I. l'aujas élail protosscur de géologie au Muséum
-. Il y avait trois adininislraleurs <lo la lolerif, iiiipéiiale. L'.Ui/uiikic/i impérial pour l'an XIII, p. :J08, indiipiu .\l.M. Tti.iliaii<l et Devaisne, et laisse en Itl.nne le troisième nom.
[30 >KiTEMBRK 1804^ PARIS sous L'EMPIRE 288
fois ouvrier arquebusier; qu'il n'a cessé, depuis le comineuceuienl de la guerre avec l'Angleterre, de faire de fréquents voyages à Londres, t't sous des noms différents ; qu'il affectait de dire à Paris qu'il était proscrit en Angleterre et que sa tête y était mise à prix ; que, pour Couvrir le but de ses voyages, il parvint à obtenir du ministère de la marine une mission à reffel d'aller établir à Brest des filtres pour les vaisseaux ; qu'il réussit même à obtenir des fonds de ce même minislè-e pour cette prétendue entreprise, qui n'eut point lieu; que, lors de l'arrestation de Georges, il dit à deux personnes dignes de foi : »( Georges est arrêté, mais cela ne dérangea rien à la chose, car il se forme déjà un autre complot. » Smith arrivait alors de Londres. A cette même époque, il annonça qu'on construisait dans les chantiers de l'Angleterre des vaisseaux à double pont, qui devaient être chargés de Mjatières combustibles et d'artifices ; que ces machines étaient destinées à faire sauter tous les bâtiments qui les approcheraient. Il est enfin un de ceux qui ont répandu que la descente n'aurait pas lieu, que toutes les puissances étaient coalisées et armaient un million deux cent mille hommes contre la France.
Réunions. — Les réunions publiques dé tout genre ont été, hier, très nombreuses et tranquilles. Presque tous les spectacles étaient remplis. On a arrêté plusieurs filous à l'entrée du théâtre de la Porte- Saint-Martin.
Ponl du Jard'm-des- Plantes. — Le premier caisson a été lancé samedi après midi, avec le plus grand succès. Les travaux sont dans la plus grande activité.
Journaux. — Les feuilles de ce jour ne donnent, soit de l'étranger, soit de l'intérieur aucune nouvelle importante. Sous le rapport d'opinions politiques, on remarque dans la Gazelle de France une lettre supposée écrite de France à un Anglais, à Londres ; l'objet de cette espèce de plaisanterie est de montrer tout le ridicule des nouvelles que, depuis quelques temps surtout, les journalistes anglais |»ublient sur la France. Le Courtier des Spectacles prouve également un bon esprit dans un article sur le mélodrame de Tippo-Saïb, pièce qu'il appelle « une image fidèle de tous les actes de tyrannie exercés par les Anglais sur le [)lus doux de tous les peuples et dans la plus heureuse contrée de l'univers». « Il faut donc(ajoutc-t-il)que toute l'Inde fume du sang de ses malheureux habitants, pour que les bourgeoises de Londres portent quelques diamants de plus, et que les comptoirs de leurs maris se couvrent de guinées. » Les autres journaux n'ont donné lieu à aucune observation essentielle.
Bourse. — La Bourse n'a pas été très peuplée, et il s'est fait si peu
m PARIS sous L'EMPIRE [1°'' octobre 1804J
d'affaires, au comptant, que les rentes n'ont eu qu'un seul cours de cote. Néanmoins, la hausse s'est parfaitement soutenue, et l'on assure même qu'elle aurait reçu un nouvel accroissement, si les nouveaux transferts, qui ont commencé aujourd'hui, n'y eussent apporté un peu d'obstacle. Les demandes, pour la fin du mois prochain, sont extraordinairement nombreuses. Le commerce est toujours calme, le prix très élevé de toutes les marchandises paralyse toutes espèces de spéculations. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIIT, 55 fr. 50.
Dubois.
(Arch. nat.,F' 3833.)
Journaux.
