Tome I
fl9 MAI 18051 l'AHIS SOL'S I/EMPIIIE 786
CCCF.XIV
-211 1 l-(»lti;.\L AN XIII Jl» MAI 1S05).
[{APl'OnT DK LA l'HÉFKCTUHIi Dli l'OLICI-: DU 30 TLOMÉAL.
Réunions. — Le sieur Valirc, uflicier supérieur à rurmée de Hollaii'le, (H tiouvt'llcmenl arrivé à l*aris, ilit que l'on ne doit pas compter •^ur \e< llidiandais, qu'ils sont divist's en trois partis, dont le plus munhroux l'st celui delà maison il'Orangi', et le plus faible, celui du gouvernement actuel, et qui serait encore bientôt anéanti, s'il n'était soutenu par l'armée (raniviise. — Ouelques Espagnols qui sont à Paris prélondeiil (pi'une grande Révolution est sur le |)oint d'éclater en Kspagne, et f|ue le trône de cette monarchie est déjà ébranlé jusque dans ses fondements. — Les réunions ont été, hier, aussi nombreuses que tranquilles, dans les promenades, les spectacles, les guinguettes et autres endroits publics.
Journaux. — Le Moniteur fournit, encore aujourd'hui, aux journalislt's, les articles qui rem()lissent la totalité de leurs feuilles.
/{nurse. — Les préparatils de l.i !i(|ui(lalion n'ont [)oint ralenti leS négociations de rentes; elles ont elé noniltreuses, et le cours a réparé aver avantage la faiblesse qu'il avait éprouvée à la fin de la dernière Bourse. Les actions de la Banque ont été très demandées et se sont encore améliorées. On craignait que la fin de ce mois ne fût une èpocjU'' dangereuse, à cause de la longue stagnation du commerce ; nt'.ininoins tout annonce, jusqu'à présent, que les payements se font bien ; on ne répaml aucun bruit fâcheux. On a seulement de l'inquiétude pour une maison assez forte dans le commerce de vins. — 5 0/0, jouissance de germinal an XIII, o9 fr. 30, 20, 2o, 20, 23, 20, 30. M., de vendf-miaire an XIV, o() fr. 20. Actions de la Banque de France, 1.270 fr. riO'.
Dubois.
(Airli. n.il., F', .•(SiCi.)
1. A ..'lit- liai.' <lii :((i iloié.il lia XIII, Napoléon cciivit, .le Mil.m, à l''oiuiié : ■• Mon-i.Mir l-'..ii.lir, mon inlonlion est que désormais le Journal des Débats ne |.(ir;Mss.' |ia4 .lu'il naii ,.(,;. sonniis la veille à la ccnsiiie. Vous nommerez un . .MM-nr .|ni soit un liomme siir, allarlié e» ayant dn lact. au<|ii.l les pn.jMielaiies .In journal .lonnm.nl I2.00U francs .ra|.|..,i„ii.,nenls. Cesl .à celle seule eon.lition <|ne je pcrmellrai (|ue ce journal continue «Je parailre. La censure loulel'ois ne doit pas sùlendre sur le feuilleton et sur les articles lilléraires, mais seulement sur la p.dili.jiie. Vous lui ferez contredire l'article relatif au duc <le
787 PARIS SOUS L'EMPIRE [10 mai 1803]
Journaux.
