Velle-sur-Moselle
HaI'ImiRT de la PMÉKECTUKK de police du 2 IHL'CTIDOR.
Réunions. — On répand maintenant dans le public que décidément la descente en Angleterre n'aura point lieu et qu'elle est impossible dans le moment actuel, où nous louchons à une guerre continentale. Les uns disent que Sa Majesté a bien eu l'intention de faire cette expédition dès le commencement de la rupture avec l'Angleterre, mais que, la direction des cabinets de l'Europe ayant changé de nature, on ne terminait les dispositions maritimes que pour tenir les Anglais en échec, entraver leur commerce et préparer en même temps plusieurs grands corps d'armée pour la guerre du continent. Les autres donnent pour certain que la Russie, l'Autriche, laSuède et même laPrusse sont décidément coalisées; que la cour de Londres a pris avec l'empereur d'Allemagne l'engagement de soudoyer trois cent mille hommes et que l'armée russe estdéjà décent quarante mille. On dit que la tournure que prennent les affaires doit faire craindre une grande commotion, qu'à coup sûr on veut révolutionner l'Allemagne, ainsi que la Suisse et l'Italie ; que les émigrés rentrés, même ceux qui ont obtenu des places, ont conservé des liaisons avec les Bourbons et les servent ici de tous leurs moyens; qu'ils ont l'ordre formel d'accepter les emplois qui leurs seront offerts, et même de les solliciter, pour pouvoir trahir avec plus de facilité le gouvernement; qu'il y a eu une réconciliation entre tous ceux qui restaient de la minorité de l'Assemblée constituante et leurs adhérents et ceux qui, émigrés ou non, n'avaient jamais varié, et qu'enfin le gouvernement français était trompé au dedans et au dehors. On assure que le gouvernement a demandé à la Banque de France 24 millions pour payer l'inaction de la Prusse; que la Banque les ayant refusés en disant que, si l'on insistait sur cet emprunt, elle retirerait tous ses billets de la circulation, on offre à la cour de Berlin une délégation sur le produit de la vente de la Louisiane, qu'elle a refusée à son tour, parce que l'Angleterre lui a assuré, ajoute-t-on, 36 millions, si elle veut se prononcer contre la France. On continue de parler de la manière dont le roi de Sardaigne a quitté Home. Ce prince était, dit-on, gardé à vue, depuis quelque temps par les Français; il en fut averti et fit part de ses inquiétudes à quatre seigneurs russes, qui vinrent le voir. Ceux-ci lui conseillèrent de dis-
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simuler et lui promirent de faciliter son évasion, et, en effet, quelques jours après, au moment où l'on croyait le roi en société, chez lui, avec ces mêmes étrangers, il s'échappa et parvint à se rendre à Gaëte, dans les Étals de Naples, où un bâtiment l'attendait. On dit que trente hommes, chargés d'enlever le comte de Lille, sont arrêtés; qu'on instruit leur procès dans ce moment ; on ajoute que M'^e di; Staël, se trouvant à Hambourg et ayant eu connaissance de ce projet d'enlèvement, en a l'ait prévenir les intéressés, et enfin que les préfets des départements frontières empêchent cette nouvelle de pénétrer dans l'intérieur. C'est par le commerce que toutes ces nouvelles, et en général toutes celles de l'étranger arrivent à Paris; ce sont les négociants qui publient tous les mouvements et les intrigues des cabinets et qui démentent le plus souvent, dans les sociétés, les faits consignés dans le Journal officiel.
Chouans. — On dit que beaucoup de Vendéens ont des fusils démontés et dont les pièces sont toutes cachées séparément ; que les canons de ces fusils sont dans des fagots de menu bois ; qu'ils ont de la poudre également bien cachée, et qu'ils veillent avec soin à ce que rien ne dépérisse ; et qu'enfin, il existe, dans ces contrées, des pièces de canon enfouies soigneusement dans la terre, mais que ce secret n'est confié qu'à peu de personnes, l'infidélité de quelques Chouans en ayant déjà (ait découvrir plusieurs.
