires ont été à
peu près nulles pendant la vacance ; mais, aujourd'liui les cinq pour
cent ont été très demandés, et leur cours s'est amélioré sensiblement.
Les actions de la Banque ont été beaucoup plus faibles que les jours
précédents. — 5 0/0, jouissance de germinal an XIU, 58 fr. 75, 80,90,
59 francs, 58 fr. 90, 59 francs. Actions de la Banque de France,