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L'OBSERVATOIRE

Au temps dont nous esquissons l'histoire, il se fit un mouvement général vers le progrès, dans les sciences comme dans les arts. L'amour du beau, du suprême beau, |tassionnait les rois et les artistes. On ne trouve partout que projets, plans, tentatives consciencieusement dirigés vers ce but : la perfection en tous genres. S'il n'est pas donné à l'homme de réaliser un pareil rêve, ceux qui eurent l'honneur de l'avoir entrepris ne mérilenl-ils pas qu'on leur en tienne compte?

Louis XIV n'avait aucune passion pour la science : mais il avait Colberl. La création de toutes les Académies entraînait la création d'un outillage indispensable à la pratique de chaque art. Aux sciences exactes, aux éludes astronomiques il manquait le laboratoire et l'observatoire. Colbert se chargea de les établir. Colbert était chimiste, algébriste, astronome, il était tout quand il le fallait. Ces travaux furent conçus et exécutés selon toutes les règles de l'art, dans les meilleures conditions de prévoyance et de construction.

L'emplacement choisi était l'extrémité du Faubourg Saint-Jacques, du côté de la campagne.

Le ministre chargea Claude Perrault du plan et des dessins du futur Observatoire, on commença les fouilles en 1667. Les difficultés se présentèrent au début. Ce terrain plein de carrières et par conséquent d'inégalités faillit rebuter l'architecte; l'on y rencontrait, en fouillant, d'énormes crevasses qu'il fallut combler : mais l'imperturbable volonté qui présidait alors à toute opération inspirait l'énergie et la patience; rien de ce qui était difficile n'arrêta le travail, tout ce qui était impossible fut fait, et le bâtiment de l'Observatoire est peut-être, de tous ceux du règne, le plus solide en toutes ses parties, le plus soigné dans les moindres détails.

Il fut orienté, tout d'abord, de façon à ce que chacune de ses quatre faces répondît à l'un des points cardinaux, et que l'édifice passât directement par le méridien de Paris. C'est un rectangle flanqué de deux tours octogones aux deux angles de la façade méridionale dont la ligne se confond avec la latitude de Paris, et la méridienne est tracée dans la Grande Salle du second étage. Ces deux lignes qui se coupent au centre de la

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façade méridionale de l'Observatoire ont servi de base aux triangles nombreux, d'après lesquels fut levée la carte générale de France, la carte Cassini.

Rien n'égale le soin avec lequel furent préparés et posés les matériaux. Cette pensée que le nouvel édifice était destiné aux éludes exactes inspira jusqu'aux tailleurs de pierre, et l'on assure que chaque morceau de matière est devenu ainsi un véritable objet d'art. Le choix de la pierre fut fait avec une minutieuse rigueur : les rangs posés par assises égales, et régnant de la même hauteur afin d'assurer l'édifice contre

tout tassement ou afTaissement du sol. Ce système de solidité à toute épreuve fut poussé à ce point qu'il n'entra dans le bâtiment ni bois, ni fer; escaliers, planchers sont

voijtés.

Tous ces travaux, jusqu'au fameux puits creusé dans les caves, et d'où l'on peut voir, disaient les bonnes gens, les étoiles en plein midi, ce qu'il ne faut pas croire sur parole, tous ces grands efforts de l'architecte pour faire de la maison le temple des sciences

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mathématiques, ne réussirent pas à satisfaire les astronomes. Cassini, lorsqu'il arriva d'Ilalio où Colherl l'avait fait chercher, pour diriger l'Observatoire, trouva les dispositions de l'architecte admirables en tout point, sauf au point de vue astronomique. Il demanda nombre de changomenis que Perrault refusa de faire, car l'édifice était presque achevé, en sorte que Cassini fut obligé de se faire construire, sur la terrasse supi'*rieure, un polit observatoire en forme de tourelle, seul endroit où il consentit à étudier, — seul endroit qui fût possible, paraît-il, pour les observations astronomiques; car ce fut là qu'elles se firent pendant longtemps.

En matière de science ou d'art, la bonne volonté ne suffit pas, et les découvertes, en astronomie surtout, dépendent de la perfection des instruments.

