MARCHÉS A TERME
dans les derniers temps de la monarchie par l'arrêt du conseil du 7 août 1785, simple de'cision de circonstance, semble-t-il, à laquelle on avait donné une portée imprévue (i), mais qui n'en était pas moins considérée comme toujours en vigueur. Il en résultait qu'un spéculateur indélicat avait la faculté de se dérober à l'exécution de son contrat en alléguant que ce contrat même était illégal.
Mollien a raconté que dès sa première conversation de Malmaison, il avait^ conformément à l'orthodoxie, économique, défendu contre le Consul le principe des marchés à terme, et démontré qu'en dépit de certains abus, ces marchés étaient un organe indispensable de la vie économique. Sa correspondance confidentielle de la même époque est au contraire très défavorable aux marchés à terme, qu'elle accuse d'éloigner de la Bourse les vrais capitalistes, ceux qui pourraient acquérir des rentes à titre stable : « Il paraît démontré par l'expérience de ces quatre derniers jours que les capitaux qui se placent dans les fonds publics n'y cherchent encore que le malheureux profit des différences, et non pas un placement durable (2)... Ces marchés sont le fléau de la Bourse, et ils ne peuvent pas être réprimés par l'autorité. Cette action de bascule qu'exerce la hausse et la baisse sous la direction des joueurs écarte de la Bourse tous les placements solides (3). » Une autre fois, il expUquait que les achats de la caisse d'amortissement avaient en partie pour objet de décourager les joueurs en rendant les cours à peu près fixes (4).
(1) Mollien, Mémoires, t. I, p. 271.
(2) A Bonaparte, 4<> complémentaire an IX (21 septembre 1801) : AF. IV, 1073.
(3) Au même, 28 brumaire an X (19 novembre 1801) : Ibidem.
(4) Au même, 22 frimaire an X (13 décembre 1801) : Ibidem.