‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 3 sur 221 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

an VIII, et le Journal des Hommes libres (Bib. nat., Le 2/739, in-4"), républicain, dont le dernier numéro est daté du '27 fructidor an MIL

Deux autres journaux, menacés, persécutés, furent forcés de changer de titre : 1" le Citoyen français, républicain, mais dont le républicanisme ne se montrait guère que par le choix des nouvelles, et qui devint, à partir du 26 vendémiaire an XIII, le Courrier français (Bibl. nat., Le 2/1013, in-4°) ; 2" le Journal des Défenseurs de la Patrie, incolore et dont le genre d'opposition au gouvernement nous échappe. Ce journal, à partir du 1" vendémiaire an XIII, s'appela Bulletin politique et général de i Europe, et, à partir du 1" germinal an XIII, Bulletin politique et littéraire.

Les sept autres journaux avaient gardé le même titre. C'étaient : 1" le Moniteur universel (Bibl. nat., Le 2/113, in-folio), officiel depuis le 7 nivôse an VIII ; 2° la Gazette de France (B'ûA. nat., Le 2/1, in-4°) ; 3" le Journal des Débats (Bibl. nat., Le 2/148, in-folio) ; 4» le Journal de Paris (Bibl. nat., Le 2/80, in-4") ; 5° le Publiciste (Bibl. nat., Le 2/751, in-folio); 6° la Clef du Cabinet des Souverains (Bibl. nat., Le 2/932), in-4°); 7° le Journal du Soir des frères Chaignieau (Bibl. nat., Le 2/412, in-4'').

Parmi ces journaux, le Journal du Soir, la Clef du Cabinet (qui sera supprimée à la fin de l'an XIII) et le Publiciste, qui empruntent presque toujours leurs nouvelles aux autres journaux, nous sont de peu d'utilité pour notre sujet. Nous avons trouvé peu de renseignements dans le Bulletin politique. Le journal qui, au début de l'Empire, donne le plus de nouvelles propres à faire connaître l'esprit public, c'est la Gazelle de France. Vient ensuite le Journal des Débats. Ces deux journaux sont rédigés par des royalistes, mais si masqués et si prudents que nous ne surprenons presque jamais leur opinion. Le Courrier français est assez instructif. Le Journal de Paris ne nous est guère utile que pour les nouvelles littéraires. Le Moniteur, quoique officiel, a des informations diverses qui sont assez curieuses. C'est un journal dont quelques numéros sont presque aussi lilb-raircs que politiques.

X INTllODUCTION

L";tiT('t('' du "^^7 iiivùsc an Mil n'avait ainsi réduit le nombre des journaux et ne leur avait ôtc la liberté que « pendant la durée de la guerre ».

Ouand la guerre prit fin, larrèté nu lut pas rapporté.

Sans doute, à l'époque de la pacification générale, trois journaux nouveaux parurent, mais ol'ficieux, gouvernementaux, à savoir : 1" le Bulletin de Paris (Bibl. nat., Le 2/1024, 2 vol. in-S"), qui commença à paraître le 20 ventôse an X, et qui n'existait plus au début de l'Empire (son dernier numéro, dans l'exemplaire de la Bibliothèque nationale, est daté du 2 pluviôse an XP); 2° un journal, en langue anglaise, rédigé par des agents du gouvernement, llie Argus, or Lonclon Review'd in Parus, qui parut de brumaire an XI à juillet 1810, et qui est une feuille de polémique contre l'Angleterre (Bibl. nat.. Le 2/1026, in-4°) ; 3° le Mémorial anli-britannique , que Napoléon fit rédiger par Barère dans le même dessein, à partir de vendémiaire an XII : il prit, en germinal an XIII, le nom de Mémorial européen^ et, de messidor an XIII à mars 1810, époque de sa disparition, il eut pour titre : Le Mémorial européen et le Bulletin historique et littéraire réunis (Bibl. nat.. Le 2/1028, 1029 et 1030, m-4<^)\

L'Argus nous avait fourni, à l'époque du Consulat, quelques nouvelles mondaines. Nous n'y avons, au début de l'Empire, plus rien trouvé d'intéressant pour notre sujet qui ne se trouvât aussi dans des journaux en langue française. Même remarque pour le Mémorial anti-britannique.

Il ne parut aucun nouveau journal politique en dehors de ces feuilles gouvernementales. Les anciens journaux furent l'objet d'une surveillance de plus en plus rigoureuse. A la fin de la première année de son règne, Napoléon, dans ses lettres à Fouché, exprimait des sentiments de colère à l'endroit des

i . Sur ce journal, rédigé au début par Regnaud de Saint-Jean d'Angély, voir Le PoiUevin, La libcrlé de la presse depuis la Re'volulion, p. 123 et 124. — M. Le Poiltevln dit (lue le dernier numéro est daté du 1.") prairial an XI. Il a donc eu entre les mains un exemplaire plus complet que celui de la Bibliothèque nationale.

2. II parut aussi, à Paris et à Londres, du 20 juin 1802 au 4 septembre suivant, un journal insignifiant pour notre sujet : Courrier de Londres et de Paris, par M. de Monllnsier flHbl.nal.. Le 2/102:;, in-folio).

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