‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 182 sur 221 · francs, 1.265 francs · texte numérisé non relu

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Dubois.

(Arch. nat., F', 3833.)

Journaux.

Moniteur du 4 germinal : « Paris, le 3 germinal. L'Empereur est revenu (le Malmaison à Paris hier à huit heures du soir. Il est allé voir, en arrivant, SOS so'iirs, la princesse Caroline, qui est accouchée heureusement, il y a trois jours, d'une iille, et la princesse Borghèsc. » — « M. le maréchal Brune a

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fait présent à Sa Majesté d'une très belle médaille d'Alexandre, qu'il a rapportée de Constantinople. Cette médaille ressemble parfaitement au buste qui est au Muséum et au superbe camée que M. d'Azara a donné à l'Empereur. » — Moniteur du 6 germinal : « Paris, le 5 germinal : Dimanche 3 germinal à trois heures après-midi. Leurs Majestés Impériales, suivies de la cour, se sont rendues à Saint-Cloud pour le baptême du prince Napoléon- Louis, fils de Son Altesse Impériale Monseigneur le prince Louis. Cette cérémonie a été faite avec la plus grande pompe par Sa Sainteté. » (Suit le récit de la cérémonie.) — Gazette de France du 4 germinal : « Paris, le 2i mars. . . .Les arts viennent de perdre M. Greuze, connu par ses tableaux, où la simple nature était souvent rendue avec la plus touchante vérité. Tout le monde a vu le Paralytique servi par ses enfants. » — Journal des Débats du 4 germinal : « Paris, 3 germinal. Les principaux rôles de la tragédie d'Athalie, qui sera jouée ce soir au palais de Saint-Cloud, seront remplis, savoir : Athalie, par M""' Raucourt; Josabeth, par M"« Duchesnois; Zacharie, par M"*^ Bourgoing; Salomifh, par M"'' Voinais ; Aàner, par Talma; Joad, par Saint-Prix; Mathan, par Baptiste aîné, eijoas, par la petite Thénard. » — « On assure que l'église de l'abbaye Saint-Denis, ce monument antique qui a été déshonoré dans la Révolution par tant d'attentats, doit être réparée par ordre de Sa Majesté Impériale. Deux architectes ont été envoyés sur les lieux pour examiner l'édifice. » — Bulletin de l'Europe du 4 germinal : « Paris, 3 germinal. Greuze, l'un des peintres qui ait su donner à leur art le caractère le plus moral et le plus touchant, vient de mourir à l'âge de 79 ans. Il avait étudié particulièrement les effets de la lumière, et l'expérience qu'il avait acquise dans cette partie importante de la peinture est très remarquable dans ses tableaux. Tous les amateurs se rappellent l'expression profonde et la belle composition de son Paralytique et de sa Malédiction paternelle, et l'intention piquante de la Jeune fille qui pleure la mort de son oiseau. »

CCGIX

Ministère de la police générale. — Bulletln du 5 germinal.

Correspondance ministérielle. Schlahrendorf, Œlsner. — Quelques rapports avaient excité l'attention de la police sur le comte de Sclilabrendorf, Prussien et le sieur Œ-]l>ner, littérateur. Le premier disaiton, professe le républicanisme h; plus exagéré. Il dirige les opinions (lu second et de plusieurs autres. Œlsner est réputé l'auteur du libelle allemand : Napoléon Bonaparte, qui a circulé dans tout le Nord. Il a eu des liaisons intimes avec MM. Siéyès, Grégoire, etc. Voici les renseignements recueillis sur eux. Le comte de Schlabrendorf est démocrate, comme on serait kantiste en Allemagne, et du parti de

l'opposition en Angleterre, sans intention de détruire le gouvernement. Il vit plus parmi les livres que parmi les hommes. Il jouit d'une fortune considérable. OEIsner est réservé, passe la plus grande partie de son temps au cabinet. Ses opinions ne sont pas dans le sens de la monarchie ; mais il ne les divulgue pas. Il est effectivement ami du sénateur Siéyès, l'accompagna dans son ambassade à Berlin. Quelque temps après son retour, il rédigea une analyse de tous les ouvrages du sénateur, sous le litre : Analyse des ouvrages du citoyen Siéyès. Il n'en fut imprimé que cent exemplaires.

