LUI
21 MESSlDOFt AN XII (10 JUILLET 1804)-
Ministère de la justice. — Tahlkau de la situation de Paris du 22 messidor.
.. .Spectacles. — Le 20, à la représentation du Tarliiffe, le passage : « Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude, etc. >- a été applaudi par la plus grande partie du parterre ; l'autre a gardé le silence, et n'a pas manifesté la même opposition â ces applaudissements qu'à la représentation précédente. La première des Bardes ' a généralement satisfait. Peu d'allusions, on ne s'est occupé que du spectacle. On a applaudi cette pensée :
Ce jour te sera prospère :
Ton soutien est un héros.
Plusieurs observateurs ont pensé que, si l'Empereur eût été présent l'enthousiasme se serait manifesté. Dans un autre où Ossian est félicité de ce qu'il recouvre sa couronne occupée, une partie du parterre a voulu applaudir, l'autre a demandé silence, sans tumulte. Il a paru qu'on ne voulait que suivre la représentation avec attention. (Arch. nat., AF iv, 1490.)
Journaux.
Moniteur du 22 messidor: « Paris, le 21 messidor. ...Samedi prochain, 14 juilh'l, les principaux théâtres donneront spectacle gratis. Le lendemain dimanche, à six heures du matin, la fête sera annoncée par une salve de trente coups de canon. A dix heures les troupes défdcront sur la place du Carrousel et borderont la haie jusqu'aux Invalides. A midi S. M. l'Empereur se rendra achevai à l'Hôtel des Invalides. Il y entendra la messe, et, au moment de l'évangile, tous les membres de la Légion d'honneur qui se troiivent à Paris prêteront serment entre ses mains. Avant le serment, le grand chancelier de la Légion d'honneur prononcera un discours sur le but de cette institution, uniquement destinée à conserver tout ce que le peuple français a voulu conserver en 1789; époque célèbre à jamais dans les fastes du monde et premier mouvement d'une révolution qui, terrible dans ses écarts, a été heureuse et glorieuse par ses résultats. Chaque citoyen, en se rappelant les maux qu'il a soufferts et les périls qu'il a surmontés, sera longtemps frappé
1. OssittH ou les llnidea, opéra yar Li' Sueur. Voir plus haut. p. 'J4.
101 PARIS SOUS L'EMPIRE [11 juillet 1804]
des dangers auxquels l'ordre social est exposé tout entier pendant le cours d'une révolution. La journée de la célébration du 14 juillet sera terminée [)ar l'illumination des Tuileries, par un concert et par un feu d'artifice »
22 MESSIDOR AiN XII (H JUILLET 1804).
Ministère de la police générale. — Tableau de la situation de Paris
du 23 messidor.
... Strangulation^ . — Le préfet de la Roër avait annoncé le suicide de Rondeau, économe de l'hùpital militaire d'Aix-la-Chapelle {Bulletin du 18 de ce mois). Il vient d'adresser au Grand-Juge les procès-verbaux authentiques des 13 et 14 messidor, qui constatent que ce suicide a été Teflet d'une strangulation exactement semblable à celle de Pichegru. Rondeau a employé, pour lien, trois cravates de batiste, et, pour tourniquet, le manche d'un martinet, dont les cordons ont été trouvés entrelacés dans les cravates. On a rappelé, tant dans le Bulletin du 18 messidor que dans ceux des 5 et 15 lloréal, deux autres exemples de pareilles strangulations. (Arch. nat., AF iv, 1190.)
Journaux.
Journal des Débals du 23 messidor : « Paris, 22 messidor. ... Le costume des princes de l'Empire, à la cérémonie du couronnement, sera, dit-on, une tunique blanche, ceinture de même couleur, manteau blanc semé d'abeilles en (ir, bas et souliers brodés en or, chapeau relevé par devant avec une plume blanche tlotlante. Les grands dignitaires de l'Empire porteront aussi le manteau; celui du grand électeur sera de couleur pouceau, celui de l'archichancelier de l'Empire de couleur viohHte : ces manteaux seront aussi parsemés d'abeilles en or. » — « Le quai nona[)arte occupe en ce momenttrois cents ouvriers. Les matériaux nécessaires àrachèvcment du quai sont en partie réunis, et la vigueur avec laquelle les travaux sont jioussés promet qu'ils seront bien avancés à la fin de cette campagne. » — « A la grande parade de dimanche, la présence de Sa Majesté Impériale excita le plus vif enthousiasme, et cet enthousiasme fut exprimé, ainsi qu'on Ta iléjà dit, par de longs applaudissements et des cris nombreux de Vive l'Empereur ! Vive Bonaparte , Dans l'enceinte étroite d'une salle de spectacle, la tlatterie ou la malveillance peuvent également payer des voix mercenaires et- faire cnlendre des accents qui n'expriment rien que la vénalité de quelques misérables et les maïKi'uvres corruptrices de quelques agents perfides; mais dans une vaste place publique,