Étrangers. — Le prince de Galitzin part aujourd'hui, et le chargé d'affaires de Russie doit, dit-on, partir aussi jeudi prochain.
Spectacles. — Hier, au Théâtre du Marais, on a applaudi vivement le passage suivant : « Ah ! quel épouvantable fléau nue celui de la guerre. Quand viendra donc cette paix si ardemment désirée ? »
Journaux. — Un article d'Allemagne, daté de Francfort, le 26 thermidor, est commun à plusieurs journaux, mais a paru plus précis dans la Gazette de France. Il y est dit, et comme nouvelle confirmée par des lettres de Stuttgard, que les États Provinciaux de Wurtemberg se sont adressés au gouvernement français pour solliciter sa puissante intervention auprès de l'Électeur, relativement au maintien de la constitution du Wurtemberg, Il est question, portent les mêmes nouvelles, de représentations verbales que M. Dideiot, ministre français, doit avoir faites auprès du ministre de Stuttgard. Il est question, dans le public, est-il dit encore, de quelques représentalidus qu'une gramle puissance a faites auprès de la cour de Vienne, à l'égard des projets d'agrandissement de cette puissance en Souabe. Dans le môme journal se lit une lettre adressée aux rédacteurs de la (Jazette de France et signée Fe/.ct, officier de n)arine. Cet officier, dans
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l'exfji'ession de son patriotisme, témoigne du regret de ne pas voir les corvettes et frégates de la marine française employées surtout à donner la chasse à tous les bâtiments de commerce anglais; mais, ajoute-t-il, par réflexion, le gouvernement qui, dans sa sagesse, a dû méditer et adopter la marche la plus sûre pour réduire l'Angleterre, a mieux aimé lever la massue d'Hercule, qui terrasse du premier coup, que de se servir de moyens dont le temps seul peut assurer le succès. Nota : l'opinion particulière de ce journal en politique n'est pas toujours très caractérisée ; mais si on en juge par l'insertion des lettres ou nouvelles relatives au gouvernement anglais, elle prouve une juste haine contre l'ambition et la perfidie de ce dernier. — Un article de chronologie, dans le Citoyen finançais, montre au grand jour le caractère principal de ce journal, tout dévoué à la plus grande tolérance religieuse; il est question dans cet article îles États généraux tenus à Fontainebleau en 1360, pour traiter des moyens de remédier aux troubles religieux ; on y trouve, d'après Sainte-Foix, le détail de la fête horrible dans laquelle Catherine de Médicis avait fait tracer un simulacre de la Saint-Barthélémy. — On distingue dans le Journal de Paris des considérations assez détaillées et très intéressantes sur l'extrême et rapide accroissement de la Russie, dans les diverses contrées, soit d'Europe, suit d'Asie et plus particulièrement sur l'établissement qu'elle cherche à former dans les îles de la Méditerranée.
Pont du Jardin des Plantes. — Les travaux sont toujours dans la même activité, mais la hauteur de la rivière empêche de travailler aux piles. . .
Bourse. — Des négociations de rentes très nombreuses ont eu le résultat le plus défavorable ; le cours a éprouvé une baisse très forte, avec une rapidité inconcevable. Il est probable que des ventes retardées ont contribué à ce mouvement, mais on l'attribue plus essentiellement à l'inquiétude que causent les bruits et les conjectures relatifs à la guerre. La liquidation s'annonce comme très orageuse, et l'on a déjà des doutes sur plusieurs personnes dont l'absence a été remarquée aujourd'hui. Les négociations du papier sont extrêmement difficiles, et l'on assure que la Banque n'a pris à l'escompte, depuis quelques jours, que 2 ou 300 fr. par action. — 3 0/0, jouissance de germinal, 53, 93, 90, 80, 70, G3, 60, 35, 50, 45, 40; idem, jouissance de vendémiaire an XIll, 33 fr. 13. Actions de la Banque de France,