Tome I
flO»Ai |805) PARIS SOUS L'EMPIRE
■H) FLliRIiAL AN Mil (10 MAI ISOo).
MiMSTKItl-; DE LA l'oLK.b; GÉ.MiltALI:;. — BuLLETlN DU 'Il FLOKliAL.
Chapelle clnndcsline. — On assure que le? parents des victimes de la Kévoliilinn «e sont réunis pour établir, rue Picpus, une chapelle dans la«|iielle on dit chaque jour une messe des morts et quelquefois im service solennel auquel assiste toute l'association, qui forme ensuite dans une des salles de la maison une espèce de comité déliliérant. Il paraît qu'on se propose de placer dans celte maison d'anciennes chanoincssL's, alin de masquer le but <le l'établissement et qu'on [al le projet d'en fournir un second du môme genre, près de la place de la Concorde. — S'assurer de l'exactitude de ces renseignements.
FOUCHÉ
(Aich. nal., AF iv. 1 i'J3.)
Rapi'Ort ni-: la phéfecture de police du même jour.
Un a arrêté aujourd'hui une dame Servior et sa lille, soupçonnées de correspondance avec l'Angleterre. Ces femmes ont demeuré près de trois ans à Hambourg, et y faisaient le commerce de marchandises anglaises. On a trouvé chez elles une collection de vers et d'écrits contre le gouvernement et une correspondance suivie avec le nommé Maurel, fameux faussaire, condamné dernièrement aux fers, et qui était l'amant de cette femme. La dame Servier, sous le {)rétexte de courtage en marchandises, vendait et faisait vendre des basins et des piqués anglais.
MiUlnires. — Hier, des recruteurs ont parcouru la ville avec des tamixjurs et ont attiré autour d'eux beaucoup de foule. Ce recrutement se fait pour les régiments du corps impérial de l'artillerie de marine. Il n'y a eu ni trouble, ni désordre.
Cour de Justice criminelle. — La Cour de justice criminelle a condamné, hi(,'r, à la peine de mort, le nommé Bollanger, aveugle des (Jiiin/.e-Vingts, convaincu il'avoii' voulu l'aire saiilcr la chambre d'un autre aveugle à l'aide d'im morceau de bois creusé, rem|ili de poiidri-, d.; ball(!s <;t de fer. Cette cause avait attiré un uranil conc»»urs de monde.
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Spectacles. — On a donné, hier, au théâtre de l'Acadéinie impériale de musique, un ballet nouveau, en un acte, sous le titre d'Acis et Galathèe. Cet ouvrage a eu le plus grand succès. L'auteur, M. Duport, a été demandé par une acclq.mation générale et a paru au milieu des plus vifs applaudissements. La tranquillité a été parfaite pendant toute la représentation. La recette s'est élevée à 8.325 francs.
Journaux. — La Gazette de France renferme quelques nouvelles intéressantes datées de Londres, le 26 avril, dont voici la substance. La motion a été faite à la chambre des communes, par M. Grey, de mander à la barre le rédacteur du journal L'Oracle, pour avoir imprimé que lord Melville avait été jugé sans aucune forme de procès, et était tombé victime des préjugés de l'esprit de parti et des clameurs populaires. Cette motion a passé à l'unanimité. La flotte française de Toulon a été signalée, le 9 avril, dans le détroit de Gibraltar. Le 27 avril, ]\L Shéridan a rappelé l'attention de la Chambre sur la nouvelle très (palheureuse (expression de l'orateur) de la sortie de la flotte de Toulon. Le Morning Chronicle fait à ce sujet des reniarques où percent les plus vives inquiétudes. Il ajoute qu'on assurait à Londres que la flotte de Toulon porte dix mille hommes de troupes. Le même Morning Chronicle donne comme résultat des dernières nouvelles venues de Hambourg l'assurance des dispositions amicales que la Prusse continue de niontrer à la France et de 1^ situation pacifique des puissances du continent. Il revient ensuite, à la date du 30 avril, à Tafîaire relative à lopd Melville, et annonce une motion faite par M. Spencer Stanhope, tendant à faire poursuivre juridiquement lord Melville, motion qui a passé à une majorité de 233 voix contre 128. 11 annonce, à la date du l'"" mai, que, suivant un bruit général, la flotte de Toulon était rentrée à Cadix. — A l'article Espagne, la Gazette de France dit qu'à Cadix la flotte de Toulon, composée de vingt-quatre voiles, dont onze vaisseaux de ligne, dont il donne les noms, a été vue en rade, qu'aussitôt deux mille hommes de troupes fraîches ont été embarqués sur des vaisseaux espagnols, mijuillant dans ce port, qui devaient se réunir à la flotte. — On lit plus loin, dans la même feuille, que, suivant une lettre de Barcelone, l'escadre espagnole, réunie à l'escadre française était entrée à Lisborme et s'était emparée de tous les elFets et fonds appartenant aux Anglais, qu'on évalue à plus de 50 millions de piastres. — Cette nouvelle est donnée avec plus de détail par le Courrier français, comme extraite du Journal de la Haute-Garonne. Elle porte que les flottes combinées de France et d'Espagne ont pris à Lisbonne cinq vaisseaux de ligne, quinze millions de piastres fortes, soixante à quatre-vingts
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voiles, formant un convoi de^linL' p mr M illo ou pour Giltrallar, et .|ualrf inilliî hommes d.; troupes, qui se sont rendus à l'armée de dèbar.|uement et (pii devaient, dit-on, être conduits à dibraltar. Un (les ci-devant princes français, dit le Mémorial, a passé par Tœnningen,se rendant à llu-uin, oi'i il doit s'embarquer pour l'Angleterre.