Karohercj. — On recherche avec soin M. de Karoberg, qu'on assure avoir vu à Paris, la semaine dernière. C'est un ancien officier de cavalerie, qui affiche le dévouement le plus entier à la famille des Bourbons. Avant l'attentat du 3 nivôse, il était à Hambourg, agent de LouisX VIII, entretenait une correspondanceavec lui, faisait des voyages fréquents. On le vit à Paris, peu de jours après l'explosion. Il parut très inquiet. Depuis cette époque, il avait été perdu de vue, jusqu'à la semaine dernière, où une de ses connaissances l'a rencontré plusieurs fois, toujours de très grand matin, et paraissant fort préoccupé. Il ne se chargerait pas personnellement d'un attentat ; mais il en préparerait l'exécution, verrait secrètement les hommes qui pourraient y être employés, les encouragerait, leur remettrait des fonds, etc. C'est enfin un agent secret de Louis XVIIl...

Rapports particuliers. Faux de La Forge*. — L'avocat Faux de La Forge ayant fait imprimer une lettre portant pour titre : A l'Empereur, dont l'objet était de demander 36.000 livres pour le sieur Lenormand, se disant créancier de Querelle, sous prétexte que Sa Majesté avait promis de payer toutes les dettes de ce conjuré pour récompense de ses révélations, le sénateur ministre a ordonné la saisie de tous les exemplaires de cet imprimé et de la personne de l'auteur, s'il ne justifiait d'une autorisation valide à divulguer celte assertion {Bulletin du 30 ventôse). Faux de La Forge, conduit à la préfecture, a été interrogé. Il a d'abord déclaré qu'il n'existait que cinquante exemplaires de cet imprimé. 11 les a tous déposés. Il n'y en a effectivement eu que ce nombre. Il a dit ensuite que le sieur Lenormand l'aurait autorisé à com[)oser et imprimer un mémoire sur sa créance envers Querelle, à l'adresser à Sa Majesté, aux ministres, et à quelques dignitaires ; qu'il l'avait composé avec ces seules destinations et sans intention de le répandre. Quant à l'assertion hasardée de la prétendue promesse de Sa Majesté, Faux de La Forge a dit qu'il

i. Voirplus haut, p. 668.

679 PARIS SOUS L'EMPIRE [25 mars 1805]

tenait ce fait de Querelle même, avec lequel il avait eu plusieurs conversations à ce sujet. Le pouvoir souscrit par le créancier et représenté par l'avocat ne l'autorise point à l'insérer dans son mémoire et le faire imprimer. M. le conseiller d'État ajoute à ce rapport qu'il a enjoint à cet avocat d'être, à l'avenir, plus circonspect, et l'a renvoyé.

Becquet. — Becquet, tenant un atelier de peinture, rue Saint-Denis, passage du Grand-Cerf, a été signalé au ministre comme coupable de propos très séditieux {Bulletin du 11 ventôse). Le rapport de M. le conseiller d'État le disculpe. Il mène une conduite régulière, occupe cinq ouvriers, est tout à son état. Le sieur Gelling, sellier, travaillant pour S. M. l'Empereur et Roi, a eu cet ouvrier chez lui pendant vingt mois, et en rend bon témoignage. On continue de le surveiller. . .

Exécution. . . Surveillance de la librairie.. — Son Exe. le sénateur ministre avait chargé le préfet de police de surveiller la publication d'un ouvrage que M. Pitou se proposait de donner sous le titre de Voyage forcé à Cayenne, etc., ajoutant à ses qualités celle de déporté du 18 fructidor. L'auteur s'est soumis à tous les changements et additions qui lui ont été prescrits. — Autoriser la mise en vente de l'ouvrage*. Même autorisation à l'égard d'un autre ouvrage intitulé : Bu culte du Phallus chez les anciens et les tnodernes'^, dont l'auteur, M. Dulaure, a soumis le manuscrit à l'examen du préfet de police. Des recherches de pure érudition, de la sagesse et de la décence dans le style, et pas une expression dont le libertinage puisse abuser.

Restes de Louis XVI et de sa famille. — L'intrigante connue sous le nom de Bourbon-Conti, et qui conservait chez elle une urne de plomb qu'elle prétendait renfermer les cendres de Louis XVI et de sa famille, a été déposée à Charenton par ordre verbal de Son Excellence. Le préfet de police, qui a été chargé de l'exécution, en demande

l'approbation écrite. — Approuvé

(Arch. nat., AF iv, 1493.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

Réunions. — Les Bourbonistes font circuler sourdement le bruit que l'ex-duc de Berry a épousé la sœur de l'empereur de Russie ; et

1. Cet ouvrage fut publié sous ce titre : Voyage à Cayenne, dans les deux Amériques el chez le-i anthropophages..., par Louis-Ange Pitou. Paris, chez l'auteur, an Xlll-180r., 2 vol. in-8. — Bibl. nat., Lk 12/799.