L'époque de Louis XIV, riche en hommes de bon vouloir et de génie, ne savait pas ce qu'on sait aujourd'hui, et la mécanique a fait beaucoup de progrès depuis Pascal. Il est certain aussi, que du temps des Cassini l'on admirait avec stupeur, comme une merveille, le fameux télescope de soixante-dix pieds de longueur sur deux de diamètre, supporté par un véritable mât de navire, machine immense dont la gloire s'est évanouie à l'apparition des verres achromatiques ; mais il en est de l'astronomie comme de toute chose en ce monde, le lendemain fait oublier la veille, et il ne serait pas juste de reprocher à l'Observatoire de Colbert l'absence des instruments de l'Observatoire d'aujourd'hui.

Le roi avec toute sa cour rendit visite au nouvel établissement le 21 mai 1682. Cassini, Lahire et Picard en firent les honneurs à Louis XIV et lui expliquaient, à chaque pas, la valeur, relativement inouïe, des richesses mécaniques et astronomiques qu'il renfermait. Il y avait, entre autres curiosités, un planisphère terrestre tracé sur le pavé du premier étage de la tour occidentale, où il occupait une circonférence de 81 pieds. L'escalier en vis, plongeant dans les caves à une profondeur de 28 toises, du fond desquelles on apercevait la lumière du jour tout au travers du bâtiment, émerveilla le roi, comme aussi un miroir ardent, invention nouvelle de Villette,qui fondait le plomb dès qu'il était exposé sur son foyer.

Aujourd'hui l'admiration ne serait pas moindre, mais non plus pour les mêmes objets. Autres temps, autres merveilles.

Ce quartier de Saint-Benoît renfermait, outre les monuments cités plus haut : 2 abbayes : de Sainte-Geneviève, parvis Sainte-Geneviève ; du Val-de-Grâce, ordre de Saint-Benoît, faubourg Saint-Jacques; l abreuvoir, dont l'eau vient du réservoir de l'Observatoire, et forme une espèce d'étang hors la fausse porte Saint-Jacques à gauche; 2 bailliages seigneuriaux : de la Commanderie de Saint-Jean-de-Latran, place Cambray; de Sainte-Geneviève, cour de ladite abbaye; 4 bateaux à laver, situés au bout de la rue des Bats ; il y a aussi des tonneaux à cet usage dans l'étang hors la fausse porte Saint- Jacques; 1 barrière, des huissiers près le petit Châtelet, près du petit pont; 1 boîte pour les lettres de la poste, rue Saint-Jacques, au coin de la rue du Plâtre ; 6 boucheries ; 17 étaux; 1 brigade pour la siireté des droits d'entrée, appelée brigade de Mausouris, près la fausse porte Saint-Jacques ; 3 bureaux, barrière et laissez-passer, barrière des Capucins, bureau faubourg Saint-Jacques, laissez-passer, rue de la Bourbe, vis-à-vis les

