‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 211 sur 221 · prairial · texte numérisé non relu

prairial

(23 MAI iSOr.] l'AHIS SOUS L'EMPIUE 794

lellre^ «|.- Hollan.lo'. Ou a .lil «|iio le cal.iri.M l.iilanniini-- avail .■nv-.yi'

a Milan «les négncialeurs secn'l«

(Arch. nat.. AI' iv. 1493.)

Uai'I'oht I)K la i'hkkectl'hk i»k i'Olick du même jour.

La TmiiIc s'est porlôo, hier soir, dans tous les spectacles; des cris miilli|>liés de \^'ire ll'Jtnjierew et lioi ! se sont fait entendre de toutes parts, et l'allégresse était générale. Les habitants de la ville ont sponlaiiénienl illuminé leurs maisons, et, malgré le froid qui se faisait sentir, les rues et les places ont été 1res fréquentées une partie de la nuit. Les communes du département de la Seine, celles de Sèvres, Meudon et Saint-Cloud ont manifesté la même allégresse. Aucun accident n'a Irouldé les plaisirs de cette journée.

/{éunions. — On répandait hier la nouvelle que l'empereur d'Allemagne avail ailressé à S. M. l'Empereur et lioi, à Milan, des projHisitions de paix avec l'Angleterre.

Culte. — L'alihé Fournier a prêché hier à Sainl-Eustache. Ce prédicateur allire toujours un grand nombre d'auditeurs. Il s'est livré, comme de coutume, aux plus vives déclamations contre les philosophes, et a rappelé plus d'une fois les époques malheureuses de la Révolution. Des murmures improbateurs se sont l'ait entendre quelquefois.

Journaux. — Les feuilles de ce jour ne ccmliennent rien de nouveau sur l'étranger. Les seules nouvelles de l'intérieur qu'elles publient sont toutes extraites du Moniteur de la veille. — On remarque, dans le Journal des Débats, une série de réllexions politiques faites dans le meilleur es[irit, et où se trouvtmt dépeintes la consternation de l'Atiglelerre et ra<luiiralion de l'Europe à la nouvelle de la sortie des escadres françaises, malgré le système du hlocus des ports (jue le cabinet de Saint-James avait cru immanquable. C'est aussi dans un très bon sens, qu'est écrit un article de réflexions commun au Journal de Paris et au Courrier français., à l'occasion tlu ci.urMnncmt'nl de S. M. l'Empereur comme roi d'Italie. — Le 27« numéro du Journal d'économie 7'urale ou liihUolUèque des Propriétaires ruraux ccmlient, page 240, les plaintes suivantes contre l'administralion fort'sli<'re : .< L'adniinislralioii foreslière, craignant les abus et !•''; dr';:radati(ins dans les b(»is, jugeaid peut-être trop du fond du

\. \uir jiliis haut, \\. 7«s, le rapport do la préfecture de police du 1" prairial, article Bourse,

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cabinet, sans calculer quelle serait, dans certains départements, la ressource précieuse que présentent pour l'encouragement des plantations les forêts nationales, a interdit toute extraction. Il faut implorer des protections, toujours très longues à obtenir, passer par la main des gardes forestiers, faire désigner les lieux où l'on peut faire lever le plant, entretenir des correspondances, attendre des réponses, qui usent souvent le temps de la plantation, se servir d'ouvriers privilégiés, qui vous rançonnent, ou faire, pour ainsi dire, une contrebande assez risquable et assez déplaisante; pourquoi? pour procurer à grands frais le bien, non de soi-même, mais de son pays, mais de la génération à venir. De fait, ce que je payais, il y a quelques années, 5 sols, je le paie maintenant (muni de permission) 7 livres 10 sols ; et encore l'année dernière, au printemps, le moment de la plantation pressant fort, on me fit dire que je ne pouvais pas lever de plant de Marceaux, les lieux désignés n'en étant pas assez garnis. »

Bourse. — Depuis l'ouverture de la Bourse jusqu'à deux heures et demie, les négociations ont paru languissantes, et le mouvement du cours des rentes absolument insignifiant; mais alors les demandes se sont multipliées au point que le cours a monté rapidement et s'est fermé à 59 fr. 65 au comptant et à 59 fr. 80 pour fin du courant. Les actions de la Banque sont toujours très recherchées. — 5 0/0, jouissance de germinal an XIII, 59 fr. 20, 25. Actions de la Banque de

France 1.272 fr. 50; 1.270 francs.