Moniteur du 30 tloiéal : « Pitris, le 29 floréai. . . . l/Iiislitut national vient de nommer à la place vacante par la mort de M. Danse de Villoison, M. Brial, ancien bénédictin ; il avait pour concurrent le sénateur Lanjuinais.» — « Le Collège de France présente au gouvernement, pour remplacer M. de Villoison dans la place de professeur de langue grecque, M. Goraï, médecin, très versé dans cette langue, qui est la sienne. Il est né dans une des îles de la Grèce. » — « Les actionnaires de la Caisse des rentiers, dans leur assemblée générale du 25 du présent mois, en arrêtant définitivement leur plan de liquidation, ont prononcé l'admission des actions de la caisse en paiement du prix en numéraire des adjudications des immeubles de la Société, au cours provisoire de bO francs. » — « On vient de construire sur le quai Voltaire un nouveau théâtre, d'après les modèles de celui de Saint-Charles de Naples, et du grand théâtre de Milan. Il a soixante-douze pieds de largeur sur quarante-six de long, et trente-quatre pieds d'ouverture à l'avant-scène. Le parterre est extrêmement gracieux ; il est entouré par une galerie où les dames pourront se placer commodément. Au premier étage est une autre galerie avec des loges grillées en retraite. Au-dessus sont deux rangs de loges, sé|)arées par des espèces de stalles, ayant chacune trois banquettes, disposées de la manière la plus commode pour ne point être gêné. Deux étages de loges, qui seront grillées, à la volonté des locataires, seront séparées par des cloisons pleines dans le genre italien. Au-dessus de ces loges, une vaste galerie sur tout le pourtour ; elle est surmontée dans le centre d'un très grand amphithéâtre dans une largeur de trente-quatre pieds. Chaque rang de loges est composé de vingt-huit loges, com|)ris celles de l'avant-scène, garnies de trois banquettes. De vastes corridors conduisent à toutes les loges; un grand escalier à deux rampes, de six pieds d'emmarchement, communique à tous les étages et conduit jusqu'à la galerie haute. Les entrées et les sorties seront vastes et commodes ; et, dans un besoin extraordinaire, il y en aura jusqu'à dix. Les foyers seront vastes et ornés. La salle est extrêmement sonore, et la grande épaisseur des murs et des votâtes de pierres la rendra aussi fraîche en été que facile à échauffer en hiver. L'ouverture doit avoir lieu au 1'*'' messidor. La direction en est confiée à M. François Verteuil, On y jouera la tragédie, la comédie et l'opéra-comique. » — Journal des Débals du 30 tloréal : « Paris, 29 floréal. S. A. I. Madame, mère de l'Empereur, a envoyé à la Société de Charité maternelle, une somme de 500 francs pour être distribuée aux pauvres enfants. Elle a permis que son nom fût mis au nombre des bienfaiteurs de cet établissement. » — Journal des Débats du
l$run.s\vick ; il eût été bien plus naturel de croire fausse une nouvelle aussi absurde, ou, dans le doute, comme cette nouvelle ne pimvail pas être afjréabie, d'en attendre la confirmation. Le plus mauvais esprit anime les rédacteurs. Si, malgré la censure, il leur échappe quelque bèlise de celto espèce, je n aurai plus qu'à supprimer cette feuille. Faites connaître cette mesure aux journaux, et la-évenez-les que, s'ils s'avisent de débiter des nouvelles par trop bètes et dans de mauvaises intentions, j'en ferai autant de leurs feuilles. Toute nouvelle désagréable et désavantageuse pour la France, ils doivent la mettre en quarantaine, parce qu'ils doivent la s,uupçonuer dictée par les Anglais. »
'20 MAI 18051 PAHIS SOIS I.'KMPIIŒ 788
4 prairial : « Paris, 3 prairial. Le 29 floréal, le buste; de S. M. l'Empereur fui plart^ on cérémonie, dans une des salles d'éludé de MM. les pages en présent-»» du général (Jardanne, leur gouverneur, du colonel d'Assigny, leur sons-gouverneur, du coniniandant de la place et des professeurs. Cette cérémiinie fui suivie d'un bautiuel, où Ion porta les santés de l'Euipcreur et de rirnpéralrice. >»
30 FLORÉAL AN XIll (iO MAI 1803).
RaPPOHT DK la PKÉFKCTURK de police du 1" PKAIRIAL.
l)es lellres, reçues dans le commerce, annoncent que le port et la rade de Brest sont fermés ; que tous les marins restent à bord ; que les troupes sont animées du meilleur esprit et brûlent de se mesurer avec les .\nglais. — Le sieur Pio, ancien secrétaire d'ambassade à Naples et maintenant professeur de langue italienne, dit que la plupart des Italiens qu'il voit à Paris répètent qu'il y a, dans leur pays, un fonds de mécontentement, qui est entietenu par les agents secrets de l'Angleterre. — Les ouvriers ont fait, hier, comme de coutume, ce qu'ils appellent le lundi et se sont livrés aux plaisirs toute la soirée. Ils se sont beaucoup occupés de nos succès maritimes et manifestent la plus vive satisfaction.
Journaux. — Les feuilles de ce jour ne renferment rien qui n'ait été publié hier par le Moniteur.
Bourse. — Le bruit s'est répandu, même avant l'ouverture de la Bourse, (pie des lettres «le Londres, reçues en Hollande, assuraient la signature d'un traité d'alliance et de subsides entre la Russie, la Suède et l'Angleterre. Cette nouvelle, qui a alarmé un grand nombre de porteurs de rentes, a multiplié extraordinairement les affaires et fait éprouvLT au cours une baisse assez sensible. Néanmoins, loin qu'elle ait obtenu une confiance générale, quelques spéculateurs sont persuadés qu'elle est controuvée et que la hausse reprendra avec plus de vigueur. Les actions de la Banque et celles des ponts se soutiennent parfaitement. — 5 0/0, jouissance de germinal an XIII, 59 fr. 30, 40, 43. 50 ; 39 fr. 45, 50, 40, 30, 33, 30, 23, 20. id., jouissance de vendémiaire an XIV, 36 fr. 40. Actions de la Banque de France, 1.273 francs. M., des ponts, jouissance de germinal, 1.400 francs.
