‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 195 sur 221 · Ces pointa suspensifs se trouvent dans l'original · texte numérisé non relu

Ces pointa suspensifs se trouvent dans l'original

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30 GRRMINAL AN XIII (20 AVMIf. IROo).

HaIM'OHT DK la l'nKrKCTUHK m: I-OLICE I>1- l^r Ff.oRRAL.

Commerce. — Les ouvriers sonl toujours parfailemenl tranquilles. Ceux qui travaillent en bijouterie fausse se plaignent de ce que l'ouvrage commence à baisser. Les libraires disent qu'ils ne l'ont absolument rien et qu'ils ne vendent même pas assez pour vivre. Nombre d'entre eux ne peuvent acquitter leurs billets et sont forcés de les renouveler. Les banquiers qui travaillent avec la librairie ont immensément de livres en gage ou en dépôt.

Réunions. — Beaucoup de personnes des environs de ïruyessont tout récemment arrivées à Paris. Elles ne parlent qu'avec entbousiasme de la manière dont leurs compatriotes ont été accueillis par leurs Majestés Impériales. — Une dame Perrier, née Diétrich, demeurant place Vendôme, dit que les habitants de la rive droite du Rhin ne sont point animés d'un bon esprit, et qu'ils se plaignent de ce que le gouvernement ne fait point assez pour eux. — Des lettres de Brest, en date du 27 germinal, portent que, le 25, l'escadre a mis à la voile, et que, le 26, elle était hors de vue, qu'elle est composée de vingt et un vaisseaux de ligne, cinq frégates et huit corvettes. On croit que M. le maréchal Augereau est embarqué avec les troupes.

An-estation. — On a arrêté, hier soir, dans le Palais impérial des Tuileries, un individu qui cherchait à s'introduire dans les appartements de Sa Majesté l'Impératrice. Il avait sur lui deux pistolets non chargés. Cet homme se nomme Léon ; il est ouvrier tapissier et en état de démence.

Journaux.

Gazette de France du 1er floréal : «< Paris, 30 germinal. Les libraires, imprimeurs de pièces de tliéàtie, n'ont jamais si mal fait leurs affaires ; jamais denrée ne s'est si mal vendue que les comédies, les tragédies, les vaudevilles, voire même les mélodrames. Les auteurs les donnent gratis aux libraires, et ceux-ci veulent à peine s'en charger pour les frais d'impression. Us disent (|u'ils se ruinent avec ces bons marchés-là. » — Courrier français du i''" lloréal : « Paris. 30 (jerminal. Plus il y a de représentations à bénéfice, plus elles sont brillantes, ou du moins nombreuses. Jamais on ne vit tant de

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voitures à la porte de l'Opéra et de jolies figures dans les loges qu'à la représentation d'Esther au profit de M'""* Suin. Avant de partir du spectacle on allait louer des loges pour la représentation au profit de M"» Lachassaigne, qui aura lieu incessamment, puis ce sera le tour de Florence, puis de Naudet. Celui de M^e Saint-Aubin n'arrivera jamais assez tôt, puisqu'il ne sera point le signal de sa retraite, et ne sera qu'une occasion pour le public de témoigner à cette actrice sa reconnaissance et le cas qu'il fait de ses talents. » — Journal de Paris du !«"■ tloréal : <■ Modks. Une alcôve moderne ressemble à une niche pour une statue de sainte, ou à un trône sur lequel doit se placer une reine, plutôt qu'à toute autre chose ; la tenture n'en est plus de papier, mais de riche étoffe de soie ou de percale brodée : elle n'est plus appliquée sur le mur, mais drapée largement et relevée, par des patères, au màt fixé à des colonnes d'albàlre ou de granit oriental. Le lit est toujours sur une estrade ; mais, au lieu d'un tapis, on a imaginé, pour réchauffer les petits pieds de la petite maîtresse, ou peut-être pour produire un contraste entre ce qu'il y a de plus doux et ce qu'on connaît de plus féroce, on a, dis-je, imaginé de recouvrir le piédestal d'une peau de tigre, dont les pattes sont en or, et dont la tête, bien conservée, semble être écrasée par un des supports antiques du lit moderne. Le ciel, les ornements sur acajou et la broderie sur la courte-pointe doivent être analogues et ne représenter que des pavots tombant en pluie tout autour de la belle dormeuse qui, pour cela, n'en dort pas mieux. On ne voit presque plus de peignes d'or cintrés : la mode de ceux en travers est également passée. Les peignes droits, ornés d'une corde de perles, ou de grains enfilés de corail, d'ambre ou de lapis, deviennent rares; il faut, pour être à la mode, un peigne en carquois ou en corbeille. Les redingotes de la dernière mode sont à dos et à manches sans couture ; taille haute et étroite, boutons pareils, les habits ont les boutons très rapprochés. Ces boutons sont unis, de métal jaunes ou blancs. Les gilets de percale deviennent communs, la saison des piqués est passée ; on prend pour gilet des basins noirs, jaune et blanc ; le jaune en-dessous. On ne porte plus de chapeaux à cornes que pour aller au bal, et les boucles des jarretières et de souliers ne sont de mise qu'en habit français, l'épée au côté. Un jeune homme à la mode doit savoir monter à cheval, et, pour bien monter à cheval, c'est-à-dire pour y figui'er suivant l'ordonnance, il doit avoir un habit de printemps gris de fer de la façon de Rose, et une paire de bottes très larges à revers couleur d'acajou et sortant des ateliers d'Asthley, rue Vivienne. Ce costume de rigueur, à cheval, est adopté pour le négligé des jeunes gens à pied. »

GGCXXXYI i" FLORÉAL AN XIII -Il AVRIL 1805).