Dubois.

(Arch. nat.,F^ 3833.)

Journaux.

Journal des Débats du 4 prairial : « Paris, 3 prairial. Des salves d'artillerie ont annoncé ce matin que c'est aujourd'hui, 3 prairial, que S. M. l'Empereur est sacré et couronné à Milan roi d'Italie. Ce grand événement ne pouvait manquer d'exciter la joie la plus vive au sein de la ville de Paris. Les habitants de cette capitale, privés depuis si longtemps de la présence de l'Empereur, saisissent avec empressement cette occasion de prouver à Leur Majesté Impériale et Royale l'union des cœurs parisiens à ceux dos Milanais. Tous les citoyens se disposent à illuminer la façade de leurs maisons. » — « Le célèbre Schiller, auteur allemand de V lïistoirc de la Guerre de trente ans, et de plusieurs pièces de théâtre, est mort le 9 mai (19 floréal) à Weimar. » — Courrier français du 4 prairial : « Paris, 3 prairial. La note insérée dans le journal d'hier, et relative à S.A. S. Mgr rarchichancelier, doit être rectifiée et ainsi conçue : En l'absence de M. le marquis de Lucchesini, un secrétaire de légation ne s'est pas permis d'envoyer le cordon de l'Aigle rouge à l'un des premiers fonctionnaires de

(24 MAI i8or.] l'.xms sors i/kmpimk 796

l'Empire français; mais M. Rowx {sic), consoillfr il'aml)assa(le cl chargé d'airain's de Prusse, ayant fait demander une audience à iMgr larcliirhancelier, s'est rendu auprès de lui, avanl-liier mardi I"" prairial, à midi. Il a présent»^ h S. A. S. les man|ues des (irdres de lAifile noir et de lAigle roiipe, en lui témoi},'naiil les re^,'rets (lu'avait M. de Luccliesini de ne pouvoir. ù cause de son absence, exécuter à cet éj,'ard les ordres de S. M. Prussienne, d

CGCLXIX

'. l'IiAIIIIAL AN Xlll (-24 MAI 1805).

Ml.MSTÈRK IIK I.A IV.LICE GÉNKRALi:. — BULLKÏIN DU 5 PHAIRIAL.

l'aris. /Ju/juc et Uossolin '. — Les papier? de ces deux prévenus, restés jusqu'à ce nuiment dans les bureaux de la préfeclure de police, ont été apportés aujourd'hui au ministère pour établir les délits et preuves à mettre sous les yeux de la justice. Le ministre, soupçonnant •pi'une des lettres adressées à Dubuc avait une écriture à l'encre synipatlii(|ue bleue, cachée sous l'encre noire, a fait préparer une ('(nnposilion chimique, et sur-le-champ, en présence du magistrat de sûreté, qui en a dressé procès-verbal, il a fait paraître l'encre sympathique, et au lieu de la lettre à encre noire, on a lu celle ci-après du baron d'Imberl à Dubuc : « Je reçois enfin, mon cher Didtiie, votre lettre du iO février, par laquelle vous m'annoncez que M. Pi I rénaux vous a l;nl passer vos fonds et doit continuer successivement ainsi que nous en sommes convenus. Dieu soil loué I Vous aurez reconnu, mon cher, que ces i-etards ne venaient pas de nous et

