Il s'agit de Tamiral Cochrane
[13 .A. 18051 ''•^'»'^ ^'*''^ l/EMPIIŒ 776
lo no7. au vfiil, .uinnn' iiii rniiie, et courant après notre notte. lc,,nlum d'.\iih,ch>-.—Vi\^ |,iT<nniiequi fréquente la légation aulricliii-nne a l'ait Ir rapi^ort .rutic conversation qu'elle a eue dans le cahinet: « Le niinist.-re aiilriclii«-n voulait la coalition et la j^nei'ie, il y a environ trois mois : rarcliiduc s'y est opposé, et a dit (jue la Russie et la Prusse pouvaient commencer, si elles voulaient, mais que le temps de faire la guern- n'était pas encore vmu pour l'Autriche. M. de Falshender est disgracié et retiré avec sa pension. Il demeure attaché à la personne de l'archiduc. L'Autriche ne peut faire la guerre pour plusieurs motifs. l'oint de généraux. On a reconnu dans les dernières années de guerre que les troupes servaient mal lorsqu'elles sont emidoyées contre les armées françaises. Enfin il y a au service autrichien heaucoui» de Français qui quitteraient en cas de guerre, et fourniraient contre l'Autriche des renseignements nuisibles. M. KruthoffiT est de celte opinion, tout à la pai.v. M. de Cohenzl se propose de revenir à la même époque que S. M. l'Empereur et Roi. On croit, à la légation, que ce sera à la fin de juin. »
(Arcli. nat., .VFiv, 1493.)
Uai'I'oht uk la i'|{i:fectuke de police du même jour.
On rapporte que M. Faujas, aide de camp du général Ernouf, se plaint beaucoup du froid accueil qu'il a reçu du ministre de la marine, il l'attrihuo à la mésintelligence qu'il prétend régner entre le mini-^lrc et le général. — Les réunions puhli<pies et particulières n'ont rien présenté de remarquable.
Journaux. — Les feuilles de ce jour ne contiennent aucune nouvelle différente de celles que leurs précédents numéros ont fait connaître.
Bourse. — Les négociations de rentes n'ont pas été moins n«uTibreuses qu'hier, et le cours s'est parfaitement soutenu ; il a même éprouvé momentanément une amélioration très sensible, dont les ventes considérables faites par M. Martinet ont arrêté la progression. Aucun observateur n'a pu savoir pour (|ui cet agent avait opéré, mais on .( dit baulcmiDt (|ue, sans lui, la rente aurait été portée à 60 fr. Les actions de la Ramiue, (pii avaient été offertes hier, ont été aujourd'hui très demandées et se sont bonifiées. — 5 0/0, jouissance de germinal an .Mil, 59 fr. 50, 00, 50, 40, 50, 40. Actions de la Banque de France, 1.255 francs,
Dubois.
(Arrh. nat., F^ 3833.)
777 PARIS SOUS L'EMPIRE [13 mai 1805]
Journaux.
Bulletin de rEurope du 24 tloréal : « Nécrologie. Julie'. Julie (qu'importe son nom de famille, puisque comme danseuse et comme philosophe, comme protégée de Vestris et comme apôtre de Mirabeau, dans les coulisses de rOpéra et dans les trihunes de l'Assemhlée constituante, elle ne fut connue que par son nom de baptême?) Julie, dis-je, doit être comptée au nombre de ces femmes qui tenaient à la classe du peuple par leur naissance et à la haute société par leurs relations et leurs habitudes ; qui, enrichies par la corruption de leur siècle, faisaient pardonner la source de leur fortune par l'élégance de leur esprit et leurs manières ; en un mot, parmi celles que, dans Paris comme dans Athènes, on appelait des courtisanes, espèce de femmes qui n'existent plus parmi nous : on ne rencontre plus en France que des fdles et des dames vertueuses. Julie entra très jeune à l'Opéra, mais elle resta danseuse médiocre ; elle ne s'éleva jamais au-dessus des coryphées. Son esprit n'était pas dans ses jambes; elle s'en a|)erçut, et quitta l'Opéra de bonne heure. C'était dans son petit salon et dans ses soupers aimables que l'attendait cette légère renommée qui l'a fait connaître à Paris. Elle n'avait point de luxe, soit orgueil, soit qu'elle rougît d'afficher une opulence dont l'origine n'était pas irréprochable, soit que, voulant se distinguer de ses compagnes, elle n'eût pas trouvé de contraste plus piquant que la simplicité et la modestie. On voyait réunies dans sa toilette deux choses dont, chez les femmes, l'une est indispensable et l'autre pleine de charme : la propreté soigneuse et la deminégligence. Jamais de rouge, ni de diamants. Si vous eussiez ajouté un demipouce à son fichu, c'eiît été le fichu d'une prude. Couverte d'une robe blanche, avec sa douce physionomie, Julie, dans sa jeunesse ressemblait à l'une de ces ombres heureuses qu'elle avait souvent représentées dans Castor et PoUux. Chez elle se rassemblait une société choisie parmi les hommes de la cour et les hommes de lettres. J'ai remarqué que l'on était plus aimable dans le petit salon de Julie que dans l'hôtel d'une grande dame. Venir souper chez une danseuse, c'était déjà sacrifier la vanité à l'espérance du plaisir ; les gens de la cour y cessaient d'être grands seigneurs ; les gens de lettres y oubliaient d'être savants : tout le monde y gagnait. L'esprit de Julie se faisait remarquer plutôt par une conversation facile et agréable que par les saillies et les bons mots. Un peu de lecture, un goût général pour les arts, sans prétention à aucun talent particulier, de la grâce et de la décence, en avaient fait une femme dont les hommes bien nés pouvaient avouer la connaissance. On ne craignait pas de dire en bonne compagnie que l'on avait soupe chez Julie. On a observé qu'elle cherchait à attirer tous ceux dont le nom avait quelque éclat. Dès les premiers temps de l'Assemblée constituante, avant que la Révolution eût pris un caractère aussi prononcé, lorsque les gens de la cour croyaient renouveler seulement les jeux de la Fronde ou les troubles de la Ligue, on compta dans les rangs du patriotisme des hommes distingués par leurs talents et leur naissance. Julie donna à souper aux patriotes ; elle se passionna surtout pour le fameux comte de Mirabeau. C'est une chose assez