Gazette de France du 9 vendémiaire : « Paris, 8 vendémiaire . . . .On n'a pas vu depuis six semaines partir un ballon de Paris, sans le supposer monté et manœuvré par M. Biot ; et lorsqu'ensuite on apprenait que ces ballons avaient eu d'autres guides que lui, on se permettait toutes sortes de plaisanteries sur les cent cinq pulsations que son pilote avait éprouvées lors de son premier voyage. Nous nous plaisons à venger M. Biot des soupçons qu'avait pu faire naître un si grand nombre de pulsations, en annonçant qu'il est allé examiner, à Turin, les jeunes gens de la 27° division militaire qui aspirent à entrer à l'École polytechnique »
9 YEiNDÉMIAIRE AN XIII {{'' OCTOBRE 1804). Rapport de la préfectuke de police du 10 vendémiaire.
Réunions. — On répand le bruit que Dumouriez est actuellement en Suède; qu'il doit aller de là prendre le commandement d'une armée danoise, qui, jointe à des forces russes et suédoises, doit se porter sur le pays d'Hanovre et tenter d'en expulser les Français. Deux régiments de vétérans ont passé la revue hier; on dit qu'ils vont partir pour les camps ordonnés dans le Piémont. On assure que tous les officiers supérieurs de marine ont reçu l'ordre de Sa Majesté de se rendre à leur poste et d'être prêts à mettre la voile pour une expédition secrète. Le qualrième régiment de ligne a reçu l'ordre de se préparer à partir ; ces militaires croient qu'ils vont à Bindogne.
Clergé. — Le P. Paul, ci-devant carme déchaussé, annonce que les ancienô religieux et religieuses doivent s'adresser au Pape pour le supplier d'obtenir de S. M. rEin[»ereur l'intégralité de leurs pen- To.ME I. la
[2 o.;tobre 1804] PARIS SOUS L'EMPIUE 290
sions, et que tous cspt.'renL l'obtenir. On dit en général dans les sociétés que le clergé profitera de la présence du Pape à Paris pour tâcher de reconquérir quelques-unes de ses anciennes prérogatives.
Commerce. — Le nombre des filatures de coton augmente chaque jour dans les faubourgs Saint-Jacques et Saint-Marceau. Celte nouvelle branche d'industrie occupe dans ce moment, dans ces deux quartiers, plus de deux mille personnes des deux sexes et de tout âge.
Journaux. — Les feuilles publiques n'ont rien présenté aujourd'hui comme intérêt majeur...
Bourse. — Les négociations ont été passablement nombreuses, et leur résultat n'a rien laissé à désirer; les cinq pour cent ont éprouvé une amélioration sensible; les actions de la Banque se sont bien maintenues et les obligations ont été très demandées. Il circule un bruit qui contribue beaucoup à cet état de choses : on assure que l'on a la plus grande espérance d'une conciliation prochaine avec la Russie. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, an XIII, 58 fr. 83, 80, 90, 83; 5G fr. 10. Actions de la Banque de France, 1.110 francs.
Dubois.
(Arch. nat., F?, 3833.)
10 VENDÉMIAIRE AN XIII (2 OCTOBRE 1804). Ministère de la police générale, — Bulletin du 11 vendé.miaihe.
Paris. Bourmonl. — La famille de Bourmont fait de fréquentes réclamations pour obtenir la clémence de Sa Majesté. Elle supplie le ministre de lui indiquer où il juge convenable que Bourmont se relire. Il s'engage à s'y rendre sur-le-champ. . .
...La demohelle Lenorniand. — Désignée comme exerçant le métier de tireuse de cartes et faisant journellement des dupes. Vérifier les faits... Indication de la demeure de cette femme. (Ai-ch. nat., AF iv, 1491.)
Rapport de la puéfecture de police du même jour.
Uéuninns. — On dit dans le public qu'il existe véritablement un mouvement insurrectionnel dans le Piémont; que les mécontents du pays se sont déjà réunis dans les vallées et en corps d'armée, et que
291 t»ARIS SOUS L'EMPIRE [2 octobre 1804]
les habitants des contrées voisines ne tarderont point à prendre le même parti. On répand encore que les négociations ne prennent point une tournure favorable ; que les puissances étrangères montrent beaucoup d'éloignemenl et de froideur, et que, malgré les sacrifices que le gouvernement français s'impose, il sera difficile de prévenir le retour des hostilités. Les bourbonistes annoncent que la Suède et la Russie ont reconnu Louis XYIII, qu'une année de cent mille hommes de ces deux nations doit le porter dans la Vendée, où, disent-ils, de nombreux partisans l'attendent pour le faire proclamer, et qu'enfin c'est l'Angleterre qui doit protéger le débarquement.
