Par Armand Charpentier
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le pul.lir -iir le sort -l..- celle dame M. Ségiiier. pinnier |»résidenl de la Cour daiipel. a fortement réprimandé cet avocat et a ordonné aux liiiissiiTs .le le conduire hors de Tenceinle du tribunal.
linursr. — Il ne s'est rien [>assé d'extraordinaire, et des négociations ni»uil»reiisf> oui cii |i'.iu- résultais un peu plus de fermeté pour le cours des rentes. Un a remarqué, comme liier, les achats de M. Kould et, do plus, ceux de MM. Petit l'aîné et Pelit jeune, ainsi que les ventes de M. Perrot. L'opinion des spéculateurs, à cet égard, est que les achats se font pour faciliter l'écoulement des ventes qui reslenl h faire avec de gros bénéfices. On s'aperçoit, dans le commerce, que les sucres, cafés et objels de teinture sont très offerts et inclinent forteminl à la baisse. — 5 0/0, jouissance de germinal an XIII, «II fr. .")(), .M. .\cli<.ns de la Banque de France, 1.302 fr. 50.
Dubois.
{\\c\i. nat., F', 3833.)
CCGLXXXII
17 PHAllUAL AN XllI (6 JUIN 1805).
MiNISTÈHE DK LA POLICE GÉNÉRALE. — BULLETIN DU 48 PRAIRIAL.
. . . Cliajiellc clandestine. — On a rapporté plusieurs fois au sénateur ministre qu'il existait chez la dame Hocquart, rue Payenne. n*> 498, une chapelle secrète, desservie par un prêtre réfractaire. Rap|)orts que depuis l(ingten)ps on ne faisait aucun usage de celte cha()elle. Une dernière note, ilu 4 lloréal, en confirmant les précédentes, portait expressément que la préfecture était trompée, qu'on disait la messe dans celle cliapelle tous les jours à huit heures, que M. Duval en était ranniniiier ordinaire {Bulletin du 14 floréal). Ce nouveau renseignement a été transmis à la préfecture. Elle assure qu'il n'est pas ex^çt, il'après une vérification faite avec soin. La chapelle, fermée depuis plusieurs années, n'a pas été rouverte. La dame Hocquart fréquente
l'église des Minimes
(.\rcli. nat., AFiv, 1493.)
Rapport dk la i'Hkfecture de police du même jour.
Joitriiaur. — Li'« journaux ne ronfermenl aujourd'hui que des extraits ou des copies de ce que le Moniteur d'hier contient de nou-
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velles étrangères. Ils n'offrent, en matière philosaphique ou littéraire, rien qui puisse être l'objet d'une remarque essentielle.
Spectacles. — On a donné, hier, au Théâtre-Français, la première représentation d'une coméiiie en trois actes et en prose intitulée : Madame de Sévigné. A la contexture entière de la pièce, il a été facile de voir que Fauteur avait uniquement voulu produire en scène des caractères plutôt qu'une action. Tout consiste, quant au fond, à faire revenir le jeune Sévigné sur le plan qu'il avait dressé pour séduire une villageoise, que M™® de Sévigné marie à son jardinier. Cette intrigue a paru trop faible pour comporter trois actes fort longs, remplis de conversations et de détails qui ne présentaient pas tou- . jours un égal intérêt. L'esprit qui règne dans presque tout le rôle li'un chevalier dePomenars,amietconfi(lenlde M™« de Sévigné, mais surtout le jeu des acteurs ont soutenu jusqu'au dénouement cette pièce, dont les deux derniers actes ont été interrompus par de fréquents murmures. Elle est de M. Bouilly, connu par d'autres productions. On y a rien remarqué, au surplus, qui eût le moindre trait à la politique, ni même à la morale. Le bon ordre a été observé généralement pendant toute la représentation. Les costumes du temps de Louis XIV ont produit la sensation la plus agréable.