2. Des divinités génératrices, ou du culte du Phallus chez les anciens et les modernes, par J.-A. D***, Paris, 1805, in-8.

disent tout haut que rien n'est à présent plus certain que la coalition de cette puissance avec l'Angleterre et la Suède. Us cherchent encore à faire croire que tous les préparatifs qui se font en Angleterre sont dirigés contre la Bretagne, et qu'un ci-ilevant prince de la maison de Bourbon doit être du débarqueuîent ; que l'Italie n'est point satisfaite de la nouvelle organisation du gouvernement, et que le nombre des mécontents est assez considérable. On s'explique ouvertement, dans ce sens, chez M»"® de Rotfi, parente de l'ex-duc de Richeheu, et demeurant rue Gaillon '.

Jou7'naux. — Les feuilles de ce jour présentent toujours aussi peu d'intérêt que les jours précédents, sous le rapport de nouvelles de l'étranger ; elles se composent presqu'uniquement d'articles puisés dans le Moniteur.

Evénement. — Un bateau de sel a échoué contre des pieux posés dans la rivière pour le chemin de service qui sert à conduire des pierres pour la construction du pont.

Bourse. — Les négociations ont été peu nombreuses, ainsi que les variations du cours des rentes, dont le résultat n'a pas été favorable ; néanmoins, l'on ne croit point à la baisse. La stagnation du commerce est telle que les courtiers disent n'en avoir jamais vu une semblable, surtout pour la consommation des denrées coloniales. — o 0/0, jouissance de germinal an XIII, 58 fr. 80, 75,70, 85,70,75. Ordonnances pour rachat de rentes non réclamées dans les départements, 38 francs.

Dubois.

(Arch. nat., F^ 3833.)

Journaux.

Moniteur d\i 5 germinal : <ii Paris, le 4(/erminal. ...Le célèbre peintre G reuze est mort à Paris le i^'^ de ce mois, à l'âge de soi.\anle-dix-neuf ans. » — « Administration DES postes. Avis. A compter du 1 1 germinal, le service des voyageurs, par la poste aux chevaux, sera suspendu sur la roule de Lyon par l'ancienne ISourgogne. Ce service ne sera repris que le 28 germinal, après le passage de rEmi)creur et du Pape. Sur la roule de Lyon à Turin par Chambèry, le même service sera inlcrrompu, à dater du 24 germinal. Les voyageurs qui se Irouveront sur cette route devront avoir passé le Monl-Cenis avant le 28 germinal ; les relais ne seront à la disposition du public qu'après que l'Empereur et le Pape seront arrivés à Turin, c'est-à-dire vers le 3 tloréal. La route de Lyon par Moulins restera libre ; mais, pour éviter tout encombrement, tant sur celte route que sur relie de Paris à Lyon par Auxerre, les voyageurs ne pourront

1. Au n" 30, d'après VAlmannch des Adres'ses de Paris pour 1790. — Bibl. nat., Le 31/378, in-12.

681 PARIS SOUS L'EMPIRE [26 mars 1805]

avoir de chevaux de poste sans un permis du conseiller d'Etat, directeur général des postes. Il y aura un commis ad hoc au secrétariat, hôtel des Postes, rue Coq-Héron. Il faudra également un permis pour aller de Lyon à Turin. II sera délivré par le préfet, qui s'entendra à ce sujet avec les agents des postes. Le couronnement du roi d'Italie étant fixé au 3 prairial, jour de l'Ascension, les voyageurs qui ne seraient pas de la suite de Sa Majesté, et qui voudraient se rendre à Milan pour assister à cette cérémonie, auront, dans les cas possibles, le mois de floréal entier pour déboucher de France en Italie. » — Courrier français du 5 germinal : « Paris, 4 germinal. On assure que l'Empereur a donné ordre de réparer l'église de l'abbaye antique de Saint-Denis, respectable monument de la magnificence de nos rois et de la piété de l'abbé Suger. »

CCGX

Ministère de la police générale. — Bulletin du 6 germinal.

