R.M'I'0[<T DK LA PRÉFECTURE DE POLICE DU MÊME JOUR
Uéunious. — Depuis hier, les bruits sont à la paix. On répand que le cabinet britannique a envoyé des émissaires secrets près de S. M, l'Kmpereur et Roi, pour lui présenter des propositions à cet égard. M. de Gobenzl est attendu à Paris sous quatre ou cinq jours. — Un ilil que rbô|)ital militaire de Paris va être réuni à celui de Saint- Denis, et que. la maison du Val-de-firàce, où il est placé, deviendra le elii'f-licii de l'ordre des Hospitalières, sous la protection de S. .\. I. Madame.
Journaux. — Un grand iioiidtre d'articles, puisés dans les gazettes de Londres, sont communs au J/on«<eMy etàpresque louslesjournaux. Tous retracent l'extrême anxiété des Anglais, et les conjectures, toutes contradictoires (pi'ils lormenl sur la destination des flottes fMiid»iiié,-< ib- France et d'espagne. Ils constatent <=urloul les nouveaux
1. V.)ir I.' |{,i|,|.oi| (If 1,1 iirt-ffcture du l.s lloiral, leiiruduit dans ce liullelin.
791 PARIS SOUS L'EMPIRE [21 mai 1805]
ordres extraordinaires donnés i)ar le gouvernement anglais pour effectuer une presse générale, dans le dénuement où il se trouve d'un nombre suffisant de matelots. Ils confirment que l'empereur des Russies a refusé les subsides de l'Angleterre et veut, au contraire, ouvrir des négociations avec la France. — A ces nouvelles le Courrier français ajoute qu'aux Barbades il a été donné des ordres pour détruire, en cas d'apparition de l'ennemi, plus de cent vaisseaux retirés à la baie de Carliste. — On cite dans le Puhliciste l'extrait d'une lettre particulière de Charlestown, en date du 6 avril, contenant des nouvelles de Saint-Uomingue, et annonçant que la prise des colonies anglaises par l'escadre de Rochefort a répandu la terreur parmi les brigands de cette île. Ils craignent à cbaque instant d'être attaqués ; ils battent la générale aussitôt qu'ils aperçoivent la moindre voile ; ils se sont même ménagé des points de retraite dans les montagnes du centre. On ajoutait qu'une armée bien moins nombreuse que celle qui y avait été déjà envoyée y effectuerait, presque sans coup férir, la conquête entière de la colonie, tant la frayeur, le désordre et la mésintelligence régnent parmi les brigands. — Dans le même journal se trouve encore l'extrait d'une lettre particulière écriie de Londres par un négociant hollandais, où l'on confirme toutes les inquiétudes de l'Angleterre dans les conjonctures actuelles. On remarque surtout un passage portant ces mois : Les esprits se chauffent et se troublent au point que le bruit a couru hier que M . Pitt avait été arrêté. — Il paraît, d'après des nouvelles de Francfort données par le Courrier français, que les négociants autrichiens se plaignent des violalions continuelles qu'éprouve leur commerce de la part des frégates anglaises qui croisent dans la mer Adriatique. On n'entend point dire qu'il ait encore été fait droit à aucune des réclamations que le cabinet de Vienne a fait faire à cet égard au gtjuvernement anglais. — Les articles de l'intérieur se bornent à l'annonce des ordres donnés par l'archevêque de Paris pour qu'un Te Deum soit chanté en l'honneur de l'avènement de Sa Majesté Impériale au trône d'Italie ; à la nouvelle d'une tempête qui, à Tœnningen, a fait échouer sur les eûtes plus de soixante-quinze navires ; et enfin à la nouvelle de la satisCaition (ju'éi)rouvenl les habitants d'Anvers en voyant leur port propre à recevoir maintenant de gros vaisseaux.
Arrestation. — Le sieur Lemerciei', ancien banquier et fournisseur, redevable de sommes considérables envers le Trésor impérial, a été arrêté aujourd'hui par la police, sur la demande du ministre du Trésor.
Bourse. — Il s'est fait autant d'affaires qu'hier, et l'on a remarqué,
[22JIAI1805] l'AUlS SMl S I.KMPIHE 792
onirc los deinan<|ps el les oH'res de renies, une sorte de comiiensation,
traprès la<jij<llt' If'S v.irialioiis du tours ont été moins nombreuses,
el n'ont produit aucune réaction. Les actions de la Banque ont
('•i.r<iu\é un p'U de laildosse, mais elles ont été très demandées au
uinmt'ul de la clùlure. — 5 0/0, jouissance de germinal an XIII,
r»i) fr. "i"), .'{0, 2r», M, 20, Actions de la Hanquede France, 1.275 francs ;
1.-272 fr. .'iO ; i. 270 francs; 1.207 Ir. 50; 1.270 francs. Caisse des
rentiers, lio francs,
Dubois,
(Arcli. liât., F' 3833.)