Bourse. — Plusieurs personnes ont dit, à l'ouverture de la Bourse, qu'il s'était fait beaucoup d'affaires hier soir, et que les cinq pour cent avaient été constamment en hausse. On a su également que l'on avait afliché l'escompte de 197.300 francs de rentes. Ces dispositions favorables ont produit d'abord l'effet que l'on devait en attendre; le cours s'est parfaitement soutenu; mais, ensuite, il a éprouvé plusieurs réactions, qui ont eu pour résultat une baisse très sensible, et si étonnante que les spéculateurs et des agents même ont dit hautement qu'il était impossible de deviner la cause d'un mouvement aussi extraordinaire, et qu'on ne pouvait l'attribuer qu'à la frénésie des joueurs. — 5 0/0, jouissance de germinal an XIII, Gl fr. 50, iO, 30, 40, Actions de la Banque de France, 1.300 francs.
Dubois.
(Arch. nat.,F^ 3833.)
Jl'i.N 1805] PARIS SOIS 1/EMPIRE 828
CCCLXXXllI
IS l'HAllUAL AN Mil (7 JUIN 1S05).
Ml.MSTKHE DK LA IMiLlCK C.KNÉKALE. — BULLKTIN DU 10 l'HAlHIAL.
. . .Anict'-e d'un émissaire d' linlierl à Paris. — Le niinislie avait prt'vemi If |iit'-rt.'l de |iolice de se leiiir sur ses gardes et de redoubler do surveillance, »|ue plusieurs agenls anglais élaienl partis de Londres pour Paris, enlre autres Laa et Cocampol, dont il lui a envoyé les signalotnenls. L'individu signalé pour être Laa est eirectivement arrivé le 13 à Paris, Il a été loger rue de la Jussienne, n" 434, et est parti p(tur Bordeaux, le 16, à 11 heures du soir. Le ministre a expédié un courrier, qui arrivera vingt-quatre heures avant lui, et qui, à son arrivée, remettra des instructions au conunissaire général de police à Uordeaux pour rechercher les alïidés qui sont dans celte ville. La direction de Laa coidiruie le soupçon qu'a fait naître une lettre «rindiorl, (ju'il avait des intelligences à Bordeaux. On peut conjecturer (pie les émissaires anglais sont maintenant en grande activité dans l'intérieur. Une personne de contiance écrit aujourd'hui d'Anvers à Son Kxcelleuce : « Je viens d'apprendre, par hasard, mais il'une manière qui me paraît infiniment certaine, que mardi et mercredi, 9 de ce mois, il est passé ici dans ces deux jours trois agents du gouvernement anglais, dont l'un, celui qui est passé le premier, se dirigeait sur U(»uen, et les deux autres aux environs des côtes de Flandre. Voilà l(jut ce que je [luis savoir de cette affaire. » Cet avis paraît d'aillant plus digne d'attention que Laa, étant arrivé à Paris par la diligenif de Bruxelles du 13, a pu passer le 9 à Anvers et être en effet un des trois agents signalés. Les ordres les plus pressants sont dttnnés pour imprimer une nouvelle activité à la surveillance des côtes de Flandre et de la Manche
(Anh. n.il., Al-'iv, 1493.)
HaIM'OHT DF, la l'HKFEnTUlU-: DE POLICE DU MÊME JOLK.
Jininiaiir — Siiivanl le Jinininl des Drhats, on liif que le sénat de la Hépiihlique li^iurienne vient de voter, par un décret, la réunion de cet Liai il IKmpire français. — M. Jaiihert, dil le Bulletin de V Europe, arlicle Constantinople, est arrivé en ladite ville, le 12, avec une lettre
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de S. M. l'Empereur des Français, qu'il doit remettre directement au Grand Seigneur. On assure que le divan ne tardera point, malgré les intrigues Je l'Angleterre, à reconnaître officiellement l'empereur des Français. M. le chevalier de Corral, ministre <i'Espagne près la Sublime-Porte, et M. deKœnig, chargé d'affaires de Suède, sont rappelés par leurs gouvernements respectifs. — Il est question, dans le même journal à l'article de Hambourg, comme nouvelle répandue à Berlin, d'un congrès qui doit s'ouvrir à Bruxelles pour la pacification générale de l'Europe. Le prince Joseph, à cet effet, est muni, est-il dit, de pouvoirs au nom de l'Empereur, son frère, et l'on donne pour certain que le gouvernement français a expédié les passeports du comte de Novosiltzoff, qui doit se rendre à Bruxelles comme plénipotentiaire de l'empereur de Russie. — Une nouvelle de New-York, donnée par le Journal de Paris, porte que, depuis l'expédition manquée par Dessalines contre Santo-Domingo, ce chef vit en complète mésintelligence avec son lieutenant Christophe, et que les rebelles manquent d'argent.
