‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 4 sur 221 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

journalistes qui reproduisaient des nouvelles militaires ou diplomatiques d'origine anglaise, ou qui ne donnaient pas assez de développement aux nouvelles favorables à sa politique. Il fit la menace de réduire les journaux au nombre de sept. Le 30 floréal an XIII, il décida que le Journal des Débals serait soumis à la censure préalable, et ordonna à Fouché de lui donner un censeur, dont les appointements seraient payés par le journal lui-même*.

Quant aux journaux non politiques, qui d'ailleurs ne sont pas plus libres que les journaux politiques, ils nous ont fourni aussi quelques éléments, notamment le curieux Journal des Dames et des Modes (Bibl. nat., Le 14/4, in-S", Réserve), et l'intéressant Courrier des Spectacles (Bibl. nat., Inventaire, Z 5325 et suiv.).

Il y a un journal qui ne figure pas dans la liste des journaux politiques maintenus par l'arrêté du 27 nivôse an Mil : c'est le Journal du Commerce, que publiait, depuis l'an III, l'imprimeur Antoine Bailleul, frère du conventionnel Jacques-Charles Bailleul, et qui, depuis le '27 pluviôse an VIII, s'appelait Journal du commerce, de politique et de littérature (Bibl. nat., Le 2/833, in-folio). Ce journal est souvent cité, soit dans les autres journaux, soit dans les rapports de la préfecture de police. Une singulière méprise a fait que je n'ai pas pu m'en servir pour la période antérieure au mois de prairial an XIII, et que je n'ai commencé à en donner des extraits que dans les dernières pages du présent volume. Quoique le catalogue de l'histoire de France à la Bibliothèque nationale (tome XI, supplément) indiquât l'exemplaire de ce journal comme complet, de l'an III à 1817, chaque fois que je faisais un bulletin pour le demander (et j'ai bien fait au moins six bulletins dans cette vue), on me répondait invariablement qu'on ne trouvait rien en place au delà de l'an VIII. Enfin, au mois d'avril dernier, l'obligeance de M. le conservateur des imprimés me mit en présence de l'exemplaire même, dans le magasin, et je constatai que les indications du catalogue étaient exactes, que la Bibliothèque nationale possédait bien toutes les parties du

1. Voir plus loin les notes aux pages 124, 73o, 738, 739, 74C, 7o4, 786, 7S7.

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.îoiii'nal (la Commerce (|ui se rapporlcnl au Consulat cl à lEmpirc. La cause de la méprise, c'est que ce journal est in-quarto jusqu'à l'an VIII, in-l'olio ensuite. Ce changement de format avait fait croire aux employés chargés de la recherche qu'après l'an Vlll c'était un autre journal, sans qu'ils eussent, pour aucune des demandes que j'avais faites (en indiquant pourtant le format in-folio), pris la peine de lire le titre des volumes in-folio. Comme je n'avais pas pu trouver ailleurs d'autre exemplaire du Journal du Commerce^ j'avais dil me résigner à me priver de cette source. Heureusement un coup d'œil rétrospectif m'a fait voir que la plupart des nouvelles qui, dans ce journal, sont relatives à l'esprit public se rencontrent aussi dans les autres journaux.

Une dernière remarque :

Les journaux ne sont pas seulement représentés dans ce recueil par les extraits que j'en ai faits moi-même, mais aussi par des analyses ou des citations qu'en donnent, fort souveni, les rapports de la Préfecture de police. Là, il ne s'agit pasuniquement de Paris, mais aussi de l'étranger, de la guerre et de la diplomatie. Je n'en ai pas moins cru devoir reproduire en entier ces parties des rapports, parce <{u'il s'y trouve des indications précieuses sur la manière dont la presse parisienne informait alors ses lecteurs et aussi sur la manière dont la police exerçait sa surveillance sur cette presse.

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