Capucins; 3 carrefours : de Sainl-Séverin, où aboulissent les rues du Pelit-Ponl, Gailande, Saint-Jacques, Sainl-Séverin; du Puits Certain, où aboutissent les rues du Monl- Sainl-IIilaire, Charretière, Fromenlel, Sainl-Jean-de-Latran, Saint-Jean-de-Beauvais; de la Porte Saint-Jacques, où aboutissent les rues Saint-Jacques, Saint-Hyacinthe, et Fossés Saint- Jacques, ancienne Estrapade ; i champ des Capucins, nouveau cours, faubourg Saint-Marcel et Saint-Jacques; '6 chapelles : Saint-biaise, rue Galande, Saint-Julien-le-Pauvre, Saint-Nicolas de la Nation de Picardie, rue du Fouarre; Saint- Yves, rue Saint-Jacques; I Petit Chàtelet etsa prison; 2 cimetières hors leurs paroisses : Saint-Benoît, Saint-Étienne-du-Mont ; 2 cloîtres : de Saint-Étienne des Grecs, rue Saint-Jacques; de Saint-Juiicn-le-Pauvre; 20 collèges, savoir: de l'Ave Maria, sans exercice; de Sainte-Barbe, id. ; de Cambray, dit les 3 Évêques, exercice de droit, place de Cambray ; des Cholets, sans exercice ; de Cornouailles, id. ; des Grassins, exercice rue des Amandiers ; Collège ou École de droit, exercice rue Saint-Jean de Beauvais; des Dix-Huit, sans exercice, ni maison; de Fortel, id., rue des Sept- Voies; de Saint-Jean de Beauvais, exercice; de Louis le Grand ou des Jésuites, exercice rue Saint-Jacques; de Lisieux, id., rue Saint-Étienne-des-Grecs ; des Lombards, dits des Hibernois, sans exercice; de Marmoutiers, réuni aux Jésuites; de Montaigu ou Capets, exercice, rue des Sept-Voies; Ecole de médecine, exercice rue de la Bùcherie; de Presie, sans exercice; du Plessis, exercice rue Saint-Jacques; de Reims, sans exercice; Royal, exercice pour les langues orientales, place de Cambray. Il y a, dans la plupart des collèges ci-dessus, des églises ou chapelles où l'on fait le service divin et célèbre tous les jours la Sainte Messe ; 1 commanderic, de Saint-Jean de Latran, place de Cambrai; 2 communautés ou congrégations, savoir : de l'Oratoire; de l'Institution, faubourg Saint-Jacques; o communautés de Filles : Sainte-Agathe, rue de l'Arbalète ; Sainte-Aure, rue Sainte-Geneviève ; Filles orphelines de l'enfant Jésus, rue des Vignes; de Sainte-Perpétue, des Filles de la Providence, rue de l'Arbalète; 5 couvents, hommes : Bénédictins anglais; les Capucins, faubourg Saint-Jacques; les Carmes, rue des Carmes; les Jacobins, rue Saint-Jacques; les religieux de la Merci, rue des Sept-Voies; 5 couvents de Filles : bénédictines de la Présentation; Carmélites, faubourg Saint-Jacques ; Feuillantines, id. ; delà Visitation, id. ; Ursulines, id. ; 4 corps de garde : du régiment des gardes; rue Contrescarpe ; fossés Saint-Jacques; faubourg Saint-Jacques, près les Capucins; 2 cours : d'Albret; de Sainl- Benoît ; 1 Croix, de l'hostie, champ des Capucins, faubourg Saint-Marcel ; 5 demeures : lieux privilégiés pour les artisans; cour Saint-Benoît; rue des Charbonniers; des Lyonnais; des Bourguignons; 3 écoles et sœurs de la Charité; 2 églises collégiales : Saint-Benoît; Saint-Étienne-des-Grecs ; o égouls : 3 rue de la Bùcherie; rue du Fouarre; près le Vai-de-Grâce; 5 fontaines publiques : Saint-Benoît; des Carmélites; de la rue

Pot-de-Fer; de Saint-Séverin ; l'Abreuvoir; 2 hôpitaux : de Sainte-Anne pour les malades de la contagion, chemin de Gentilly ; pour les convalescents de l'Hôtel-Dieu, femmes et flUes seulement, rue de la Biicherie; i jardin : des Apothicaires, rue de l'Oursine ; 1 marché: de la Porte Saint-Jacques; 1 observatoire, hors le faubourg Saint-Jacques; 4 paroisses : Saint-Benoît, rue Saint-Jacques ; Saint-Etienne du Mont ; Saint-Hilaire, rue du Mont Saint-Hilaire; Saint-Jacques du Haut-Pas, faubourg Saint-Jacques; 4 places publiques : de Cambrai ; Neuve de Fourcy, ancienne Estrapade ; Carré de Sainte- Geneviève : champ des Capucins; 7 puits publics : rue de la Bretonnerie ; du Puits Certain; desCholets; de Saint-Étienne des Grecs; de l'Orme ; Nadée, près la Visitation ; Qui-Parle, rue des Poules; 2 séminaires : des Anglais; de Saint-Magloire; 1,382 maisons; 51 rues et 7 culs-de-sac; 304 lanternes; 1 voirie hors la fausse porte Saint- Jacques.

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XVIir QUARTIER. — DE SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS

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