Bourse. — Les cinq pour cent ont encore éprouvé une forte baisse depuis l'ouverture du parquet jusqu'au moment de la clôture, où des demandes nombreuses ont un peu rétabli le cours. On a fait au-dessus de 61 fr. pour la fin du mois prochain. — 5 0 0, jouissance de germinal an XIII, 60 fr.50, 40, 33, 30, 60, 30. Actions des ponts, 1.440 francs.
Dubois.
(Arch. nat., F \ 3833.)
Journaux.
Courrier français du 19 prairial : « Paris, 18 prairial. S. A. S. Mgr l'archi-trésoricr est parti le 17 de ce mois pour se rendre près de l'Empereur. Il a été précédé de quelques jours ])ar S. E. le ministre des finances. Le départ de ces deux grands fonctionnaires nous donne lieu de prévoir que Paris sera prive plus longtemps que l'on ne l'aurait cru de la présence de ses souverains. »
CCGLXXXIV
Rapport dk la préfecture de police du iO praikial.
Bruits publics . — On renouvelle les bruits de guerre avec l'Autriche, et l'on dit qu'ils sont accrédités par l'arrivée d'un major
(8 JUIN 1805] l'Vms sous L'EMPIRE 830
pnissi.-ii ilu camp de Mug.lelK.urg. D'apn-s cet ollicier, M. rie Gobenzl serait reluurne à Vienne et il ne serait point question encore de lui donner un >;uc("esseiir. D'iipns le même, le comte dEste aurait quitté Mndrid par ordre 'le la Cour. On disait, hier, que le roi d'Angleterre avait assemblé sa famille, ses ministres et les gramis oflieiers de sa maison, pour leur témoigner le désir qu'il avait d'abdiquer en faveur du prince de (îalles. On ajoutait que, ce prince étant ami des Français, il fallait croire à une paix prochaine entre les deux puissances. — Lucien N(tél, l'inspecteur forestier de Fontainebleau, s'est brûlé la cervelle. Tout le commerce des bois dit que ce grand dilapidatcur des forêts impériale-; s'est rendu justice.