Théâtres. — On a donné, hier, pour la première fois, au Théâtre Louvois, une petite comédie en un acte, sous le titre de rActè de Naissance. Le fond de cette pièce, qui consiste dans les prétentions d'une femme sur le retour, et cachant son âge pour obtenir un parti bien plus convenable à sa fille qu'à elle-même, n'a présenté rien de neuf; mais l'extrême finesse du dialogue et la gaité répandue dans l'ouvrage ont déterminé un succès complet. M. Picard, l'auteur, a été demandé et amené sur la scène au bruit des applaudissements universels. Rien, dans celte comédie, n'a donné lieu à faire les moindres applications. Le calme a été parfait pendant toute la durée du spectacle.
Journaux. — A l'occasion de la prohibition faite en Suède, des journaux et ouvrages périodiques de France et de la nouvelle censure établie à Vienne pour tous les ouvrages français, la Guzelte de France fait la réflexion suivante : « C'est une chose remarquable que de voir en même temps plusieurs souverains prendre, pour empêcher la circulation des ouvrages et des journaux français dans leurs Étals, des précautions qu'ils n'avaient pas cru devoir prendre dins un temps où assurément ils avaient beaucoup plus à redouter qu'aujourd'hui, les intentions de la politique et de la philosophie françaises. S'il était permis de supposer qu'il peut entrer un peu de coquetterie dans cette affaire, alors on expliquerait une contradiction de ce genre en disant que les écrits français n'ont alarmé, dans Tétranger, aucun amour-propre, tant qu'ils n'ont offert que des preuves de folie et un répertoire de sottises. . . »
Bourse. — Il s'est fait plus d'affaires qu'hier; des ventes considérables de rentes faites principalement par M. Personnes agent, n'ont eu aucune influence défavorable, parce qu'il s'est présenté de bons preneurs; le cours est resté très ferme, et, malgré les transferts, <pii
1. Personne-Dcsbrières, agent de cliange adjoint, rue de la Loi, n" l.'il,
ont été assez nombreux depuis liier, les ventes sont extrêmement rares au comptant. Les actions de la Banque se sont améliorées, et les obligations sont toujours demandées. Les nouvelles satisfaisantes, que l'on avait répandues hier, ont été propagées aujourd'hui. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, an Xlll, 56 fr. '20; 15, 10, 55 fr. 10, 5, 20. Actions de la Banque de France, jouissance de vendémiaire, 1.112 fr.
50, 1.115 l'rancs.
Dubois.
(Arch. nat., F' 3833 )
Journaux.
Gazette de France du 11 vendémiaire : « Paris, 10 vendémiaire. ...On abat dans ce moment la chapelle de l'ancien chapitre de Notre-Dame et plusieurs maisons voisines, qui, adossées à ce vieil édifice, masquaient la moitié de l'église métropolitaine et dérobaient l'aspect imposant d'une architecture remarquable par sa hardiesse et par son antiquité. Depuis le parvis jusqu'au pont de la Cité s'ouvre une place circulaire très spacieuse, propre à coiilenir les différents corps de la garde impériale et la partie du cortège qui ne pourra assister aux cérémonies religieuses du sacre. Les travaux se poursuivent avec une égale activité dans l'église de Notre-Dame. La nef est remplie de menuisiers et de bois. Des rangs de gradins s'élèvent de toutes parts. La grande grille du chœur et les deux autels qui étaient à la droite et à la gauche ont disparu. L'entrée du chœur est élargie. On y établit des estrades sur lesquelles siégeront les membres des principaux ordres de l'Empire. On fait aussi de grands préparatifs à la Grève et au Champ-de-Mars, pour les fêtes du couronnement. Il parait qu'on construit en charpente, sur la place de Grève, une salle immense qui sera destinée à recevoir Leurs Majestés Impériales, au nom de la ville de Paris. » — « On suppose que le cardinal Maury sera du nombre de ceux qui accompagneront le Pape en France. » — « V Almanach des Muses de cette année est terminé par une notice sur les ouvr'ages de poésie qui ont paru dans le cours de l'an XIl. Il en résulte que nous avons eu douze poèmes, une ode, une épître, un satire, quatre opéras, savoir : Anacréon, le Connétable de Clisson, le Pavillon du Calife, et les Bardes; deux tragédies : Pierre le Grand et Polyxène ; dix-sept comédies, dont cinq ont été jouées au Théâtre-Français, douze au Théâtre Louvois ; dix oj.