Journaux,
Jiiurnalili' Paris du 2 prairial : « Noivelles de Paris. Le Pont-des-Arts a rt'pris ilcpiiis (|uel<pie temps sa brillante parure du printemps. Les tristes méli'zt's ont cédé la place aux orangers odoriférants. I,e ticuriste, le maître de riiarmonio, le démonstrateur du prisme et le limonadier sont à leur poste et irallcndont plus que les promeneurs. Les promeneurs n'osent pas encore s'aventurer dans cette variable atmosphère, où le soleil brûlerait leur teint depuis midi jusfpi'à quatre heures, et où, depuis six heures jusqu'à neuf, le vent i;lacerait leur sang. Mais laissez passer cette vilaine lune, que par respect pour M. de Lalande, je m'abstiens d'appeler lune rousse, laissez venir les belles soirées du mois de juin, et vous verrez le Pont-des-Arts devenir, comme l'année dernière, une promenade charmante et fréquentée, »
CCCLXVII 2 IMtAIHLXL AN XIII (22 MAI 1805).
HaI'I'OKT UK la PKÉFECTUHE de police du 3 PRAIRIAL,
Id'-unions. — Des lettres particulières, arrivées de Boulogne, aruionccnt toutes que l'on s'attend, d'un moment à l'autre, au départ de la llottille pour une expédition importante, et que l'on ne fait plus aucun doute sur le succès de la descente en Angleterre, que l'on regarde comme certainement prochaine.
Les prières, ord(»nnées dans les églises de Paris à l'occasion du couruiin.Miieiil de Sa Majesté Impériale comme roi d'Italie, ont attiré uu Krand concours de inonde, notamment à la Mélro|)ole, à Sain t- Kiistache el à Saitit-Sulpice. Partout l'ordre el la décence ont été (d)servés. (^e soir. Ions les spectacles donnent une représentation à l'occasion de celte auguste cérémonie.
793 PARIS SOUS L'EMPIRE [23 mai i 805]
Les acteurs de l'Opéra-Buffa n'ont pas voulu céder le théâtre à la
troupe de Picard ; ils ont dit qu'étant Italiens, c'était à eux qu'il
appartenait de célébrer le souverain qui fait le Ijonheur de leur
patrie.
Dubois.
(Arch. nat., F^ 3833.)
Journaux.
Moniteur du 3 prairial : « Paris, le 2 prairial. ...S. E. M. le cardinalarchevêque de Paris vient de publier une ordonnance, portant que demain jeudi, fête de l'Ascension, jour auquel l'Empereur Napoléon doit être sacré roi d'Italie, il sera célébré, dans l'église métropolitaine, et dans toute l'étendue du diocèse, un salut avec exposition du Saint-Sacrement, pour obtenir les bénédictions du ciel sur la personne de S. M. l'Empereur et Roi, et sur les peuples soumis à son autorité. » — Gazette de France du 3 prairial : « Paris, 2 prairial. L'archichancelier de l'Empire présida hier le Conseil d'État, décoré du cordon et de la plaque de l'ordre prussien de l'Aigle rouge, qui lui avait été envoyé, le matin, par un des secrétaires de la légation prussienne. » — « M. de Lalande, voyant la tragédie des Templiers applaudie d'un côté avec transport et de l'autre côté critiquée avec une sorte d'acharnement frénétique, a voulu tranquilliser sa conscience , et pouvoir applaudir celle belle composition sans scrupule. Pour cela il s'est adressé à M, Gudin, qui travaille dans ce moment à une Histoire de France, pour le prier de lui communiquer l'article qui concerne les Templiers dans cette histoire, et pour le mettre ainsi en état de juger si, en effet, les héros de la pièce ont mérité d'être brûlés à petit feu, comme le prétendent les uns, ou s'ils ont été condamnés injustement, comme le soutiennent les autres. M. de Lalande déclare avoir vu, ce qui s'appelle vu, dans les pièces historiques à lui communiquées par M. Gudin, que le crime des Tem|)liers était d'être riches; que le roi et le pape avaient sollicité le grand-maître de l'ordre de les accuser, et que celui-ci s'en repentit publiquement en mourant. D'après cela, M. de Lalande n'hésite pas à croire qu'on peut, en toute sûreté de conscience, applaudir la tragédie des Templiers, que du reste on applaudissait déjà fort honnêtement avant cette permission. »
MlNISTÈRK DE LA POLICK GKNÉHALE. — BULLETIN DU 4 PRAIRIAL.
.. .Bourse. — Des bruits de paix ont remplacé à la Bourse de mercredi ^ ceux de guerre qu'un avait répandus la veille sur des