Journaux. — On remaniue parliculirrement dans plusieurs feuilles de ce jour, le Journal du Soir, le Jouniul de Paris, la Gazelle de France, le Journal du Co)ii>iierce, un chapitre de réflexions politiques qui tend à faire ressortir tout le ridicule d'un système adopté [)ar le ministère britannique pour donner le change à l'opinion publique en .\n,iileterre. <»ii y démontre que la conduite des ministres, dans la conjoncture critique où ils se trouvent, consiste à flatter les Anglais de quel(|ues sectmrs de la part de la Russie, et à employer cette l.icliquc, cha<pie f(»is que le gouvernemetU éprouve quelque nouvelle .ilaruir ou <|uelqiie calamité. On présente le gouvernement russe couime éclairé davantage de jour en jour sur la nature et le danger des insinuations du cabinet de Saint-James, et on y prévoit l'époque [teu éloignée où le jeune empereur des Russies connaîtra jusqu'à quel point le gouvernement de Londres avait répandu l'or et la corruption dans son Conseil et qu'un petit nombre de ses ministres, seulement, ont refusé de vendre à l'Angleterre les intérêts et la gloire de leur souverain. — Lg Journal du Commerce publie l'extrait d'une lettre écrite de la Marlini(|ue, le 2 ventôse dernier, où l'on donne une idée de l'état de prospérité auquel est parvenue la Martinique, par les soins de .M. Lauss.it, préfet colonial, vivement secondé à cet égard par le cipitain.'-gènèral, M. Villaret-Joyeiise » . — De son côté, IdiGazetIc de Fnmcr, paiini ses articles de Londres, en fait lire un portant que les parages de la Gu.ideloupe sont couverts de corsaires français qui ne cessent de faire de nouvelles prises et qu'on a également armé comme corsaire le Marquis de Lansdo/vnc , bâtiment armé de cinquante canons, qui avait été pris à la Dominique et auipiel on a donné
1. •■ (^'l iiiiiiiinislialcur est gcnér.ilement aimé et cliéri ; il n'épargne rien, de concert avec notre capitaine-général, M. Villarel-Joyeuse, pour la prospérité de callc intéressante colonie, où notre auguste souveraine a pris tiaissance. » (Journal du Commerce liu 20 prairial an Xlli.)
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le nom de Grand Bonaparte. — On lit quelques articles épars qui font parfaitement connaître l'incertitude des Anglais sur la destination des flottes combinées de France et d'Espagne, qui présentent, est-il dit, une réunion de trente-sept vaisseaux de ligne.
Dubois.
(Arch. nat., F', 3833.)
Journaux.
Journal des Débats du 20 prairial : « Paris, 19 prairial. La température continue d'être bizarre et fâcheuse. Hier on ne pouvait rester ni au soleil, à cause de son ardeur, ni à l'ombre, à cause du froid. Nous apprenons, par notre correspondance, qu'une partie du Nord de l'Allemagne était encore couverte de neige le 24 mai, et qu'on éprouve des chaleurs excessives dans nos provinces méridionales. Placés entre ces deux extrêmes, nous en recevons simultanément les influences. » — Courrier français du 20 prairial : » Paris, 19 prairial. On voit sur la |)rincipale porte d'entrée de l'Hôtel de Longueville l'écusson de l'Empire, et au-dessus : Ecuries de U Empereur etRoi.Les frontons des fenêtres de la façade portent la lettre N. » — Clef du Cabinet des Souverains du 20 prairial : « Paris, 19 prairial La Cour de cassation s'est occupée avant-hier du pourvoi en cassation de l'aveugle Bellanger S convaincu de tentative d'assassinat et condamné à la peine de mort. Cotte affaire a donné lieuàunescène fort extraordinaire. Un particulier inconnu au Palais, n'ayant produit aucun mémoire préalable, n'étant point revêtu de la toge, et ne paraissant pas avoir reçu de rai.ssion du condamné lui-même, s'est présenté pour plaider sa cause. Son discours, qui a été très long, a consisté en déclamations violentes contre l'arrêt de la Cour de justice criminelle. Il avait pour but d'excuser l'action de Bellanger et de présenter cet homme comme ayant été entraîné par la jalousie, et ayant tout au plus mérité six mois de prison; mais on n'y trouvait pas un mot sur la violation des formes, sur les moyens qui seuls entrent dans l'attribution de la Cour de cassation. M. le procureur général a requis le rejet du pourvoi. Aussitôt le défenseur s'est écrié qu'il demandait un délai de vingt-quatre heures, assurant qu'il produirait des moyens sans réplique, et qu'il constituait, au nom de l'Empereur, les juges responsables des suites du refus qu'ils pourraient lui faire. Les magistrats ont acquiescé à cette demande, et remis la cause à l'audience d'hier, en invitant le défenseur à produire des moyens par écrit. Dans cet intervalle il n'a été fourni aucun mémoire ; et la Cour, considérant <\nc le condamné Bellanger ni ses conseils n'avaient exposé aucun vice de forme, et trouvant d'ailleurs la procédure régulière, a rejeté le pourvoi. »