éras- comiques et vingt-trois vaudevilles. Si on déduit de ce nombre les morts qui sont restés sur le champ de bataille, on verra que les forces de la Ilépublique des lettres n'ont pas beaucoup augmenté celte année. » — Citoyen français du 11 vendémiaire : o Paris, 40 vendémiaire. ...Les travaux se poursuivent avec une égale activité dans l'église Notre-Dame'... L'entrée du chœur est élargie. On y établit des estrades sur lesquelles siégeront les membres des principaux ordre de l'Empire : elles sont élevées au-dessus des stalles de MM. les chanoines, de manière que ces chefs-d'œuvre de sculpture ne souffriront aucun cndommagement. On remplit aussi de stuc les vides qu'ont laissés dans les masses de marbre les mains impies qui en arrachèrent
1. Suivant quelques phrases iiu'on a déjà lues dans la Gazelle de France.
203 PARIS SOUS L'EMPIRE [3 octobre 1804]
les bronzes servant à décorer les contours de l'autel... >> — Bullelin politique et général de l'Europe du H vendémiaire: « Paris, le iO vendémiaire. .. .Mi'e Saint-Aubin, fille de la célèbre actrice de ce nom, et déjà célèbre elle-même par sa voix et sa méthode de chant, épousa hier M. Marcel Duret, élève de Rhode, qui remporta l'année dernière le premier prix de violon au Conservatoire de musique, et dont on parait estimer le caractère autant qu'on vante son talent »
Ministère de la police générale. — Bulletin du 12 vendémiaire.
...Paris. Ouvrage politique. — De Fonvielle, employé de l'administration Vanderberg, et déjà connu par un ouvrage sur le 18 fructidor, va publier un Essai historique, politique et critique sur l'an 1804, en deux volumes. Cet ouvrage qui traite de toutes les circonstances présentes et de nos nouvelles institutions, donne des regrets aux Bourbons, mais se déclare positivement pour Bonaparte. Quelques feuilles qui ont été lues à la dérobée chez l'imprimeur, ont laissé entrevoir des principes peu favoiables à la Légion d'honneur. M. Fonvielle étant connu par une manière excentrique et sujet à ce qu'on peut appeler des boutades politiques, il est à présumer que son ouvrage s'en ressentira dans quelques parties. Plusieurs amis lui conseillaient de soumettre son manuscrit à Sun Exe. le ministre de la police; mais il s'y est refusé, en disant qu'on lui ferait des retranchements et des cartons, etc., etc., qu'il n'enverrait son ouvrage au ministre qu'imprimé. On cherchera à s'en procurer quelques épreuves, quand on commencera à tirer.
(Arch. nat, AF iv, 1491.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
Réunions. — Les réunions publiques n'ont rien offert de remarquable depuis hier. On fait courir le bruit que la Banque de France doit éprouver bientôt une refonte générale.
Exclusifs. — Les exclusifs jasent toujours. Ils laissent entrevoir qu'ils forment quelques projets pour l'époque du couronnement ; ils cherchent à connaître l'esprit de la troupe ; ils répandent que des
lettres reçues de l'armée des Côtes annoncent qu'il y existe un grand fond de mécontentement.
Pont du Jardin-des-Plantes. — Les travaux de ce pont sont toujours conduits avec la même activité, et le deuxième caisson doit être lancé mardi prochain.