I (;s Hoiirbons, ajoute le journaliste, lâches et avilis, ne peuvent
élre nulle part aussi bien que dans la (Îrande-Bretagne ; c'est la terre classique de la corruption ft de rinlii}j;iic. — Le reste des nouvelles a paru d'une moindre importance. . .
Bourse. — Les négociations ont été aussi animées, aujourd'hui, qu'elles avaient paru froides, hier, et les cours se sont améliorés ; les observateurs ont remaniué que des achats très considérables, faits par M. Trudflle, agent, avaient beaucoup contribué à la hausse des rentes, et ipulques-uns ont assuré que M. Martinet, seul, lui avait vendu I.jO. 00) francs en deux parties. Le besoin que le premier a de se remplacer, et que l'on connaît, suffit, dit-on, pour maintenir l'élévation du cours, et l'on pense qu'il opère pour ce qu'on appelle la (irande C(mipagnie. On annonce la faillite des sieurs Rousseau, Benoisl et C'", raffineurs à Orléans. Cette maison a toujours joui |)récédemment d'une grande réputation de probité. D'après des lettres particulières de Montpellier, le bruit s'est répandu que, la (lotte combinée de France et d'Espagne avait rencontré plusieurs divisions ennemies, sur lesquelles elle avait fait des prises très importantes. — o 0/0, jouissance de germinal an Xlll, 59 francs, 58 francs, 58 fr. "J5, 90, 95; 59 francs; 58 fr. 95. Bons de remboursement : -2 fr. 75. .\ctions de la Banque de France, 1.250 francs. Actifms des ponts, l.iOO francs.
Dubois.
;Air.li. nal., V, 3S33 )
.lOURNAUX.
Clff (In Cahincl des Souverains du 21 lloréal : « Paris, 20 /lorcnl. 11 n'est pr('S((ne personne dans Paris (jui n'ait rencontré, sur les (piais ou les places pulili.pies, un aveugle (|ui, sous la devise bizarre de Vavewjlc du bonheur, «iislril)mil des billets de bonne avanturc et des numéros pour la loterie. Cet individu, noniMié Ikdlangcr, a été traduit devant la Cour de justice criminelle sur l'accusation d'iui crime atroce, et doul l'exécution se peut à |)eine concevoir. Voici les faits (|ui rrsullciil de l'acte d'accusation entendu hier contre lui. 11 est prouvé au |)roccs .juc Itellanger s'est procuré un rondin provenant d'une bùclie sciée en quatre, (pi'il y a fait faire, par un menuisier, un trou profond de sept pouces et demi, et large de 13 à 14 lignes, et que c'est un morceau absolument semblable qui a été posé auprès du poêle de la veuve Capelet,
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dite Fanchelto. Cette femme était depuis longtemps au service de Bellanger, et conduisait, avec un nommé Pinson, la petite voiture sur laquelle Bellanger débitait ses oracles. Pinson était devenu amoureux de Fanchette, et, l'ayant recherchée en mariage, Bellanger en manifesta dans plusieurs occasions une extrême jalousie. Ce même Pinson ayant fendu le rondin, et ne s'apercevant pas d'abord qu'il en était tombé de la poudre, fut étonné de voir qu'il était creux et noirci dans son intérieur avec une poussière qu'il prenait pour du charbon. Peu d'instants après, Fanchette ayant retiré la braise du poêle, il tomba du feu sur la poudre, l'explosion lui brûla la nnain et remplit toute la chambre de fumée. On trouva sur le parquet trois balles de plomb, un boulon de cuivre et trois écrous, qui paraissent provenir des roues de la voiture de Bellanger. Il a été reconnu que la bûche ainsi préparée pouvait contenir un quarteron et demi de poudre. L'accusé méconnaît les pièces présentées à conviction. Il convient d'avoir fait forer une bûche, dans l'intention d'en faire le cylindre de sa roue de fortune ; mais il assure Tavoir brûlée. Cet homme a été artificier, et il avait dans Ihospice des Quinze-Vingts la réputation d'un mauvais sujet. Les débats ont eu lieu aujourd'hui. Bellanger a été condamné à mort. »
CCGLVI
Rapport de la préfecture de police du 22 floréal.
Réunions. — On ne s'occupe dans les réunions publiques que de nos succès marilimes, et l'esprit public continue de s'améliorer. — On dit que l'ex-prince Conli sollicile la permission de rentrer en France. — Les réunions d'ouvriers sont toujours très tranquilles.
Spectacles. — On a donné hier, au théâtre de Louvois, la première représentation d'une pièce en un acte, intitulée le Faux valet de chambre*. Cet ouvrage n'a eu aucun succès. Du reste, rien n'a troublé le calme dont on a joui pendant toute la représentation.
Journaux. — Les feuilles ne présentent rien de nouveau. Leur partie la plus imp(jrtante consiste dans la copie des pièces, qui ont été prises à bord du navire The Hope, qui sont publiées par le JJoniteur.
Dubois.
(Arch. nat., I-"', 3833.)
1. CoJirrier des Spectacles : « Si cet ouvrage est de l'auteur de Fanfun et Colas, on n'y trouve guère de ressemblance de lamille. »
fl2 «Al 180») PAHIS SOI'S L'EMPIRE 774