1. Voir plus haut, p. 7S3. .Napoléon, de Milan, avait écrit à Fouché : i" Le '20 lloréal an Xlll : <■ Les nommés I)id)uc cl Hossoiin doivent être fusillés. Vous devez me soumettre un rapport propre à être imprimé, sur lequel je niellrai le renvoi à une «Commission militaire Cet ordre est absolument nécessaire dans la situnliim des choses. .■ 2" Le 20 lloréal : « Jai ordonné quune Commission mililaire soit nonunée jiour juger les nommés Itossolin et Pierre Dubuc. Le gouverneur de Paris nommera celte Commission ; c'est une alîaire <|u'il faut finir en vingl-i|ualre heures. Il faut ensuite faire afficher et publier la sentance. Lorsqu'elle sera rendue, vruis jinurrez faire faire par le préfet de police un article qui sera imprimé dans le Moniteur. Vous aurez soin que l'acte d'accusation de ces deux individus soil bien fait. Vous chargerez Héal, ou tout autre conseiller d Etat, de la rédaction de l'acte d'aicusalion, et de donner les renseignements nécessaires h la Commission. Mon inlenlion est (|uil soil fait beaucoup d'éclat de celte afTaire, afin de faire peur, mais lorsqu'elle sera finie et terminée. Faites imprimer les pièces le pins lot possible. Beaucoup d'individus qui sont dans le même cas seront retenus jiîir les rumeurs d'inqjrobalion générale (ju'ils entendront. »

797 PARIS SOUS L'EMPIRE [i't mu ISOd]

vous n'en avez pas été plus contrarié que la personne qui avait donné les ordres les plus précis pour les prévenir. Ma dernière lettre, en date du 22 février, vous a informé que vous deviez tirer sur MM. Thornton et Power pour le remboursement de 25 livres que vous aviez déboursées en frais de bateaux, et que Rossolin devait se prévaloir par la même voie de 26 livres 5 shellings par mois, à compter du l*"^ janvier dernier. J'aurais bien désiré, mon cher Dubuc, pouvoir faire la demande des fonds que viuis souhaitez, mais vous devez sentir que, pour réclamer et obtenir une pareille somme, il est indispensable d'en indiquer l'emploi. Référez donc à votre prudence de nous faire connaître les événements heureux que vous méditez. Vous avez abandonné les communications par la côte. Les circonstances rendent presque inutiles nos projets sur Boulogne. Vous me paraissez occupé de la capitale, rien n'est mieux ; mais donnez-nous connaissance des bases de votre travail ; nommez-nous les personnes qui doivent y coopérer, et marquez-nous les moyens par lesquels nous pourrions le faciliter. Alors, mon cher Dubuc, il me sera aussi facile de vous faire créditer, soit pour les fonds que vous désirez, soit pour tous ceux qui pourront vous êtes nécessaires, qu'il me serait pénible et inutile de rien demander sur le simple exposé que vous m'avez fait. Sans doute que le prochain départ pour l'Italie, le mécontentement des chefs de l'armée, les nouvelles impositions et surtout la remise des corvées et la conscription forcée, tout rend le moment bien opportun pour frapper un graml coup ; n'en perdons pas l'occasion. En attendant, je dois vous répéter, mon cher Dubuc, que j'ai reçu, de la part du Roi et de Monsieur, les assurances les plus formelles pour tout ce qui peut nous intéresser, et soyez bien persuadé que, si vous aviez le malheur d'échouer dans notre entreprise convenue, le gouvernement vous traiterait avec la même distinction qu'il a accueilli dans le temps Georges et Pichegru. C'est ce que me charge de vous dire très expressément la personne qui nous est véritablement attachée, de même qu'à Rossolin. Je dois vous réitérer qu'elle a donné les ordres les plus précis pour la tranquillité et l'aisance de votre famille, et que vous pouvez compter, sous tous les rapports, sur son exactitude et sa loyauté. Dites maintenant à Rossolin que je le prie de me donner les plus minutieux détails sur ce qui se passe, sans oublier ceux que je vous demandais par ma lettre n'>4: quand est partie et qu'est devenue l'escadre de Rochefort, de Toulon, de Brest, de Lorient ; les mouvements des flottilles, des armées, le travail des bureaux que vous m'aviez fait espérer. Enfin, à présent que les communications sont rouvertes, activons notre