Bourse. — De l'aveu de la majorité des agents de change, il ne s'est fait que très peu d'affaires, et néanmoins les effets ont monté avec une rapidité prodigieuse, parce qu'il n'y avait que des preneurs, et point de vendeurs. Pour donner une idée juste de l'élévation des rentes, il suffit de dire que le cours, fermé à 56 fr. 40 pour la fin du prochain, était un instant après à 36 fr. 70 pour fin du courant, et à 57 fr. 20 pour fin du prochain. Les actions de la Banque et autres effets sont également recherchés. Les nouvelles satisfaisantes auxquelles on attribue cet élan paraissent s'accréditer de plus en plus, — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XllI, 36 fr. 10, 25, 40. Actions de la Bamiue de France, \ .li7 fr. 30, 1 .120 francs.
Journaux.
Gazette de France du 12 vendémiaire : « Paris, // vendémiaire. ...Les travaux du quai Bonaparte ont été ])Oussés depuis ([uelques mois avec une si grande activité que, selon toute ap|)arence la dernière pierre pourra être scellée le 17 brumaire. Ce quai est un des plus beaux ouvrages que l'on puisse citer dans son genre. . . » — Citoyen français du 12 vendémiaire : « Paris, Il vendémiaire. 11 semble que le ciel, qui depuis quatre ans nous protège sensiblement, veuille concourir à rendre le couronnement de l'Empereur plus auguste et plus mémorable par un signe unique, et qu'il ne dépendait pas des hommes de ch jisir le 18 brumaire an XllI. Le soleil entre dans l'orbite de Mars; ce jour-là, ces deux astres courent la même lice. Le soleil précède, et Mars, dans le Lion, le suit de près et rapidement. Quel glorieux présage pour la France ! Quel sinistre augure pour les Anglais ! Dans les siècles d'ignorance, la science explique les effets physiques ; dans les siècles de lumières, les effets physiques confirment la science. Dans tous les temps la nature instruit l'homme et lui parle le môme langage. » — « ...On annonce un nouveau journal sous le titre de Propagateur, et qui parait destiné principalement à propager les nouvelles des lycées et des écoles publiques »
■2'Jo PARIS SOUS L'EMPIRE [4 octobre 1S04]
GXXXVII
12 VENDÉMIAIRE AN XIII (4 OCTOBRE 1804). Rapport de la préfecture de police du 13 vendémiaire.
On rapporte que le chargé d'affaires de Suède a dit, hier soir, qu'il ne croyait point à la possibilité de la paix avec la Russie ; qu'il ne regarde même pas la Révolution comme terminée en France ; qu'il se récrie surtout contre les articles insérés dans les journaux sur la Suède et qu'enfin il ajoute que cela est d'autant plus déplacé que la France doit encore 6 millions au roi son maître. Il paraît avoir la plue mauvaise idée de l'état de nos finances et il dit que les puissances étrangères en ont la même opinion. MM.de Gravina', Lucchesini-, de Bunau^ et le ministre de Gênes* ont paru, hier, au Théâtre Favart; on a remarqué que l'envoyé de Saxe et l'ambassadeur de Prusse ont paru causer assez longtemps avec beaucoup d'intérêt.
Spectacles. — On a donné hier, au Théâtre de la Société olympique (Opéra-Comique national), la première représentation d'une pièce intitulée : Le droit d'aînesse, ouvrage au-dessous du médiocre, et qui n'a, en effet, obtenu aucun succès. La chute de cet ouvrage n'a nui, en aucune manière, à la tranquillité des spectateurs. Le bon ordre a régné jusqu'à la fin de la représentation.
Journaux. — Les feuilles de ce jour n'ont donné lieu à aucune remarque importante.
Arrestation. — Le conseiller d'Etat, préfet de police, a fait arrêter le nommé Pierre-Louis de Bruges, ancien garde-marine, très mauvais sujet, émigré rentré, non amnistié, prévenu de propos contre le gouvernement, arrivé à Paris sans autorisation et changeant tous les jours de domicile
Bourse. — Les négociations se multiplient, el leur résultat devient chaque jour plus satisfaisant pour tous les cours, sans exception. On ajoute aujourd'hui., aux motifs précédemment indiqués, que les Anglais se sont présentés devant Boulogne avec un appareil formidable pour incendier la flotte française, mais qu'ils ont été si bien accueillis qu'ils se sont retirés avec précipitation et perte de onze