EMPLACEMENT
elle e'tait installée depuis 1724. Fermée le 17 juin 1793, rouverte du 20 mai au 14 décembre 1794 au rez-dechaussée du Louvre, dans les anciens appartements d'Anne d'Autriche, puis supprimée de nouveau, elle fut définitivement rétablie le 12 janvier 1796, et transportée au Palais-Royal. La durée des opérations était d'abord comme autrefois de deux heures, de 1 à 3; mais dès le 21 février 1796, le gouverment du Directoire, qui, comme chacun sait, se piquait de rigidité, prit un arrêté pour « retrancher tout le temps employé uniquement aux combinaisons infâmes de l'agiotage et aux manœuvres perfides de la malveillance » : la Bourse ne devait plus être ouverte qu'une heure, de 1 à 2. Sous Napoléon, il y eut un changement d'heure (de 2 à 3), mais la durée ne fut p(jint allongée; le préfet de police Dubois tenait la main à ce que les agents de change ne se permissent point de faire des opérations après la fermeture (i).
Au début du Consulat, par suite de l'installation du Tribunat au Palais-Royal, la Bourse fut transférée dans l'église alors désaffectée des Petits-Pères (aujourd'hui Notre-Dame des Victoires). Assez mal commode, le local avait besoin de réparations, dont le montant fut mis à la charge exclusive des banquiers et agents de change, par une décision qui ne laissa point que de les mécontenter (2). Ces réparations, les intéressés n'étaient même pas maîtres de les ordonner selon leurs convenances : en 1807, la chambre syndicale des agents de change se voyait obligée de signaler au préfet de la Seine l'urgence de certains travaux à la Bourse, non seulement * pour y
à la monographie de M. Berger sur Les divers emplacements occupés par le change et la Bourse à Paris.
(1) Dubois au syndic, 24 septembre 1807; délibération de la chambre syndicale, 27 septembre : Ch. synd.
(2) CuoQUET, la Chambre de commerce de Paris, p. 55.
(sic) garantir ceux qui la fréquentent des injures du temps, mais encore pour prévenir des accidents, parce qu'un grand nombre de vitraux menacent d'une chute prochaine (1). »
Dès le printemps de 1800, les journaux se plaignaient que la Bourse de Paris n'eût point une installation définitive et convenable (2) . A partir de 1802, où les Petits- Pères étaient devenus une paroisse concordataire, le clergé et les fidèles demandaient que Téglise fût restituée au culte, et que les exercices religieux cessassent d'être confinés dans l'ancienne sacristie (3). « Les étrangers, » écrivaient de leur côté les agents de change, « voient avec peine qu'il ne se trouve point encore un monument pour le commerce au milieu de cette capitale, digne d'elle et des destinées qui doivent la rendre im jour le centre de celui (4) du monde entier (5). -> 11 fut question de placer la Bourse dans un théâtre vacant ou peu achalandé : «; Tout le monde y gagnera, » faisait écrire Napoléon en marge d'une pétition des paroissiens des Petits-Pères (6). Les propriétaires du théAtre Favart olîraient leur immeuble ; l'empereur pencliait plutôt pour l'emplacement du théâtre Montansier, qu'il désirait expulser du Palais-Royal et reléguer aux boulevards (7). Entre temps, il avait été question de la Madeleine. Ce fut seulement le 5 mars 4808 que le même décret qui décidait le transfert de la Banque à l'hôtel de Toulouse
(1) Dôlibéralion du 20 février 1807 : Ch. synd.
(2) AuLARU, Paris sous le Consulat, t. I, p. 287.
(3) Paris sous Napoléon, t. IV, p. 64.
(4) Du commerce.
(5) La chambre syndicale au pn^fet de la Seine, 22 janvier 1806 : Ch. synd.
(6)6 germinal nn XIII (27 mars 1805) : Correspondmiee, 8489. (7) Séaiin; du Connoil «i'i'îlat du 18 avril 1806 : I'klet de la LozÊHK, Usinions de Napoléon, p. S89.