...Demoiselle Polly. — On a rapporté au ministre, dans le mois dernier, qu'une demoiselle Polly, demeurant hôtel de Chimay, boulevard de la Madeleine, et recevant de la bienfaisance de S. M. l'Impératrice une pension de 3.000 livres, tenait habituellement des propos repréhensibles et se plaignait avec amertume de n'avoir pas reçu cette pension plusieurs mo\% [Bulletin du 11 ventôse)*. Il résulte des informations prises par la préfecture de police qu'il règne dans l'intérieur de lademoiselle Polly, un mécontentement réel, Ladomestique se plaint avec aigreur de ce que sa maîtresse n'obtient rien, et paraît répéter ce qu'elle a entendu d'elle. On n'a pu constater si la demoiselle Polly avait tenu d'autres propos sur le gouvernement. On continue de

l'observer

(Arch. nat., AFiv, 1493.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

Réunions. — Les réunions parliculitTes n'ont rien offert de remarquable : on ne s'occupe d'aucune espèce de nouvelle ; la plus parfaite tranquillité règne partout, et l'amour pour la personne de Sa Majesté se manifeste chaque jour davantage dans toutes les classes laborieuses de la société.

1. Voir plus haut, p. 635. — Ce nom est écrit, dans l'original, tantôt Polly, tantôt Poly.

Journaux. — Le peu de notes que les feuilles publient sur l'étranger n'a aucune apparence de nouveauté et ne paraît pas de nature à exciter un intérêt particulier. Ce vitle est rempli par les détails renfermés aux Monitews des jours précédents.

Bourse. — Les 5 0/0 ont été constamment offerts, et conséquemment en baisse. Les actions de la Banque ont été négociées avec la nouvelle jouissance, et se sont un peu bonifiées ; celles des ponts s'améliorent en raison des demandes, qui paraissent assez multipliées. — 5 0/0, jouissance de germinal an XIII, 58 fr. 60, 50, 60. Actions de la Banque de France, 1.230 francs, 1.232 fr. 50. Actions des ponts, 1.250 francs.

Dubois.

(Arch. nat., F», 3833.)

Journaux.

Moniteur du 6 germinal: u Paris, le o germinal. ...Dimanche dernier, M. l'abbé Rose a eu l'honneur de présenter à l'Empereur sa partition du Vivat in œlernum, dont Sa Majesté a bien voulu agréer la dédicace. » — Gazette de France du 6 germinal : « Paris, le 26 mars. Hier, 25 mars, fête de l'Annonciation de la Sainte Vierge, à laquelle les sœurs de la Charité renouvellent leur vœu de servir les pauvres. Son E. Mgr le cardinal Fesch, grand aumônier de France, a dit la messe à la chapelle de leur principal établissement, et elles ont repris solennellement leur ancien habit. Madame, mère de l'Empereur, protectrice de toutes les maisons de charité de France a assisté à celte cérémonie. On ne peut s'empêcher de remarquer que c'est une noble pensée que celle qui a produit le décret par lequel la mère de l'Empereur est déclarée la mère de tous les malheureux de l'Empire. En voyant Madame entourée des sœurs de la Charité, on se rappelait aussi que c'est sous les auspices de la mère de Louis XIV que Saint-Vincentdc-Paul a fondé son immortel établissement. » — « Les comédiens français réjjètent tous les jours, et donneront incessamment la première représentation de la reprise d'Anaxiynandie ou le Sacrifice aux Grâces, pièce de M. Andrieux, qui fut jouée, dans sa nouveauté, à l'ancienne Comédie italienne '. » — Journal des Débats du 6 germinal : o Paris, 5 germinal. L'arrêté du gouvernement pour la translation de l'Institut au pavillon des Quatre-Nations est signé, et le ministre a déjà donné les ordres nécessaires pour la disposition du local où l'Institut tiendra ses séances. Au reste, ce déplacement n'est que provisoire ; l'intention de l'Empereur est que le Louvre continue d'être le palais des sciences et des arts. Pour le mettre en état de remplir celte destination, les travaux se continuent avec une grande activité, et l'on espère que dans cinq ou six ans tout sera prêt pour y recevoir la Bibliothèque impériale et j)0ur y rappeler l'Institut. » — Courrier français du 6 germinal : « Paris, 5 germinal. Le baptême du prince Napoléon-Louis a été célébré hier à Saint-Cloud dans la plus grande pompe. L'extrémité de

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