V.lir pins haiil, p
u. Cette pièce n'est pas Jolntei
823 PARIS SOUS L'EMPIRE [5 iuin 4 805]
maniiM'e positive, l'envoi d'un autre agent à Paris désigné sous le nom de Michel. On a les plus fortes raisons de croire que ce Michel doit être ou le nommé Cocampot ou le nommé Laa \ tous deux enseignes de Toulon, affidés de d'Imbert. Il apporte des liqueurs pour les correspondances, car il paraît que Dubuc n'avait pu réussir à faire sortir les encres. De plus il doit vérifier le travail de Dubuc et remporter des mémoires bien rlétaillés rie ses opérations pour déterminer le plan définitif d'action. Les ordres sont donnés en Hollande, à la frontière et sur la côte, pour l'arrestation de cet individu. On a adressé à M. le maréchal Monce}' et au général Marmont les signalements de Cocampot et de Laa, avec l'itinéraire donné à Rossolin par M. d'Imbert. Cet itinéraire, trouvé dans les papiers de Rossolin, est intitulé : Divei'ses routes de Paris à Rotterdam, et indique en détail tous les lieux oii l'on demande les passeports, ceux où on ne les demande pas, les auberges où il est bon de loger, etc. Enfin on remarque de d'Imbert qu'il désire voir établir par Dubuc une voie de correspondance par la côte entre Calais et Dunkerque. Le moyen de la boîte de fer est celui qui a toujours été pratiqué sur la côte de Normandie et de Saint-Malo. On la dépose dans un lieu convenu, où on va la prendre soit de la mer, soit de la terre. Quand le lieu ne peut pas être déterminé avec assez de précision, un homme se tient sur la côte et bat le briquet pour faire signal à la chaloupe. La correspondance de M. d'Imbert par Calais (car il paraît certain qu'il en a une par là depuis longtemps), et très bien suivie, sera le sujet d'un article particulier au Bulletin suivant -. . .
Dubuc et Rossolin. Fonds. — M. le conseiller d'Etat, préfet de police, a soumis à S. E. le sénateur-ministre im rapport sur les fonds provenant de Dubuc et Rossolin, condamnés à mort comme espions.
Les fonds déposés à la préfecture se montaient à 29.581 livres.
Il a été remis à Dubuc et Rossolin .... 240 i. , . , .„
\ 1 . 440 — A l'agent qui les a fait arrêter 1 .200 1.
Reste encore 28.141 livres.
M. le conseiller, préfet de police, propose d'accorder sur cette somme à l'agent secret une nouvelle gratification de la somme de
1. En marge, de la main de Fouché : « Ce Michel n'est ni Cocampot, ni Laa, ni l'envoyé du comte de Lille, qui doit être à Paris sous ce nom. Celui-ci est un simple commissionnaire, et dont le nom est réellement Michel, jadis cuisinier chez le roi. »
2. En elfet, il y a dans ce Bulletiv un article de Boulogne : Police, vommis^ait-c général.
15jnNlH0r.| l'AlUS suis I.KMI'IIU-: 824
l.-2(M> livres, el (l<^ faire payer à M. Vcvral, in«|tecleiir général, qui a suivi colle aHain', 1.5(10 livrer, même somme à M. Borlrand, chef He 1,1 !••♦ liivisioii, el de faire verser à la caisse la somme de 25.441, restante, |iour remplir le ilélicil épronvé sur les dépenses secrètes, pour lellel rélniaclif donné à larrêlé du H floréal ;in XII. Les effets apparleuanl aux iWux condamnés, et qui sont sous les scellés dans leur domicile, seront vendus. Le prix servira d'ahord à acquitter les dettes qu'ils peuvent avoir laissées et le surplus, s'il y en a, sera également versé, et pour le même objet, à la caisse des dépenses secrètes de la préfecture. S. E. le sénateur-ministre a suspendu sa décision ju<(]u'.'i ce que Sa Majesté ait pron(»ncé. Les fonds trouvés chez Didiuc et l{(»ssolin, et ceux remis pour eux depuis leur arrestation, provicHuent évidemment du gouvernement anglais ; il ne peut conséquemnteril y avoir de difliculté à en disposer. Quant aux effets qui sont «ous les scelles et aux l»ijoux (pu ont été dé|)Osés à la préfecture, la conliscation des condamnés n'étant point prononcée par le jugement, leurs héritiers seraient peut être fondés à les réclamer. Dans tous les cas, leurs créanciers, qui sont des ouvriers el marchands de l'aris, paraissent y avoir droit. Les dettes déjà connues se montent il 1.64G livres; il est possible qu'il parvienne de nouvelles réclamalions, et que le produit de la vente des objets qui sont sous les scellés soit insuffisant pour les acquitter. Pour éviter ces discussions et les plaintes des créanciers ainsi que de la famille, il serait peut-être préférable de laissera leur disposition, tant les bijoux et autres effets personnels déposés à la préfecture, que les effets sous les scellés ^
FouciiÉ.