MiNISTÉKE DE LA POLICE GÉNÉRALE. — RULLE UN DU 2 FLORÉAL.

Paris. Uruils. — On donne aujourd'hui dans le public dc^ détails salisfaisatiLs sur la tlolle de Tuulun. On assure qu'elle a touché à

Garlliagùne,<l"où elle devail emincner quehjues hàliments espagnols. Mais M. de Solano, gouverneur, ayant demandé quarante homnics p<»ur achever de tnetlre ces vaisseaux en élal, la flolle française a 8uivi sa route sans aucun délai. Elle s'est rendue de suite à Cadix, où M. de Gravina a joint à nos forces huit vaisseaux de ligne : deux autres ont suivi immédiatement. On assurait que la destination de celte flotte est pour Bombay. On remarquait qu'elle ne porte que trois mille cinq cents hommes, parce qu'il en a été détaché huit mille sur les onze mille qu'elle portait à sa première sortie. Cette nouvelle a fait sensation dans Paris, et on admire autant le génie et la fortune de Sa Majesté, que Tinulilité des nombreuses et puissantes croisières de l'ennemi.

Rapports particuliers . — On a annoncé, dans quelques sociétés, le départ de M. Lucchesini. M"'« Lucchesini a dit à ce sujet que M. Lucchesini n'allait qu'à Turin. D'où les i)olitiques ont conclu que la recoimaissance du royaume d'Italie éprouvait à Berlin t|uelque difficulté. — On répanil que le duc de Fleury est disgracié. On en donne les motifs. Ayant gagné, dit-on, cent mille écus au jeu, il les a reperdus, plus cent mille francs sur sa parole. Il a voulu que Louis XVIII payât cette dette. Le prince a refusé. Il y a eu une discussion entre MM. de Fleury et d'Âvaray, par suite de laquelle M. d'Avaray a fait

renvoyer M. de Fleury

(Arch. nat., AFiv, 1493.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

Réunions. — Les bruits de guerre commencent à tomber, et l'on regarde à présent, dans le public, la coalition de la Russie, de la Suède et de l'Angleterre comme chimérique. On s'attend à de grands événements au delà des mers, et l'on croit que la Jamaïque éprouvera le sort de la Dominique et de Sainte-Lucie. On continue de rechercher avec avidité tous les détails sur le voyage de Leurs Majestés Iui|)ériales.

Culte. — La cérémonie de la consécration des évéquos de Mende, Meaux, Rennes et Quimper a attiré, hier, assez de monde dans l'église métropolitaine. La cérémonie a été fort longue. L'ordre et la décence ont été rigoureusement observés. L'abbé Fournier a prêché, hier, dans l'église de Saint-Jacques du Haut-Pas. Ce prédicateur est tellement suivi que l'église était pleine plus de deux heures avant qu'il montât en <;h;tire ; on a été obligé de mettre des factionnaires aux [lui tes : ou picuail 4 sols |»ar pei'Sonne pour entrer.

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Journaux. — Les feuilles de ce jour ne contiennent que des articles déjà connus et d'autres de très peu d'importance. . .

Bourse. — Les négociations de rentes ont été beaucoup plus nombreuses qu'elles ne le sont ordinairement un jour de liquidation ; et le cours a éprouvé une hausse très sensible que l'on attribue principalement à la nouvelle du jour; plusieurs personnes ont dit et assuré, en Bourse, que la flotte de Toulon avait fait la jonction sans aucun obstacle avec plusieurs bâtiments de Carthagène et de Cadix ; les observateurs ont remarqué en outre que la liquidation se trouvait très facile par l'abondance des noms et la multiplicité des rapports qui se sont faits ; leur opinion est que ce qu'ils appellent la grande Compagnie, dont j'ai parlé précédemment est sortie de toutes ses rentes', et la seule inquiétude qui [laraît leur rester, c'est que toutes ces rentes achetées et emportées, ne se trouvant [las dans de très bonnes mains, ne se classent pas et pèsent incessamment sur la place, de manière à faire la baisse. Les actions de la Banque se sont un peu améliorées. — o 0/0, jouissance de germinal an XIII ; 37 francs, 57 fr. 3, 37 francs, 37 fr. 10, 30, 33 ; 37 fr. 20, 30, 20, 30. Actions de la Banque de France, 1.232 fr. 30, 1.233 francs, 1.237 fr. oO^.

Dubois.

(Arch. nat., F^ 3833.)

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