Dubois.
(Arcli. nal., F', 3833.)
(89 PAHIS SOUS L'EMPIRE [21 mai 1805]
Journaux.
Gazette de France du 1'"' prairial : « Paris, 30 floréal. Pendant que Monsieur est aux Bouffons, où il s'extasie sur les roulades de la Sirina et sur le Mercato de Malmantile, Madame a loué une loge à l'Opéra, pour voir danser les petits amours de Duport, ou plutôt Duport, qui danse comme les amours ; et la bonne, avec les enfants, est au théâtre des Capucines, où elle admire un trait de Fanchon, la Mère Cornus, les Bottes de foin et Berlingiie et Chiquette. Ainsi se divisent, les jours de spectacle, les membres d'une famille bien rangée de la capitale. » — Journal des Débats du le"" prairial : « Paris, 30 floréal. M. l'abbé Fournier, vicaire général de Troyes et chapelain de l'Empereur, prêchera à Saint-Eustache les jours de l'Ascension, de la Pentecôte, de la Trinité et des deux fêtes du Saint- Sacrement, à cinq heures du soir. L'office desdits jours sera chanté en contrepoint avec accompagnement d'insiruments, ainsi que tous les saUits de l'octave de la Fête-Dieu, lesquels se diront à sept heures précises du soir. »
l^-^ PRAIIUAL AN XIII (21 MAI 1805).
Ministère de la police générale. — Bulletin du 2 prairial.
Paris. Bruits. — Divers bruits circulent dans la capitale, fondés sur des lettres de Hollande. En voici la substance. Le l*"" mai, \q Morning C^?'o?i/c/(? annonça qu'on venait de recevoir les malles du Nord, et qu'il était certain que l'empereur de Russie avait refusé le traité de subsides qui lui était proposé par l'Angleterre. Le même jour, le 5<ar, journal du soir, assure que le traité avait été consenti entre la Russie, la Suède et l'Angleterre. Suivant les lettres de Hollande, ce traité a été communiqué au Parlement le 13. Elles en citent les principaux articles : alliance offensive et défensive entre b.'s trois puissances ; voie ouverte à une quatrième du Continent, du [iremier ordre, de prendre part à celte coalition ; réserve à la Russie de proposer la paix, à condition que la France renoncera à toute influence sur l'Italie et la Ilollaiule, que l'une et de l'autre seront assurées. Au moyen des subsides fournis par l'Angleterre, toutes les forces de terre et de mer de la Russie et de la Suède sont mises à sa disposition. Les mêmes iellres portent que l'amiral Ordeaété mal accueilli à Londres, (ju'on a envoyé plusieurs vaisseaux sur divers points et notamtnent dans le canal de lajMancbe.
[ii MAI 1805] PAmS SOLS L'EMPIRE ~«0
Millier. Cohen-J. — L'émigré Muller, signalé <l.ins plusieurs bullelin^ el récenimenl dans relui .lu 21 Horéal ', part aujourd'hui pour Sainl-Ciall, lians la voiture da courrier de Strasbourg. 11 est secrètement axent, t's>pion, rommissaire d<^ l'Aulriclie, d.)nt il porte luniforme, cl oslensildement chargé d'affaires de l'évèque de Saint-Gall, en l'absence de son frère, qui a excercé longtemps celte fonction à Paris. Craignant d'être arrêté comme émigré non amnistié, il s'est procuré plusieurs lettres de n'commaniialion, notamment une de M. Bi-aiiharnais pour S. M. l'Iiupéralrice et Reine. 11 se dit certain que l'év.-qu»' dt' Saint-Gall sera réintégré dans sa principauté et ses biens, ipif l'affaire se traitera à Rome, le Pape et le cardinal Fesch appuyant la réclamation de l'évèque. Il a communiqué la copie d'une l.,'ltre qu'il avait adressée à S. M. l'empereur et Roi, comme chargé d'affaire de l'évèque, pour féliciter Sa Majesté sur son avènement au trône d'Italie. Sur quelques observations qui lui ont été faites relativement aux sentiments que cette lettre exprime, avec lesquels sps propos et ses actions ne se concilient pas, il a répondu : « Voilà, mon ami, comme il faut écrire, et M. de Cobenzl en débile bien dautn-s. » Il est très tin, sait ce qu'il veut, et est lui-même impéné- Irahle. Son voyage eu Hollande a le but le plus important. 11 saura appréciiT la force, les tnoyens et le véritable esprit du pays. M. de
C(d)enzl et Muller doivent revenir <à Paris à la fin i\\\ mois
(Arcti. nat.. AF iv, 1493.)