(24 MAI 1805] l'AllIS SOUS I.'EMPIUE 798

correBuoiulnnce el domu'z-inoi de vos nouvelles au moins une fois par semaine : la peiPonnc le «lésire el vous en prie, el moi, mon cher Diiliuc, je vous embrasse de lout mon cœur el allends avec impalient-e le monniil Ii.iikmix où vous me mellre/. à même de pouvoir parlafjor cl v<»s périls el vos Iravaiix. Adieu, ré|)onse courrier par courrier; car voilà Irois malles sans avoir pu nous donner aucune nouvelle. Sitjné : Imbiîht. »

(Ar»-h. ntit., AF iv, 1493.)

ll.M'I'OHT DK LA PHÈKECTUHE DK POLICE DU MÊME JOUR.

/{touillons. — Le bruil se répand (]ue, mardi et mercredi dernier, Il's IloUilles de Boulogne el d'Ambleleuse ont été attaquées sur loute lu li^no, que l'action a été vive et que, partout, les Anglais ont été repoussés, el ne nous ont fait aucun mal. On ajoute que l'on croit, à Boulogne, que celle attaque doit être bientôt suivie d'une autre, mais <|ue partout on est en mesure pour se bien défendre.

Commerce. — Des lettres, reçues dans le commerce, annoncent que les mesures [irises contre les introducteurs de marchandises anglaises à Anvers et villes environnantes les ont tellement épouvantés que plusieurs d'entre eux, même des pro|)riélaires el dépositaires de ces tuarcbandiscs les ont bridées, dans la crainte d'être saisis.

Cour (le justice criminelle. — La Cour de justice crimit)elle et s|)Cciale a condamné, hier, à la peine de huit années de fers et à l'exposition, le nommé Martin, prévenu d'avoir, à l'aide de faux, en écritures authentiques et publiques, volé 100.000 francs à divers iTéanciers de TLlal.

Jou)naux. — Deux seules nouvelles se font remarquer, aujourd'hid dans les feuilles, et elles appartiennent à la Gazette de France. L'une porle que }{. l'ilt, pressé de rassurer les négociants intéressés au commerce des Indes-Occitlenlales sur les inquiétudes (pi'ils c(>rouvaient relativement à la Jamaïque, leur avait simplement répondu que le gouvernemenl biilanniquc avait envoyé dans ces parages les secours ipi'il avait jugés nécessaires. L'autre, d'après un journal américain, ilonnc à croire que les espagnols de Porlo-Plala (ile Saint -iJoniiiiiqui'), sommés par vingt-cinq nègres, porteurs d'ordre de De^salines, tic su rendre à ce chef i\e^ noirs, avaient trouvé le moyeu de les attirer a terre, où ils furent tous tués, à l'exception de «elui qui les commandait el qui fut renvoyé à Dessalines.

Jhursc. — La nouvelle des su^ccés complets de la flotte de Kocheforl

799 PARIS SOUS L'EMPIRE [24 mat 1805]

et de sa rentrée n'a été connue qu'après la dernière Bourse ; elle n'a

pu qu'ajouter encore au résultat satisfaisant de celles qui l'avaient

précédée; en effet, les affaires ont été multipliées, la hausse de tous

les cours n'a éprouvé aucune conlradiclion, et la clôture s'est faite

dans les dispositions les plus favorables. — o 0/0, jouissance de

germinal an XIII, 59 fr. 65, 70, 75, 85, 90, 60 ; 59 fr. 80 ; 59 fr. 75,

90. Actions de la Banque de France, 1.275 francs ; 1.275 fr. 50;

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