(Arcti. ii.if., Al'"iv, 149:].)
HaIM'OHT de la préfecture DR POLICE DU MÊME JOUR.
Journaux. — Les journaux ne donnent aujourd'hui presque aucune nouvelle de l'étranger; ils n'offrent que les extraits de papiers anglais
I Ail sujfl (le la coml.imnaliùn de Dubiic et Rossolin, Napoléon écrivit à i-'ourlié : 1» (le .Milan, le H prairial an .\lll : « Il faut espérer que la punition de ce iniséralile Uul)iic servira dexeinple, et (lu'cnfin une crainte sérieuse prendra les misérables (|iii se vendent toujours à l'Angleterre. Hedoublez de surveillance Il l'aris, et lùcliez den découvrir d'autres, s'il y a lieu » ; 2» du château de Montironc. le 2."; prairial : .. .Mon intention est que, des 31.6G1 francs qui ont été pris Mir DiihiK-, pas un sou neutre dans la caisse de la police, et qu'ils soient dis- Iril.ués à luttent secret (jui a ilécouverl lalFalre. Vous me ferez connaître cet affciil secret. Je n entemls pas (|ue personne s'empare de ce qui ap|iartient à ceux qui ont servi ; celui ou ceux ipii ont denictié cet homme auront les ai.6Gt francs : voilà ma décision. »
82r, PARIS sous L'EMPIRE [5 juin 1805]
que faisait lire, hier, le Moniteur. L'Argus a fait sur le? dernières discussions du Parlement d'Angleterre, relativement à la pétition des catholiques d'Irlande, des réflexions très étendues qui sont copiées aujourd'hui dans quelques autres journaux. On lit dans quelques feuilles qu'un schooner anglais, se rendant à la Barbade, a rencontré un bâtiment allemand, ayant à bord deux cent cinquante émigrants, tant de Suisse que des Pays-Bas , se rendant à New-York , que ce bâtiment, faisant eau de toutes parts, voguait déjà depuis cent soixante-dix jours ayant perdu ses mâts et n'ayant plus de vivres ; qu'on ne put recueillir à bord que deux cent vingt de ces émigrants, et qu'on fut obligé d'en abandonner trente à leur sort déplorable ; quarante de ces malheureux périrent de famine dans la traversée ; les autres arrivèrent à la Barbade dans le plus grand dénuement. — Dans le Journal du Commerce on lit qu'une députation des colons de Saint-Domingue, membres du Comité colonial près Son Excellence le ministre de la marine, s'est rendue à Auleuil, chez M'"'' de 'l'alhouet pour féliciter le général Lagrange, sur le secours qu'il a jeté à Santo-Domingo, et le remercier, au nom de leurs compatriotes, des témoignages flatteurs que ce général sera à même de rendre à Sa Majesté du zèle et du courage des colons de Saint-Domingue, restés sous les ordres du général Ferrand, qui, au moyen du secours amené, ont repoussé les nègres.
Spectacles. — On a donné, hier, au Théâtre de l'Impératrice, rue de Louvois, une nouvelle comédie en trois actes et en vers intitulée les Descendants du Menteur '. Cet ouvrage, dont le fond est à peu près nul, n'a réussi que par le style et les détails; la versification en a paru faible et les idées exprimées avec une originalité assez piquante. Cette pièce, du reste, n'intéresse en aucune manière l'opinion publique. La représentation a été très calme.
Événement. — Hier, à la troisième section de la Cour d'appel, pendant que M. le substitut du procureur-général impérial portait la parole dans l'atTaire de la prétendue marquise de Douhault, un sieur Delorme, avocat à la cour d'appel de Poitiers, distribuait dans la salle d'audience un imprimé in-4° de deux pages d'impression, ayant pour titre : Invocation d un avocat étranger au barreau de Paris, à V équité des magistrats composant la cour d'appel, troisième section. Cet avocat sollicitait, par cet écrit, un délai, pour avoir le temps de faire connaître les moyens de la dame de Douhault. Indépendamment de la distribution de cet imprimé, il cherchait dans la salle à apitoyer